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29 avril 2016

BD Express #1

Pico Bogue tome 2 : Situations critiques, de Dormal & Roques

Après ma découverte de ce petit personnage à la fin de l'année dernière, j'ai profité de ma première inscription à la bibliothèque municipale pour emprunter le tome 2 de Pico Bogue, par Alexis Dormal et Dominique Roques.

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé les réparties savoureuses de cette petite tête rousse ébouriffée. Toujours justes. Ce tome 2 est à l'image du premier tome, il se déguste tranquillement, au coin du feu ou allongé dans une chaise longue, pour profiter d'un instant de détente.

Pico Bogue, tome 2 : Situations critiques, de Dormal et Roques
Dargaud



Kamakura diary tome 2 à 6, de Akimi Yoshida

Voici la suite du premier tome de Kamakura diary. On retrouve donc Suzu qui a bien été adoptée par ses trois demies-sœurs : Sachi, Yochino et Chika. Chacune a sa personnalité et toutes ont trouvé leurs marques dans la grande maison familiale. Les relations entre sœurs ne sont pas toujours faciles, mais elles sont fondamentales. Ceci étant posé dans les premiers tomes, Akimi Yoshida s’intéresse davantage aux autres protagonistes de l’histoire.

Le rythme reste lent. C’est celui du quotidien. Rien de bien spectaculaire en effet dans les anecdotes qui nous sont racontées, mais plutôt une douceur, parfois teintée de nostalgie. Les thèmes qui fondent la vie humaine sont tous abordés : les racines, la famille, la vie, la mort, l’amitié, les prémices de l’amour, le passage à l’âge adulte, les responsabilités. Avec toujours une touche d’humour.

Certains personnages se croisent, s’éloignent, d’autres se rapprochent. On sent des relations se nouer, peut-être plus amoureuses qu’amicales. Mais peu importe. Le propos n’est pas de savoir qui va finir avec qui, quel va être le choix d’untel. C’est plutôt que ces rencontres, ces choix soient possibles et se posent aux personnages qui est intéressant. Car cela prouve qu’ils évoluent.

Et toujours, pour l’européenne que je suis, la découverte des rites et coutumes du Japon, parfois déroutants, mais toujours fascinants. 

Kamakura diary tomes 2 à 6, de Akimi Yoshida
Traduit par Pascale Simon
Kana


Le retour à la terre tomes 2 à 5, de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri

La famille Larssinet s'installe définitivement aux Ravenelles et s'agrandit. Après le choc de l'environnement rural, Manu et Mariette ont appris à accepter et être acceptés par leur voisinage. On s'attache petit à petit aux personnages secondaires, tous savoureux. Manu a quelques angoisses : le sens de la vie, la paternité, l'épanouissement professionnel... Mais avec l'aide de Mariette, il s'en sort haut la main.

Au final une série de 5 albums très sympa et agréable, que je ne regrette pas d'avoir découvert. moi qui avait un a priori négatif sur le dessin de Larcenet, j'ai été emportée. Du coup, je note ces deux autres séries, Blast et Le combat ordinaire, que je compte bien découvrir.


Le retour à la terre tomes 2 à 5, de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri
Dargaud

27 avril 2016

Louvre #12 : L'hiver

L'Hiver d'Arcimboldo - musée du Louvre, Paris

L'Hiver est un des 4 tableaux composant les Saisons d'Arcimboldo.

Chaque tableau est constitué d’un portrait de profil, composé d’éléments rappelant la saison. L’Hiver regarde ainsi Le Printemps et L’Automne, L'Été... De la version originale peinte en 1563, ne subsistent que L'Hiver et L’Été, exposés à Vienne en Autriche. Parmi les versions les plus connues figurent celles du musée du Louvre, copies faite par le peintre à la demande de Maximilien II en 1573 pour en faire cadeau à Auguste de Saxe. Les tableaux se caractérisent par un encadrement floral qui n’existait pas sur la première version.

Le visage et le cou sont formés par un tronc d'arbre, dont les reliefs figurent une peau gercée et abimée (par les rigueurs de la saison ou par l'âge), un lichen dessine la bouche et des racines la barbe.  Orange et citron, fruits de saison, agrafent le manteau. On retrouve dans ce tableau, comme dans les trois autres qui composent la série, l'habitude de la Renaissance d'associer étroitement rythme de la nature et de la vie humaine.

