ShareThis

25 septembre 2017

Le ciel est immense [Marie-Sabine Roger]

Après le coup de cœur pour Dans les prairies étoilées lu l'année dernière, un nouveau Marie-Sabine Roger ? Non, en fait c'est son tout premier roman, que je ne connaissais pas. Alors forcément, lorsque je l'ai vu à la librairie, ni une ni deux, il était dans mon panier !

L'histoire : Elle a échoué à l'hôtel de la Plage comme portée par la dernière marée. Et le ressac l'a laissée là, coquille vide.

Souffrir, c'est vivre encore, peut-être. Cette vie là, elle n'en veut plus. Partir sur une dernière peine de coeur, prisonnière de ses non-dits, de ses pudeurs.

Mais voilà qu'un gamin la surprend dans sa dernière intimité. Tout est à refaire. Chaque jour, il revient, ce Petit Prince qui l'apprivoise. Ses questions l'obligent, malgré elle, à revisiter sa vie. Et avec lui, passe l'envie. Ou plutôt, revient.

L'envie de peindre un soleil couchant sur la surface même de l'océan. L'envie du bonheur...

Mon avis : Voici donc le premier roman de Marie-Sabine Roger. On n'y trouve pas encore l'humour léger qui apaise la tristesse des propos, comme elle sait le faire aujourd'hui. Quelques pointes apparaissent, mais c'est globalement bien plus sombre.

Il y a déjà par contre cette belle poésie dans toutes les phrases, celle qui charme le lecteur et l’emmène, le transporte, même dans des sentiers qu’il n’a pas toujours envie de parcourir. Car en toute franchise, l’histoire de cette femme au bord de la soixantaine qui déprime n’avait rien pour m’attirer. Sauf que, l’auteur sait en faire une belle balade, de celles qui font réfléchir. Sans sensiblerie mais avec justesse, elle brosse un portrait sans concession : le temps qui passe et qui marque les corps, les regrets qui apparaissent, le sentiment de ne plus avoir le temps, de ne plus savoir faire voire de ne plus savoir être… Rien de bien révolutionnaire en somme, rien que de très normal. Sauf que cette femme que nous suivons estime avoir atteint le point de non retour. Sa rencontre avec un jeune garçon, juste avant de passer à l’acte, va lui faire envisager les choses autrement.

On sent les prémices de ce que sera la plume de Marie-Sabine Roger que j’aime tant. C’est à la fois poétique donc, spontané et plein de délicatesse, pour livrer un joli roman qui touche. Je conseille !

"Je suis recluse en moi. Le cœur aux fers. L'âme au secret." (page 14)

Le ciel est immense, de Marie-Sabine Roger
Éditions Pocket
Janvier 2016

22 septembre 2017

Dunkerque, de Christopher Nolan

Film américano-britanico-franco-hollandais de Christopher Nolan, sorti le 19 juillet 2017, avec Fionn Whitehead, Tom Glynn-Carney et Jack Lowden.

L'histoire : Le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.

Mon avis :  Commençons par quelques précisions historiques (si j’avais fait ces recherches avant, je n’aurais pas embêté Mister pendant la séance en lui posant des tas de questions) : La bataille de Dunkerque est peu connue des Français mais est une véritable fierté nationale pour les Britanniques car, même s’il s’agit d’une évacuation, elle porte en elle le germe de la victoire future. Tout se passe entre le 26 mai et le 4 juin 1940, dates de l’opération Dynamo qui est le cœur du film de Christopher Nolan. Sur la plage de Dunkerque plus 300 000 soldats britanniques sont encerclés par les Allemands qui bombardent les lieux. Il va pourtant falloir tenter de les évacuer.

Ce qui m’a gênée dans ce film, c’est le rôle inexistant des soldats français dans cette bataille, alors que ce sont eux qui tiennent les positions dans la ville pour empêcher les Allemands d’avancer et rendent possible une évacuation. Nous sommes habitués à la glorification américaine, mais pour un réalisateur britannique je m’attendais à autre chose. Le seul Français qu’on voit est vite qualifié de lâche.

