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25 mai 2015

Une plage au pôle Nord [Arnaud Dudek]

L'auteur : Arnaud Dudek est un écrivain français né en 1979 à Nancy. Une plage au pôle Nord est son 3e et dernier roman.

L'histoire : Un beau matin, par le plus pur hasard - un objet perdu puis retrouvé - deux êtres isolés sur la banquise de la vie découvrent les bienfaits du réchauffement. Françoise, veuve septuagénaire, est à la peine depuis la disparition de son mari. Jean-Claude, jeune père divorcé, cache pas mal de bosses sous sa lisse bonhomie. Aimanté par l'improbable rencontre, le duo s'improvise, se rôde et trouve la note juste.

Au programme : porto, musique, ordinateur et fierté de soi. Autour de la pas si vieille dame et du doux paumé gravitent quelques personnages fantasques : juriste qui se rêve dessinateur de BD, couple de magiciens has been, blonde aussi piquante qu'un cactus, malfrats sur le retour.. Les uns sont intrépides, genre même pas peur. Les autre faussement frileux.

Mon avis : C'est l'histoire de deux solitudes qui se rencontrent par l'intermédiaire du hasard, qui parfois orchestre bien les choses. Françoise, veuve septuagénaire qui a du mal à se remettre de la mort de son mari, et Jean-Claude, jeune père divorcé qui peine à retrouver l'envie, vont faire un bout de chemin ensemble. Et emmener leur entourage dans leur sillage.

L'auteur a une jolie plume mais m'a perdue dans le nombre de personnages car c'est un livre-chorale, qui passe de l'un à l'autre, sans qu'on puisse s'attacher réellement. Les destins se mêlent et s'entremêlent jusqu'au dénouement. Une tranche de vie pour chacun, agrémentée de quelques flashbacks. Arnaud Dudek s'attache à en faire des êtres crédibles, pleins de doutes et d'espoir. Chacun ayant en lui un brin de fantaisie plus ou moins exploité.

C'est un livre plein de délicatesse et de tendresse. Si j'ai bien vu deux solitudes qui se réchauffent mutuellement, je n'ai pas discerné cette plage au pôle Nord, cette bouffée d'espoir et d'inattendu dans la grisaille du quotidien, qui relèverait du merveilleux. Dans le même genre, j'ai une large préférence pour les romans de Marie-Sabine Roger, qui m'emportent totalement.

Un roman qui plaira certainement à d'autres lecteurs, mais qui m'a laissée sur ma faim. J'y aurais néanmoins appris que la chanson L'aigle noir de Barbara parle en fait de viol et d'inceste.

Une plage au pôle Nord, d'Arnaud Dudek
Alma Editeur
Janvier 2015

18 mai 2015

Petite pause

source
Quelques jours de congés à poser me pousse heureusement en vacances pour une petite semaine. Je vais recharger les batteries en attendant les grandes vacances qui arriveront tard pour moi.

Je vous dis donc à la semaine prochaine !

15 mai 2015

Le collier rouge [Jean-Christophe Rufin]

L'auteur : Jean-Christophe Rufin est un médecin, diplomate, historien et écrivain français né en juin 1952 à Bourges. Il fait partie de l'Académie française et a reçu différents prix pour son œuvre comme le prix Goncourt du premier roman.

L'histoire : Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte.

Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit.

Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.

Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.

Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame...

Mon avis : Voici un roman très court, environ 160 pages, avec lequel j'ai choisi de découvrir la plume de Rufin. C'est risqué car je ne suis pas très adepte des formats courts en général. Mais le sujet, un héros de la Première guerre mondiale emprisonné et en attente de jugement, m'intéressait.

Le souci principal que j'ai eu, c'est que l'histoire est longue à démarrer. Or, sur si peu de pages, c'est assez gênant. Rufin prend son temps pour poser le décor de ce petit village du Berry. Un coin de campagne, harassé par la chaleur, bien loin des vicissitudes de la guerre qui faisait rage à peine un an plus tôt. Pourquoi ce soldat, décoré de la Légion d'honneur, est il jugé ? Le lecteur se pose cette question tout au long des pages, même si la couverture en dévoile beaucoup trop.

