19 novembre 2009

Le portrait de Dorian Gray [Oscar Wilde]

L'auteur : Oscar Wilde, de son nom complet Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, est un écrivain irlandais, né à Dublin en octobre 1854 et mort à Paris en novembre 1900, d'une méningite. Fils d'un chirurgien et d'une poétesse, il fait de brillantes études au Trinity College et suite au Newdigate Prize qu'il remporte pour un poème, il créé le mouvement de l'Art pour l'Art. Il développe sa théorie sur l'esthétisme, devient rédacteur en chef, puis publie, en 1890, Le Portrait de Dorian Gray, qui marque le début de sa célébrité. Après le scandale de Queensberry et les années de prison qui en découle, il quitte l'Angleterre pour la France.

L'histoire : Le héros de l'unique roman d'Oscar Wilde doit rester éternellement jeune : son portrait seul sera marqué progressivement par le temps, les vices, les crimes, jusqu'au drame final.

Mon avis : Ce roman est resté très longtemps sur mes étagères, plusieurs années. Acheté parce que c'est un classique que je pensais devoir lire, j'ai profité du Challenge English classics et de mon objectif PAL pour m'y attaquer, avec appréhension. Le début ne m'a pas rassurée : lourd et, contrairement à ce qu'annonce la quatrième de couverture, on est loin du roman d'aventures. Il faut s'accrocher. Les discussions de salon à tendance pseudo philosophiques n'ont jamais été ma tasse de thé. Le côté précieux et pompeux m'énerve et m'ennuie. A ceci, je préfère de loin des portraits de la société anglaise de l'époque que peuvent nous proposer les Brontë ou Jane Austen. Au moins, l'écriture féminine évite de se retrouver face à des phrases comme celles-ci :
"Mon cher enfant, aucune femme n'est géniale. Les femmes sont un sexe décoratif. Elles n'ont jamais rien à dire, mais elles le disent de façon charmante. Les femmes représentent le triomphe de la matière sur l'intelligence, de même que les hommes représentent le triomphe de l'intelligence sur les mœurs."
Mais tout le monde en ayant dit tellement de bien, j'ai persévéré.
Dorian Gray est le jouet de Lord Henry qui lui transmet tout son cynisme, s'amuse à exacerber les plus petits défauts de la personnalité de ce jeune esthète et apollon, certes naïf et faible, et finit par le détruire. Il en fait un jouet d'expériences à taille humaine, comme il le reconnaît lui-même dès le début du roman. Il le pousse à commettre des actes immoraux, en lui assurant qu'ils ne sont en rien condamnables. Il le manipule jusqu'à l'extrême.
Je pense que pour saisir la réelle portée de ce livre, il faut connaître la vie de l'auteur. Beaucoup de lui transparaît à mon sens : de ses peurs, de ses critiques de la société, de ses orientations sentimentales aussi (amoureuses ou d'amitié), de ses avis sur l'art et l'esthétique.
Ceci dit, la lecture a oscillé pour moi entre moments sympa et ennui lors des discussions pompeuses des dîners de cette classe bourgeoise qui n'a que l'art et la beauté comme préoccupations. Je ne vois pas dans cette œuvre le roman d'aventures annoncé. Je ne regrette certes pas de l'avoir lu et l'idée de ce portrait qui vieillit à la place du sujet est originale et intéressante, mais je n'ai pas eu de coup de cœur.

Un livre qui peut également être lu en ligne ici.
Objectif PAL : 9/64

17 novembre 2009

Damages

Damages est une série télévisée américaine, créée par Todd Kessler, Glenn Kessler et Daniel Zelman et diffusée aux États-Unis depuis juillet 2007. En France, la série est diffusée sur Canal + depuis février 2008 et notamment la seconde saison en juin 2009.

Il s'agit d'une série où l'on suit les aventures d'Ellen Parsons, (jouée par Rose Byrne) jeune et brillante avocate new-yorkaise qui, à la sortie de l'école, son diplôme en poche, est embauchée dans le plus célèbre cabinet de la ville, celui de Patty Hewes (jouée par Glenn Close). Patty est connue comme étant un véritable requin. Ellen semble beaucoup apprendre mais cela lui coûte également beaucoup puisque, dès le premier épisode, elle semble en position délicate : elle est accusée de meurtre.

