ShareThis

19 juillet 2017

Pause estivale

C'est l'heure de mettre le blog en pause pour l'été, le temps de travailler encore un peu, de se ressourcer, de lire et flâner, et puis de voyager.



D'ailleurs, je vous reviendrai sûrement avec quelques photos qui ne seront pas très "plage". Elles devraient davantage ressembler à ça :


Je vous souhaite à tous une excellente coupure et on se retrouve très bientôt pour de nouvelles découvertes !

17 juillet 2017

PAL d'été 2017

Et c'est parti pour une petite sélection de ces livres que j'ai d'ores et déjà dans ma PAL et que j'aimerais sortir en profitant de cet été.


 - Rester groupés de Sophie Hénaff. J'avais bien aimé Poulets grillés, j'ai donc hâte de retrouver sans prise de tête cette brigade de bras cassés.
 - Confiteor de Jaume Cabré. Plus besoin de le présenter. J'ai attendu sa sortie poche et j'espère profiter de l'été pour dévorer ce pavé.
 - Celle que vous croyez de Camille Laurens. Mon partenariat Folio pour cet été, qui va me permettre de découvrir la plume de cette auteur dont le nom circule beaucoup sur la blogosphère notamment.
 - Sizzling sixteen de Janet Evanovich. Pour continuer la série que j'aime tellement.
 - Joséphine Baker de Catel et Bocquet. Mon emprunt BD à la bibliothèque de cet été. Un beau pavé aussi.
 - D'un cœur léger de Loïc Demey. J'avais adoré Je, d'un accident ou d'amour, alors quand Tu lis quoi a annoncé ce deuxième roman, j'ai filé à la librairie le commander.
 - Dans la forêt de Jean Hegland. On me l'a chaudement recommandé mais j'avais voulu faire une pause dans le post-apo après ma lecture un peu décevant de Station Eleven d'Emily St John Mandel.
 - Leçons de grec de Han Kang, l'occasion de découvrir une publication du Serpent à plumes.

Et le machin tout noir en haut, c'est ma liseuse qui fera aussi partie de l'aventure, notamment pour mes partenariats Netgalley avec La maison des Turner d'Angela Flournoy et La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan.

Comme à chaque fois, je sais pertinemment que cette sélection a peu de chance d'être respectée : il y a toujours de nouveaux livres qui se glissent subrepticement. L'année dernière, sur 8 livres, je n'avais du en lire que 2 ou 3 :) On verra bien si je m'y tiens davantage cette année !

14 juillet 2017

Voyage of time : au fil de la vie, de Terrence Malick

Film documentaire américain de Terrence Malick, sorti le 4 mai 2017 et repris le 29 juin 2017.

L'histoire : Hymne à la nature et à l’univers, Voyage of Time s’interroge sur le rôle de l’homme dans le futur. Après ces temps infinis, quel est le sens de notre passage sur Terre ?

Mon avis : Présenté en séance unique un peu partout en France, Voyage of time est annoncé comme un documentaire. Le propos n’est pas si clair que ça : revivre la création de l’univers et son évolution, jusqu’à la domination des Hommes qui ont asservi la Terre. Comme un paradis que nous aurions perdu, corrompu.

C’est surtout une succession d’images tout simplement magnifiques sur l’univers, la vie et son éternel recommencement. On passe de l’infiniment grand - des éruptions solaires - à l’infiniment petit - la multiplication de cellules- en mettant en images des changements d’état d’éléments (solide, liquide, gazeux) ou jouant sur leurs oppositions (la coulée de lave qui plonge dans l’océan). Comme si Terrence Malick cherchait partout des traces de la nature première dans ce monde bien différent de son origine. Le tout est accompagné très habilement d’une musique sacrée ou de silence selon les séquences.


Le commentaire en voix off de Cate Blanchett n’apporte pas grand-chose si ce n’est souligner l’interrogation sur la place de l’Homme dans l’univers. C’est clairement une ode à la vie et à la nature. Malheureusement Voyage of time ne tient pas la comparaison avec The Tree of life qui était beaucoup plus ambitieux et trippant, mêlant une part de fiction à une poésie indiscutable, et qui m'avait bouleversée. Il y a ici un goût de trop ou de trop peu. Les plans montrant des humains tombent comme un cheveu sur la soupe, faisant redescendre le spectateur brutalement sur terre. Peut être étais-je trop dans la comparaison des deux ? Difficile aussi de faire autrement quand on sait que l'un est un spin-off de l'autre.


