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23 octobre 2017

Le camp des autres [Thomas Vinau]

L'auteur : Né en 1978 à Toulouse, Thomas Vinau est un poète et écrivain français. Le camp des autres est son quatrième roman.

L'histoire : Gaspard et son chien s'enfuient dans la forêt. L'enfant a peur, il a froid, il court, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est ce Jean-le-blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d'autres récalcitrants - ceux de la Caravane à Pépère qui défraya la chronique au début du XXe siècle - Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde.

Mon avis :Au début, le sujet est un peu crispant comme le dit Leiloona. Gaspard a été battu et il fuit, son chien à ses côtés, guère en meilleur état. Le discours indirect libre laisse affleurer les émotions sans les dire vraiment. Mais au fil des chapitres, la poésie de Thomas Vinau enchante et emporte. Elle nous fait ressentir l’essence même des choses et des êtres. Les chapitres ne faisant pas plus d’une page, le style apporte le dynamisme nécessaire pour faire avancer la situation. Et je me suis retrouvée complètement happée dans ce roman, flottant au gré des mots choisis avec soin par l’auteur. J’ai suivi comme en apnée le petit reprendre du poil de la bête auprès d’un marginal qui va changer sa vie et lui faire concevoir le monde différemment.

Loin d’être sombre, ce récit est baigné par la plume lumineuse de l’auteur, tout en poésie et en respirations, certes nécessaires, pour décrire la moindre situation. Les personnages, tous échoués et perdus à leur manière, cherchent en s’alliant à survivre mieux, comme ils le peuvent, de rapine peut être mais avec honneur et sans violence. Ces êtres écorchés trouvent refuge au cœur de la forêt, univers si bien décrit, vivant, primitif. Ils forment le camp des autres, celui qui dérange les braves gens et bons bourgeois qui dorment bien au chaud chez eux. Auprès d’eux, Gaspard s’ouvre au monde.

Derrière ce récit historique de la Caravane à pépère, qui m’était inconnue, c’est un autre plus actuel que Thomas Vinau nous offre : celui des solidarités qui font défaut dans notre société. Oubliés et marginaux, insoumis et non-conformistes en tout genre se mélangent quelles que soient les époques. Sans jugement, l'auteur nous met devant notre propre intolérance, dénonce les souffrances de ce monde, que nous restons à contempler, préoccupés que nous sommes dans notre quotidien.

Un bel hommage à toute cette « indigence unifiée qui se rebiffe » et dont la forêt est le refuge ultime. Et un auteur que j’ai découvert avec bonheur grâce au #MRL17de Price Minister.

"Le noir tombe comme une couverture trop grande et à mesure que la lumière se tamise on entend toute une nouvelle musique qui monte entre les branches. Des bruits qui n'étaient pas là avant ou que personne n'écoutait. Les clochettes glacées de l'eau un peu plus loin. Les arbres qui font craquer leurs vertèbres. Le froissement des ailes et des feuilles mêlées. La terre qui se recroqueville en croustillant. Des fouissements dans les buissons. Le frottement des langues, râpeuses et chaudes de tous les mammifères qui nettoient leurs blessures." (p°29)

Le camp des autres, de Thomas Vinau
Alma Éditeur
Avril 2017

20 octobre 2017

Louvre #13 : Les taureaux ailés

Nous revoici pour la présentation d'une œuvre du Louvre, plus d'un an depuis la dernière fois. Et aujourd'hui, je vous parle des taureaux androcéphales ailés.

Il s'agit de majestueuses sculptures que le visiteur peut voir en passant dans les salles des Antiquités orientales. Taillé dans un seul bloc d'albâtre gypseux, le taureau mesure plus de 4 mètres de haut sur 4 mètres de large et est épais d'1 mètre.

Taureau androcéphale ailé

La tête est le seul élément humain de la composition mais les oreilles sont celles d'un taureau. Le visage représente un homme, barbu, dont les traits sont très précis. Je suis toujours fascinée par ce sens du détail et par la façon de montrer la pilosité : c'est fort et terriblement vivant. Le nez est puissant et l'ensemble dégage une grande impression de force, toute en sérénité.