La première saison se déroule sous forme de flash-forwards : on suit en parallèle l'arrivée d'Ellen au cabinet et des flashs de plus en plus précis sur ce qui se passe 6 mois plus tard.

Une fois n'est pas coutume, je commence par les deux seuls côtés négatifs : le premier est la longueur de certaines intrigues, qui auraient pu être écourtées ; le second est que, quand vous aurez commencé, vous ne pourrez plus lâcher cette série !

Glenn Close est tout simplement magnifique ici. Un rôle qui lui va comme un gant : cette avocate prête à tout, qui a sacrifié toutes ses convictions et son sens moral pour arriver à ses fins et qui, malgré tout, a parfois des résurgences d'humanité.

Quant à Rose Byrne, elle semble toute frêle et assez "oie blanche". Mais elle fait preuve d'un caractère insoupçonné. Elle sacrifie elle aussi, petit à petit, tout pour sa carrière. Mais dans quelle mesure ? A quel point la fin justifie les moyens ? C'est sur ces deux questions cruciales que toute la série repose. Jonglant entre les apparences et les faux-semblants, le spectateur à bien du mal à se douter de ce qui l'attend ! Le jeu entre ces deux femmes est cruel et sans pitié, le scénario bien ficelé réserve des surprises à chaque épisode.

J'avoue aussi avoir eu un petit coup de coeur pour l'acteur qui joue Gregory Molina... Après tout, de jolis acteurs ne gâchent rien !

Cette série a reçu, a juste titre, une floppée de récompenses notamment aux Golden Globes et aux Emmy Awards.

Et pour l'anecdote, sachez que tous les titres des épisodes trouvent leur justification dans une réplique prononcée par l'un ou l'autre des personnages durant ledit épisode.

site officiel : http://www.fxnetworks.com/shows/originals/damages/

15 novembre 2009

Terre des affranchis [Liliana Lazar]

L'auteur : Liliana Lazar est une écrivaine roumaine née en 1972 dans la région de Moldavie. Elle écrit en français. Après avoir passé sa jeunesse dans la forêt de Slobozia où son père était garde forestier, elle étudie la littérature française à l'université. Quittant la Roumanie après la chute de Ceauşescu, elle s'installe dans le sud de la France. Elle écrit ainsi son premier roman, Terre des affranchis, en français, en lui donnant pour décor cette forêt de Slobozia qu'elle connaît si bien.

L'histoire : "Victor ouvrit un cahier et prit sa plume. Sa main tremblait au moment d’écrire le premier mot du texte qu’il découvrait. D’un geste méthodique et lent, il traça de grosses lettres capitales sur la feuille." Le manuscrit dactylographié en roumain que Victor Luca s’apprête à recopier est un livre interdit car, en cette année 1972, Ceauşescu est au pouvoir et les temps sont à la répression. Pourquoi Victor écrit-il ? Pour oublier l’odeur de la mandragore qui émane parfois des corps sans vie de jeunes filles ? Pour combler le vide des jours de solitude et d’enfermement ? En attendant la nuit et ses promesses d’évasion vers la forêt, immense et mystérieuse, toute proche ? Peut-être pour trouver la paix, qui tarde à venir.

Mon avis : Voici un roman qui ne fait pas partie de mon objectif PAL, pour la bonne raison qu'il m'est arrivé par la Poste, le mois dernier, grâce à Babelio, comme je vous l'avais annoncé ici.

Par son attachement à un lieu qui effraie tous les habitants du village, Victor entre dans une spirale criminelle. Il s'en veut certes et cherche la rédemption dans l'écriture de lettres, seule activité que lui permet son enfermement à vie chez lui plutôt qu'en prison. Mais il est difficile de s'attacher à ce personnage, qui retombe dans son travers à la moindre occasion, allant jusqu'à commettre un viol ! Un être qui attend que Dieu le sauve mais sans chercher, comme lui explique l'ermite Daniel, le don de soi total. Sans être croyante, je vois quelque chose de choquant à attendre d'être pardonné sans rien faire pour mériter ce pardon après un (des) crime(s) aussi horrible(s) ! Surtout lorsque il est soutenu inconditionnellement par sa famille et par Daniel ou Ismaïl le tzigane.
À côté de ça, Liliana Lazar a l'art de faire naître devant nous un monde plein de superstitions, qui balance entre crainte de la censure communiste et religion, plein de contradictions, d'hypocrisie, de peur et de haine de l'autre, de croyances populaires aussi. Un monde où la nature est une force propre. L'auteur a un talent indéniable pour les descriptions qui s'avalent et nous portent dans un monde que pour ma part je ne connaissais pas. On croirait par moment lire un livre de contes et légendes de la Roumanie.
Puis, sur les dernières pages, la lumière se fait. On comprend l'intérêt de cet anti-héros, représentant la Roumanie et sa recherche d'absolution des horreurs du régime communiste mais également la nature humaine profonde, hypocrite et qui ne change jamais complètement.

