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21 janvier 2019

La papeterie Tsubaki [Ito Ogawa]

L'auteur : J'avais découvert la plume d'Ito Ogawa avec son premier roman Le restaurant de l'amour retrouvé. La papeterie Tsubaki est son quatrième roman

L'histoire : Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pou les autres.

Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu aussi bien que d'amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.

Et c'est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues.

Mon avis : J'ai retrouvé le style tout en poésie et bienveillance de l'auteur, qui, par le biais de ce pan de vie d'Hatoko, remet à l'honneur l'art de l'écriture. Lettres, cartes postales, calligraphie, importance du papier et de l'encre. Par le biais des demandes des clients qui franchissent le pas de la papeterie Tsubaki, c'est tout un art presque désuet aujourd'hui qui se réveille et nous est conté. Moi qui continue à envoyer des cartes postales et des cartes de vœux, je suis plus que convaincue de ce qu'Ogawa Ito nous livre ici : le plaisir de recevoir une lettre, concrétisation de la pensée d'un proche pour nous.

L'écrivain public doit traduire en mots les émotions livrées par ses clients. Ce n'est jamais simple d'être au plus près de ce qui est ressenti, mais c'est toute la magie de ce métier. En vivant les sentiments des autres, Hatoko se rapproche des siens et fait la lumière sur ses sentiments par rapport à sa grand-mère. Le chemin de la paix intérieur n'est pas toujours simple : en pardonnant elle pourra s'ouvrir aux autres. Et des sujets tels que l'héritage, la transmission, le lien familial aussi bien entrave que bienfait, ou encore l'importance du partage sont ici abordés toujours avec cette immense délicatesse qui fait tout l'intérêt de la littérature japonaise, encore plus grâce à l'auteur.

"Si l'enveloppe est un visage, le timbre est le rouge à lèvres qui donne le ton. En se trompant de rouge à lèvres, on fiche en l'air le reste du maquillage. Ce n'est qu'un petit timbre, mais tellement important. Dans son choix se concentre, dit-on, la sensibilité de l'expéditeur." (p°74)

La papeterie Tsubaki, d'Ito Ogawa
Éditions Philippe Picquier
Août 2018

5 commentaires :

Anonyme a dit…

Un roman présent dans les deux biblis mais j'hésite toujours... keisha

La chèvre grise a dit…

@ Keisha : j'en avais entendu parlé sur les blogs, mais je n'ai été tentée que lorsque j'ai compris que c'était la même auteur que "Le restaurant de l'amour retrouvé" qui était une vraie belle surprise.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un billet bien tentateur.

Karine a dit…

Dans ma pile... je n'en entends que du bien. Il faudrait hein...

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : il faut bien parfois :)

@ Karine : celui-ci où un autre de l'auteur, je pense que c'est la magie de la plume et le rythme qui font que tu aimeras ou pas.