Inscription à la gloire du souverain
Notez une bizarrerie : il possède 5 pattes et non 4. En fonction de votre position pour le contempler, vous pourrez ainsi voir un taureau au repos ou en mouvement. Il possède sur son flan une aile de rapace, qui va de l'épaule jusqu'au dessus de l'arrière-train en se déployant. Entre les pattes arrière, une inscription cunéiforme rend hommage au souverain.

Taureaux androcéphales ailés, gardiens des portes

Car il s'agit d'un élément des façades du palais de Sargon II, situé dans la citadelle de Dur-Sharrukin (actuelle Khorsabad en Irak), 717-706 av. JC. Les taureaux sont caractéristiques des décors de palais assyriens. Génies protecteurs, ils sont les gardiens des portes de la ville ou du palais, assurant une protection contre les ennemis et disposés de part et d'autres des ouvertures. Bien plus qu'un simple décor, ils reçoivent une partie du poids des voûtes.

Les fouilles entreprises par Paul-Emile Botta, à partir de 1843, permirent de dégager le site et de mettre au jour une partie des œuvres qui furent envoyées au Louvre en 1847.

Dans cette salle de Khorsabad, le visiteur découvre également tout autour différentes sculptures du palais.

Héros maîtrisant un lion
Personnage tenant un ibex et une fleur de pavot
Dans cette salle, le taureau dont la tête est tournée vers les visiteurs est en fait une reproduction en plâtre, copie d’une œuvre conservée à Chicago par l’Oriental Institute Museum.

Réplique d'un taureau ailé

18 octobre 2017

Détectives, tome 1 : Miss Crumble, le monstre botté [Hanna, Guinebaud & Lou]

Les auteurs : Herik Hanna est un auteur français de bandes dessinées, né en 1977. Il est au scénario de la série Détectives, dont le premier tome est illustré par Sylvain Guinebaud et colorisé par Lou. Si le scénario et les couleurs sont toujours des mêmes artistes, l'illustrateur varie au fil des tomes.

L'histoire : Angleterre, 1918. Au lendemain de la guerre, dans le sympathique village de Sweet Cove, tout respire la douceur de vivre. Ah, Sweet Cove... Ses jardins bien entretenus, ses salons de thé aux doux parfums de gâteaux fraîchement sortis du four. Et en parlant de gâteaux... Une célèbre institutrice retraitée va bientôt s'adonner à son sport préféré : la chasse aux suspects. Un mystérieux assassin, un véritable colosse au vu des traces de pas laissées derrière lui, sème la mort dans cette paisible campagne. Et lorsque le "Monstre botté" commet l'erreur de s'en prendre à ses proches... Miss Crumble voit rouge.

Mon avis : Bah voilà, il semblerait qu'encore une fois je n'ai pas fait les choses dans le bon ordre. Je découvre en rédigeant ce billet que cette série reprend les personnages créés pour un épisode de la série Sept. Série que je n'ai pas lue, bien évidemment. Mais peu importe. Attirée par les couvertures de ces albums, je m'imaginais une sorte de Cluedo en bande dessinée, mâtiné d'ambiance à la Miss Marple. Et c'est bien ce que j'ai eu, d'autant plus avec le premier tome Miss Crumble, le monstre botté.

Mais revenons au concept. Sept détectives donc. Pour chaque album, nous allons découvrir un détective au sommet de son art : en pleine enquête. D'où les titres indiquant à chaque fois le nom de l'enquêteur et le titre de l'affaire qu'il va devoir résoudre. L'avantage, surtout si comme moi vous empruntez vos bandes dessinées à la bibliothèque et que quelqu'un d'autre a chipé le tome 2, c'est que les volumes peuvent se lire dans n'importe quel ordre. Pour chacun, on retrouve le même scénariste, Herik Hanna et la même coloriste, Lou, mais pas le même dessinateur. Pour autant, l'ambiance reste très similaire d'un album à l'autre.
Détectives tome 1 : Miss Crumble, le monstre botté, d'Hanna, Guinebaud et Lou - planche


Les dessins présentent de subtiles différences, comme des traits un peu plus anguleux chez certains dessinateurs, mais se fondent bien dans l'atmosphère voulue initialement.

