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Affichage des articles du octobre, 2009

Une odeur de gingembre [Oswald Wynd]

L'auteur : Né à Tokyo en 1913, Oswald Wynd était un écrivain écossais qui vécut au Japon jusqu'à l'âge vingt ans. Devenu un maître du polar sous le pseudonyme de Gavin Black, il ne signa que ce roman historique de son nom.

L'histoire : En 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collinsgsworth, l'attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d'esprit rapidement désapprouvée par la communauté des Européens. Une liaison avec un officier japonais dont elle attend un enfant la mettra définitivement au ban de la société. Rejetée par son mari, Mary fuira au Japon dans des conditions dramatiques. A travers son journal intime, entrecoupé des lettres qu'elle adresse à sa mère restée au pays ou à sa meilleure amie, l'on découvre le passionnant récit de sa survie dans une culture totalement étrangère, à laquelle elle réussira à s'intégrer grâce à son courage et à son intelligence. Par la richesse psychologique de son héroïne, l'originalité profonde de son intrigue, sa facture moderne et très maîtrisée, Une odeur de gingembre est un roman hors norme.

Mon avis : Présenté par ma librairie comme étant un vrai événement, je ne me suis pas posée de question. Je m'attendais à rencontrer dès le départ une femme de caractère, forte, intrépide... loin de là. Cette femme commence son périple dans la plus grande tradition des femmes soumises de l'empire britannique du début du XXe siècle. Ce n'est que peu à peu qu'elle s'éprend de sa vie au Japon, de cette culture, de ces paysages et que, pour y rester, pour s'y attacher encore plus, elle découvre la force qui est en elle. Elle s'attache, pour le plus grand intérêt du lecteur, à ces "bizarreries" qui interpellent tout un chacun lorsqu'il découvre une nouvelle culture.
Et puis on ne peut qu'être touché par le destin de cette femme qui se verra enlever les deux enfants qu'elle aura, de deux hommes ô combien différents.
Roman éminemment féminin bien qu'écrit par un homme, on s'attache réellement à ce personnage de femme, malgré quelques longueurs. Roman également sur l'exil, la difficulté de trouver sa place quand on est entre deux cultures, étrangère par les sentiments à sa terre natale et rejetée par la patrie que l'on s'est choisie...

Life (tomes 5 et 6) [Keiko Suenobu]

L'auteur : Keiko Suenobu est née en 1979 à Fukuoka, et est l'auteur de plusieurs manga dont la série Vitamine. Elle a notamment remporté le "kodansha award".

Je vous ai déjà parlé de ce manga ici. Il y a au total 20 épisodes. Pour l'instant, 8 sont sortis en France.

L'histoire : Ayumu, une élève médiocre, décide de se motiver afin de rattraper le niveau de sa meilleure amie qui rêve depuis sa tendre enfance d’intégrer le lycée Nishi, de haut niveau. A Malheureusement, Ayumu réussit le concours d’entrée du lycée Nishi, mais pas son amie. Elle perd alors toute raison de vivre, et s’enferme dans l’automutilation, ne parvenant à évacuer sa détresse que par l’intermédiaire de la douleur. Au lycée Nishi, alors qu'elle croit se faire une nouvelle amie en la personne de Manami, tout va aller de mal en pis.

Mon avis : Ce manga gagne ici en densité. De nouveaux personnages apparaissent : les professeurs, certains garçons aussi. Et puis surtout, l'amitié entre Ayumu et Hatori se fait jour, permettant à Ayumu de ne plus être seule et de commencer à refaire surface et à se rebeller. Malheureusement, tout ceci va cristalliser d'autant plus la haine de ses camarades de classe contre elle. Le lecteur est encore mis à rude épreuve, non plus face à l'automutilation cette fois, mais face aux mauvais traitements de tout un groupe qui s'en prend à une seule personne, avec la complicité du corps enseignant et du lycée tout entier. L'auteur dénonce ici réellement le jugement des situations sur l'apparence, puisque, après les élèves qui critiquaient Hatori, c'est au tour des professeurs de se contenter des apparences.
Encore une fois, un manga fort que, bien que shojo, je ne conseillerais pas à tout le monde.