En dehors de ce Morlac, qui va dévoiler petit à petit sa vie, et de Valentine, son amoureuse, nous ne saurons pas grand chose des personnages. Lantier, ce juge venu pour instruire l'affaire, n'offre que peu de sa personnalité au lecteur. C'est dommage, j'aurais aimé en savoir davantage. D'autant que c'est lui qui à toutes les clés en main et qui a pouvoir de vie ou de mort sur les protagonistes. Quelques trop rares passages nous laisse entrevoir un gradé militaire qui se pose des questions sur la justice, pressé de retrouver sa famille et d'oublier la guerre. Après 5 années de boucherie, il a envie de mettre un peu d'humanité dans cette dernière affaire.

Au-delà de l'anecdote, c'est une histoire de héros qui nous ai conté. Qu'est-ce qu'un héros ? Celui qui se bat pour ses idéaux ? Pour les autres ? Mais contre qui ? Qui est l'ennemi ? En toile de fond, la guerre, et l'horreur. Le chien, cet animal, est peut être au final le plus humain de tous.

Merci aux éditions Folio pour cette découverte.

Et je fais entrer ce roman dans le challenge Petit Bac d'Enna, catégorie Objet.


Le collier rouge, de Jean-Christophe Rufin
Folio
Mars 2015

13 mai 2015

Séries #1

Comme j'essaie de regarder quelques séries en ce moment, j'ai bien envie de vous en parler. Mais faire un billet très détaillé pour chacune me semble un peu présomptueux, d'autant que je ne m'y connais pas plus que ça. Je choisis donc une nouvelle catégorie de billets pour vous partager mes impressions.


House of Cards, saison 1 :

Je sais, sur ce coup-là, je ne suis pas en avance. Je viens à peine de terminer la saison 1. Il faut dire que je n'aime pas trop être dépendante d'une diffusion télévisée, parce qu'il arrive souvent que le soir de la diffusion je ne sois pas forcément chez moi. Alors je préfère binge watcher une saison que de m'astreindre à un épisode par semaine.

House of cards, donc. Je ne sais pas si j'aime ou pas. Kevin Spacey est excellent, les luttes de pouvoir sont bien rendus, tout est magouille et compagnie pour faire sa place au sommet du gouvernement. Mais justement, les luttes de pouvoir, ce n'est pas trop mon truc. Je finis par m'y perdre. Alors, j'ai terminé la première saison, mais pas sûre que je rempile. On verra bien.





Spotless, saison 1 :

L'exception à la règle qui m'empêche de regarder une série au moment de sa diffusion à la télévision, c'est le lundi soir. Je sors de ma séance de gym suédoise et du coup, j'arrive à la maison pile pour mettre les pieds sous la table et regarder la série que Canal + diffuse. En général, les productions de la chaîne cryptée sont d'ailleurs de qualité. C'est le cas pour Spotless.
 
Cela fait des années qu’ils ne se sont pas vus lorsque Martin, un loser qui multiplie les mauvaises fréquentations et accumule les problèmes, débarque chez son frère, Jean, un Frenchy installé à Londres où il mène une vie bien rangée de chef d’entreprise, de mari, de père de famille… et d'amant discret. Martin n’est pas le bienvenu. Jean a tiré un trait sur son passé. Mais le métier de Jean, nettoyeur de scènes de crimes, et le don de Martin d'attirer les embrouilles vont très vite les propulser dans l’univers à la fois sordide et délirant du crime organisé. Et ils vont devoir affronter leurs traumatismes et comprendre que rien ou presque ne pourra véritablement effacer le terrible secret qui remonte à leur enfance, dans leur Vendée natale, au cœur de la ferme familiale.