Sur l'énigme à chaque fois rien que de très classique : meurtres et tentatives dans un petit village anglais, défenestration dans la cour d'un immeuble parisien, attaque à la hache sur une île écossaise isolée... Et le whodunit est lancé. Car l'intérêt pour le lecteur est de repérer les indices laissés au fil des pages pour se forger son propre avis. Le récit n'est donc pas l'occasion d'une course à l'action.

Le charme indéniable se trouve dans les répliques drôles, parfois acerbes et ironiques. C'est un vrai plaisir que de découvrir la verve de Miss Crumble au point que j'étais triste de la quitter à la fin du premier tome. Le troisième tome présente un Ernest Patisson dont les tics de langage et l'égo surdimensionné rappellent fortement un certain détective belge rondouillard. Le clin d’œil est d'ailleurs tout à fait assumé par l'attention que les deux portent à leurs moustaches. Moins sympathique donc, mais le charme continue d'opérer. Et il en va de même pour le tome 4.

Ça ne révolutionne pas le genre, mais j'ai passé un excellent moment avec ces trois tomes et j'ai hâte de découvrir les quatre autres !


Détectives, tome 1 : Miss Crumble, le monstre botté, d'Hanna, Guinebaud et Lou
Éditions Delcourt
Mai 2014

16 octobre 2017

La légende des Akakuchiba [Kazuki Sakuraba]

L'auteur : Kazuki Sakuraba, née en 1971, est une auteur connue pour sa série de light novels Gosick mais aussi de romans classiques.

L'histoire : Lorsqu'une fillette est retrouvée abandonnée dans la petite ville japonaise de Benimidori en cet été 1953, les villageois sont loin de s'imaginer qu'elle intégrera un jour l'illustre clan Akakuchiba et règnera en matriarche sur cette dynastie d'industriels de l'acier. C'est sa petite-fille, Toko, qui entreprend bien plus tard de narrer le destin hors du commun de sa famille. L'histoire de sa grand-mère, femme dotée d'étonnants dons de voyance, et celle de sa propre mère, chef d'un gang de motards devenus une célèbre mangaka.

Mon avis : Difficile de donner mon avis sur cette lecture ! Car s'il y a indubitablement du bon, j'ai mis facilement un tiers pour entrer pleinement dans l'histoire. Il faut dire que la pudeur japonaise pour dire les choses, mettant les émotions souvent à distance, n'aide pas forcément. C'est plus à la lecture de la mère de la narratrice, chef de gang qui finit par s'assagir qui m'a raccrochée.

L'écriture est pleine de modernité, ce qui produit au début un décalage mais n'est pas anachronique puisque c'est bien Toko, la petite fille vivant à notre époque, qui raconte l'histoire des deux générations de femme qui l'ont précédée. Elle commence en nous racontant l'histoire de sa grand-mère, Man'Yo, qui de simple enfant trouvée deviendra grande dame dans la noble famille de Benimidori. Nous sommes juste après la guerre et le Japon va entrer dans une phase de transition. Accompagnant le progrès industriel, le haut fourneau crache l'acier à pleine vitesse et fait vivre l'ensemble de la communauté. La modernité est là, et pour les femmes il faut trouver sa place entre tradition et envie de liberté. Man'Yo sera le témoin et l'élément clé de tout ce bouleversement. Deux générations de femmes la suivent, chacune ayant des choix importants à faire.

L'auteur met en parallèle l'évolution du statut de la femme et la transformation de la société japonaise. Au sein d'un Japon rural, parfois pétri de croyances magiques, le choc industriel est vécu comme un cataclysme. Les jeunes sont obligés de s'adapter et le fossé des générations se creusent. Si avant chacun connaissait sa place et ne pouvait s'y soustraire, aujourd'hui la liberté, durement acquise, a un prix : il faut assumer ses choix au risque parfois d'être perdu devant l'étendue des possibilités qui s'offrent. Les traditions autrefois si pesantes peuvent alors apparaitre comme un refuge, un cadre parfois guidant.


