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19 mars 2014

Concert : Cascadeur au Bataclan

Ce mercredi 12 mars 2014, à 19h30, c'est dans la file attendant devant le Bataclan que j'ai retrouvé ma moitié. Il voulait aller voir Cascadeur en concert. Une seule date parisienne avant de poursuivre la tournée pour la promotion de son deuxième album Ghost Surfer.

J'avais entendu une seule chanson de cet auteur-compositeur-interprète et pianiste, qui ne m'avait pas convaincue. C'est donc un peu à contre-coeur, je dois l'avouer, et sans savoir exactement à quoi m'attendre que j'y suis allée, d'autant plus que j'avais un sacré rhume et donc une furieuse envie de rentrer chez moi et de me reposer après une journée de boulot.

Cascadeur au Bataclan, le 12/03/2014

S'il entre en scène seul, ses musiciens le rejoignent depuis la salle avant de monter sur la scène. Ils parcourent donc le public, une torche à la main, dont la lumière est bien visible dans le noir qui baigne la salle.
 
Cascadeur œuvre sur scène masqué. Par un casque durant la première partie, puis par un masque de catcheur après le rappel. La légende veut que ce soit par timidité. Difficile également de ne pas penser aux Daft Punk, à ceci près que le monsieur fait de la musique depuis longtemps tout de même.

Ma première réaction a été de me dire que la communication allait être difficile entre lui et le public si celui-ci ne pouvait voir son visage et donc les émotions qui s'y reflètent. Or, au contraire, Cascadeur a une vraie relation avec son public. En surjouant légèrement de son corps pour compenser, il tisse un lien et fait participer les gens. Le bonhomme a une bonne présence scénique.

Cascadeur au piano

La suite me fait espérer. Alors que j'y allais vraiment avec un a priori négatif et dans un mauvais état d'esprit je le répète, les premières chansons sont une vraie surprise positive. A tendance un peu électro, elles sont originales, laissent une grande place à la musique et à un monde onirique et doux qui est surprenant et plutôt agréables. Je pense notamment à la chanson Walker, qui donne lieu à une participation du public. La voix est aigue mais se prête bien à l'univers qui se laisse deviner, derrière les jeux de lumière, le son et l'ambiance. Entre deux morceaux, il fait la part belle au silence et à la douceur.

Je commence à peine à me détendre que tout part alors en cacahuète. Car Cascadeur est en fait un chanteur pop. Et là, j'avoue que je n'ai pas du tout adhéré. Pourtant, je suis quelqu'un assez bon public et je n'ai rien contre la pop. La déception a été d'autant plus grande que j'ai été vraiment séduite par les premiers titres. Mais ensuite, j'ai eu l'impression d'écouter de la soupe. On m'a opposé que c'était du easy-listening. Je dirais pour ma part du easy-forgettable. Alors que la ritournelle de Walker me trotte encore dans la tête plus de 24h après, le reste forme un magma dans lequel je n'ai pas trouvé de cohérence, de fil conducteur, d'univers original (à défaut d'adhérer, je suis capable de reconnaître ne pas avoir entendu cela ailleurs quand c'est le cas) ou même de construction propre à vous entrer dans la tête et vous entêter.

Les derniers instants du concert, les artistes font semblant d'enlever leurs masques

Je suis ressortie d'autant plus déçue que le début m'avait vraiment plu par surprise. Et étonnée du succès que rencontre actuellement cet artiste. J'ai un peu de mal à comprendre. Tant mieux s'il trouve son public et fait passer de bons moments. Mais ce n'est pas pour moi.