À la base, une série franco-britannique à la fois pleine d'humour et de gravité, qui se situe entre la saga familiale et le thriller mâtiné d'humour british. Le tout se révèle assez rapidement addictif. On retrouve avec plaisir et dans un tout autre genre Brendan Coyle, alias Bates dans Dowton Abbey. Sur un fil au départ simple, les choses vont rapidement se compliquer. On y trouve toutes les qualités des séries britanniques et françaises dernière génération.



Le bureau des légendes, saison 1 :

Toujours dans la catégorie série Canal +, voici la toute dernière en cours de diffusion, avec Matthieu Kassovitz himself. Ce qui prouve, s'il s'en faut encore, que les séries attirent désormais les plus grands noms.

Au sein de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), un département appelé le Bureau des légendes (BDL) pilote à distance les agents les plus importants des services de renseignements français : les clandestins. En immersion dans des pays hostiles, leur mission consiste à repérer les personnes susceptibles d'être recrutées comme source de renseignements. Opérant dans l'ombre "sous légende", c'est-à-dire sous une identité fabriquée de toutes pièces, ils vivent durant de longues années dans une duplicité permanente.

De retour d'une mission clandestine de six années à Damas, notre héros - plus connu sous le nom de code Malotru - est promu au sein du BDL et reprend peu à peu pied dans sa vraie vie. Mais contrairement à toute procédure de sécurité, il semble ne pas abandonner sa légende et l'identité sous laquelle il vivait en Syrie...

Série totalement française, elle détonne par l'angle d'attaque d'une histoire d'espionnage. Car ici, on s'intéresse à Guillaume Debailly, qui est capable à la fois d'une force impressionnante de caractère pour bluffer tout le monde, mais également d'une faiblesse de sentiments tellement évidente et classique. On est loin des clichés et des scènes d'action et ça fait du bien. Le drame survient par les interactions entre les personnages. Une série à découvrir, qui table davantage sur l'attachement aux personnages qu'à la découverte d'un univers qui relève ici presque de celui de bureau. Après, je ne suis pas une grande fan de ce genre de récit, où la manipulation est le maître mot.




Downton Abbey, saison 5 :

Est-il encore besoin de présenter cette série que tout le monde connait ? D'ailleurs, je vous en ai déjà parlé ici. Pour une fois, je suis dans le même timing de visionnage que tout le monde. Il faut dire que c'est avec impatience que j'attends régulièrement les nouveaux épisodes.

Cette saison 5 sent la transition. Pas de cliffhanger à la fin et un apaisement des relations entre chacun. Est-ce parce que la fin de la série se profile ? Car il semblerait que la sixième saison soit la dernière. En attendant, il reste agréable de se plonger dans ce monde où la noblesse perd de son influence et les travailleurs se rendent compte des possibilités qui s'offrent à eux. Les personnages sont très attachants, même les pires vauriens comme Barrow (joué par Rob James-Collier) ou Maggie Smith dans son rôle de grand-mère dépassée par le monde moderne. Un bonbon qui se savoure.

11 mai 2015

Dust [Sonja Delzongle]

L'auteur : Née en 1967, Sonja Delzongle a pas mal voyagé entre la France et la Serbie, pays d'origine de sa mère. Elle a exercé des métiers très diverses et a une réelle passion pour l'Afrique.

L'histoire : 2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s'amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d'une longue série.

2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.

Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s'emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l'envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultra modernité et superstitions. Mais elle ne s'attend pas à ce qu'elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d'albinos vont l'emmener très loin dans les profondeurs du mal.

Mon avis : Intéressée par le cadre original de ce roman, c'est avec plaisir que j'ai entamé ma lecture, en compagnie de MarieJuliet d'ailleurs, avec qui j'ai échangé tout au long de notre découverte. Et notre constat est assez partagé, il me semble.

