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25 février 2015

Fleurs #29


Fleurs offertes le 01/02/2015

23 février 2015

Le chat passe à table [Philippe Geluck]

L'auteur : Né à Bruxelles en mai 1964, Philippe Geluck est un acteur, humoriste et dessinateur belge notamment connu pour son personnage du Chat.

L'histoire : Depuis qu'il est redescendu parmi nous (par minou ?) après avoir endossé le rôle de Dieu, Le Chat revient à sa préoccupation première : nous mettre les zygomatiques en feu. Le Chat balance et flingue à tout va : il passe à table, crache le morceau, met les bouchées doubles et n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Mon avis : Commençons par l'objet, plutôt beau et agréable : un coffret qui regroupe deux albums format A5 plus une gazette. Ce qui m'a plu au premier abord, c'est de voir les deux albums se répondre, à la fois prolongement l'un de l'autre par le graphisme (mettez les l'un en dessous de l'autre et vous ne verrez qu'une seule scène) et aussi une histoire construite par le biais des deux couvertures (mais où sont passées les 14 souris ?!). Le format quant à lui se prête bien au picorage : un petit sketch par-ci, un autre par-là. On peut y revenir à volonté.

Après, en terme d'humour, j'avoue être déçue. Il faut dire que je ne savais pas à quoi m'attendre : si j'ai déjà croisé le personnage du Chat, je n'ai jamais lu aucun album. Alors je m'attendais à des sketchs drôles. Or ici, il s’agit essentiellement d’aphorismes, c’est-à-dire de phrases cherchant à caractériser un aspect singulier ou une situation. Après, certains sont bien trouvés, réflexions parfois absurdes ou philosophiques. Et avec Geluck, rien n’est intouchable : religion, politique, vie quotidienne, terrorisme, handicap…




A noter le bazar dans la numérotation des pages, qui m’a bien amusée et fait presque un sketch à part entière.

Le chat passe à table, de Philippe Geluck
Casterman BD
Octobre 2014

20 février 2015

Paris mythique, 100 photos de légende [Collectif]

Voici un beau livre de photos sur Paris qui m'a été offert pour les fêtes de fin d'année.

L'histoire : Une ville a-t-elle jamais été autant photographiée que Paris ? Les plus grands en ont inlassablement tiré le portrait, s'efforçant de capter une ambiance, en esprit, une vérité. Leur talent et la providence ont parfois propulsé leurs instantanés dans la légende, suspendant le temps d'un Paris éternel. Un Paris plus grand que Paris, un Paris idéal et poétique, gravé à jamais dans nos rêves et dans nos cœurs...

Mon avis : Le daguerréotype et toute première photo de Paris, boulevard du temple en 1839, où, bien qu’il y ait une intense circulation, seules deux silhouettes sont visibles à cause du temps de pause nécessaire pour fixer une image ; la construction de la statue de la liberté, avant qu’elle ne soit envoyée aux États-Unis pour le centenaire de l’indépendance ; la crue de la Seine en 1910, où des barques assurent le transport des citadins ; jusqu’aux photos de mai 1968. C’est presque un siècle et demi d’histoire de la capitale qu’on nous propose ici.

Les plus grands photographes sont présents, de Brassaï à Willis Ronis, en passant par Doisneau et la photo de son célèbre baiser, mais aussi des anonymes. Les événements marquants de l’Histoire sont là : les Allemands qui défilent sur les Champs Elysées sous l’Occupation, puis la Libération mais aussi des éléments typiquement parisiens : la Tour Eiffel, les Halles avant que le lieu ne devienne un grand centre commercial et que les métiers soient envoyés à Rungis, la course des garçons de café, la mode aussi bien sûr.
Voilà un Paris que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, le tout, en version bilingue s’il vous plait. Je fais partie de celles et ceux qui s’émerveillent toujours devant la Tour Eiffel, même si je la vois très régulièrement. De ceux qui photographient, encore et toujours, ces monuments pourtant ultra-connus, à la recherche de la prise qui véhiculera l’émotion ressentie. Alors cet album est forcément intéressant et émouvant. Paris du fantasme, Paris du passé, tout est dans le « mythique » du titre. En 100 photos, difficile de percer à jour la réalité de la capitale aux multiples facettes, mais celles qui sont dévoilées ici le sont avec talent. Toutes les photos sont en noir et blanc, mettant d’autant plus en avant le contraste et la lumière de leur composition.

