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18 mars 2019

Un élément perturbateur [Olivier Chantraine]

L'auteur : Ancien cadre parisien né en 1971, Olivier Chantraine décide de retrouver sa Provence et se lance dans l'écriture après avoir participé aux ateliers de la NRF. Un élément perturbateur est son premier roman.

L'histoire : Serge Horowitz est hostile à toute forme d’engagement. Sa sœur l’héberge chez elle. Il ne doit son travail dans un cabinet de consulting qu’à son frère, ministre des Finances. Pour ne rien arranger, il est hypocondriaque et connaît des moments d’aphasie incontrôlables. C’est une de ces crises qui le saisit alors qu’il est en pleine négociation avec une société japonaise. Quand lui revient la parole, il fait capoter l'affaire… Mis en demeure de réparer son erreur, le voici lancé dans l’opération de la dernière chance, accompagné de Laura, son associée. Mais les déconvenues s’enchaînent.

Mon avis : Serge Horowitz a 44 ans, vit chez sa sœur, qui lui sert de mère de substitution, et a trouvé son travail par l’entremise de son frère qui n’est autre que le ministre des finances du pays. Il est hypocondriaque, est doué pour les tirades réussies, se complait dans son train-train quotidien bien rassurant. Il bosse dans un cabinet de conseil comme analyste financier et s’il n’est guère impliqué, il se révèle plutôt bon dans son boulot. Lors d’un important voyage d’affaires au Japon, auquel il ne voulait pas participer, Serge fait tout planter. De retour en France, il va devoir se mettre à pied d’œuvre pour redresser la situation. .

Entre remise en cause personnelle, dissection de la culture d’entreprise, aliénation familiale, rapport au pouvoir et magouilles financières et politiciennes, c’est une comédie douce-amère que nous livre Olivier Chantraine. Son héros est un anti-héros qui n’a rien demandé à personne, intelligent mais sans aucune ambition, ce qui est bigrement dépaysant. Pour autant, malgré pas mal de maladresses, et ce qu’il impose à ses proches, il n’est pas dénué d’une forme de courage fait de franchisse, un peu inconscient sur les bords, ce qui provoque pas mal de situations cocasses et entraîne le lecteur à une forme de tendresse. Il lui manque clairement l’impulsion nécessaire pour sortir de son fonctionnement habituel. Celle-ci viendra peut-être de l’attention que lui porte la belle Laura, ou du lancement de la campagne de son frère pour les élections présidentielles ? Son rapport désillusionné aux autres pourra-t-il être changé ?.

J’ai particulièrement apprécié le regard incisif et franc de Serge sur le monde qui l’entoure, le tout raconté avec pas mal d’ironie. C'est moins potache et plus profond que ça n'en a l'air. À découvrir.

"Je dois dire que le mélange d'odeur de café lyophilisé, d'urine et de sandwich frais des stations d'autoroute est assez déroutant. Un petit condensé d'humanité sur deux cents mètres carrés, au milieu de nulle part. La plupart des mecs commencent à se déboutonner avant même d'avoir franchi la porte des toilettes, comme s'ils cherchaient à ne pas faire baisser leur moyenne sur le trajet. Les objets de consommation sont omniprésents. Dans quel autre endroit au monde a-t-on accès simultanément rien qu'en tendant les bras à du nougat de Montélimar, une tour Eiffel en plastique, un CD de Frédéric François, un pull polaire avec le logo Ferrari, trois bouteilles d'eau et des sandwichs suédois. Les gens s'observent, tentent de mesurer leur état de fatigue respectif, se jaugent comme des pilotes de Formule 1 dans le paddock."