Un cadre original donc. En cela, ce roman tient toutes ces promesses. L'action se déroule au Kenya. Et ce n'est pas un Kenya de rêves ou de safari que Sonja Delzongle nous montre. Il n'est pas dépeint ici sous ses plus beaux atours et ne figurerait pas dans une brochure touristique. Pourtant, on sent un pays riche de traditions et vraiment dépaysant. L'auteur a une histoire personnelle avec l'Afrique comme je le disais plus haut, et ça se sent. Malgré les descriptions, loin d'être idylliques, le pays est un oxymore où les richesses côtoient une pauvreté extrême.  L'auteur a une passion du détail et fait un réel travail pour expliquer au lecteur les traditions et coutumes. Même quand elles sont sordides comme cette croyance que les organes et membres d'albinos peuvent servir dans la composition de talismans. Difficilement concevables pour les européens, c'est un vrai choc de culture et un monde fascinant qui se dévoile, où la vie et la mort sont étroitement mêlées, une terre sauvage et envoûtante.

Je suis plus dubitative sur les personnages que j'ai trouvé très caricaturaux. La profileuse qui a subi un drame dans son enfance, sniffe de la coke pour tenir, est lesbienne et a des rapports difficiles avec le mec macho et arrogant... En plus, elle ne semble guère avoir à faire d'efforts pour trouver les bons indices : par exemple, quand elle cherche à rencontrer un mganga, c'est comme par hasard vers celui impliqué qu'elle est dirigée. Et c'est un peu comme ça pour toutes les interactions entre les différents protagonistes. Autre exemple : on nous dit qu'une solide amitié lie Ti Collins, directeur de la Criminelle, et Hanah Baxter, mais on ne la distingue absolument pas dans leurs relations. Du coup, les personnages manquent de profondeur. On passe de l'un à l'autre au gré des besoins, sans particulièrement s'attacher à l'un d'entre eux. Par contre, ils ne sont pas toujours utilisés comme on l'imagine, étant assez rapidement mis à mal et les rebondissements qu'ils rencontrent sont très habiles.

L'intrigue, elle, est vraiment prenante. Je passe sur l'apparition des nazis à un moment, point Godwin qui n'était pas nécessaire à mon sens. L'enquête progresse vite puisque les personnages ont rapidement les éléments. Mais faut-il encore tout démêler. Et c'est là que la fascination morbide fait son œuvre. Devant les yeux du lecteur, l'ampleur du drame qui se joue est effroyable. Le pire est que le récit est inspiré de faits réels, la traque des albinos étant courante dans certains pays d'Afrique. Les pages défilent et m'ont emportée jusque tard dans la nuit. Un livre donc terriblement efficace.

J'en ressors avec poussière et sueur qui me collent à la peau. Effarée par les horreurs perpétrées envers des êtres humains et intriguée par les richesses diverses et variées du Kenya.

Un grand merci aux éditions Denoël pour ce roman.

Dust, de Sonja Delzongle
Denoël
Mars 2015

08 mai 2015

Le tag des blogueurs lecteurs

J'ai été taguée par Plum Blossom. Et comme en ce moment c'est un peu la crise côté lecture, je me plie volontiers à l’exercice. Ça me changera agréablement les idées.

Le principe est de répondre aux questions, et d’en rajouter une à la fin… sachant qu’à la base, il y en avait cinq et qu’on en est déjà à 30 !!!

1. Plutôt corne ou marque-page ? Définitivement marque-page. Pour corner un livre, il faut vraiment que je n'ai rien sous la main pour faire office de marque-page.

2. As-tu déjà reçu un livre en cadeau ? Ah bah oui, quand même, ça fait même partie des cadeaux qui sont à la fois les plus simples à me faire (ça me fait toujours plaisir) et que j'attends avec impatience.

3. Lis-tu dans ton bain ? Oui. C'est même un critère de détente pour bien apprécier mon bain. Et aucun scrupule et prendre ma liseuse non plus.

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ? Quand on aime autant lire, on se pose forcément la question. Mais je n'ai pas l'imagination et le talent. Donc...