Il manque maintenant quelques clichés plus contemporains.

Paris mythique, 100 photos de légende
Parigramme
Mars 2013

18 février 2015

Le journal de mon père [Jirô Taniguchi]

L’auteur : Après avoir adoré Quartier lointain de Jirô Taniguchi, mangaka né en août 1947, voici un manga antérieur, Le journal de mon père. Publié en français en 1999 et 2000 chez Casterman en 3 volumes, il est disponible depuis 2004 en une version intégrale. Ce manga a obtenu le prix œcuménique de la bande dessinée au Festival d’Angoulême en 2001.

L’histoire : Le héros de cette histoire s’appelle Yoichi Yamashita et travaille à Tokyo dans une agence de design. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l’a vu grandir. Au cours d’une veillée funèbre très arrosée, le passé des années 50 et 60 ressurgit : l’incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d’enfant… Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu’il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension.

Mon avis : C’est avec un grand plaisir que je me suis plongée dans ce manga. En regardant un peu la vie de Jirô Taniguchi, on remarque que pas mal d’éléments de ce récit sont autobiographiques : l’époque, le père coiffeur, l’incendie de la ville, le laps de temps avant de retourner dans le nid familial… L’auteur semble s’être largement inspiré de ses souvenirs d’enfance à Tottori, tout comme pour Quartier lointain d’ailleurs, sans être pour autant un récit réellement autobiographique pour autant. Cela donne une vraie douceur à l’histoire, beaucoup d’émotions, mais tout en retenue.

L’histoire est simple, centrée sur les relations entre êtres humains, l’importance d’un animal de compagnie pour ne pas s’isoler complètement. Le tout est rythmé par des scènes de la vie quotidienne. Il y a un décalage profond entre les sentiments du narrateur, les souvenirs qu’il peut garder, et la réalité des événements, apportée par différents protagonistes lors de la discussion lors de la veillée funèbre. Regrets, rancœurs, tout est exposé, enfin, et se délite par la force de la parole. Le pardon est a porté de main. Une part belle est réservée, par le biais des dessins, aux silences et aux non-dits, qui sont eux aussi porteurs de sens. Quand un fils finit par comprendre son père et les choix de vie qu’il a faits, il quitte alors définitivement l’enfance pour passer dans l’âge adulte.

Les dessins, justement, tout en finesse et précision, servent magnifiquement le récit. Le rythme des cases notamment, est vraiment intéressant : il véhicule à la fois le côté confortable du foyer tout en séquençant l’histoire.

Encore une fois, un excellent manga que je conseille et que j'ai adoré.

Le journal de mon père, de Jirô Taniguchi
Casterman
Novembre 2007

16 février 2015

Livra'deux pour PAL addict #2

Après Faurelix qui m'a initiée à ce challenge, c'est avec Stellade comme binôme que je joue pour cette prochaine session de Livra'deux pour Pal Addict.

Le concept ? Choisir dans la PAL du binôme 3 livres qui nous parlent, parce qu'on les a aimé, parce qu'on les a dans sa propre PAL, parce qu'ils nous intriguent, parce qu'on souhaite avoir l'avis de l'autre dessus... Quelque soit la raison, tant qu'on l'explique. Le binôme dispose alors de 3 mois pour lire un des ces trois livres sélectionnés.



Une fois ceci dit, place à la sélection de Stellade donc :

Chiens de sang de Karine Giebel, le premier qu'elle a lu de l'auteur et qui vaut le détour selon elle.
Le manoir de Tyneford de Natasha Solomons, un chouette roman.
Le prince de la brume de Carlos Ruiz Zafon, car il faut lire cet auteur et vite le sortir de la PAL.

Et en plus, elle me donne un joker avec Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini, un incontournable qui prend aux tripes pour longtemps.