Un élément perturbateur, d'Olivier Chantraine
Éditions Folio
Mars 2019

15 mars 2019

Louvre #14 : Code de Hammurabi

Le Code de Hammurabi est un texte juridique babylonien écrit sur une stèle de basalte érigée par le roi du même nom (1792 - 1750 av. J.C.) probablement à Sippar, la ville du dieu-soleil Shamash, divinité de la Justice. C'est à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique et même de l'Antiquité, antérieur aux lois bibliques. Il est rédigé en écriture cunéiforme et en langue akkadienne. L'écriture est simplifiée car le roi voulait qu'elle soit comprise de tous. La scène figurée qui le domine représente le roi recevant l'investiture de Shamash. 

Stèle du Code de Hammurabi
Plus qu'un code juridique, il s'agit en fait d'une longue inscription royale, en trois parties :
 - un prologue, relatant l'investiture du roi Hammurabi dans son rôle de "protecteur du faible et l'opprimé" ainsi que la formation de son empire et ses réalisations ;  
 - un épilogue glorifiant le souverain, résumant son oeuvre de justice et préparant sa perpétuation dans l'avenir ;
 - entre les deux, près de 300 lois ou décisions de justice. Chaque décision est désignée comme autant de "lois" relatifs à différents aspects de la vie de la société babylonienne de la période. On y trouve des informations sur l'organisation et les pratiques judiciaires, le droit de la famille et de la propriété, les statuts sociaux, les activités économiques : esclavage, divorce, adultère, salaires, prix...

Code de Hammurabi
Transporté par un prince du pays voisin d'Élam en Iran, au XIIe siècle av. J.C., il fut exposé sur l'acropole de Suse au milieu d'autres chefs-d’œuvre mésopotamien prestigieux. où il a été redécouvert en 1901-1902.

13 mars 2019

L'apocalypse selon Magda [Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel]

Les auteurs : Chloé Vollmer-Lo est née en 1988. Après un master d’études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, Chloé Vollmer-Lo choisit la photographie et plus particulièrement le portrait. L’Apocalypse selon Magda est son premier album en collaboration avec Carole Maurel.

L'histoire : L'apocalypse annoncée il y a un an n'aura finalement pas lieu ! Tandis que l'humanité tout entière célèbre la nouvelle, Magda, 14 ans, est dévastée. Pourquoi ? Pour le comprendre, il faut revenir en arrière, à ce jour où Magda décide qu'elle mourra sans regrets. D'amours maladroites en paradis artificiels, sous le compte à rebours des saisons, la jeune fille se découvre à elle-même, dans un monde d'adultes dépassés par les événements.

Mon avis : Voici à nouveau un album que j'ai vu passer sur beaucoup de blogs avant de l'emprunter sur un coup de tête à la bibliothèque. Les avis étaient assez largement positifs mais de mon côté, si j'ai apprécié le propos, à savoir qu'il ne faut pas attendre la fin pour profiter pleinement de la vie, le traitement m'a posé un gros problème : l'âge de Magda et les relations sexuelles que les auteurs lui prêtent m'ont choquée, je dois le reconnaître.

Tout le reste à de quoi séduire bigrement. Le monde touche à sa fin, plus qu'un an à vivre. Chacun va se révéler. Certains restent dans leur quotidien, comme refusant l'inéluctable. D'autres font le choix de se morfondre et de sombrer. D'autres encore sont comme libérés. Magda elle, doit faire son passage de l'enfance à l'âge adulte. Elle a 13 ans et ses premières règles.Mais le décompte lui impose de vivre l'urgence, sans se poser de question et sans avoir de regrets. Elle va s'affirmer. Les adultes ont volé leur avenir, par leurs comportements égoïstes à bien des points de vue qui ont mené à cette apocalypse. Alors il n'est plus question de retenue et de respect. Le temps s'égraine au fil des saisons qui rythment les derniers mois de la jeune fille, qui voudrait vivre en condensé toutes les expériences qu'on lui refuse désormais.
Planche de L'apocalypse selon Magda, de Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel
Au-delà de l'aspect pré-apocalyptique, c'est donc bien sûr un récit initiatique et psychologique. On comprend la nécessité de vivre chaque expérience à son rythme pour pouvoir en gérer les conséquences et s'approprier sa propre personnalité, de se construire sur des erreurs, des bonheurs, des hasard. L'importance de prendre son temps. Car vivre et vite et fort, soit, quand on n'a plus rien à perdre. Mais si on doit ensuite assumer les choix ne seraient peut être plus les mêmes.