Ensuite, je trouve que les scènes de grand nombre sont assez mal rendues. Dans les plans où on s’attendrait à ce que les bombes pleuvent sans discontinuer ou à ce que les bateaux arrivent en masse, on ne voit qu’un malheureux avion et une petite dizaine de bateaux. Ça manque d'ampleur du coup.

Pour le reste, ce film est un film de guerre efficace, même si Nolan préfère le terme de film de survie. Car effectivement, c’est bien de survie dont il est davantage question. Pour chaque personnage, le compte à rebours pour échapper à la mort semble lancé, comme si nous étions dans un thriller. Le pilote de Spitfire, le capitaine d’un petit voilier, le soldat sur la plage : les airs, la mer, le sol. Trois lieux, trois temps, trois personnages qui sont réunis à un instant T qui est le tournant de la guerre, permettant d’échapper au massacre qui s’annonçait. Autour d’eux, il est question de bravoure et de lâcheté, d’inconscience et de courage, de désarroi, de peur, de joie et de fierté. Les grands acteurs s’effacent pour endosser formidablement leurs rôles.

Le spectateur est totalement immergé dans l’action. A ciel ouvert, il est asphyxié par l’étau allemand qui semble se resserrer inexorablement. Précisons également la qualité visuelle du film, indéniable. Les plans larges et ceux resserrés racontent tous la même histoire à épaule d’homme, en évitant judicieusement le côté larmoyant qui pouvait agacer dans Il faut sauver le soldat Ryan. Peut-être grâce à cette économie de mots qui en ferait presque un film muet. Et puis il n'y a aucune goutte de sang, pas de déluge d'hémoglobine. Tout se passe dans la tête du spectateur qui sait, qui comprend.

Quelques bémols donc mais un film qui m'a fait frémir à chaque sifflement de bombe ou de balle.

20 septembre 2017

Stupor Mundi [Nejib]

L'auteur : Néjib Belhadj Kacem dit Néjib, né en 1976 en Tunisie, est un auteur de bande dessinée franco-tunisien. Stupor Mundi fut retenu pour la sélection officielle du Festival d'Angoulême 2017.

L'histoire : Les Pouilles, fin du Moyen Âge. Un mystérieux château abrite les esprits les plus éminents de la chrétienté. Hannibal Qassim el Battouti, fuyant Bagdad avec sa fille Houdê et son esclave El Ghoul, pense y trouver le soutien nécessaire pour achever Beït-el-Dhaw, une invention extraordinaire.

Mais les hommes de son temps sont-ils prêts à accepter l'inconcevable ?

Mon avis : Stupor Mundi, c’est Frédéric de Hohenstaufen (Frédéric II). Pourtant, le cœur de cet ouvrage n’est pas tellement ce personnage historique que ce qu’il représente : une lutte entre l’obscurantisme religieux contre la recherche et la connaissance. Stupor Mundi est un mécène et fervent défenseur de la science (il a d’ailleurs été excommunié par deux fois). Dans ce monde moyenâgeux, c’est dans son monastère des Pouilles qu’Hannibal Qassim El Battouti trouve refuge après avoir été poussé à l’exil par des religieux de Bagdad, heurtés par ses ambitions scientifiques. Il va y croiser les plus brillants esprits de l’époque, savants et artistes en tout genre, venus se réfugier sous l’aile protectrice de la Stupeur du Monde pour se consacrer à leur œuvre.

Hannibal Qassim El Battouti lui tente de mettre un point final à une invention révolutionnaire. Le lecteur va petit à petit comprendre de quoi il est question mais, sans trop en dévoiler, on peut dire qu’elle se heurte à l’obscurantisme religieux qui y voit une œuvre du Malin. Notre inventeur est présenté comme étant le descendant d’Alhazen (965-1039), c’est-à-dire l’inventeur de la « camera oscura », rien de moins. Trouver le moyen d’avancer dans la recherche scientifique tout en préservant les susceptibilités n’est pas toujours chose aisée. Même dans une communauté éclairée comme celle de ce monastère italien, les forces sont contre lui.