J'ai longtemps hésité, mais après avoir écarté le Zafon, puisque j'en ai déjà lu et que je ne me sentais pas dans la bonne ambiance, j'ai fini par jeter mon dévolu sur :

13 février 2015

Il pleuvait des oiseaux [Jocelyne Saucier]

L'auteur : Née au Nouveau-Brunswick en 1948, Jocelyne Saucier est une romancière québécoise. Elle a obtenu de nombreux prix avec Il pleuvait des oiseaux, son quatrième roman.

L'histoire : Trois octogénaires épris de liberté vivent selon leur propre loi en forêt profonde dans le nord de l'Ontario. Non loin de là, deux hommes, l'un gardien d'un hôtel fantôme et l'autre planteur de marijuana, veillent sur l'ermitage des vieillards. Leur vie d'hommes libres et solitaires sera perturbée par l'arrivée de deux femmes. D'abord une photographe en quête du dernier survivant des grands feux qui ont ravagé la région au début du XXe siècle. Puis une deuxième visiteuse, très vieille celle-là, Marie-Desneige, un être aérien et lumineux qui détient le secret des amours impossibles. La vie ne sera plus la même à l'ermitage.

Mon avis : Enquêtant sur un survivant des Grands Feux de Matheson, qui ont ravagé la région de  l'Abitibi-Témiscamingue, une photographe, découvre deux petits vieux, Charlie et Tom, installés au fond des bois. La plume poétique de l’auteur fait immédiatement merveille pour décrire un lieu, sauvage et pourtant beau, que sont ces forêts canadiennes. Chaque vieillard dispose de sa propre cabane et d’un lit fait de fourrures accueillantes qui permettent de repousser le froid. Charlie et Tom savourent leur liberté retrouvée, après tant d’années passées à se plier aux convenances. Ils ne sont pas faciles d’abord, comme la nature qui les environne, mais avec un peu d’effort… Jusqu’à l’arrivée d’une petite vieille, Maris-Desneige, qui va tout remettre en cause.

Il faut accepter, au début du roman, de se perdre dans les différents personnages présentés et dont le lecteur ne sent pas forcément tout le potentiel. Certains conserveront d’ailleurs leur part d’ombre : certains ne dévoileront pas leur prénom, d’autre leur vie de famille… Seul les « petits vieux » seront exposés en pleine lumière. L’auteur ne cherche pas à donner une réponse à tout. Ainsi le lecteur abandonne-t-il sur le chemin Steve et Bruno, sans savoir trop ce qu’il en adviendra. Mais la délicatesse du roman se dévoile peu à peu, laissant de côté la vie rude au fond des bois pour découvrir une émotion partagée entre tous les protagonistes. C’est l’intervention de Marie-Desneige qui fait tout le charme de cette histoire : comme un lutin des bois, elle vient réveiller ses vieillards quelque peu endormis pour les ramener à la vie.

Le récit tendre fait par Jocelyne Saucier est un mélange agréable et réussi : sur l’histoire de ces Grands Feux (que je ne connaissais absolument pas, qui eurent lieu en 1916 et coutant la vie à 223 personnes), les rêves de liberté, les sacrifices, l’amour, l’amitié, la vieillesse et la mort. Sur beaucoup de choses habillement mêlées. Les personnages sont justes, tout en finesse, et terriblement attachants. Et les descriptions sont belles, notamment celles, presque hypnotiques, de l'incendie de Matheson :

« En fait de folie, il y a plus insidieux, une sorte de fascination qui naît dans le déploiement des flammes, leur force, leur toute-puissance, leurs couleurs éblouissantes dans la fumée, une contemplation horrifiée qui se poursuit tout au long de la course pour la survie et qui se charge au fur et à mesure qu’on compte les morts d’un besoin irrépressible d’aller toujours de l’avant pour éprouver son état de vivant ; » (p°95)

En bref, un livre lumineux sur le crépuscule de la vie.

Merci aux éditions Folio pour ce roman magique, qui s'inscrit également dans mon challenge Petit Bac d'Enna, pour la catégorie Pronom personnel sujet.