Ce visionnage reste néanmoins une aventure sensorielle forte et poétique à laquelle seul le grand écran je pense peut rendre justice. Il faut accepter de lâcher prise, ouvrir grand les yeux et se laisser porter au fil de l’eau, découvrir le voyage proposé par le réalisateur et se faire surprendre au détour d’un virage par une séquence qui nous touche au plus profond, sans qu’on sache vraiment pourquoi.

12 juillet 2017

L'adoption tome 2 : la Garùa [Zidrou et Arno Monin]

Après le coup de cœur pour le tome 1, c'est avec enthousiasme que je me suis précipitée sur le deuxième tome de ce diptyque proposé par Zidrou au scénario et Arno Monin aux dessins.

L'histoire : Qinaya est repartie. Après l'arrestation de ses parents adoptifs pour enlèvement, elle a regagné son Pérou natal. Après un an et demi de recherches, Gabriel, son « grand-père » de France, se rend à Lima pour la retrouver. Mais le vieux bourru va aller de désillusion en désenchantement, car en 18 mois, la petite a changé, elle a grandi... Et elle a oublié son séjour en France. Elle a oublié son «achachi», son grand-père...

Mon avis : Cette fois, il y a peut être moins d'humour dans ce deuxième volet, mais quelles émotions par contre ! Comment ne pas être touché en plein cœur par le désarroi de cet "achachi" d'adoption qui, bien à son insu, s'est totalement attaché à une petite fille arrivée de son lointain Pérou. On a forcément une boule dans le fond de la gorge quand, au moment des retrouvailles tant attendues, rien ne se passe. L'enfance est oublieuse, du bon comme du moins bon. Zidrou arrive à attirer le lecteur dans une direction inattendue : l'histoire n'est plus celle de la relation entre Qinaya et son grand-père adoptif, mais celle de Gabriel avec ses propres enfants qu'il a si peu vu grandir. Son voyage au Pérou est l'occasion pour lui de faire le point sur ses erreurs et ses regrets qu'il a tu jusque là, de pardonner pour être pardonné.

Planche L'adoption tome 2 : la Garùa, de Zidrou et Monin


On retrouve avec toujours autant de bonheur les magnifiques dessins et couleurs de Monin, qui rendent tant les sensations et la tendresse des personnages. Les détails sont là pour faire écho en nous comme rarement, suscitant tour à tour espoir et tristesse, renoncement et résilience. Encore une fois, ils sont plein de défauts mais tellement humains !

Ça parle avec tendresse et délicatesse de la fragilité des rapports humains. Ça bouleverse le lecteur. Les mots sont justes, font mouche à chaque fois, sans sensiblerie mais avec sensibilité. Une petite merveille.

"On cherche parfois à porter son amour plus loin qu'on ne le devrait."

L'adoption tome 2 : la Garùa, de Zidrou et Monin
Éditions Grand Angle
Mai 2017

10 juillet 2017

Maudit karma [David Safier]

L'auteur : Né en décembre 1966 à Brême, David Safier est un écrivain allemand. Maudit karma était son premier roman.

L'histoire : Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. De ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations.

Mon avis : Parfois vous croisez sur la blogosphère un roman dont les critiques sont positives mais vous vous dites, bof, ça ne me tente pas plus que ça. Et vous recroisez régulièrement ce roman ensuite dans les librairies. Vous hésitez, le prenez puis le reposez. Jusqu'au jour où vous craquez et l'achetez. L'heure n'est pourtant pas venue pour autant, le livre peut passer encore pas mal de temps sur vos étagères avant que ce ne soit le bon moment, qui arrive comme ça, sans crier gare. C'est ce qui s'est passé pour moi et ce roman.

C'était la lecture idéale pour faire une pause entre roman post-apo et policier. J'avais besoin de légèreté et c'est ce que j'ai trouvé ici. Bien amené et bien écrit, Maudit karma oscille entre humour et la pointe de réflexion sur ce qu'on fait de sa vie durant le laps de temps qui nous est donné. Les réparties de Kim Lange font mouche. Son personnage a un culot monstre, tout en se portant assez peu d'estime. Si elle n'apparait pas tout de suite sympathique, c'est qu'elle a des défauts, comme tout le monde. Elle a du marcher sur quelques personnes pour en arriver là où elle en est et sur le coup, elle ne semble pas particulièrement le regretter. Il faudra un décès brutal et absurde et une série de réincarnations pour la faire évoluer et ouvrir les yeux.

