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24 juin 2016

Les poilus frisent le burn-out, tome 1 [Guillaume Bouzard]

L'auteur : Né en mars 1968 à Paris, Guillaume Bouzard est un auteur de bandes dessinées français.

L'histoire : Tous les poilus vous le diront : la guerre de 14-18 n'a pas été une partie de plaisir... se lever tous les matins pour aller embrocher du boche n'est pas donné à tout le monde et c'est souvent la mort dans l'âme que nombre de soldats commencent leur journée dans les tranchées.

Partager l'intimité de ces hommes, c'est un peu les aider dans leur combat journalier... c'est être aussi un peu poilu à votre tour, c'est marcher dans la boue, faire ses besoins dans les feuillées, manger du rat cuit ou découvrir le trésor des templiers. On ne s'ennuie jamais dans les tranchées... entrez et venez, vous aussi, découvrir ce monde dur, certes, mais tellement grisant.

Mon avis : Je ne connais pas autrement que de nom le magazine Fluide glacial. Des fois, je me dis que je devrais tenter mais en regardant les couvertures je recule à chaque fois : tout ça ne me semble pas d'une grande finesse. Bref, ici, c'est surtout l'idée d'une bande dessinée humoristique sur la Première guerre mondiale, ainsi que le dessin de la couverture qui m'ont attirée.

Pour le dessin, autant dire tout de suite que j'ai été déçue par les planches intérieures, au dessin beaucoup plus grossier, là où la couverture laissait supposer un peu plus de finesse. Ici, difficile de distinguer les différents personnages. Tous barbus ou moustachus, forcément dans les tranchées ce n'est pas facile de s'apprêter, c'est surtout le nez qui pourra vous aider à les différencier.

Planche Les poilus frisent le burn out
L'humour, vous pouvez le voir dans cette planche, n'est pas forcément des plus fins. C'est graveleux. D'autres fois, l'auteur fait preuve de tendresse, quand le blond Pierre, décrié au pays, trop sensible et lucide, devient le confident, seul survivant d'une guerre qui efface les différences si criantes en tant de paix. Pierre devient le fil narratif de cet album qui, entre gravité et graveleux, peine à trouver son style. Il est pourtant guère charismatique et cela n'encourage pas le lecteur à s'attacher.

En cette période de commémoration de Verdun, la critique de l'état major et la lumière faite sur les conditions de survie difficiles de ces poilus font cependant mouche. Peut être les seuls éléments qui aient réussi à me séduire ici. En dehors de quelques rares répliques par-ci par-là, je n'ai pas vraiment compris l'intérêt de l'album, trop convenu au final. À croire que Bouzard n'a pas osé "pousser le bouchon" aussi loin qu'il aurait fallu.

Merci tout de même à Babelio et Fluide Glacial pour ce partenariat.

Les poilus tome 1 : frisent le burn-out, de Guillaume Bouzard
Fluide Glacial
Février 2016

22 juin 2016

Fleurs #37


Fleurs offertes le 14/05/2016

20 juin 2016

Comment papa est devenu danseuse étoile [Gavin’s Clemente-Ruiz]

L'auteur : Né en 1978, Gavin’s Clemente-Ruiz est éditeur et chroniqueur. Hispano-belge vivant à Paris, Comment papa est devenu danseuse étoile est son premier roman.

L'histoire : Depuis qu'il est au chômage, Lucien Minchielli, 47 ans, est affalé sur le canapé du salon. Sophie, sa femme, n'en peut plus. Un jour, subitement, il reprend le sport et s'inscrit au cours de danse de sa fille Sarah, qui en est mortifiée. Paul, le petit dernier, se réfugie chez sa grand-mère, une ancienne danseuse étoile du Bolchoï qui son mari à abandonnée à l'annonce de sa grossesse.

Si la danse est une histoire de famille chez les Minchielli, Lucien s'était jusque-là bien gardé de s'y intéresser.

Comment la famille va-t-elle survivre à ce nouvel épisode qui bouscule tout son équilibre ? Lucien va-t-il finir par s'expliquer sur cette soudaine et incompréhensible lubie ?