Avec ce roman, c'est la maladie de la société contemporaine qui est racontée : la nécessité de refuser l'adultère, la pression scolaire sur les jeunes, l'orientation sexuelle, le harcèlement, la délinquance. Des sujets intéressants mais quelques difficultés à entrer dans l'histoire et à comprendre où tout cela peu bien mener ont donné une lecture en demie-teinte.

Merci à Piranha et Babelio pour cette lecture dans le cadre de l'opération Masse Critique.
La légende des Akakuchiba, de Kazuki Sakuraba
Traduit par Jean-Louis de la Couronne
Éditions Piranha
Octobre 2017

13 octobre 2017

Fleurs #47


Fleurs achetées le 10/06/2017

11 octobre 2017

Corto Maltese tome 1 : la ballade de la mer salée [Hugo Pratt]

L'auteur : Né en Italie en juin 1927 et mort en Suisse en août 1995, Hugo Pratt est un auteur de bandes dessinées italien. Son œuvre la plus connue est bien sûre Corto Maltese dont voici le premier tome.

L'histoire : 1913, Océan Pacifique. À la veille de la Première Guerre mondiale, Corto Maltese s'associe au Moine, le mystérieux chef d'une bande de "pirates" avec laquelle, à partir de l'île cachée d'Escondida, il va écumer les mythiques mers du sud.

Mon avis : Première aventure du marin Corto Maltese, ce tome pose une ambiance comme on en trouve peu. À la fois désuète et mystérieuse. Des navires, des pirates, la Première guerre mondiale en fond historique, une île secrète. Cela fleure bon l'aventure et les péripéties. Et pourtant, le récit est très lent et il faut accepter de se laisser porter.

Ce qui m'a étonnée c'est que Corto, décrit partout comme un marin aventurier, est au final peu acteur des événements. Il est un des protagonistes de la longue histoire qui nous est contée et à une tendance à se laisser porter sans trop réagir, balloté d'une situation à une autre. Il ne construit pas ses aventures, il les subit. Personnages parmi d'autres, dont un moine, un fou aux tendances meurtrières, deux gamins en mal de sensation et des officiers de l'armée allemande ou britannique, il reste distancié et analyse intelligemment la situation.

Corto se distingue parce qu'il est peut être un des rares à ne pas être motivé uniquement par l'appât du gain. Chacun fait alliance au gré de ses intérêts, mais notre marin semble apporter de la valeur au mot "honneur". Il dégage une aura de mystère car on sait peut de choses de lui. Il est lucide et parfois cynique, plein d'humour et charmeur.

J'avoue ne pas avoir été convaincue par les dessins, assez moches et griffonnés, et ne retranscrivant pas la douceur et la beauté qu'on peut voir sur l'aquarelle de la couverture.

Le tout forme un album dans lequel j'ai été à deux doigts d'être emportée sans basculer complètement. J'ai été déstabilisée mais je vois bien la poésie qui se dégage de cette œuvre et l'ambiance si particulière a un charme qui en convaincra plus d'un. Je m'octroie le droit de retenter l'aventure à l'occasion pour me faire un avis plus ferme. 

Un mot également sur le format de cet album, loin des classiques 48 ou 56 pages. C'est un véritable voyage qu'on entreprend en commençant cette lecture. Ce récit a été publié en feuilletons en 1967 et 1969 et Pratt ne savait pas qu'il donnait là naissance à son plus grand personnage.
Corto Maltese : la ballade de la mer salée, d'Hugo Pratt - page 6

Corto Maltese tome 1 : la ballade de la mer salée, d'Hugo Pratt
Casterman
Avril 2015

09 octobre 2017

Le restaurant de l'amour retrouvé [Ito Ogawa]

L'auteur : Née en 1973 au Japon, Ito Ogawa est connue pour ses paroles de chansons et ses livres pour enfants. Le restaurant de l'amour retrouvé est son premier roman et a été adapté au cinéma.

L'histoire : Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d'un chagrin d'amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l'art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.

Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur  en réveillant leurs émotions enfouis.

Mon avis : Vous aimez les bons petits plats mais n'êtes pas pour autant fan de littérature culinaire ? Ne fuyez pas, ce roman a tout de même tout ce qu'il faut pour vous plaire !