Le tout est merveilleusement servi par le dessin et la palette de couleurs de Carole Maurel, que je retrouve après être déjà tombée sous le charme de son talent dans Collaboration horizontale.

L'apocalypse selon Magda, de Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel
Éditions Delcourt
Janvier 2016

11 mars 2019

Une affaire comme les autres [Pasquale Ruju]

L'auteur : Né en 1962, Pasquale Ruju est un touche à tout : diplômé d'architecture, il a travaillé à la radio, à la télévision, au théâtre, au cinéma. Une affaire comme les autres est son premier roman.

L'histoire : Dans une pièce vide, deux femmes se font face. D'un côté, Silvia Germano, jeune et talentueuse procureure adjointe. De l'autre, Annamaria, la veuve de Marcello Nicotra, chef de clan de la 'Ndrangheta. Elles se dévisagent en silence - puis la veuve se met à parler et raconte son histoire. De l'amour fou des premiers jours aux illusions perdues, Annamaria livre ses souvenirs. Sous les feux de la passion transparaît peu à peu la brutalité d'un homme impitoyable, prêt à tout pour étendre son influence au sein de la mafia. Prise au piège des secrets et des ambitions sanglantes de son mari, la jeune femme est forcée d'ouvrir les yeux sur la nature de celui qu'elle a aimé et à qui elle s'est livrée toute entière.

Durant cet interrogatoire sous haute tension, les deux femmes déroulent ainsi le fil des événements qui ont mené à la mort de celui qu'on nommait 'u Primu. Et Silvia sait déjà qu'il ne s'agit pas, mais alors pas du tout, d'une affaire comme les autres...

Mon avis : Les histoires de mafia, ce n’est pas vraiment mon truc. En dehors du Vendetta de R.J. Ellory qui avait su m’étonner et m’emporter, j’ai toujours une forme de réticence envers ces récits. Et pourtant, je me suis retrouvée littéralement accrochée à ce roman. Ce n’est pas lié au style de l’auteur, somme toute assez classique et sans effet particulier, mais davantage à la construction du récit : deux femmes qui vont tour à tour prendre la parole pour retracer une partie de la vie de Marcello Nicotra et de sa jeune femme Annamaria. Cette dernière est veuve lorsqu’elle fait face au substitut du procureur Silvia Germano. Est-elle simple témoin ou suspecte ?

Dans une tension grandissante, le récit s’étoffe petit à petit pour brosser le destin d’un homme promis de toute façon à une mort certaine, mais laquelle ? Il y a un côté très visuel dans ce roman, peut-être du fait de la carrière de l’auteur. J’ai attendu le twist final, qui n’a pas été celui auquel je pensais. Et que, dans ce monde d’hommes macho l’auteur ose partir du point de vue féminin fait du bien. Un peu facile, peut-être, mais surprenant en tout cas.

Merci aux Éditions Denoël pour cette découverte.

Une affaire comme les autres, de Pasquale Ruju
Traduit par Delphine Gachet
Éditions Denoël
Janvier 2019

08 mars 2019

Exposition : S.M.Art

Fin d'année dernière, j'ai pu aller à une petite exposition de Street art. Dans le cadre de l'aménagement du Grand Paris, certains travaux amènent des destructions et la mairie de Saint Maur des Fossés en a profité pour inviter les artistes du collectif pARTcours à investir le lieu avant démolition. Cela donnait une ode à l'expression et à la couleur dans un lieu ouvert au public le temps d'un weekend. Je vous laisse quelques clichés dont les détails montrent la qualité de ces artistes.