Mon avis : La couverture bleu ciel sur lequel un homme bedonnant en tutu rose fait des entrechats laisse supposer un roman léger et plein d'humour. Et c'est bien ainsi que débute le roman, avec une situation totalement loufoque : Lucien, qui végétait dans son canapé depuis des mois, décide subitement sans s'expliquer de se mettre au sport puis à la danse classique. Déjà que son licenciement avait mis à rude épreuve sa petite famille, mais alors ça, c'est le pompon ! C'est à l'occasion de ce changement de vie que le lecteur découvre Sophie sa femme, qui tient tout le monde à bout de bras ; Sarah en pleine crise d'adolescente, qui ne pense qu'à la danse ; Paul, le narrateur, qui nous ouvre largement les portes de son monde ; et enfin Maria, l'ancienne danseuse du Bolchoï, la grand-mère qui aime tant parlé de son mari qui l'a abandonné.

Le ton est léger et naïf. C'est que Paul n'a que 14 ans. Il découvre avec fascination les élucubrations de sa famille. Son regard est juste et son humour permet d'alléger le propos. Car au-delà de la légèreté, c'est une vraie crise familiale qui se joue. Elle se fait de plus en plus présente à partir du moment où Lucien révèle à tous pourquoi il s'est mis à la danse classique. C'est un moment clé dans le roman qui fait basculer la tonalité du récit, qui se fait alors plus grave.

Je n'ai pas été convaincue par cette transition. À mon goût, soit l'auteur aurait du rester sur de l'humour pur et simple, soit il aurait fallu distiller un peu plus de gravité dès le début. Ici, on n'a l'impression de deux romans en un, deux romans bizarrement mis côte à côte. De même, si des personnages comme Sophie ou Paul sont intéressants, celui de Sarah est totalement dispensable et bien trop caricatural en adolescente butée et bornée.

En bref, un roman un peu bancal.

Comment papa est devenu danseuse étoile, de Gavin’s Clemente-Ruiz
Editions Mazarine
Avril 2016

17 juin 2016

Souvenirs de l'empire de l'atome [Smolderen & Clérisse]

Les auteurs : Thierry Smolderen est un essayiste et scénariste de bande dessinée belge, né en novembre 1954. Il s'allie ici avec le dessinateur français Alexandre Clérisse, né en octobre 1980. Souvenirs de l'empire de l'atome a obtenu le prix Tour d'Ivoire 2013, le prix du meilleur album SF 2013 aux Utopiales et le prix du meilleur album au festival Etonnants Voyageurs.

L'histoire : 1953 : La Terre est entrée dans l'âge de l'atome, mais un homme s'interroge sur la civilisation qui l'entoure. Cet homme, c'est Paul - un écrivain de science-fiction qui depuis son enfance vit en contact télépathique avec le héros d'une épopée galactique située dans un lointain futur.

Le cas de Paul devient célèbre à la suite d'un article. Gibbon Zelbub, consultant bien connu du Pentagone et de l'industrie américaine, commence alors à s'intéresser à lui. Dans un laboratoire du Vermont, Paul va subir une expérience hypnotique qui lui fera commettre l'irréparable et briser l'honneur de son ami Zarth Arn, le plus grand chef militaire de l'histoire des étoiles...

Mon avis : Voici un billet qui s'annonce un peu compliqué à écrire. Parce que ce que j'ai ressenti à la lecture de Souvenirs de l'empire de l'atome est assez complexe.

Au commencement, pourtant, c'est l'amusement face au parti-pris graphique, qui colle parfaitement à l'époque mise en image. Cela fleure bon la nostalgie et m'a forcément fait penser aux Shadoks avec ces couleurs gaies et ce dessin léger et enlevé.

Planche Souvenirs de l'empire de l'atome
Puis après quelques pages, un peu de lassitude. C'est que l'histoire part dans tous les sens, entre les années 20, les années 50 et l'an 121 000. Et que j'ai été un peu perdue, déstabilisée, ne comprenant pas grand chose. Il faut du temps pour commencer à reconstituer le puzzle et accepter de se laisser porter. Rester attentif aussi car tout à un sens. Ce n'est donc que quand les pièces ont commencé à trouver leur place que j'ai à nouveau accroché au récit.

