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28 avril 2014

Tokyo Sanpo [Florent Chavouet]

Après avoir découvert Florent Chavouet avec son Manabé Shima, je me suis forcément précipitée sur son deuxième ouvrage Tokyo Sanpo, qui m'avait été offert en même temps.

L'histoire : Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde. Plus qu'un guide, voici un livre d'aventures au cœur des quartiers de Tokyo. Pendant ces six mois passés à tenter de comprendre un peu ce qui m'entourait, je suis resté malgré tout un touriste. Avec cette impression persistante d'essayer de rattraper tout ce que je ne sais pas et cette manie de coller des étiquettes de fruits partout, parce que je ne comprends pas ce qui est écrit dessus. A mon retour en France, on m'a demandé si c'était bien, la Chine. Ce à quoi j'ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants.

Mon avis : Après ma découverte de Manabé Shima, je retrouve le coup de crayon talentueux et si propre à nous faire voyager de Florent Chavouet. Là encore, on est à mi-chemin entre un guide touristique, un carnet de voyages et une bande dessinée. La façon de dessiner la perspective est très personnelle, avec un petit côté mal dessiné qui devient une marque de fabrique et apporte une touche de tendresse au sujet représenté et en même temps beaucoup de vie.

Écrit avant Manabé Shima et lu après pour ma part, je n'ai pu m'empêcher de comparer les deux. Ma préférence va à Manabé Shima qui s'attache davantage aux gens et à leur façon de vivre, mais cela n'enlève rien à la qualité de celui-ci. Dans Tokyo Sanpo, il est surtout question de croquer tout ce qui est dépaysant pour un français, en passant par les étiquettes trouvées sur les fruits, au gré de vagabondages à bicyclette, toujours muni de papier et de crayons de couleur. Après le dessin de kōban, petit poste de police à l'architecture parfois improbable, qui ouvre chaque chapitre correspondant à un quartier précis, un plan dudit quartier est présenté et indique où se situe l'action de chaque page suivante. Le mélange entre architecture moderne des grands buildings et petites maisons traditionnelles est détonnant.

L’œil de l'auteur est dénué d'a priori mais plein de curiosité et de tendresse. Et son œuvre donne envie d'aller se dépayser à son tour. J'ai particulièrement aimé deviner, au détour d'un dessin qui n'a pas été terminé, comment Florent Chavouet construit son dessin par étapes.

J'aimerais assez qu'il aille se balader dans un autre pays pour nous proposer encore de sa façon de voir et de dessiner le monde qui l'entoure.

3 commentaires :

Loesha a dit…

+1 pour "Manabe Shima", je crois que je le préfère aussi à ce livre... Dans "Manabe...", j'adore les anecdotes autour du bar des petits vieux, vraiment marrant ! On a moins ça dans "Tokyo Sanpo", mais il n'en reste pas moins peu ordinaire.
J'en veux encore moi aussi ! :D

Alex Mot-à-Mots a dit…

Une vraie plongée dans la ville, on dirait.

La chèvre grise a dit…

@ Loesha : oui, ça reste très agréable. Mais moins humain.

@ Alex Mot-à-Mots : tout à fait. "Tokyo Sanpo" est une plongée dans la ville, là où "Manabe Shima" est plus une plongée dans la culture rurale.