Bravo pour la touche d'originalité qui fait de Casanova lui-même un compagnon de route de Kim. L'ensemble est rocambolesque à souhait et parfait pour se distraire.

Maudit karma, de David Safier
Traduit par Catherine Barret
Pocket
Août 2013

07 juillet 2017

Le grand méchant renard et autres contes, de Benjamin Renner et Patrick Imbert

Film d'animation français de Benjamin Renner et Patrick Imbert, sorti le 21 juin 2017.

L'histoire : Ceux qui pensent que la campagne est un lieu calme et paisible se trompent, on y trouve des animaux particulièrement agités, un Renard qui se prend pour une poule, un Lapin qui fait la cigogne et un Canard qui veut remplacer le Père Noël. Si vous voulez prendre des vacances, passez votre chemin… 

Mon avis : J'ai eu un coup de cœur pour la bande dessinée de Benjamin Renner. Alors forcément, je ne pouvais passer à côté de son adaptation au cinéma.

J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ces personnages que je connaissais. Il faut dire qu'ils sont très attachants et bien croqués. Visuellement, ce travail à l'aquarelle est beau et tendre, tout en apportant ce qu'il faut de dynamisme. En quelques traits vifs, avec une plume qui rebique, un œil qui s'arrondit ou une oreille qui pend, Benjamin Renner donne une profondeur à ses personnages et suscite l'adhésion immédiate des spectateurs. Impossible de rester insensible à leur charme.

Les thématiques sont larges : la famille, l'écologie... mais jamais de façon pesante, toujours dans la subtilité. Pour ma part, j'ai cependant regretté l'absence d'un niveau de lecture plus adulte. Les gags font rire à tous les âges, c'est certain. Mais, alors que j'avais parfaitement pu me projeter dans les deux bandes dessinées, j'ai eu un plus de mal à y trouver mon compte ici. Il y a un côté un peu trop sage, trop scolaire que je n'avais pas ressenti à la lecture.

C'est en tout cas une séance parfaite pour les enfants car ce n'est pas niais et rien ne fait vraiment peur. La construction sous forme de représentation théâtrale de trois pièces permet de faire souffler les petits, de relâcher l'attention avant de se concentrer à nouveau sur la pièce suivante. Et si vous ne connaissez pas le beau travail de Benjamin Renner, c'est une occasion parfaite de le découvrir.

05 juillet 2017

Calvin et Hobbes, tome 7 [Bill Watterson]

L'auteur : Né en juillet 1958, Bill Watterson est un peintre, scénariste et dessinateur de bande dessinée américain

L'histoire : Les aventures de Calvin, le petit garçon râleur à l'imagination débordante, et de son tigre en peluche Hobbes ont fait le tour du monde : une amitié imaginaire, teintée d'absurde, d'humour et de philosophie... Ce grand classique de la bande dessinée d'humour, Grand Prix au festival d'Angoulême 2014, paraît pour la première fois dans un format à l'italienne et dans l'ordre de la parution des albums aux Etats-Unis entre 1987 et 1996.

Mon avis : J'avoue avoir eu quelques craintes de ne pas adhérer en lisant les premiers dessins. Déjà parce que je me suis rendue compte que je ne connais pas Calvin et Hobbes mais que, comme cette bande dessinée de type comics trip fait partie de la culture populaire, je savais identifier les deux personnages principaux. C’est tout. J’ai donc beaucoup découvert en lisant cet album-ci. À commencer par le fait que Hobbes est un tigre en peluche. Je sais, je pars de loin :)

Il m'a aussi fallu accepté que chaque strip n'a pas vocation à être drôle. Parfois ça l'est, et même beaucoup. Je me suis surprise à bien rigoler, surtout à la fin une fois que j'ai été plus familiarisée avec le monde de Calvin. Le comique vient souvent de la différence de vision entre Calvin et les autres protagonistes qui l'entourent : ses parents, la petite Susie, Hobbes aussi ou encore la maîtresse. D'autre fois, l'auteur est plus dans la dénonciation de la société américaine, ultra consumériste, où les individus sont rivés devant leurs écrans, où les parents sont totalement dépassés et ne montrent pas tellement d'affection.