25 avril 2016

Plus haut que la mer [Francesca Melandri]

L'auteur : Francesca Melandri, née en 1964, est une scénariste, documentariste et auteur italienne. Elle a obtenu le prix Stresa 2012 pour Plus haut que la mer.

L'histoire : 1979. Paolo et Luisa ne se connaissent pas. À bord du bateau qui les emmène sur l'Île où sont détenus leurs proches, chacun ressasse la tragédie dont il a été victime. Le fils de Paolo a été condamné pour des actes terroristes. Le mari de Luisa pour avoir tué deux hommes. Le mistral empêche les visiteurs de regagner la côte. Ils passent la nuit sur l'Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco, avec qui une étrange complicité va naître.

Mon avis : Enfermés sur une île-prison, ce sont trois vies qui vont se dévoiler. Celle de Luisa d'abord, dont le mari est emprisonné pour avoir battu à mort un homme. Son emprisonnement l'a laissé seule avec ses 5 enfants et une ferme à gérer. Mais ça a aussi été un soulagement qu'elle n'ose s'avouer. Celle de Paolo ensuite, père veuf d'un fils embarqué dans le terrorisme. Celle de Pierfrancesco enfin, gardien de la prison.

Luisa et Paolo se retrouvent prisonniers à leur tour de l'Île, coincés par une mer déchaînée qui va les libérer. Pierfrancesco devra les surveiller durant la nuit avant le retour du bateau qui les ramènera sur le continent. Ce temps propice à l'introspection va leur permettre de s'avouer ce qu'ils n'ont pas osé jusque là. De s'alléger d'un poids en se dévoilant. Bien au-delà de la souffrance des détenus, c'est celle des familles qui est mise en lumière, celles de ceux qui doivent continuer sans leur proche. Mais aussi celle des gardiens de prison, toujours confrontés à la violence et qui risquent de s'y perdre.

Avec pudeur, Francesca Melandri révèle les sentiments, rend les silences bruyants, dévoile les non-dits dans un seul regard, un seul geste. Mais bien plus que l'histoire, c'est l'ambiance qui m'aura ici marquée. Cette mer déchaînée qui s'oppose tant aux émotions si longtemps contenues pour faire face, donner l'illusion d'une vie maîtrisée quand tout part à vau l'eau. Ces êtres coincés dans le paraître vont être libérés par les éléments.

En toile de fond, on découvre les années de plomb de l'Italie : lorsque le jugement tombe, lorsqu'un être humain en tue un autre, c'est un peuple tout entier qui souffre. Et une sorte de douceur finit par s'échapper de toutes ces douleurs, sans jamais aucun jugement.

"Quand Paolo apprenait ces histoires, ruisselantes de souffrance comme un liquide en putréfaction, il n'éprouvait qu'un seul désir : en rester éloigné. Se réfugier dans sa propre et unique douleur. Aiguë, peut-être insupportable, mais du moins familière." (p°99)


Plus haut que la mer, de Francesca Melandri
Traduit par Danièle Valin
Folio
Mars 2016

22 avril 2016

L'homme qui n'aimait pas les armes à feu, tome 1 : Chili con carnage [Lupano, Salomone & Pieri]

Les auteurs : Je ne présente plus le scénariste Wilfrid Lupano, qui est régulièrement dans ce blog, notamment pour Traquemage. Il est cette fois accompagné de Paul Salomone pour les dessins et de Lorenzo Pieri pour la mise en couleurs.

L'histoire : Début du XXe siècle, Arizona… Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d’affaires, escorté de son acolyte, l’effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert de pierre aride et brûlant en quête d’un mystérieux papier qui pourrait changer le cours de l’histoire des États-Unis d’Amérique à jamais. Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s’associe à une bande de mexicains sans foi ni loi… Et ils seront sans pitié !

Mon avis : Eh bien, voici le premier ouvrage de Lupano auquel je n'adhère pas ! Voilà qui est bien triste. Est-ce parce que je n'étais pas très concentrée à sa lecture ? Il faut dire qu'une crève carabinée me tenait et m'endormait toutes les deux pages, alors j'ai mis pas mal de temps à en venir à bout...