Après une déception amoureuse cruelle, puisque son petit ami l'a quittée sans explication et en emportant tout ce qui était dans l'appartement, Rinco va retourner chez sa mère vivre son rêve d'enfant : avoir son propre restaurant. C'est grâce à la cuisine qu'elle va renouer avec la vie, en mettant tellement d'amour dans ses préparations qu'elle change la vie de ses clients, comme une sorte de fée bienveillante.

On assiste bien sûr à l'élaboration des repas : menu, choix des ingrédients, cueillette parfois, préparation, cuisson, service. Tout cela fait qu'on déguste autant les mots que les mets. Mais surtout, c'est la galerie des personnages secondaires, dépeints avec délicatesse, qui est fascinante : chaque personnage qui franchit le seuil du restaurant raconte à Rinco son histoire et son drame intime qui le conduit ici : deuil infini, espoir d'un amour tout neuf, séparation d'avec un parent devenu gâteux, mariage arrangé... Elle arrive à tout simplifier par la subtilité de sa cuisine, elle pourtant qui entretient une relation plus que compliquée avec sa propre mère, faite de non-dits, qui ne se lèveront qu'à la toute fin.

C'est un roman feel-good à l'asiatique, plein de poésie et de bienveillance, cherchant dans chaque être humain le meilleur sans s'attarder sur les mauvais côtés, le tout sans aucune mièvrerie. Un roman qui apaise et invite à se laisser happer par la vie. Un grand merci à Loesha pour ce cadeau qui fut une très belle surprise.

"Mes souvenirs les plus chers, je les range bien à l'abri dans mon cœur, et je ferme la porte à clé. Pour que personne ne me les vole. Pour les empêcher de se faner à la lumière du soleil. pour éviter que les intempéries ne les abîment." (p°234)

Le restaurant de l'amour retrouvé, de Ito Ogawa
Traduit par Myriam Dartois-Ako
Éditions Philippe Piquier
Janvier 2015

06 octobre 2017

Valérian et la cité des mille planètes, de Luc Besson

Film français de Luc Besson, sorti le 26 juillet 2017, avec Dane DeHaan, Cara Delevingne et Clive Owen.

L'histoire : Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers. 

Mon avis :  C’est avec quelques craintes que je me suis dirigée vers la salle de cinéma pour voir ce film. Et après séance, il reste surtout le sentiment non pas d’un échec mais d’une déception : tout ça pour ça !

Visuellement, c’est incontestablement réussi. La séquence d’ouverture un poil niaise présentant le peuple des Pearls est bluffante, et ce n’est rien par rapport au moment passé dans le Big Market, marché invisible dans le désert, et qui n'apparaît aux touristes clients que lorsqu’ils chaussent des lunettes VR, les mondes se superposant les uns aux autres. Le spectateur en prend donc plein les yeux pendant les deux heures de ce spectacle. Par contre, on ne peut nier la faiblesse scénaristique et la piètre qualité des deux acteurs principaux.

Le couple de héros ne prend pas du tout. Dan DeHaan n’est pas crédible avec sa tête de gamin de 15 ans qu’on voudrait nous faire croire phobique de l’engagement. Cara Delevigne s’en sort un peu mieux mais sa moue perpétuellement boudeuse et renfrognée finit par être lassante. Leurs échanges sont dignes d’une cour d’école.

L’histoire manque de souffle alors que tous les éléments sont pourtant là. A aucun moment le spectateur n’a peur pour les personnages, ne s’inquiète de leur réussite ou de leur survie. Des touches d’humour et d’autodérision auraient alors pu faire passer la pilule en apportant un peu de légèreté mais là aussi, on est loin de ce que le réalisateur a pu nous proposer sur son Cinquième élément. Les répliques font systématiquement flop. Des personnages secondaires sont habilement introduits, comme le polymorphe, mais bien trop tôt sacrifiés pour qu’on puisse croire un instant à la détresse des survivants.

Ce film a couté une fortune et j’espère que Besson pourra rentrer dans ses frais. Il a incontestablement quelque chose à nous proposer, à la hauteur des folies hollywoodiennes. Mais les scenarii trop faiblards nuisent grandement à ses dernières réalisations.