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ? Ça va surtout dépendre de la qualité. Mais en général, je n'ai pas trop les histoires qui ne se terminent pas en un nombre assez limité de volumes. Les mangas qui trainent pendant plus de 30 numéros m'ont passablement énervée. Maintenant, sans dire que je suis une adepte des one-shot, en tout cas, j'évite de me lancer dans des lectures interminables.

6. As-tu un livre culte ? Jane Eyre de Charlotte Brontë. Le roman que j'ai en plusieurs exemplaires, que j'ai lu et relu. Et qu'il faudrait que je relise encore d'ailleurs.

7. Aimes-tu relire ? Pas vraiment, à moins d'avoir eu un vrai et énorme coup de cœur pour le roman. Par contre, les BD et mangas, ça oui, je les relis régulièrement.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ? Oui et non. Oui parce que c'est toujours très agréable de partager et de faire découvrir certains romans que j'ai beaucoup aimé en donnant envie. Non parce que j'ai toujours l'impression de ne pas bien faire comprendre ce qui me plait tant, ou alors de me répéter d'un billet à l'autre.

10. Comment choisis-tu tes livres ? Ce sont eux qui me choisissent. Je les repère, sur un blog ou en librairie, ou... ailleurs. Ils me tapent dans l’œil ou me tombent dans les mains. Un jour, ils arrivent dans ma PAL. Et je suis bien incapable de savoir ce qui me fait les choisir à un moment donné.

11. Une lecture inavouable ? Des Harlequin ? Je ne me limite pas à un genre unique et bien précis, je suis capable de lire à peu près de tout. Du très bon comme du très mauvais (même si c'est subjectif) et d'y prendre du plaisir. Je n'aime juste pas avoir l'impression de me faire avoir.
 
12. Des endroits préférés pour lire ? Je lis certainement le plus dans le RER en allant et revenant du boulot. Sinon, mon lit.

13. Un livre idéal pour toi serait… Le livre qui me surprend. Ne rien en attendre, ou avoir un a priori négatif, puis tomber totalement sous le charme à la lecture, au point d'être encore totalement hantée par l'ambiance ou les personnages des semaines après.

14. Lire par-dessus l’épaule ? Si je n'ai moi-même pas de livre dans les mains, j'ai du mal à m'en empêcher. Mais c'est frustrant car impossible d'avoir la fin et c'est pire quand on n'a pas la possibilité de lire le titre.

15. Télé, jeux-vidéos ou livre ? Si je suis seule, télé. Ça me fait de la compagnie. Si ma moitié est là, je me détends plus facilement et j'ouvre le livre. En tout cas, clairement pas jeu-vidéo.

16. Lire et manger ? Impossible, je n'y arrive pas. Je ne sais pas comment tenir/caler le livre et manger en même temps. Les rares fois où j'ai essayé, j'ai été totalement frustrée de mettre trois fois plus de temps pour manger et de n'avoir lu qu'une page au final.

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ? En silence de préférence. Si besoin, je peux mettre mes écouteurs et une musique de fond destinée à atténuer les bruits extérieurs perturbants.

18. Que deviendrais-tu sans livres ? C'est atroce comme question !!! Je refuse d'imaginer un monde sans livres.

19. Tu achètes un livre sur le net et tu le reçois un peu abîmé. Que fais-tu ? Bah, à part râler... je ne peux pas faire grand chose.

20. Quel est l’élément qui t’a donné le goût de la lecture ? Aucune idée. Dans la famille, on lit beaucoup alors, je suppose que c'est génétique.

21. Que penses-tu de toutes ces adaptations cinématographiques ? Ca dépend de l'adaptation et de l'oeuvre originale. Certaines m'ont fait découvrir des auteurs, comme La jeune fille à la perle adaptée de Tracy Chevalier. D'autres m'ont convaincue de ne pas lire un auteur. Enfin, certaines fois, je n'ai pas envie de voir un film quand je connais le roman, mais c'est plutôt rare.

