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23 mars 2018

La dame à la Licorne

Histoire de vous donner envie d'y aller dès la réouverture du musée Cluny, mi-juillet, voici une petite histoire de La dame à la licorne, qui est allée se balader en Australie en attendant.

La dame à la licorne est une série de tapisseries composée de 6 pièces différentes, dont la plus connue est certainement la plus ambiguë. Elle date du début du XVIe siècle et se trouve au musée national du Moyen Âge de Cluny à Paris.

Sur chaque pièce on retrouve des éléments identiques : une île pleine d’oiseaux, de fleurs et d’arbustes, un fond rouge habité d’une nature riche et variée (on parle alors de tapisserie millefleurs), une jeune femme richement vêtue –prenez d’ailleurs le temps d’admirer le rendu de la richesse de sa tenue, tout simplement fabuleux – des animaux qui l’entourent : singe, lapin, lion, licorne. Notons que le lion et la licorne sont des symboles traditionnels du courage et de la pureté.

Les armoiries très présentes permettent d’en attribuer la commande à une famille lyonnaise, les Le Viste, dont plusieurs membres mènent une prestigieuse carrière au parlement de Paris. On sait par contre peu de choses sur les modèles, probablement fournis par un artiste parisien nommé Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne, actif aux environs de 1500. Le lieu de tissage est lui inconnu.

Longtemps la série a donné lieu à beaucoup d’interprétations. On s’entend aujourd’hui à dire que cinq des tapisseries sont une allégorie des cinq sens. On peut donc reconnaitre :

Le toucher : la dame tient la corne de la licorne
Le goût : la dame prend ce qui ressemble à une friandise d’une coupe
L’odorat : le singe respire le parfum d’une fleur (un peu flou)
L’ouïe : la dame joue de la musique
La vue : la licorne se regarde dans un miroir tenu par la dame (un peu flou aussi, c'est dommage pour ce sens-ci :))
On constate que pour l’odorat et la vue la dame n’est pas le personnage principal de la description du sens alors illustré.

À mon seul désir
La sixième tapisserie, elle, reste équivoque. Quel serait donc ce mystérieux et gênant sixième sens ? Elle est souvent lue comme étant celle du sixième sens, qui serait lisible à l’aune des cinq précédentes. Avec la devise « À mon seul désir » en haut du chapiteau, certains l’interprètent comme étant celle du cœur. Jean de Gerson, homme politique et théologien français des XIV et XV siècle, en faisait le siège de l’âme, de la vie morale et du libre arbitre. Bref, on ne sait au final que peu de choses sur ces œuvres, et surtout pas comment les interpréter de façon certaine. En se rapprochant d’œuvres littéraires diverses, de multiples explications ont été avancées. Dans tous les cas, il semble s’agir d’une élévation de l’âme par les sens. La dame dépose en effet sa parure arborée dans les précédents panneaux comme si elle renonçait au superficiel et au matériel pour s’ouvrir enfin pleinement au spirituel.

Ce qui plait toujours à tous les visiteurs c’est l’ambiance douce et poétique qui se dégagent de ses tapisseries, où se mêlent réel et imaginaire, sens et concret. La grande taille des panneaux et la finesse du tissage, la richesse des détails et des décors : vous perdrez, pour votre plus grand bonheur, un temps fou à contempler les animaux et les fleurs !


Informations utiles :

Musée de Cluny
6 place Paul Painlevé
75005 Paris
Tel : 01.53.73.78.00

Tarif : 9€
Tarif réduit : 7€

Site du Musée de Cluny ici

3 commentaires :

keisha a dit…

J'ai bon souvenir de ma visite là-bas (avec de plus un groupe de musiciens et chanteurs dans une salle!)

nathalie a dit…

Mais tu n'as pas fait de gros plan des lapins et des fleurs ? enfinnnnn.... Sinon il te reste à aller à New York voir la série de tapisserie sur la chasse à la licorne pour compléter le tableau.

La chèvre grise a dit…

@ keisha : ça devait être surprenant effectivement ! Rien de tout ça quand j'y était, plutôt des travaux dans tous les sens. Il faut dire que depuis le musée a fermé jusqu'en juillet pour avancer ces travaux justement. On attend un nouveau musée tout neuf maintenant !

@ nathalie : ah non, mais je les ai bien observés sur place par contre. Je note pour le jour où je retournerai à New York !