L’anachronisme de l’invention de Hannibal Qassim El Battouti apporte une petite touche d’humour qui met d’autant plus en lumière les superstitions de cette époque. On pense forcément au Nom de la Rose d’Umberto Eco, avec ces personnages qui tour à tour révèlent leur part d’ombre. L’œuvre de Néjib est aussi truffée de clins d’œil à notre époque : un héros au physique rappelant Zlatan Ibrahimovic ou encore une petite fille qui se fait psychanalyser, levant le voile en même temps pour le lecteur sur ce qui se passe exactement. On comprend alors qu’il est aussi question de la folie du créateur pour sa création, qui le rend aveugle à tout ce qui n’est pas l’objet de son obsession, quitte à mettre en danger sa famille.

Le dessin n’est pas forcément très joli, mais il met bien en valeur le propos narratif et facilite la lisibilité. Le découpage sait habilement tenir le lecteur en haleine, et les pages de ce pavé (presque 300) défilent sans aucun souci. C'est même passionnant ! J’ai découvert à l’occasion de cette lecture le personnage de Stupor Mundi que je ne connaissais pas. Une lecture qui amuse donc autant qu’elle éclaire le lecteur sur ce Moyen-Âge et trouve un écho avec l’actualité récente sur le débat entre liberté et portée d’un dessin.

Stupor Mundi, de Nejib
Éditions Gallimard
Juillet 2016

18 septembre 2017

Leçons de grec [Han Kang]

L'auteur : Han Kang est une auteur sud-coréenne née en novembre 1970. Elle est la fille de l'écrivain Han Seung-won et enseigne au Seoul Institute of Arts. Elle est la lauréate du Man Booker Price 2016 avec son roman précédent La végétarienne.

L'histoire : Leçons de grec est le roman de la grâce retrouvée. Au cœur du livre, une femme et un homme. Elle a perdu sa voix, lui perd peu à peu la vue. Les blessures de ces personnages s'enracinent dans leur jeunesse et les ont coupés du monde.

À la faveur d'un incident, ils se rapprochent et, lentement, retrouvent le goût d'aller vers l'autre, le goût de communiquer.

Mon avis : Une envie de littérature différente m’a fait accepter ce partenariat en optant pour de la littérature coréenne. Je pensais, à lire la quatrième de couverture, assister davantage à la rencontre de cet homme et cette femme et à leur résurrection. En fait, non. C’est plutôt le chemin qui les conduit à cet instant de renouveau que le lecteur va découvrir. Et c’est également très joli.

Des deux personnages, le lecteur ne saura jamais les noms, ce qui m’est apparu un peu déstabilisant au départ, d’autant qu’on ne sait pas toujours lequel prend la parole. Mais on devine bien vite que c’est pour mieux souligner l’importance du corps dans la communication. Pas besoin de mots pour dire les blessures intimes qui vont les mener à se rencontrer.

Lui cache sa cécité grandissante à l'école dans laquelle il enseigne, auprès d'élèves plus ou moins motivés. Elle s'est inscrite à son cours pour tromper sa peur des mots, surtout de ceux qu'elle ne peut plus prononcer depuis qu'elle a perdu son travail et la garde de son fils. Une grande partie de ce roman porte sur des flashbacks qui montrent la faillite du corps de chacun, les poussant à s'enfermer dans un monde qui leur est propre, ne partageant rien avec les autres, dans l'incapacité totale de communiquer, effrayés par cette solitude qui les entoure de plus en plus.

Avant cette rencontre, l’auteur prend le temps de nous montrer chacun dans sa vie intime, dans ses souvenirs et ses sensations, dans sa relation aux autres, ajoutant par touche une profondeur à chaque personnalité au fur et à mesure que la lecture avance. Ce n'est qu'à la toute fin que nos deux protagonistes vont retrouver ensemble, après un bête accident, le goût du partage.

Entre les deux, Han Kang nous livre ici un roman subtil sur le rapport à l’autre et la résilience, avec une écriture pleine de poésie. Un grand merci aux éditions du Serpent à plumes pour cette découverte.