06 mars 2019

Milady de Winter [Agnès Maupré]

L'auteur : Née en février 1983, Agnès Maupré est une dessinatrice et scénariste de bandes dessinées française.

L'histoire : Tous contre une... Une contre tous !




Dans la France du XVIIe siècle, une femme à la beauté sans pareille s'aventure malgré elle dans un complot politique qui la dépasse. Corrompue par la trahison et les faux-semblants, elle va devenir l'une des plus redoutables espionnes de son époque, maniant aussi bien la cape dissimulatrice que l'épée meurtrière. Ballotée par les machinations, les duels épiques et les amours fatals, elle devra user de tout son courage et de toute sa ruse pour survivre.
 
Mon avis : Encore un emprunt à la bibliothèque sur un coup de tête, sans rien en attendre et sans même en avoir jamais entendu parler. Et ce fut une bonne surprise car l'auteur choisit de remettre en lumière Milady de Winter, que Dumas se contentait de dessiner comme une garce espionne et manipulatrice. Sous les crayons d'Agnès Maupré, la belle est certes une espionne mais surtout le jouet des volontés des hommes, tous plus crapules et ignobles les uns que les autres. Pas un pour sauver l'autre, pas plus ceux qu'elle épouse que ces fameux mousquetaires que la littérature française porte aux nues.

Milady de Winter est pourtant libre, peste assumée, spontanée et vengeresse. Le feu brûle en elle, de tout ce que les hommes lui ont fait subir. Pourtant, la première planche présente une pendaison, celle de la comtesse de la Fère, par son mari. Elle parvient à se défaire de la corde et à survivre, en gagnant l'Angleterre. Si elle a des torts, elle les assume mais souhaite surtout refaire sa vie dans le calme. Dont elle ne profitera pas longtemps. Le ton du récit n'est pas dénué d'humour pour brosser le portrait d'une femme qui refuse les chaînes de son temps et offre un visage multiple.

Milady de Winter, d'Agnès Maupré - page 45



Dans le dessin d'Agnès Maupré, on sent l'influence de Johan Sfar avec qui elle a collaboré. Une similitude dans le trait. Mais elle, opte pour un noir et blanc en lavis qui donne de la distance, remet la perspective historique et permet une touche de sensualité sans aucune grossièreté.


 
Milady de Winter, 2 tomes, d'Agnès Maupré
Ankama Éditions
Octobre 2010 et Janvier 2012

04 mars 2019

Imaqa, une aventure au Groenland [Flemming Jensen]

L'auteur : Né en octobre 1948, Flemming Jensen est un écrivain, acteur et humoriste danois.

L'histoire : Martin, instituteur danois de trente-huit ans qui ressent un vide dans son existence, demande sa mutation dans la province la plus septentrionale du Danemark, le Groenland. Il prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunarqarfik, à plus de cinq cent kilomètres au nord du cercle polaire.

Armé de ses bonnes intentions, encombré de sa mauvaise conscience coloniale et de ses idées préconçues, Martin découvre une communauté solidaire, dont la vie s'organise en fonction de la nature environnante - et pas malgré elle. AU fil des mois qui passent et des rencontres, dans une société où le rire est érigé en remède suprême contre la peur ou la tristesse, il apprend à apprécier ce qui est, sans se soucier de ce qui aurait pu être, et trouve ce à quoi il aspirait : l'aventure, l'immensité, l'harmonie, l'amour.

Mon avis : Voici une lecture très dépaysante à plus d’un titre.