Objectif PAL : -9 & 10

Les tuniques bleues [Cauvin & Lambil]

Créée par Salvérius (dessin) et Lambil (scénario) dans un premier temps, puis reprise en 1973 par Cauvin aux scénarios et Lambil aux dessins, cette série met en scène le sergent Chersterfield et le caporal Blutch. Le premier rêve de grands exploits guerriers, le second de déserter le plus vite possible. Ils font partie du 22e régiment de la cavalerie des Nordistes, en pleine guerre de Sécession. Blutch, refusant l'idée de se faire percer la peau au feu pour une guerre qu'il estime ne pas être la sienne, éduque sa jument Arabesque pour qu'elle s'effondre dès qu'elle entend la trompette sonnant la charge menée par le capitaine Stark (et commandée par des généraux qui considèrent leurs hommes comme de la chair à canon). Cela lui permet de rester en vie alors que la plupart du 22e est décimée. Chersterfield, quant à lui, est naïf, prêt à croire tout ce qui lui disent ses supérieurs, respectueux de la hiérarchie et patriote. Il empêche régulièrement Blutch de déserter en réduisant ses efforts à néant.
Autour de ce leitmotiv, nos deux anti-héros traversent des histoires et des régions différentes, se voient confier des missions très hétéroclites : éclaireurs, marins, espions, cantiniers...

Beaucoup, beaucoup d'humour. Un dessin agréable, des personnages très attachants. On croise également des faits et des lieux historiques : la bataille de Bull Run, entre autres.
Si les premiers tomes, avec Salvérius, mettent en scène nos deux anti-héros en lutte, dans un fort, contre les Indiens, les suivants offrent la classique confrontation Nord / Sud.
Chesterfield et Blutch vont de catastrophe en catastrophe, se retrouvant dans des situations lamentables au plus grand bonheur du lecteur. Blutch, incontestablement le plus malin des deux, les sauve toujours de la mort. Et puis quelques aventures personnelles lient le tout comme notre sergent amoureux de la fille d'un général. Il faut attendre le tome 18 Blue retro pour connaître le pourquoi de leur couple et de l'envie de s'engager de Chersterfield et de désertion de Blutch.


Une série que je ne peux que vous conseiller !

Il existe aujourd'hui 52 titres des Tuniques bleues. Le 53e devrait sortir d'ici peu.

Une librairie visitée = deux livres en plus !

Hier, j'ai profité de l'occasion qu'était l'anniversaire d'une amie à laquelle je souhaitais offrir un livre, pour rendre visite à George Sand dans sa librairie Petites histoires entre amis à Chennevières. Je dois vous dire tout de suite que George est une abominable tentatrice (déjà qu'il est difficile pour moi de résister dans une librairie, mais si en plus on me tente...). Non contente de me confier La théorie du panda de Pascal Garnier pour mon amie, je ressors de chez elle avec +2 dans ma PAL perso ! Voici les deux objets de mon craquage :


La fonction du balai de David Foster Wallace

et L'annonce de Marie-Hélène Lafon.

Vous me verrez donc bientôt revenir avec des critiques de ces deux ouvrages.

Quand à la librairie de George, n'hésitez pas à y faire un tour : l'accueil y est chaleureux !

Petites histoires entre amis, 46 Bis, Rue du Général de Gaulle, 94430 Chennevières sur Marne

Rebelles [Anna Godbersen]

L'auteur : Anna Godbersen est une romancière américaine, née en 1980 en Californie. Après avoir travaillé au magazine Esquire, elle commence la rédaction de la série Rebelles. Aujourd'hui, 3 tomes sont sortis. Le 4e et dernier est prévu pour le début d'année 2010.

L'histoire : Des filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu'à l'aube. De garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes. Mensonges, secrets et scandales. Nous sommes à Manhattan... en 1899.

Mon avis : Une couverture assez réussie et mon côté midinette ont fait une partie du chemin, des avis assez positifs ont fait le reste. Ce n'est clairement pas la 4e de couverture qui donne envie, je vous le concède bien volontiers ! J'ai eu d'ailleurs du mal à entrer dans l'histoire tellement tout est long à se mettre en place. La multitude des points de vue (Elizabeth l'aînée, Diana la cadette, Penelope la meilleure amie, Lina la femme de chambre et Henry le fiancé) rend difficile l'attachement à un personnage en particulier.
Petit à petit, on se laisse prendre au jeu et si on se doute grandement de la fin possible, on va jusqu'au bout sans difficulté. Le style n'a rien de remarquable et Anna Godbersen se contente ici du strict minimum, ce qui est dommage : repositionner tous ses personnages dans un contexte économique et social aurait apporté une autre dimension à ce roman. Ce n'est pas une excuse que de faire de la littérature de jeunesse, au contraire.
Pour autant, le moment de lecture a été agréable mais, si j'ouvrirai certainement le deuxième tome par curiosité, ce n'est pas une priorité dans mes lectures !