Mais je n'ai pas trouvé les personnages attachants et l'histoire ne m'a guère passionnée. On est ici dans le western humoristique, même si l'humour pince sans rire de Maître Byron Peck ne m'a pas beaucoup amusée. Il semblerait cependant que ce premier tome soit loin de convaincre s'il est lu seul, ce qui fut mon cas. Il ne fait que planter le décor, alors que le scénario prendrait tout son sens après la lecture du deuxième tome. Moi qui n'avait pas très envie de découvrir la suite en finissant ce Chili con carnage, je verrai si je tente de découvrir les deux autres. Un comble quand on sait que c'est avec la plus grande impatience que j'attends le quatrième et dernier tome des aventures des Vieux fourneaux !

L'homme qui n'aimait pas les armes à feu, tome 1 : Chili con carnage, de Lupano, Salomone et Pieri
Delcourt
Avril 2011

20 avril 2016

Fleurs #36

Parce qu'il faut savoir parfois se faire de petits plaisirs à soi-même...




Fleurs achetées le 27/02/2016

18 avril 2016

Fête fatale [William Katz]

L'auteur : Né en 1940, William Katz est un auteur américain, ancien journaliste pour le New York Times qui a aussi travaillé pour le gouvernement américain.

L'histoire : Connaissez-vous vraiment la personne qui partage votre vie ?

Pour les quarante ans de Marty, son mari, Samantha décide de lui préparer en secret une fête. Elle se lance alors à la recherche de ses amis d'enfance et réalise avec stupeur que tout ce que son mari lui a raconté sur son passé semble n'avoir jamais existé. Perturbée, Samantha se sent de plus en plus en danger en compagnie de Marty. Qui est-il vraiment et quels terribles secrets tente-t-il de cacher ? Samantha tente, seule d'abord puis avec l'aide de la police, de résoudre l'énigme...

Mon avis : Coup de cœur de la Griffe noire, avec Gérard Collard qui vendait ce roman comme le roman à ne surtout pas manquer. En plus, je dois à cette maison d'éditions de jolies découvertes et sensations polars. Alors, je l'avais acheté ce roman et, comme souvent, quelque peu oublié sur mes étagères (ou plutôt dans ma liseuse, en l’occurrence). Et ce n'est que maintenant que je me suis décidée à le lire enfin, avec l'envie de lire un bon polar. Sauf que...

Il y a un petit côté Colombo dans ce livre, vous savez, cette série où le spectateur connait le meurtrier mais ne sait pas comment il a fait. Et bien ici, vous savez qui est le coupable, vous savez comment il va faire, vous savez presque pourquoi. Alors, quel est l'intérêt ? Souvent, cela peut être dans l'habileté de l'auteur qui vous réserve quelques surprises dans la narration et dans les rebondissements. Ce n'est malheureusement pas le cas ici.

L'histoire est clairement datée. Samantha a un côté passablement agaçant à ne faire tourner sa vie qu'autour de son mari, femme au foyer par excellence, qui est aux petits soins pour monsieur dès que celui-ci passe le pas de la porte (Qui a dit "boniche" ?). Des termes comme "magnétoscope" ou "disquette" font aussi tiquer le lecteur, mais il est vrai que ce roman a été écrit dans les années 1980. Alors forcément, ça coince un peu.

Ensuite, il n'y a aucune mise en contexte, aucune ambiance. On ne sait guère qui est Samantha, d'où elle vient, pourquoi elle réagit ainsi. Tout est présenté trop rapidement ce qui fait qu'on ne s'attache pas à elle. Or elle est l'élément central du roman. C'est elle qui est en danger, c'est autour de sa survie que le suspens est construit. Alors quand le lecteur se dit que si elle pouvait disparaître ce ne serait pas plus mal, cela devient compliqué pour qu'il adhère au récit. Et la tension qui est sensée monter progressivement fait vite flop.

La fin, à la hauteur du reste du roman, est tout à fait évidente bien avant les dernières pages. C'est pourtant sur ce twist final que tout repose. Encore une fois, tout tombe à plat.

En bref, un roman peut être original au moment de sa sortie, puisqu'il semble que ce soit un des tout premier à évoquer un tueur en série, mais qui aujourd'hui ennuiera passablement les lecteurs de romans policiers, habitués à bien mieux.

Fête fatale, de William Katz
Traduit par Danielle Michel-Chich
Presses de la cité pour Kindle
Octobre 2012

15 avril 2016

Le retour à la terre, tome 1 : La vraie vie [Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet]

Les auteurs : Où on retrouve au scénario Jean-Yves Ferri, aka monsieur Astérix nouvelle génération. Et où je découvre enfin Manu Larcenet aux crayons, dessinateur de bandes dessinées né en mai 1969, qui a notamment collaboré à Fluide Glacial.