D’abord, bien évidemment, parce que l’histoire se déroule au Groenland, pendant toute une année. Nous allons donc apprendre avec Martin, instituteur ayant demandé sa mutation là-bas, les habitudes de vie des habitants : la communauté très soudée, l’importance des chiens de traineaux, la gastronomie locale, les spécificités linguistiques (comment répondre par oui ou non à une question) … Quand tout ou presque est une question de survie au jour le jour, on ne se préoccupe pas du lendemain et on apprend à profiter de chaque instant. Carpe diem est une évidence, le rire une thérapie largement pratiquée. On oublie trop souvent que loin de notre quotidien et du monde dont nous maîtrisons parfaitement les codes, d’autres gens vivent un quotidien très différent du nôtre.

Ensuite, parce que ce roman déborde d’humanité. Malgré l’immanquable conflit qu’on peut à peine imaginer entre deux cultures, dont une se veut supérieure à l’autre, tout est bienveillance dans ce roman. Il faut dire que la gentillesse et la naïveté de Martin font sourire et lui ouvre grand les portes de la communauté de Nunaqarfik. Parti du Danemark pour vivre un peu d’aventures et se sortir de son quotidien, Martin tombe sous le charme des Groenlandais et de leur façon d’approcher la vie. L’arrivée de Martin est plus vécue comme une occasion que comme une agression colonialiste. D’autant que l’instituteur se rend vite compte de l’absurdité des exigences du Ministère de l’Éducation et n’hésite pas à s’en éloigner. Il découvre l’importance des traditions locales et celle de les préserver autant que possible.

Les personnages sont tous attachants et l’humour est au rendez-vous. Alors n’hésitez pas à découvrir ce roman intelligent et très agréable !

"Est-ce que tu ne peux pas tout simplement...vivre ici ? C'est ce que nous faisons, nous autres. Nous ne sommes pas comme des dingues à essayer tout le temps de comprendre." (p. 78)

Imaqa, une aventure au Groenland, de Flemming Jensen
Traduit par Inès Jorgensen
Éditions Actes Sud Babel
Avril 2012

01 mars 2019

La mule, de Clint Eastwood

Film américain de Clint Eastwood, sorti le 23 janvier 2019, avec Clint Eastwood, Bradley Cooper et Laurence Fishburne.

L'histoire : À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s'est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain.
Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un "supérieur" chargé de le surveiller. Mais ils ne sont pas les seuls à s'intéresser à lui : l'agent de la DEA Colin Bates est plus qu'intrigué par cette nouvelle "mule".
Entre la police, les hommes de main du cartel et les fantômes du passé menaçant de le rattraper, Earl est désormais lancé dans une vertigineuse course contre la montre...

Mon avis : Vu l'âge du réalisateur et la qualité de ce qu'il a globalement produit (on mettra de côté Au-delà par exemple), on ne résiste pas trop à l'envie d'aller voir un film de Clint Eastwood. Cette fois encore, il se met en scène et campe un personnage loin d'être facile : il est égoïste, centré sur ses fleurs et son style de vie qu'il ne veut surtout pas changer. Sa famille passe bien après. Seulement, il n'a pas su s'adapter au marché moderne et doit bientôt mettre la clé sous la porte, ce qui risque de le bouleverser dans ses petites habitudes. Alors, il saisit une opportunité pour se faire un peu d'argent tout en faisant ce qu'il sait bien faire : conduire. Sans bien comprendre tout de suite dans quoi il met le doigt. Et puis en s'en fichant un peu aussi.

Derrière le petit côté polar, c'est un vrai road movie introspectif que nous livre Clint Eastwood, avec une fabuleuse palette d'émotions toutes jouées à la perfection. Les répliques et les situations sont savoureuses et on ne boude pas son plaisir, à aucun moment. En quête de rédemption, le personnage d'Earl Stone est parfait pour l'acteur qui prend un plaisir manifeste. Et pourtant, il y a aussi un côté plus sombre, parfois violent dans ce récit, où le papy finit par être fatigué et attendre la fin avec soulagement.

Le film sonnerait presque comme un baroud d'honneur même si, vu sa qualité, on aimerait en voir encore bien d'autres de cet acabit !