22. Si tu ne devais retenir qu’un seul personnage rencontré dans tes lectures, ce serait lequel ? pffff, aucune idée.

23. Quels sont les 5 livres de ta PAL qui te font le plus envie ? 1- La part des flammes de Gaëlle Nohant 2- L'étrangleur de Cater Street d'Anne Perry 3- La conjecture de Fermat de Jean d'Aillon 4- Le camp des morts de Craig Johnson 5- Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell. Reposez-moi la question la semaine prochaine, et je vous sors un tout autre classement.

24. Si tu ne pouvais plus lire qu’un seul type de livre, lequel ce serait ? Pas possible. Je serais malheureuse.

25. Comment classes-tu tes livres dans ta bibliothèque ? Maison d'éditions, puis auteur.

26. Es-tu livre papier ou ebook ? Les deux. Après, si je pense que je vais vraiment aimer un livre, je vais avoir une préférence pour le papier.
 
27. Que fais-tu de tes livres une fois lus ? Pour des questions de place, je me suis mise à revendre les livres que j'étais sûre de ne pas relire. Donc j'en garde certains et j'en revends d'autres (pour en acheter encore).
 
28. Connais-tu la règle de la page 99 ? Et si oui, est ce que tu l’appliques parfois à tes lectures ? La règle non, le test oui. Mais je ne l'applique pas vraiment. Tout récemment seulement, pour Les déferlantes de Claudie Gallay.

29. Quel est, parmi toutes tes lectures, ton « méchant » préféré ? Le Bourbon Kid !

30. Que penses-tu des challenges littéraires ? L'idée est sympa et j'aime bien m'y astreindre en début d'année. Après, en ce moment, je me lasse un peu des lectures imposées donc je pense que je vais prendre mes distances.

31. Quel est le livre que tu as le plus détesté ? Germinal de Zola ? Une lecture imposée à l'école et je n'ai pas été capable de dépasser les premières pages. Ça m'a dégoutée de Zola.

32. Quel livre t’as donné le plus envie de voyager, et dans quel pays? Tout récemment Little bird de Craig Johnson m'a donnée des envies de visiter les grands espaces américains.

Et ma question pour les prochains sera : Quelle importance donnes-tu à la couverture d'un livre ?

Si elles le veulent, je refile le bébé à Loesha, Lelf, Alex Mot-à-Mots et Cryssilda. Aucune obligation, c'est que si vous voulez.

06 mai 2015

Enfant 44, de Daniel Espinosa

Film américo-britannico-roumano-tchèque de Daniel Espinosa, sorti le 15 avril 2015, avec Tom Hardy, Noomi Rapace et Gary Oldman.

L'histoire :  Hiver 1952, Moscou. Leo Demidov est un brillant agent de la police secrète soviétique, promis à un grand avenir au sein du Parti. Lorsque le corps d’un enfant est retrouvé sur une voie ferrée, il est chargé de classer l’affaire. Il s’agit d’un accident, Staline ayant décrété que le crime ne pouvait exister dans le parfait État communiste. Mais peu à peu, le doute s’installe dans l’esprit de Léo et il découvre que d’autres enfants ont été victimes « d’accidents » similaires. Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Léo est contraint à l'exil avec sa femme, Raïssa. Prenant tous les risques, Léo et Raïssa vont se lancer dans la traque de ce tueur en série invisible, qui fera d'eux des ennemis du peuple...

Mon avis :J'avais bien apprécié le roman de Tom Rob Smith, notamment pour toute la période historique décrite. Alors lorsque j'ai vu la bande annonce, je me suis dit qu'il fallait que j'aille voir ce film. Autant vous dire tout de suite, je suis déçue.

Le principe du livre, où deux intrigues s'emmêlent, l'une politique l'autre criminelle, est mal transcrit et la dernière finit par totalement disparaître. En images, les deux se côtoient difficilement, au point que la découverte du coupable n'offre aucun intérêt. Rappelons pourtant que les faits sont basés sur une histoire vraie, celle du monstre de Rostov. Seule la fuite des Demidov garde un minimum le spectateur en haleine, et encore, en étant passablement bâclée. On a bien du mal à comprendre pourquoi ce brillant agent totalement à la solde de l'État soviétique se met soudainement martel en tête sur cette histoire d'assassinat d'enfants, alors qu'il a déjà bien assez à faire pour survivre.