Objectif PAL : -8

La route [Cormac McCarthy]

L'auteur : Cormac McCarthy est un écrivain américain né en juillet 1933.

La route est son 10e roman. Il a reçu le James Tait Black Memorial Prize et le Prix Pulitzer en 2007.

L'histoire : L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur voyage ?

Mon avis : McCarthy nous décrit ici un monde sombre, sans autre couleur que le feu qui éclaire et réchauffe les personnages, environnés d'un dégradé de gris. La route qu'ils parcourent est sans humanité, détruite par l'apocalypse et les hommes eux-mêmes. Ces deux êtres demeurent tout ce que l'humanité a été : questionnements, doutes, erreurs, choix, envies,... De chances aussi parfois.
La fin est en apothéose, qui fait renaître le cycle de la vie tel qu'il doit être, une lueur d'espoir malgré la tragédie, dans ce monde qui avance perpétuellement. Une histoire intemporelle (les deux personnages ne sont jamais nommés autrement que "l'homme" et "le petit") et éternelle. Une histoire forte et marquante !

Un coup de cœur !

Encore une fois, un bémol pour les éditions Points et cette publication pleine de coquilles !

Objectif PAL : -7

Opération Masse Critique de Babelio

Ca y est ! Cette fois, j'ai été retenue, je viens d'en avoir la confirmation par mail. Je vais donc, sous peu, recevoir Terre des affranchis de Liliana Lazar de Gaïa Éditions, que certains d'entre vous connaissent déjà (il me semble avoir vu passer quelques billets, plutôt positifs d'ailleurs).


Je reviendrai donc bientôt avec une critique de ce roman !

Et merci à Babelio bien sûr !

Ugly Betty

Ugly Betty, vous connaissez sûrement. Il s'agit d'une série américaine, adaptée par Silvio Horta et Salma Hayek d'une telenovela colombienne de Fernando Gaitán. TF1 diffuse cette série depuis janvier 2008. On trouve également un gros air de famille avec la série allemande Verliebt in Berlin, à ceci près que Ugly Betty est beaucoup plus sarcastique et méchant, et de ce fait beaucoup plus drôle. Il est difficile de voir comment Betty pourrait se transformer en princesse un jour ...

L'histoire est en effet assez simple : Betty est une jeune femme bourrée de gentillesse, de douceur et c'est une bosseuse. Elle souhaite travailler comme journaliste dans un grand magazine. Malheureusement, elle n'est pas vraiment belle. Et c'est là le comique de la situation puisqu'elle va être embauchée par le président de Meade Publications pour travailler au côté de son fils, Daniel, rédacteur en chef du magazine Mode, où seules de jolies femmes sont présentées.

On retrouve America Ferrera dans le rôle titre, mais également des têtes un peu plus connues comme Rebecca Romijn ou Judith Light.

Ici le maître mot est "méchanceté". La pauvre Betty va de catastrophe en catastrophe, aucun coup bas ne lui est épargné. Et pourtant, elle garde espoir et continue à se battre. Alors, non seulement c'est une belle leçon de vie et de courage qu'elle nous donne, mais surtout, autant l'avouer, il y a quelque chose de jouissif à la voir se dépatouiller dans toutes les embûches que ses prétendus amis lui tendent. Le personnage de Betty est réellement bien construit, avec un soupçon de naïveté qui rend possible tout ce qui lui arrive, mais en même temps cette volonté d'aller de l'avant, de ne pas se décourager, qui force l'admiration du spectateur. Rien de niais ici, contrairement à la version allemande. Ce n'est pas une histoire de princesse cachée sous de vilains oripeaux et de bad boy à transformer en prince charmant. Et je vous mets au défi de ne pas être horrifié par les tenues qu'elle ose porter !