L'histoire : Ah, la campagne, les petites fleurs, les bébêtes qui montent qui montent, et tout et tout... Quel citadin n'a rêvé d'aller s'y ressourcer ? Manu Larcenet a chopé le virus l'an dernier. A lui et à Mariette, sa compagne, le gazouillis des oiseaux, le doux bruit des ruisseaux et tout et tout ! Quand, comme Manu, on a passé sa vie en banlieue parisienne, ça change.

Mon avis : Oui, je n'avais jamais lu cette série culte. Et oui, je ne suis pas une inconditionnelle de Manu Larcenet. Son dessin ne me touche pas particulièrement. Mais, on m'avait dit tellement de bien de cette série que, encore une fois, en profitant de mon inscription à la bibliothèque, j'ai voulu découvrir au moins le premier tome.

Il faut dire que l'idée de quitter la région parisienne, d'une vie qu'on imagine forcément plus saine en province lorsqu'on est en mode "sardine" dans les transports en commun, m'a déjà effleuré l'esprit. Alors lorsque Manu et Mariette ont eux le courage de changer de vie, je ne peux que les applaudir et suivre leur installation avec intérêt.

Bon, je n'ai pas ri aux éclats devant les petites scénettes quotidiennes que les auteurs nous proposent. Mais il y a du vécu dans la façon dont Manu et Mariette gèrent le quotidien, s'installent, découvrent le voisinage... On flirte parfois avec la caricature un peu trop marquée sur les habitants d'un petit village, comme Monsieur Henri, toujours présent. Mais oui, il faut s'adapter à la vie à la campagne, et ce n'est pas toujours simple.

Le retour à la terre, Le compte-rendu
Au-delà de l'humour, j'ai été plus touchée par l'émotion qui se dégage des planches, par cette vérité d'une vie rêvée mais qui fait peur aussi. Par ce regret assumé d'une vie qu'on a voulu quitter mais qui manque tout de même. Mariette et Manu sont attachants, de même que leurs voisins, un peu spéciaux certaines fois, mais bigrement dépaysants.

Je ne regrette pas d'avoir enfin découvert cette série et je fonce échanger ce premier tome contre les quatre suivants. Si comme moi, vous ne vous étiez pas laissé tenter jusqu'ici, n'hésitez plus.


Le retour à la terre, tome 1 : La vraie vie, de Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet
Dargaud, Poisson Pilote
Janvier 2005

13 avril 2016

Midnight special, de Jeff Nichols

Film américain de Jeff Nichols, sorti le 16 mars 2016, avec Michael Shannon, Jaeden Lieberher et Joel Edgerton.

L'histoire : Fuyant d'abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d'une chasse à l'homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d'accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

Mon avis : Faisant confiance au réalisateur de Mud et de Take shelter, ma moitié m'a entrainée au cinéma voir cette dernière réalisation; Je l'ai suivie sans savoir à quoi m'attendre ni rien attendre de particulier.

Visuellement, le film est très beau. La qualité de la photographie est indéniable. Bercées par cette sorte de mélancolie qui tisse le lien familial entre l'enfant et ses parents, les images sont les réels point fort. Malheureusement peut être le seul aussi.

Car côté scénario, vous avez ici une sorte de E.T., caché dans le corps d'un petit garçon, qui veut rejoindre le point géographique qui lui permettra de rentrer chez lui, malgré tous les vilains méchants qu'il croise sur sa route : fanatiques sectaires ou gouvernement qui voit en lui une dangereuse arme. Papa fuit et emporte avec lui Alton qui sait tout, malgré son jeune âge. Enfin, tout, sauf ce qu'est la kryptonite.

A vouloir mélanger les genres, Jeff Nichols fait miroiter trop longtemps à son spectateur une fin qui n'est que déception, forcément. Il montre trop, tombe dans la caricature. Côté critique, de la société de surveillance ou du fanatisme religieux, c'est bien trop superficiel à mon goût pour être réellement intéressant. Et côté jeu d'acteurs, je ne suis pas non plus convaincue : les airs de chien battu de Michael Shannon et Kirsten Dunst m'ont agacée autant que l'inexpressivité de Jaeden Lieberher.

Là où je verse ma petite larme à chaque fois qu'E.T. rentre chez lui, j'étais pressée de voir Alton retourner parmi les siens. Certains disent que le mystère reste entier. Peut-être, mais je n'ai aucune envie de le percer.