Il pleuvait des oiseaux, de Jocelyne Saucier
Folio
Janvier 2015

11 février 2015

Nouveaux arrivés dans la PAL

D'habitude, je ne vous présente pas les livres qui rejoignent ma PAL. Mais le mois dernier, pour mon anniversaire, j'ai été particulièrement gâtée alors j'ai décidé de vous en faire profiter.


Le journal de mon père de Jiro Taniguchi
Paris mythique, 100 photos de légende
Le chat passe à table de Philippe Geluck
Psycho Killer de l'auteur anonyme qui a écrit Le livre sans nom
L'île du serment de Peter May
La condition magique de Hubert Haddad
Blanche Neige doit mourir de Nele Neuhaus
La fractale des raviolis de Pierre Raufast
Le manoir de Tyneford de Natasha Solomons
La conjecture de Fermat de Jean d'Aillon
Le diable danse à Bleeding Heart Square d'Andrew Taylor
Des adhésifs dans le monde moderne de Marina Lewycka
La muraille de lave d'Arnaldur Indridason

Il y en a un dans le tas que je me suis offerte à moi-même. Parce qu'il faut aussi savoir se faire plaisir. Le seul problème maintenant, c'est que tout me fait envie. Ça va être dur de choisir !

09 février 2015

The mysterious affair at Styles [Agatha Christie]


Une petite baisse de lecture, alors j'ai sorti de ma PAL un livre qui m'avait été offert en 2008 (oui, je sais, il était temps). Et une lecture en VO s'il vous plait. Mais surtout un roman d'Agatha Christie, parfait pour ces moments où l'on hésite sur ce qu'on a envie de lire.

L'histoire : When an aging heiress is found fatally poisoned, the amazing Hercule Poirot, brilliant Belgian criminal investigator, is brought out of retirement to solve the case.

Mon avis : Ce que je ne savais pas en ouvrant ce roman, c’est qu’il s’agit du tout premier d’Agatha Christie, dans lequel elle jette les bases de son style et de son personnage le plus célèbre, Hercule Poirot. Si celui-ci a déjà quelques habitudes, il n’est pas encore aussi arrogant qu’il le deviendra par la suite. Le lecteur découvre par contre ce qui lui a fait quitter la Belgique pour l’Angleterre et comment le capitaine Hastings l’a rencontré. Le duo fonctionne merveilleusement et rappelle forcément Sherlock Holmes et le docteur Watson, l’un étant le faire-valoir de l’autre. Les répliques d’Hastings sont d’ailleurs pleines d’humour. Le lecteur s'amuse à voir les tentatives du capitaine pour résoudre le mystère et être complètement à côté de la plaque.

Les descriptions manquent quelque peu : on aimerait avoir plus de détails sur l’enfance d’Hastings, et les retrouvailles avec cette famille qu’il a côtoyée étant plus jeune sont assez légères. J’aurais aussi aimé ressentir davantage l’ambiance de cette fin de Première Guerre Mondiale. Mais là, je suis peut-être trop influencée par Downton Abbey.

Côté mystère, le lecteur usuel d’Agatha Christie saura que rien n’est aussi simple qu’on essaie de lui faire croire. Le nombre de suspects est pourtant limité, mais qui est le vrai coupable ? Et quel est l’ordre logique des faits ? Seul Poirot saura faire toute la lumière et il est difficile de deviner. Agatha Christie joue avec les codes du genre pour tromper le lecteur. Celui-ci passe de supposition en supposition, sans jamais avoir toutes les cartes en main.

À la lecture, j’ai eu l’impression qu’Agatha Christie n’avait pas encore la pleine maîtrise de son style. Sa façon de présenter personnages et intrigue évoluera par la suite, et de la plus belle des manières, pour arriver au bout de 4 romans (si je ne me trompe pas) à rouler son lecteur dans la farine dans Le meurtre de Roger Ackroyd.

Pas un grand roman, mais une agréable lecture tout de même.

 Cette lecture s'inscrit dans la catégorie Lieu du challenge Petit Bac 2015 d'Enna.

The mysterious affair at Styles, d'Agatha Christie
Dover
Juillet 1997