Cette série a remporté pas mal de récompenses en 2007 et notamment 2 Golden Globe Award (meilleure série télévisée comique et meilleure actrice dans une série télévisée comique).


site officiel : http://abc.go.com/primetime/uglybetty/index.html

Je suis une légende [Richard Matheson]

L'auteur : Richard Matheson est un écrivain américain né en février 1926. Il débute une carrière de journaliste avant de se tourner vers l'écriture. Je suis une légende lui permet d'accéder à la renommée et sera adapté à plusieurs reprises au cinéma.

L'histoire : Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil...
Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire.

Mon avis : Ce roman, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est pas dénué d'humour. Dès le début, on sent Robert Neville certes seul, luttant contre le désespoir mais il tente de survivre en chassant les vampires avec crucifix, ail, miroir, pieux... tout ce que la mythologie et la superstition nous a appris. On rit lorsqu'on le voit lire Bram Stocker pour trouver des solutions ! Petit à petit, il se questionne : pourquoi l'ail les fait fuir ? Quelle propriété agit et sur quel partie de leur métabolisme ?
Plus intéressant encore, pour mener à bien ses recherches, Robert Neville fait appel à ses souvenir et nous décrit la chute du monde tel que nous le connaissons, avec une épidémie qui se déclare dans tout le pays et semble arriver après une guerre importante. On voit sa femme se transformer et sa petite fille pour laquelle il s'inquiète tant. Tout cela nous le rend d'autant plus attachant.
Le thème du vampire est revu ici de manière originale : si le vampire est un être démoniaque la nuit, tel qu'on peut le connaître par toute la mythologie qui l'entoure, le jour il prend un tout autre visage, celui d'un être que l'évolution a transformé pour l'adapter à son environnement.
Robert Neville est alors le dernier survivant d'une humanité qui est amené à disparaître et qui ne veut pas, bien que sa survie soit impossible dans ce monde qui n'est pas le sien. La normalité qu'il croit incarner devient alors l'anormalité.

Quant au style, aucune crainte, ça se lit vraiment très bien et tout seul.

Objectif PAL : -6

Musique : The resistance - Muse

Le 14 septembre dernier sortait le 7e album de Muse, The Resistance.

Je ne suis pas une fan de la première heure, et je ne suis pas tous leurs faits et gestes avec attention. J'ai juste eu un énorme coup de coeur pour leur album Absolution, que j'appréciais et apprécie encore beaucoup. Black holes and revelations n'était pas mal non plus. J'ai donc écouté celui-ci avec intérêt.

Au début, pas de dépaysement : Uprising est bien un titre du groupe, aucun doute, dans la lignée directe de ce qu'on entendait auparavant (Hysteria). Puis, petit à petit, tout dérive. Suis-je la seule à mettre demandé ce que venait faire Queen ici ? Ceci dit, ce n'est pas inintéressant, et même plutôt bien amené et utilisé. La musique est efficace. Les quatre derniers titres sont par contre plus complexes d'approche : Exogenesis et ses trois mouvements se rapprochent de la musique de film (Overture) et de la musique classique (Cross-pollination, Redemption qui fait penser à du Chopin). Ces morceaux sont moins évidents et demandent plusieurs écoutes, mais sont au final vraiment très bons. Ils se différencient juste des morceaux plus lourds du début ce qui donne à cet album une construction un peu bizarre à mon sens.

En bref, un album bien sympa mais très hétéroclite.

Et en voici un extrait :


Les 12 royaumes : la mer de l'ombre 1 [Fuyumi Ono]

L'auteur : Fuyumi Ono est une auteur japonaise née en 1960, et connue notamment pour la série Les 12 royaumes. Un anime a d'ailleurs été créé à partir de cette histoire.

L'histoire : " Je vous ai cherchée longtemps... "Qui est cet inconnu qui vient s'agenouiller devant Yôko, en plein lycée ? La jeune fille n'a pas le temps de s'interroger : la voilà entraînée dans un autre monde, poursuivie par une horde de créatures monstrueuses. Commence alors pour Yokô un long voyage au cœur des 12 royaumes. Un voyage au bout des ténèbres, au bout d'elle-même...