Ce premier roman de Liliana Lazar est une réussite, sombre, fort et dérangeant.

Un grand merci en tout cas à Babelio et à Gaïa Éditions. Je vous invite à aller lire l'avis de Leiloona qui a reçu le même livre que moi !

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

13 novembre 2009

Rumeurs [Anna Godbersen]

L'auteur : Anna Godbersen est une romancière américaine, née en 1980 en Californie. Après avoir travaillé au magazine Esquire, elle commence la rédaction de la série Rebelles, dont je vous ai déjà parlé ici. Aujourd'hui, 3 tomes sont sortis. Le 4e et dernier est prévu pour le début d'année 2010.

Rumeurs est le deuxième opus.

L'histoire : Attention, spoilers pour ceux qui n'ont pas lu le premier volume !
Nous avions laissé toute la famille Holland face à l'enterrement d'Elizabeth. Celle-ci c'était enfuie à la poursuite de son amour secret, se faisant passer pour morte. Son fiancé et sa sœur étaient amoureux l'un de l'autre. Sa meilleure "amie" Pénélope était prête à tout pour reconquérir Henry et sa femme de chambre Lina, licenciée, voulait se venger de lui avoir volé l'amour du cocher de la famille.

Mon avis : Je ferais à ce tome 2 les mêmes reproches qu'au premier : pas de style réel de l'auteur et un manque flagrant de description de la réalité sociale et économique de l'époque. C'est d'autant plus criant sur ce tome que notre amie Elizabeth est partie dans l'Ouest américain avec son amoureux de cocher qui souhaite faire fortune avec le pétrole. Quelques descriptions et explications sur la ruée vers l'or noir de cette période auraient été les bienvenues ! Mais non.
On se contentera donc des personnages déjà présentés précédemment, avec un attachement particulier à Diana qui grandit un peu et prend conscience que ces rêves d'aventures ne sont que des enfantillages. La fin est bien moins prévisible que lors du premier opus et la suite se fait attendre. Ça continue à se lire très bien. Je cherchais de la légèreté. J'en ai eu !

Objectif Nouvelle PAL : 5/16

11 novembre 2009

Mary & Max, d'Adam Elliot

Film d'animation australien, sorti le 30 septembre 2009, avec les voix de Toni Collette et Philip Seymour Hoffman.

Histoire : Sur plus de vingt ans et d'un continent à l'autre, Mary et Max raconte l'histoire d'une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d'Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York.

Mon avis : Un sujet grave : la solitude et la non-estime de soi-même. Et pourtant beaucoup de rires ! Ce sujet est traité avec un sens de l'esthétisme poussé. On ne peut que penser à Tim Burton. Alors forcément, comme me le faisait remarquer Mel, "il faudrait parfois songer à changer de référence" pour tous ces cinéastes. Mais reconnaissons qu'ici c'est fait avec beaucoup de justesse et de qualités. De l'émotion, un sens du détail, de la poésie, de la tendresse aussi pour mettre en images cette relation épistolaire entre un juif new-yorkais obèse et une gamine australienne qui portent sur le monde un regard désabusé.
Un vrai beau moment de cinéma comme j'aimerais en voir plus souvent.

09 novembre 2009

Les gouttes de Dieu [Tadeshi Agi et Shu Okimoto]

Les auteurs :Shu Okimoto est la dessinatrice. japonaise Quant à Tadeshi Agi, il s'agit en fait d'un duo de scénaristes frère et soeur. Le frère, de son vrai nom Shin Kibayashi, est né à Tokyo en 1962 et à notamment reçu le Kodansha Manga Award en 2003 pour son manga Kunimitsu no Matsuri.