Au-delà de l'histoire, sympathique, il y a aussi beaucoup de références au monde des années 50. Problème : je ne suis pas du tout de cette génération, il s'en faut de quelques décennies, et c'est une époque que je connais très mal. Alors je suis passée totalement à côté.

Graphiquement réussi, ambitieux et maîtrisé, cet album plaira certainement aux calés en science-fiction et histoire de la bande dessinée mais pourra dérouter les autres. Pour moi, une surprise et une découverte du "style atome". Mais aussi la désagréable impression de n'avoir pas tout compris.

Souvenirs de l'empire de l'atome, de Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse
Dargaud
Février 2013

15 juin 2016

Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Port de Saint Gilles Croix de Vie

Petite maison dans les ruelles de Saint Gilles Croix de Vie

13 juin 2016

Nos adorables belles-filles [Aurélie Valognes]

Après le succès l'été dernier de son premier roman Mémé dans les orties, d'abord en auto-publication, puis chez Michel Lafon, Aurélie Valognes signe ici son deuxième titre.

L'histoire : Un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après 40 ans de mariage, Martine. Leurs fils. Matthieu, éternel adoescent mais bientôt papa de trois enfants. Nicolas, le chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps. Alexandre, rêveur mou du genou.

Et surtout... trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère angoissée. Laura, végétarienne angoissante. Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l'arrivée va déstabiliser l'équilibre de la tribu.

Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d'une sagesse (bien à elle) à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s'invite dans la famille et dont personne ne veut.

Mélangez, laissez mijoter... et savourez !

Mon avis : J'avais beaucoup aimé Mémé dans les orties, un feel good book, pour le faire entrer dans les petites cases si chères à certains, bien troussé, une agréable surprise d'été. Alors forcément, lorsque j'ai vu qu'Aurélie Valognes sortait un nouveau roman, j'avais beaucoup d'attente.

On rigole pas mal ici avec les piques que chacun lance et les réflexions des différents protagonistes de cette famille de fous. Car à peu de chose près, il n'y en a aucun à sauver ! Les situations décrites sont vraiment cocasses. Mais Aurélie Valognes met ici en lumière l'importance des relations familiales et la difficulté de s'inscrire dans une cellule familiale déjà posée, d'être la pièce rapportée qui doit se faire accepter sans s'oublier totalement pour autant. Pour éviter de trop assombrir le tableau, l'auteur utilise le dynamisme de son style et son ton bon enfant qui avaient fait le succès de son premier roman.

Si ma lecture a été très agréable, et parfaite encore une fois pour décompresser sous les premiers rayons de soleil, je garde ma préférence au premier roman de l'auteur dans lequel je m'étais bien plus attachée aux personnages.Que ce soit à Jacques, qui est imbuvable, ou aux belles-filles, quasi toutes chiantes (autant le dire franchement). Les trois fils sont quasi inexistants, sauf pour faire des remarques désobligeantes histoire de "rigoler". À vivre réellement, la situation serait totalement abominable. Il reste cependant la grand-mère, Antoinette, qui elle m'a beaucoup plu ! Bref, des personnages un peu trop caricaturaux gâchant un peu ce roman qui, sans cela, aurait été une franche réussite.

Merci tout de même aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat obtenu grâce à Livraddict.

Nos adorables belles-filles, d'Aurélie Valognes
Michel Lafon
Mai 2016

10 juin 2016

Polina [Bastien Vivès]

L'auteur : Né en février 1984, Bastien Vivès est un auteur de bande dessinée français. Il obtient avec Polina les Prix des Libraires de Bande Dessinée et Grand Prix de la critique de l'ACBD en 2012

L'histoire : "Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse. Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don. Suivante..."

Mon avis : Même sans avoir un goût particulier pour la danse, comme s'est mon cas, il serait dommage de passer à côté de cet album. Il raconte l'histoire d'une jeune danseuse russe, Polina, que l'on va suivre depuis sa première audition pour entrer à l'académie de danse jusqu'à son épanouissement.