"Il arrive que tous deux s'observent. En attendant l'heure. Pendant le cours. Dans le couloir pendant la pause, devant le bureau. Progressivement, le visage de l'homme est devenu familier. Ses traits, ses expressions et ses gestes ordinaires se sont mués en traits, expressions et gestes particuliers. Mais elle n'y accorde aucune importance. Parce qu'elle n'a jamais traduit cette évolution en langage." (p°91)

Leçons de grec, d'Han Kang
Traduit par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot
Le serpent à plumes
Août 2017

15 septembre 2017

Fleurs #46


Rose achetée le 09/04/2017

13 septembre 2017

Monster [Naoki Urasawa]

L'auteur : né en janvier 1960, Naoki Urasawa est un mangaka japonais couronné de nombreux prix et connu pour sa série Monster mais aussi pour 20th Century Boys.

L'histoire : 1986, Düsseldorf, Allemagne de l'Ouest. Un jour, le Dr Tenma décide d'ignorer l'ordre de son supérieur et sauve la vie d'un enfant. C'est ainsi que commence cette terrible histoire.

Mon avis : La découverte de ce manga, je la dois à C’era qui semblait happée dans sa lecture et qui a su très bien me la vendre. Elle a été très habile car la série compte 18 tomes, soit 3 800 pages parues en 4 ans. En général, plus de 10 tomes et je suis réticente à me lancer dans un manga. Plus il y a de tomes, plus on a tendance à avoir une histoire délayée, qui n’est pas vraiment construite et où les auteurs tentent de rallonger la sauce pour gagner de l’argent. Ici, ça pourrait effectivement gagner en intensité en étant un peu plus court. Mais il n’en reste pas moins un thriller psychologique de qualité.

Ce manga met en scène une course poursuite entre un psychopathe et le médecin qui lui a sauvé la vie étant jeune, le tout situé en Allemagne avant et après la chute du mur. Le trait est réaliste, les décors sont soignés et tout à fait crédible dans cette Europe de l’Est en pleine mutation. En prenant ce contexte historique comme point d’ancrage, Naoki Urasawa fait beaucoup pour démocratiser la culture manga, notamment auprès des européens hostiles à ce genre.

Bien plus que par les différents protagonistes, les personnages sont surtout poursuivis par des questions existentielles. Par facilité, l’auteur aurait pu poser des personnages très manichéens. Au contraire, ils sont tous terriblement humains, même celui qui apparait au premier abord comme le pire des monstres. Qui ils sont et ce qu’ils veulent devenir, malgré leur passé, voilà la quête réelle de cette histoire.

La mise en scène est palpitante et sans temps morts, à peine quelques passages un peu moins denses qui permettent au lecteur de respirer. Ça va tellement vite d’ailleurs qu’on flirte parfois un peu trop avec des raccourcis obscurs qui voient les personnages se retrouver sans qu’on comprenne vraiment trop comment ils peuvent arriver au même endroit au même moment. Mais c’est magnifiquement servi par une galerie impressionnante de personnages secondaires vraiment travaillés et parfois attachants, même dans leurs défauts. Sans violence exagérée, chacun se débat avec ce qu’il est et ce à quoi il est confronté. Car les hommes sont violents par nature, ne serait-ce que dans ce qu’ils se font subir les uns aux autres.

En dehors de toutes ces qualités indéniables, j’ai trouvé cependant le dernier tome un poil en dessous. Comme si la montagne accouchait d’une souris. La tension monte de plus en plus au fil des tomes mais le dénouement n’est pas à la hauteur. Limite à se demander si l’auteur savait vraiment où il emmenait ses lecteurs.


Monster, de Naoki Urasawa
Éditions Kana
1995

11 septembre 2017

La maison des Turner [Angela Flournoy]

L'auteur : Angela Flournoy est une professeur et auteur américaine. La maison des Turner est son premier roman, retenu dans bon nombre de sélections de prix littéraires aux États-Unis.

L'histoire : Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d'un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d'une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.

Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n'a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.

Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l'avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s'il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l'avenir des Turner et de leur maison ?