Calvin est un petit garçon râleur à l'imagination débordante. C'est une petite teigne de 6 ans à la répartie juste : flemmard, il a souvent le bon mot pour moucher ses parents. La relation qu'il entretient avec Hobbes, son tigre en peluche qui s'incarne pour lui, est unique. Entre humour, leçon de vie, philosophie parfois et souvent sarcasme par l'intervention de l'animal. Il est gaffeur et à de drôles de phobies comme son vélo ou les bonshommes de neige. Et il n'est pas très doué pour les complots, comme lorsqu'il enlève le doudou de Susie pour la faire chanter : cela va vite se retourner contre lui. Car les filles ont beau être mal vues par Calvin, elles le remettent plus que souvent à sa place.

Un petit mot sur le format à l'italienne, c'est-à-dire dans la longeur, qui n'est pas pratique à tenir. Et comme il n'y a pas toujours de chute à la fin de chaque strip, certains pouvant s'enchainer, je n'ai pas trouver cela très utile. C'est le seul bémol que je ferais sur l'édition.

Un grand merci à Babelio et sa Masse critique pour cette découverte. J'ai beaucoup aimé entrer enfin dans ce monde si original.


Calvin et Hobbes tome 7, de Bill Watterson
Hors Collection
Janvier 2017

03 juillet 2017

Le jeu du chat et de la souris [A Yi]

L'auteur : Né en 1976 ans la province du Jiangxi, A Yi a été policier avant de démissionner pour devenir journaliste puis écrire des nouvelles. Le jeu du chat et de la souris est son premier roman.

L'histoire : « J’étais l’ange de la mort, j’avais un pouvoir illimité, je pouvais décider de la vie et de la mort de ces passants, et eux, eux qui pensaient que le monde suivait son cours, ne comprendraient pas cette chose absurde et désespérante qui leur arriverait. »

Par une journée ordinaire, dans une petite ville de la Chine provinciale, un adolescent tue de trente-sept coups de couteau sa camarade de classe. Il a méticuleusement préparé son geste, planifié sa fuite, organisé sa défense. Mais pour quelle raison ?

Mon avis : Un jeune homme, dont on ne saura jamais le nom, s’ennuie. Pour y remédier, il décide d’entrer dans un jeu du chat et de la souris avec la police, en commettant un crime puis en s’enfuyant. Chacun cherche à comprendre, à trouver une justification, car nul ne peut imaginer qu’il n’y en ait pas.

Rédigé d’après un fait divers de 2006 sur lequel l’auteur avait lu un article, il aura fallu plusieurs années pour que ce récit arrive à maturation. Et il forme un premier roman très dérangeant et étrange. La référence à Orange mécanique d’Anthony Burgess est évidente pour ce récit : pas de motivation précise, pas de jugement, un crime particulièrement violent et le lecteur qui suit la narration imposée par le criminel. Avec un style précis et détaché, A Yi nous livre tout à la fois une vision de la Chine moderne, coincée entre traditions et modernité, et celle d’un jeune homme qui ne s’intègre pas dans cette société. Il montre juste que liberté n’est pas toujours synonyme d’épanouissement. Ici, elle génère un ennui qui va entrainer le narrateur vers la plus terrible violence. Le personnage principal ne sait pas agir avec cette liberté, il ne sait pas en profiter, ne la dépensant qu’en frivolités dont lui-même se lasse instantanément. Il va chercher dans une course poursuite avec la police savamment orchestrée un sentiment de plénitude qu'il ne pense pouvoir trouver qu'ainsi. Il sera pourtant vite déçu.

Le lecteur est happé dans cette spirale, comme hypnotisé, tout comme le héros, si on peut dire, est dévoré par l'ennui dont il ne peut se défaire. Pour autant, l'auteur ne tombe pas dans le piège d’une explication psychologique qui plomberait le récit. Il réussit toujours à tenir son lecteur, malgré le sentiment dérangeant qui le parcourt au fur et à mesure des pages lues.

Un premier roman étonnant.

Le jeu du chat et de la souris, d'A Yi
Traduit par Mélie Chen
Éditions Stock pour Kindle
Avril 2017