ShareThis

11 mars 2019

Une affaire comme les autres [Pasquale Ruju]

L'auteur : Né en 1962, Pasquale Ruju est un touche à tout : diplômé d'architecture, il a travaillé à la radio, à la télévision, au théâtre, au cinéma. Une affaire comme les autres est son premier roman.

L'histoire : Dans une pièce vide, deux femmes se font face. D'un côté, Silvia Germano, jeune et talentueuse procureure adjointe. De l'autre, Annamaria, la veuve de Marcello Nicotra, chef de clan de la 'Ndrangheta. Elles se dévisagent en silence - puis la veuve se met à parler et raconte son histoire. De l'amour fou des premiers jours aux illusions perdues, Annamaria livre ses souvenirs. Sous les feux de la passion transparaît peu à peu la brutalité d'un homme impitoyable, prêt à tout pour étendre son influence au sein de la mafia. Prise au piège des secrets et des ambitions sanglantes de son mari, la jeune femme est forcée d'ouvrir les yeux sur la nature de celui qu'elle a aimé et à qui elle s'est livrée toute entière.

Durant cet interrogatoire sous haute tension, les deux femmes déroulent ainsi le fil des événements qui ont mené à la mort de celui qu'on nommait 'u Primu. Et Silvia sait déjà qu'il ne s'agit pas, mais alors pas du tout, d'une affaire comme les autres...

Mon avis : Les histoires de mafia, ce n’est pas vraiment mon truc. En dehors du Vendetta de R.J. Ellory qui avait su m’étonner et m’emporter, j’ai toujours une forme de réticence envers ces récits. Et pourtant, je me suis retrouvée littéralement accrochée à ce roman. Ce n’est pas lié au style de l’auteur, somme toute assez classique et sans effet particulier, mais davantage à la construction du récit : deux femmes qui vont tour à tour prendre la parole pour retracer une partie de la vie de Marcello Nicotra et de sa jeune femme Annamaria. Cette dernière est veuve lorsqu’elle fait face au substitut du procureur Silvia Germano. Est-elle simple témoin ou suspecte ?

Dans une tension grandissante, le récit s’étoffe petit à petit pour brosser le destin d’un homme promis de toute façon à une mort certaine, mais laquelle ? Il y a un côté très visuel dans ce roman, peut-être du fait de la carrière de l’auteur. J’ai attendu le twist final, qui n’a pas été celui auquel je pensais. Et que, dans ce monde d’hommes macho l’auteur ose partir du point de vue féminin fait du bien. Un peu facile, peut-être, mais surprenant en tout cas.

Merci aux Éditions Denoël pour cette découverte.

Une affaire comme les autres, de Pasquale Ruju
Traduit par Delphine Gachet
Éditions Denoël
Janvier 2019

1 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Pour son côté surprenant : le point de vue d'une femme chez les machos.