Mon avis : Francis le père, en 1944. Il quitte le Sud direction Détroit. Il espère pouvoir devenir pasteur mais ne trouve que des petits boulots. Il préfère boire ses maigres salaires plutôt que d’envoyer de l’argent à sa femme, qui en plus de s’occuper de Cha-Cha leur fils ainé, doit se mettre au service des blancs pour subsister.

Détroit en 2008. Viola vit chez Cha-Cha. Sa maison n’est pas fini de payer et elle doit encore 40 000$ à la banque. Pourtant la crise des subprimes est passée par là et la maison ne vaut désormais pas plus de 4 000$ à la revente. La moitié de ses 13 enfants se réunissent pour essayer de trouver une solution. Troy, vétéran et désormais policier, essaie de magouiller. Lelah la benjamine tente de surmonter son addiction au jeu.

Nous allons naviguer entre ces deux périodes, entre passé et présent pour comprendre ce qu’il est advenu de cette famille unique et pleine de vie. Des épreuves et des moments de joie vécus par une famille aux liens familiaux qui parfois se distendent, mais aussi en toile de fond les grandes questions qui minent l’Amérique : le racisme, le rapport aux forces de l’ordre pour la population noire, les addictions au jeu ou à l’alcool, le chômage…

Je n’ai malheureusement pas réussi à me laisser emporter dans ce récit. Je n’ai pas trouvé le côté drôle promis par le bandeau, et pour une saga familiale d’une famille de 13 enfants, toute la lumière est prise par l’aîné et la benjamine, laissant les autres membres bien trop à l’écart. Le parcours de vie des parents est ce qui a le plus retenu mon attention, comme un témoignage de ce qu’était l’Amérique des années 50 pour un couple noir. Mais ces passages sont trop peu nombreux et on ne voit guère où l’auteur veut en venir pour le reste. À moins peut être de considérer que le vrai personnage de ce roman est la ville de Détroit, de son épanouissement industriel à son déclin le plus total.

Bref, une lecture qui ne m’a pas convaincue, même si je remercie Les Escales et Netgalley pour cette occasion.

La maison des Turner, d'Angela Flournoy
Traduit par Anne-Laure Tissut
Les Escales
Août 2017

08 septembre 2017

Moi, moche et méchant 3, de Pierre Coffin et Kyle Balda

Film d'animation américain de Pierre Coffin et Kyle Balda, sorti le 05 juillet 2017.

L'histoire : Alors que Gru, totalement déprimé par sa mise à pied, tente de trouver une nouvelle voie, un mystérieux individu se présente pour l’informer du décès de son père et de l’existence d’un frère jumeau prénommé Dru. Si Gru, tout d’abord enthousiasmé à l’idée d’avoir un frère, se rend avec Lucy et les filles dans son île natale, Freedonia, pour rencontrer son jumeau, il déchante vite. Vont-il réussir à faire alliance pour mettre hors d'état de nuire l'insaisissable Balthazar Bratt ?

Mon avis : Disons le tout net, je n'ai pas aimé. Deux ans après Les minions et quatre ans après l'épisode 2,  celui-ci est clairement le film de trop.

On retrouve pourtant avec plaisir Gru et Lucy, les filles, les minions, bref toute cette famille qui sait nous attendrir.

Mais, cet opus manque cruellement d'une histoire construite, car on nous livre ici un empilement d'histoires secondaires qui ont du mal à trouver leur place : un frère jumeau, un travail à retrouver, un méchant à neutraliser, une chasse à la licorne... La fin en est l'exemple parfait : ce n'en est pas une ! Dru est inintéressant et le méchant est ridicule, dans le mauvais sens du terme : ses pitreries ne m'ont tiré aucun sourire, allant parfois jusqu'à m'énerver avec ses déhanchements, alors que la bande son, elle, est plutôt sympa. Ça part dans tous les sens et n'a ni queue ni tête. Comme en plus ce n'est pas drôle...

Au final, les seuls passages à sauver sont ceux des minions et d'Agnès pourchassant sa licorne. S'ils sont vraiment agréables, vous avouerez que ça ne suffit pas à justifier une séance de cinéma pendant laquelle j'ai trouvé le temps long. Voici un coup marketing qui aura certainement su fonctionner en cette période estivale.