Mon avis : J'étais tombée sur ce petit livre au rayon des mangas dans une grosse librairie (entre autres ventes de produits culturels). J'ai été attirée par cette couverture, et surtout par le fait qu'il ne s'agissait pas d'un manga : en effet, il n'y a que peu de dessin et il s'agit réellement d'un livre. Mais je me faisais l'idée d'une histoire pleine d'actions et de rebondissements, qui irait vite et se dévorerait. Eh bien, ça a été tout le contraire. Je me suis ennuyée au point que j'ai abandonnée ! J'ai trouvé ça chiant (autant dire le mot). Beaucoup de questions sont rapidement soulevées : qui est ce Keirin ? Quel est ce monde dans lequel elle atterrit ? Comment rentrer chez elle ? Pourquoi la poursuit-on ? De plus en plus de questions, et aucune réponse ! Aucune accroche pour nous faire entrer dans ce monde si semblable au notre mais pourtant peuplé de créatures étranges. Et puis l'action est très lente ! Je suis d'accord pour lire un roman d'apprentissage (après tout l'héroïne n'a que 16 ans et ne connaît rien du monde dans lequel elle se retrouve), mais par pitié, il ne faut pas en prendre prétexte pour répéter pendant des dizaines de pages que l'héroïne est poursuivie, sans avancer l'histoire !

À noter que cette série a connue un très important succès au Japon, et que des anime sont sortis. Peut-être y serais-je plus sensible ?

Ramsès, le temple des millions d'années, tome 2 [Christian Jacq]

L'auteur : Christian Jacq est un écrivain français né en avril 1947, et vivant en Suisse. Je vous en ai déjà parlé ici, puisqu'il s'agit du deuxième volet de sa série Ramsès.

L'histoire : Après quinze ans d'un règne aussi sage que brave, le roi Séthi s'est éteint. Ramsès, son fils cadet, s'apprête à lui succéder. C'est un jeune homme de 23 ans, d'une maturité et d'une force exceptionnelles. Il tiendrait tête au lion le plus farouche. Le pouvoir dont il a tant rêvé, il lui faut désormais l'exercer.
La situation n'a cependant rien d'idéal : si la menace grecque s'est éloignée, avec les galères du roi Ménélas, l'ombre des Hittites plane à présent sur le royaume d'Égypte. Pire : son frère aîné, Chénar, n'a toujours pas renoncé au trône. Et, dans les couloirs du palais, la magie noire semble étendre un voile funeste sur les proches du roi. Pour consolider son règne et gagner les dieux, ses frères, à sa cause, Ramsès veut laisser un symbole pérenne. Ce sera un temple, emblématique de sa puissance, dressé dans le désert pour l'éternité...

Mon avis : Je reste mitigée sur cette saga. Christian Jacq garde ici une plume facile à lire et le sujet est toujours intéressant. On sent que Pharaon prend de l'assurance, même s'il ne souhaitait plus obtenir le pouvoir, beaucoup plus sensible désormais à la lourdeur de la charge qu'à son attrait. Il devient réellement un pharaon. De plus, c'est un réel plaisir de se laisser dorer au soleil d'Égypte, de sentir le sable sous ses pieds, de contempler les merveilles du royaume grâce à la plume de l'auteur. On sent vraiment le souffle brûlant du désert en lisant les descriptions.
Néanmoins, il y a à mon sens beaucoup de lenteurs qui ne s'expliquent pas. Par exemple, pendant les 100 premières pages il ne se passe quasiment rien d'autre que les lamentations de Ramsès qui a perdu son père et ne sait s'il sera taillé pour le dur métier de Pharaon. Les événements arrivent sans montée du suspense, ou du moins de l'angoisse. Le complot se trame pendant des pages et des pages et la solution ne prend qu'une demi-page. Pour être honnête, je reconnais que sur la fin de ce tome, tout s'accélère.

C'est loin d'être désagréable, mais j'avoue être déstabilisée par cette plume, qui oscille autant entre documentaire et fiction. C'est néanmoins un réel plaisir d'être tentée de faire ses propres recherches pour en savoir plus sur les pharaons. J'ai du mal à parler de cette saga, et je ne vous donne peut-être pas envie, mais sachez que je lirai la suite parce que le côté historique me plaît énormément.

Objectif PAL : -5

Mini calzone au four

Voici une recette inspirée du livre Les basiques italiens dans la collection Mon cours de cuisine de Marabout. Elle rencontre un succès, que ce soit en entrée ou en repas, avec une salade.


