Ajouter un soupçon de fantastique ne suffit pas à en faire un bon film. India ne supporte pas qu'on la touche. Pourquoi ? On ne saura pas. India entend et ressent tout. Cette situation donne d'ailleurs lieu à de jolis plans, notamment celle des cheveux de Nicole Kidman se transformant en champ d'herbes jouant dans le vent. Jusqu'à l'arrivée de son oncle qu'elle ne connaissait pas et pour lequel elle éprouve à la fois méfiance et fascination. Qui est-il ? On ne cesse de nous dire que tous le deux sont semblables. Reste à découvrir à quel point. L'oncle Charlie va lui montrer le chemin de ce qu'elle peut devenir, être son pygmalion. Il semble lui aussi être en effet un être très sensible. Une dose d'érotisme glauque par-dessus tout ça n'arrange pas la chose. La voix off d'India aura beau nous expliquer que nous ne sommes pas responsables de ce que nous sommes, cela ne justifie en rien certains actes. D'autant que malgré cette voix off justement, si souvent utilisé dans les films pour générer un sentiment de proximité avec le personnage, il est impossible de ressentir de l'attachement pour elle.
D'autres éléments sont également gênants. Citons les suivants. Le film met longtemps à démarrer. Nicole Kidman n'est pas du tout convaincante et je comprends désormais les reproches qui sont faits à son in-expression pour cause de recours à la chirurgie esthétique. Et puis certaines idées particulièrement sexistes : le passage de l'enfance à l'âge adulte en chaussant pour la première fois une paire d'escarpins à talons hauts, non mais voilà l'image de la femme !
A contrario, certaines idées de mise en scène sont plutôt bonnes, notamment le découpage de la maison : les étages sont le monde de l'apparence et de l'illusion alors que la cave est celui de la vérité malsaine et glaciale. Ou encore l'araignée qui apparait régulièrement, gravitant autour d'India comme le piège qui tisse sa toile. Mais malheureusement cela ne suffit pas à pallier les lacunes flagrantes du scénario.










