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02 février 2011

Évadés de l'enfer ! [Hal Duncan]

L'auteur : Hal Duncan, de son vrai nom Alistair Duncan, est un écrivain écossais. Après son diptyque Le livre de toutes les heures (composé de Vélum et de Encre) dont je vous parlerai bientôt, Évadés de l'Enfer ! est son 3e titre.

L'histoire : Elie est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau... en partance pour l'Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n'en est qu'une copie... franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n'ont plus alors qu'une idée en tête : trouver un moyen de s'évader.

Mon avis : J'ai choisi ce livre pour son auteur, Hal Duncan, qui m'a marqué profondément avec Vélum, cet indescriptible, insondable et onirique livre-univers, ovni de la SF que certains trouveront illisible mais dont les moments de pure grâce, de réflexions philosophiques sur les origines des religions et du langage en font à mes yeux un petit chef d'œuvre malgré sa difficulté d'approche. D'ailleurs, le second opus, Encre, m'attend et j'y re-rentrerai quand je serai prêt ;) Mais ceci fera l'objet d'un futur billet, alors passons !
Disons le de suite, celui-ci est beaucoup plus facile d'approche et se lit d'un trait. Évadés de l'Enfer est un genre de survival action assez déjanté qui se passe dans ce qu'on suppose être l'enfer ou au moins le purgatoire. Les 4 personnages meurent dans les premières pages du livre et se réveillent sur le bateau les amenant, tels des immigrants, vers ce qui ressemble à New-York dans sa version trash. La société qu'ils rencontrent est complètement folle : on y tue, on y viole impunément. Les autorités, qu'on suppose être les démons, ont tous les pouvoirs, notamment de vie ou de mort. Tout est surveillé par des médias qui filment en reality-show les pires exactions des forces de l'ordre et les cautionnent. Une espèce de manager façon CEO d'une entreprise financière de Wall Street, sans pitié ni morale, supervise tout cela. En bref, ils se retrouvent en enfer, mais est-ce si éloigné de notre société réelle ? Clairement, Duncan se livre là à une critique acerbe de notre société, des médias, du capitalisme, des religions etc...
Comme on s'en doute, les 4 personnages ont leurs destins liés et vont se retrouver réunis malgré eux dans une tentative d'évasion. La troupe est assez hétéroclite d'ailleurs : un tueur impitoyable qui peut être pire qu'un démon, une prostituée camée, un jeune homme damné pour un soi-disant pêché, qu'il faut deviner au début mais dont on se doute (un thème cher à Duncan), et un marginal poursuivi par son passé.
Le reste du livre est une course poursuite haletante, délirante (parfois trop peut-être) et un peu longue jusqu'au fond des enfers, voire plus loin. À n'en pas douter, les 4 vont faire face au prince des ténèbres en personne et sans divulguer rien de bien important, je pense qu'un des grands intérêts du livre réside dans cette rencontre attendue avec Satan et dans l'interprétation que Duncan nous donne du mythe. J'avoue que cette partie vaut son pesant d'or et qu'il nous offre un jour intéressant sur les valeurs de notre monde judéo-islamo-chrétien : un autre thème cher à Duncan qu'on retrouve aussi dans Vélum de manière beaucoup plus complexe.
Au final, le côté "action+délire" poussé à son extrême peut devenir lassant à force, mais les idées sous-jacentes et la critique de notre monde sont très intéressantes malgré tout. Je ne saurais donc trop conseiller de lire celui-ci, comme une sorte d'avant-goût !

2 commentaires :

Neph a dit…

Lu, mais je n'ai pas accroché du tout à la fin, dès que le diable et Gabriel sont de la partie... Dommage !

gruikman a dit…

la vision de satan m'a bien plu quand même:)... mais c'est vrai qu'après cette rencontre, ça part un peu trop dans tous les sens!