Ingrédients :
- 1 pâte à pizza rectangulaire
- 200g de sauce tomate
- 125g de mozzarella
- 3 tranche de mortadelle
- 10 feuilles de basilic
- sel, poivre, origan

Avec ces doses, on peut faire environ 9 calzone, ça dépend de la quantité de préparation qu'on arrive à intégrer.

Préchauffer le four à 180°C (th6).

Laisser égoutter la mozzarella, hacher finement le basilic et couper la mortadelle en dés.

Couper la pâte à pizza en 9 carrés égaux.

Dans un saladier, mélanger la sauce tomate, la mozzarella coupée en petits dés et le basilic. Saler, poivrer et ajouter un peu d'origan. Ajouter la mortadelle.

Sur le plan de travail, mettre de la farine et fariner le premier carré de pâte, puis l'agrandir sans faire de trou.
Verser une cuillère de préparation au centre du carré. Il faut pouvoir rapprocher les bords en formant un triangle, sans que la sauce ne déborde. Compter donc 2 cm de pâte libre autour de la préparation.

Refermer le chausson en boudinant les bords afin qu'ils tiennent. Poser celui-ci sur la plaque du four et refaire la manipulation pour les chaussons suivants.

Mettre au four environ 20 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient dorés.

American Psycho [Breat Easton Ellis]

L'auteur : Breat Easton Ellis est un romancier américain né en mars 1964 à Los Angeles. Parmi le mouvement Génération X, il décrit des personnages souvent jeunes et de bonne apparence mais dépravés et assumant cet état de fait, voire le revendiquant. American Psycho, son troisième roman, est à la base une commande de son éditeur Simon & Schuster, qui donne une avance de 300 000 $ à l'auteur mais qui préfère tout abandonner à la lecture du manuscrit. Repris et publié par l'éditeur Knopf en 1991, le livre se vend à plusieurs millions d'exemplaires aux États-Unis et dans le monde entier.
L'auteur dut prendre un garde du corps suite à de multiples menaces de mort. Il vit aujourd'hui à New York.

L'histoire : Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant golden-boy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en serial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite.
Portrait lucide et froid d'une Amérique auto satisfaite où l'argent, la corruption et la violence règnent en maîtres, American Psycho, qui fit scandale lors de sa parution aux États-Unis, est aujourd'hui un best-seller mondial.

Mon avis : Voici le roman peut être le plus connu de Breat Easton Ellis. Lasse d'en entendre parler, j'ai fini par le lire. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce livre est marquant, dérangeant, on ne peut pas le qualifier de difficile à lire car le style est limpide et fluide mais le sujet est tellement dérangeant que ce n'est pas non plus très facile d'approche. Plonger sans retenue dans le cerveau d'un tueur en série, sans aucun filet, qui en plus fait preuve d'un tel dégoût de tout ce qui n'est pas lui... De façon très progressive, Patrick Bateman plonge de plus en plus dans l'horreur (et le lecteur avec lui) de façon volontaire. Sa folie croit de façon exponentielle et, entre scènes d'horreur pures et lignes de coke, on finit par se demander si tout cela est réelle ou relève plus d'une hallucination monstrueuse.
Quant au portrait qui est brossé de la société américaine des années 90, il n'est pas brillant : monde de dépravés, chacun à des degrés différents, de gens avides de pouvoir et d'argent, incapables de se préoccuper des autres, ne pensant qu'à leurs petits plaisirs et à toute forme de débauche, plein de duplicité, menteurs ...
Les faits, présentés froidement, sans justification, sans explication du pourquoi cet homme en est arrivé à de tels actes sont mis en exergue par ce portrait d'une société qui privilégie l'apparence. Ce que l'"american way of life" peut produire de pire s'il n'y a aucune remise en cause.

Une lecture que je ne peux que conseiller si vous avez le coeur bien accroché !

Le Prince [Nicolas Machiavel]

L'auteur : Nicolas Machiavel est le nom francisé de Niccolo Macchiavelli, penseur italien de la Renaissance, né en mai 1469 et mort en juin 1527. Il est à l'origine du terme "machiavélisme".

Il Principe, en français Le Prince a été publié en 1532 et donc de façon posthume, mais certainement écrit dès 1513. Ce livre est mis à l'index en 1559, puis censuré plus tard en Italie.

