Santa Muerte [Gabino Iglesias]

L'auteur : D'origine portoricaine, Gabino Iglesias est un écrivain, professeur, journaliste et critique littéraire à Austin, au Texas.

L'histoire : Austin, Texas. Tu t'appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour... Non, oublie "beau". Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d'un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair : ici, c'est chez eux.

Fernando croit en Dieu, et en plein d'autres trucs. Fernando jure en espagnol, et hésite à affronter seul ses ennemis. Mais avec l'aide d'une prêtresse de la Santeria, d'un Portoricain cinglé et d'un tueur à gages russe, là, oui, il est prêt à déchaîner l'enfer !

Mon avis : Impossible de passer à côté de ce livre avec cette splendide couverture représentant bien le contenu : des tatouages, des gangs et des prières. Voilà exactement de quoi est composé ce roman, qui vous plonge immédiatement dans l’action d’un règlement de compte entre dealers qui se livrent une guerre de territoire et vous mène, tambour battant, jusqu’au dénouement, un poil abrupt.

Le style est vraiment très simple, mais on se console en découvrant les croyances sud- américaines et l’importance qu’elles peuvent avoir dans les choix que font certains personnages. Des personnages d’ailleurs un peu trop caricaturaux à mon goût. J’aurais aimé plus de profondeur, plus de contexte aussi. Le personnage de Fernando aurait mérité d’être davantage développé : pourquoi, quels sont ses états d’âme, ses hésitations (autre que religieuses) … Le roman est trop court pour que l’ensemble prenne une vraie ampleur.

Le vrai intérêt de ce roman est donc la plongée dans la culture et l’identité latino aux États-Unis, les complexités d’une intégration lorsqu’on est clandestin et l’importance de la foi. Surtout, Gabino Iglesias montre un personnage qui ne peut sortir d’un destin tout tracé et dont le libre arbitre est au final assez limité. Pas de rédemption ici, pas de rêve américain, mais une plongée vers toujours plus de violence où il est difficile de ne pas perdre son âme.


Santa Muerte, de Gabino Iglesias
Traduit par Pierre Szczeciner
Éditions Sonatine
Mars 2020

Commentaires

Alex Mot-à-Mots a dit…
La couverture est en effet impressionnante. Mais ce que tu dis du style et de la violence ne me tente pas.
La chèvre grise a dit…
@ Alex Mot-à-mots : j'ai lu plus violent mais si tu y es allergique effectivement ce n'est pas pour toi.