Car là est bien le propos de cet album, au-delà de la danse : trouver sa voie. Le récit se concentre sur la relation particulière qu'entretient Polina avec son professeur, Bojinski. En entrant dans l'académie de celui-ci, c'est sa vie entière qui se décide. Le professeur fait peur à tout le monde, y compris Polina. Pourtant, lorsqu'elle aura l'occasion de le connaître, elle découvrira un homme attachant qui se cache derrière sa barbe. Sous des dehors exigeants, il fait d'elle une vraie danseuse et lui ouvre des horizons. Elle va devoir devenir une vraie artiste, faire des choix et se séparer de l'influence de ses enseignants.

Polina (clic pour voir plus grand)

Le graphisme qui semble rapide et peu travaillé aurait pu être vraiment rebutant. Mais il y a un vrai travail de la posture et du mouvement qui correspond tout à fait au sujet. La légèreté est là, comme par magie, malgré la densité de la relation mise en images. Il y a une véritable douceur qui se dégage des planches de Bastien Vivès.

Un joli album d'apprentissage, bien plus qu'un album sur la danse. Petite information supplémentaire : l'auteur avoue s’être inspiré de Polina Semionova, danseuse classique russe qui m'était inconnue.

Polina, de Bastien Vivès
Casterman (KSTR)
Mars 2011

08 juin 2016

Musée du Quai Branly #4 : Amériques

Après l'Océanie, l'Asie et l'Afrique, c'est avec les Amériques que je termine cette découverte du musée du Quai Branly.


Masque articulé, Canada
Les masques articulés Haida figurent un ancêtre ou un héros mythique, dont les exploits sont retracés lors de représentations théâtrales. La bouche et les yeux sont articulés et le mouvement des paupières, peintes en blanc, suggère l'alternance du jour et de la nuit.

Costumes de danse de la Diablada, danse rituelle des Andes
L'origine de la danse de "La Diablada" remonte au XVIIe siècle et estexécutée lors du Carnaval de Oruro (février), dans le cadre de rituels célébrés en l'honneur de la Vierge du Socavón, qui sont également en lien avec les rites amérindiens de floraison et de renaissance du monde naturel et minier. La danse est précédée à Oruro de divers rituels rendus à la Vierge, mais aussi au "Tío de la Mina" et aux "huacas" locales (esprits) pour demander une reproduction fructueuse du minerai (étain). La Diablada fusionne des éléments de la religion catholique et des croyances autochtones au travers d'une danse théâtrale qui met en scène les personnages de Lucifer ou "Ñaupa Diablo", escorté d'une légion de démons et de l'Archange Saint-Michel, qui est le chef de la milice angélique. Si ces personnages figurent dans la religion catholique la lutte du bien contre le mal, qui se termine par la victoire des anges, dans cette danse le "diable" sous toutes ses formes (Lucifer, Ñaupa Diablo, China Supay, diable de troupe) incarne au contraire une force positive, en relation avec Supay.

Squelette articulé, Mexique
Accessoire de célébration du Jour des morts.

Masque Cara Grande, Tapirapé, Brésil
Les indiens Tapirapé utilisent des masques Cara Grande pour célébrer un rituel mettant en scène les anciennes guerres intertribales. Les hommes se divisent en deux clans : Aranxã représentant les guerriers Kayapo et Wyraxigã représentant les guerriers Karajá. Chaque clan fabrique un masque Ypê ou Cara Grande de couleurs différentes (un bleu et un jaune). Au début du rituel, les porteurs des masques se tiennent à des points opposés du village, armés d’arcs cérémoniels. Puis, accompagnés des hommes de leurs clans, ils « envahissent » le centre du village en hurlant. Ce simulacre de combat se termine par la victoire des Tapirapé.

Vase double : couple assis, Pérou
Vase double en céramique rose, engobée et peinte, représentant deux personnages assis, l'un à côté de l'autre, identiques, sauf pour la coiffure. Il a un usage funéraire.

Ornement de façade, Mexique, Teotihuacan
Et pour finir la balade dans ce musée, un souvenir de l'exposition de 2010 Teotihuacan, cité des dieux.

Informations utiles :

Les mardis, mercredis et dimanches de 11h00 à 19h00 et les jeudis, vendredis et samedis de 11h00 à 21h00
Musée du Quai Branly
37 Quai Branly, 75007 Paris

Tel 01.56.61.70.00

Tarif normal : 9€
Tarif réduit : 7€

Site du musée du quai Branly ici.