L'histoire : Ce livre est un traité destiné à l'édification des chefs d'État(s) et plus précisément à Laurent le Magnifique. Machiavel y rassemble ses réflexions sur la meilleure façon de conserver un État en son pouvoir, que celui-ci soit hérité ou conquis, ainsi que les erreurs à éviter.

Mon avis : Traité clairement philosophique et politique, il ne s'agit pas ici d'une lecture de divertissement. J'avoue l'avoir lu en diagonale. Néanmoins, c'est intéressant et le style, bien qu'assez daté, ne freine ni la lecture ni la compréhension.
L'idée principale de ce texte a effectivement dû gêner l'hypocrisie de l'époque : il ne s'agit pas d'être bon et vertueux pour exercer un juste pouvoir sur les autres, mais bien d'avoir en mains toutes les techniques pour conserver le pouvoir. La question d'être un souverain bon ne se pose que lorsque le pouvoir est assuré entre ses mains.

Ce traité n'est donc pas particulièrement moral. Machiavel étudie les réalités historiques des conquêtes et de l'exercice du pouvoir par de grands noms de l'Histoire (Alexandre le Grand, les Romains, Louis XII...) pour décrire les erreurs commises ou les réussites dans la régulation des désirs et des aspirations de chaque peuple. Ainsi Machiavel explique-t-il clairement que le meilleur moyen de conquérir un peuple étranger est bien de détruire purement et simplement plusieurs villes assez importantes, empêchant tout soulèvement de celles-ci et toute envie de soulèvement chez les autres. Le but recherché n'est pas d'être aimé, mais d'être respecté.

"Car, en y réfléchissant bien, on constatera que certaines choses paraissent vertueuses qui pourtant, à les suivre, entraîneront la ruine du Prince, tandis que d'autres, qui paraissent vicieuses, lui donneront bien-être et sécurité" (p74).

Ce livre a été lu dans le cadre d'une lecture commune avec Kali, Julien, et Belle de Nuit. N'hésitez pas à aller voir leurs avis !

Objectif PAL : -4

Ne réveillez pas les morts [Deborah Crombie]

L'auteur : Deborah Crombie est une romancière américaine, née en juin 1952 à Dallas. Suite à un voyage universitaire, elle tombe sous le charme de la Grande-Bretagne et y immigre avec son premier mari. Elle retourne aux Etats-Unis puis, après plusieurs années à travailler dans l'entreprise familiale, elle se lance dans l'écriture et sort son premier roman A Share in Death, qui reçoit plusieurs prix. Celui-ci est son troisième.

L'histoire : Par un petit matin pluvieux et glacé de novembre, le corps de Connor Swann, gendre du célèbre chef d'orchestre Sir Gerald Asherton, est repêché dans la Tamise.
Impossible de conclure à la thèse de l'accident et de classer l'affaire : la victime porte des traces manifestes de strangulation. Aussi Scotland Yard dépêche-t-il sur les lieux l'un de ses plus fins limiers, le superintendant Duncan Kincaid, accompagné de son inséparable assistante Gemma James. Ce n'est d'ailleurs pas la première tragédie qui frappe les Asherton. Déjà, vingt ans plus tôt, Mathew Asherton, promis par ses dons musicaux à une carrière de jeune prodige, avait péri de la sorte.
Quelle malédiction s'acharne sur cette famille, l'une des plus en vue des milieux artistiques londoniens ? D'inavouables secrets vont-ils surgir de l'enquête ?

Mon avis : Une lecture d'été qui fait du bien ! Une bonne intrigue, une ambiance bien pensée, agréable et bien mise en place, pas de violence gratuite comme c'est le cas de beaucoup de polars actuels. Les personnages sont attachants. L'idée de ce livre à mon sens est plus de suivre une enquête lambda de nos deux détectives, en passant un bon moment. Si vous vous attendez à un suspens insoutenable, passez votre chemin : ici, la mort n'est qu'à peine suspecte et l'enquête se passe calmement, sans rebondissement, sans élément dérangeant, sans mise en danger de nos deux personnages principaux ...

En bref, rien de bien original en soi, mais j'ai tout de même passé un bon moment à lire ce livre pendant cet été, sur la plage notamment.