C'est que l'existence est difficile dans cette Union soviétique où tout le monde est potentiellement un traître, ou supposé tel. Mensonge et paranoïa sont les maîtres mots. Les gens survivent d'ailleurs bien davantage, comme ils peuvent. À l'image de Raïssa, qui n'est pas la femme aimante qu'elle essaie de paraître. Les relations complexes entre Leo et sa femme Raïssa sont pourtant assez mal rendues : au milieu des deux intrigues, il ne reste que peu d'espace pour sortir ce couple de la caricature.

Le film n'est en fait pas très intéressant et bien trop brouillon. Du coup, la fin a été changée, pour éviter des éléments qui seraient apparus trop grossièrement, et perd en originalité. Enfin, la mise en scène des plans d'action est atroce. Impossible de distinguer qui est qui et fait quoi tellement la caméra bouge et tressaute. Les plans plus calmes sont quant à eux bien fades. Et je ne parle pas de cet immonde accent russe qu'on a fait prendre aux acteurs, ridicule !

En bref, passez votre chemin et prenez plutôt le temps de lire le livre.

04 mai 2015

Prenez soin du chien [J.M. Erre]

Ma première découverte d'un roman de J.M. Erre date de presque deux ans maintenant, avec le fameux Mystère Sherlock. J'avais tellement aimé que je m'étais précipité en librairie pour acheter Prenez soin du chien. Que je ne lis que maintenant...

L'histoire : Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Fluche, peintre sur coquilles d'oeuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne... Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin ?

Mon avis : Vous savez maintenant combien j'aime les romans de Tom Sharpe. Et bien, il y a du Sharpe chez J.M. Erre ! En un peu moins trash, mais qui n'hésite pas non plus à charger sacrément ses personnages.

Prenez soin du chien est avant tout un roman humoristique. Qui s'avère également policier puisqu'il y a des disparitions et un coupable à chercher. Mais l'intérêt n'est pas forcément dans cette enquête. J'ai d'ailleurs assez vite soupçonné le semeur de zizanie. Non, l'intérêt est dans la plume de l'auteur pour croquer des personnages qui semblent à la base assez plan plan mais que le lecteur découvre finalement hauts en couleur. C'est que l’interaction de chacun avec les autres habitants des immeubles des 5 et 6 rue de la Doulce-Belette ne se fait pas sans heurts et une guerre larvée s'engage. Si je ne voudrais pour rien au monde de tels voisins chez moi, c'est avec grand plaisir que je les ai côtoyés pendant ma lecture : une concierge qui écrit à sa mère décédée depuis plus d'un an, une autre qui met bien trop en avant ses attraits, un peintre sur œufs, un réalisateur qui n'a jamais tenu de caméra, un écrivain de littérature porno, un autre de feuilleton radiophonique,... Même ce dernier, qui semblerait le plus sain d'esprit, devient rapidement un peu psychopathe sur les bords. En même temps, il y a de quoi !

Le rythme reste soutenu grâce à la construction du récit, fait d'extrait de journaux intimes, de lettres, de mail et d'articles de journaux. Par moment, un narrateur qu'on ne connait pas intervient, en italique, et laisse soupçonner la présence d'un personnage à double casquette. Comme un roman feuilleton justement. C'est aussi la magie de l'auteur que de faire une mise en abyme habilement menée.

C'est impertinent et drôle. Au point de vous faire rire seul(e) et de vous faire passer pour aussi taré(e) que les habitants de la rue de la Doulce-Belette. C'est une très bonne lecture !

Ce roman entre dans le challenge Petit Bac d'Enna, pour la catégorie Animal.


Prenez soin du chien, de J.M. Erre
Points
Juin 2007