Enquête dans le brouillard [Elizabeth George]

L'auteur
: Elizabeth George, née en février 1949, est une romancière américaine, renommée pour ses policiers dans la pure tradition du whodunit britannique. En France, Enquête dans le brouillard a reçu le Grand prix de littérature policière en 1990.

L'histoire : Le sergent Barbara Havers est résolument laide et revêche et bien décidée à le rester. Elle adore son boulot mais l'idée de faire équipe avec l'inspecteur Lynley, un ancien d'Eton, pur produit de l'aristocratie britannique, lui est insupportable. Un type qui prétend travailler à Scotland Yard pour se rendre utile à la société, au lieu de vivre sur ses terres ! Un type pourri de charme et avec qui aucune femme n'est en sécurité. Sauf la pauvre Barbara, évidemment… Mais les querelles de ce couple inattendu cessent vite devant l'atrocité d'un crime qu'ils sont chargés d'élucider.

Dans un paisible village du Yorkshire, on a trouvé le corps sans tête de William Teys, paroissien modèle. À côté du cadavre, une hache et, près de la hache, une grosse fille qui gémit : "C'est moi qui ai fait ça et je ne le regrette pas." L'épouvante ne fait que commencer.

Mon avis : Clairement, ce roman est un premier tome où l’autrice installe ses personnages. Un petit peu caricaturaux d’ailleurs : Havers, peu avenante voire harpie par moment et Lynley, séduisant, élégant, riche. Les deux ont des blessures toutes personnelles et forment un duo improbable. Le lecteur se doute qu’ils pourront, s’ils y mettent du leur, faire une belle équipe, progressant chacun de leur côté.

Bien qu’américaine, on sent chez Elizabeth George une vraie passion pour la littérature anglaise, dont elle est d’ailleurs diplômée. Cela transparaît bien sûr dans le lieu qu’elle choisit pour l’action, mais aussi dans sa façon de mettre en scène l’intrigue, effectivement un vrai whodunit britannique pur jus. Il y a du Agatha Christie dans l’ambiance de petit village de campagne, avec un cercle restreint de personnages et deux policiers qui arrivent sur place pour résoudre une énigme. Jusqu'à ce final beaucoup plus noir et vraiment surprenant ! Le lecteur est habilement baladé, échafaude des théories, s’attache aux différents protagonistes et espèrent en apprendre plus. Ce faisant, on dévore les pages sans s’en rendre compte.

Il y a donc des qualités et du potentiel mais tout n’est pas au niveau que j’attendais d’une autrice pourtant réputée pour être un grand nom du polar. Il faut dire aussi que j’ai été perturbée par le côté daté du roman, clairement fin des 80’s. On a beau être à une époque moderne, les enquêteurs n’ont pas les moyens de communication sophistiqués actuels à disposition pour accélérer la diffusion d’informations : pas de téléphone portable, pas d’internet. Pour autant, je continuerai cette série car le décalage devrait s’amoindrir au fur et à mesure des 20 tomes qu’elle comporte jusqu’à maintenant.

Enquête dans le brouillard, d'Elizabeth George
Traduit par Dominique Wattwiller
Éditions Pocket
Avril 1992

Commentaires

Anonyme a dit…
Je l'ai lue systématiquement jusqu'à il y a quelques années, mais elle a eu tendance à grossir ses polars et je trouvais ça long. Mais tu peux continuer, dans l'ordre si possible, car un événement intervient dans un livre qui spoilerait tout si tu commençais après ce livre là;
keisha
Mypianocanta a dit…
Les années 1980 ? c'est marrant j'étais persuadée que c'était beaucoup plus vieux que ça. Décidément, ça m'intrigue encore plus.
dasola a dit…
Bonjour La chèvre grise, j'ai lu quelques romans d'Elizabeth George dont celui-ci mais j'ai arrêté car comme Keisha l'a écrit, les romans sont devenus des gros pavés et je l'ai abandonnée pour d'autres auteurs. Bonne après-midi.
Alex Mot-à-Mots a dit…
C'est ce que je lui reproche : un peu datée....
La chèvre grise a dit…
@ keisha : je vais suivre l'ordre scrupuleusement alors. De toute façon, c'est un peu ce que j'ai tendance à faire.

@ MyPi : alors l'air de rien, pour le roman, ça donne déjà une impression de bien bien vieux :)

@ dasola : peut être que je n'irai pas au bout de la série alors. J'ai du mal avec les gros pavés quand le contenu n'y est pas. Les policiers sont souvent trop longs (exemple qui me vient en tête, le dernier Adler Olsen). A se demander s'ils sont payés à la page !

@ Alex Mot-à-mots : je peux comprendre, ça se sent vraiment. Et en même temps, ce n'est pas assez daté pour qu'on passe outre, comme un Agatha Christie par exemple.
Faurelix a dit…
Je l'ai lu il y a pls années et jamais tenté de continuer la série.