L'histoire : Lorsque le prestigieux œnologue Yutaka Kanzaki décède, son testament est clair : son extraordinaire cave reviendra à celui de ses deux fils qui résoudra 12 énigmes concernant 12 vins. Il découvrira alors un 13e et mystérieux vin, inconnu de tous, surnommé « Les Gouttes de Dieu ». Une chasse au trésor sous forme d’enquête policière va confronter les deux frères aux caractères et parcours opposés… Mystères et investigations se succèdent autour des crus les plus prestigieux, pour les deux frères ennemis qui se livrent à une véritable course-poursuite. Au travers de cette affrontement, le scénario conduit le lecteur dans une découverte de l’univers du vin, son langage, ses particularités, ses traditions.

Mon avis : Autant vous dire tout de suite, en vin, je suis nulle. Mais je gravite autour de gens qui savent apprécier et me font regretter de ne pas en être capable... Du coup, j'ai vu dans ce manga l'occasion d'approcher un peu leur monde, et de comprendre ce qui les attire tant.
Le concept est simple : sur fond d'enquêtes et de recherches de 12 bouteilles de vin, d'affrontement entre deux personnages très dissemblables (mais pas tant que ça, on s'en apercevra plus tard), les auteurs nous plongent ici dans l'univers du vin, ses codes et les descriptions qui lui sont associées. Certaines fois, celles-ci sont franchement niaises : une jeune femme dans un champ de fleurs, qui court jusqu'à une forêt où coule une rivière... Mais par contre, au fil des pages se dessine un vrai cour d'économie du vin, expliquant pourquoi certaines bouteilles sont plus cotées que d'autres, quels sont les différents sites géographiques, l'importance du soleil, les notes données par Parker... Et bien sûr, une grande importance est donnée aux vins français, avec des évocations de grands noms en rouge ou blanc (aucun rosé, bizarrement, mais en France pour l'instant nous n'en sommes qu'au 8e tome, ça viendra peut-être plus tard).
On retrouve également la caractéristique du manga de dessiner rapidement certaines cases plus légères. Ce procédé permet de mettre en avant qu'il s'agit d'humour. Car de l'humour, il y en a ici, apporté notamment par l'italien amateur de vins ne venant que d'Italie, ou par Kanzaki qui ne connait que la bière et à du mal à trouver ses repères dans ce monde, alors que son père était un très grand œnologue.
Enfin, le dessin est élégant et vraiment très travaillé et agréable.

En bref, si je ne me reconnais pas dans les évocations que nous proposent les auteurs, ce manga reste intéressant et on passe un bon moment. Je crains malheureusement d'être embarquée pour un grand nombre de tomes... Et il faut noter que "d'après le Bureau interprofessionnel des Vins de Bourgogne, leurs ventes auraient augmenté au Japon et en Corée, suite à l'engouement de ces pays pour la série Les Gouttes de Dieu" (Nouvel Observateur du 22 mai 2008).

07 novembre 2009

Tarte aux légumes

Voici une recette que je dois à mon amie Marie. C'est tout simplement délicieux. Et, pour celles et ceux qui ont des enfants, certainement un bon moyen de leur faire manger des légumes.

Ingrédients pour une tarte :
- 2 pâtes brisées
- 2 oignons ou 4 petites échalotes
- 2 courgettes moyennes
- 2 poivrons (de couleur différente, pour le visuel)
- 8 petites tomates
- 200g de gruyère râpé
- sel et poivre

Faire bouillir de l'eau dans une casserole et y intégrer les tomates, jusqu'à ce que la peau craquelle et qu'elle puisse être aisément retirée.
Couper les oignons et poivrons puis les broyer ensemble.
Préchauffer le four à 240°C.
Mettre à cuire dans une sauteuse avec un petit filet d'huile d'olive, en remuant souvent.
Couper les courgettes puis les broyer et les ajouter dans la sauteuse.
Attendre que les courgettes soient cuites, saler et poivrer. Puis ajouter les tomates coupées en dés. Laisser cuire à feu fort, en remuant, environ 10 minutes (il faut que l'eau disparaisse au maximum, sans que le mélange crame).
Dans le plat à tarte, superposer les deux pâtes brisées. Les piquer avec une fourchette.
Déposer le mélange sur la pâte. Saupoudrer de gruyère râpé.
Laisser cuire 30 minutes : 10 à 240°C et 20 à 200°C.