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22 juin 2018

L'homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam

Film espagnol, britannique, français, portugais et belge de Terry Gilliam sorti le 19 mai 2018 avec Jonathan Pryce, Adam Driver et Olga Kurylenko.

L'histoire : Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d’un vieux cordonnier espagnol convaincu d’être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste: ce film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d’humanité ? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie ? Ou l’amour triomphera-t-il de tout ? 

Mon avis : Un film qui a autant connu de revers de fortune est forcément célèbre avant même sa sortie. Et dire qu’il fut attendu par les cinéphiles n’est pas mentir. Il est, dès sa sortie, hanté par une aura d’œuvre maudite. Le risque du coup, c’est d’en attendre beaucoup trop. Comme de mon côté je n’ai pas suivi les mésaventures délirantes de cette réalisation (finances, maladie, avanie, intempéries…), je n’attendais rien de particulier. Et j’ai passé un bon moment au cinéma.

Il faut un peu de temps pour être emporté par ce récit qui traine au début avant de devenir barré, comme Terry Gilliam sait si bien le faire. C’est que nous avons le droit à trois histoires en une seule : Toby, réalisateur star, tente de tourner un film sur Don Quichotte, comme il a pu le faire lors de ces études. C’est à la fois l’histoire de l’hidalgo, du premier tournage du premier film d’étudiant et de cette réadaptation à grand budget. Connaitre le récit de Cervantès peut aider à s’imprégner de l’histoire et à se concentrer sur les récits parallèles des tournages. L’absurde va progressivement prendre du terrain lorsque Toby doit faire face aux conséquences de son premier tournage : tout un village espagnol en est resté marqué à jamais.

J’ai aimé me laisser porter par cet emboitement des récits, sans chercher de logique mais laissant l’imaginaire se déployer. Mention spéciale à Adam Driver, réalisateur égocentrique qui a su me faire oublier son rôle désastreux dans Star Wars, malgré quelques clins d’œil. En fait, mes réserves tiennent surtout au récit originel car je n’ai jamais aimé l’œuvre de Cervantès et son personnage complètement fou et obstiné et de ce que je n’ai pas trouvé la poésie si souvent constatée par bon nombre de critiques.

L'homme qui tua Don Quichotte est certainement un plus grand film par sa légende que par ce qu'il propose réellement. Mais il n'empêche que c'est un film tout à fait correct.

1 commentaires :

Grominou a dit…

Je crois qu'il n'est pas encore sorti au Québec... Je veux le voir car je suis fan de Terry Gilliam! J'avais aimé son documentaire Lost in La Mancha qui racontait ses péripéties lors de la tentative précédente de tourner ce film.