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27 mars 2015

American sniper, de Clint Eastwood

Film américain de Clint Eastwood, sorti le 18 février 2015, avec Bradler Cooper et Sienna Miller.

L'histoire : Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Mon avis : Comme je le disais dans mon billet sur Jersey Boys, le précédent film de Clint Eastwood, le réalisateur est capable du pire comme du meilleur. Et parfois d'un film honorable sans être marquant. Et c'est le cas ici.

Comme d'habitude, rien à redire sur la qualité de la mise en scène. C'est du Eastwood pur jus, bien réalisé, sans surprise ou effet particulier. Rien à dire non plus sur les prestations de Bradley Cooper ou Sienna Miller. Eastwood sait s'entourer d'acteurs qui ont de la présence tout en faisant vivre réellement leurs personnages. Le débat est donc plus sur le sujet : un héros de la guerre en Afghanistan. Le personnage a réellement existé et les grandes lignes de sa vie sont respectées, même si le réalisateur ne s'intéresse ici qu'aux faits.

Chris a été élevé à la dure, son père n'hésitant pas à sortir le ceinturon, confondant terreur et admiration dans l’œil de sa femme et de ses enfants. Son crédo auprès de Chris pourrait se résumer à "soit un homme mon fils, ne pleure pas, bats toi". Chris doit donc défendre les faibles, en l'occurrence son petit frère, et s'occuper de la ferme familiale. À aucun moment il n'est autorisé à réfléchir et à remettre en cause la parole des plus grands pour se construire sa propre idée. En grandissant, il va trouver tout naturellement son destin dans l'armée. Il veut défendre son pays, en danger après les attentats du 11 septembre. Un rapide mariage et il part donc en Afghanistan.

Certes, la légitimité de l'engagement de l'armée américaine n'est jamais remise en cause. En même temps, ce n'est absolument pas le propos. Le film se concentre bien plus sur les séquelles des horreurs que les hommes voient ou font sur le terrain. Une fois rentrés chez eux, ils ne peuvent pas retrouver si aisément le quotidien de leur vie d'avant. Leurs proches ont continué alors qu'eux étaient au front. Impossible de se réadapter. La guerre reste présente et Chris surveille le moindre comportement bizarre, le moindre bruit suspect. Toujours sur le qui-vive. Le stress post-traumatique est là. Les camarades ont beau tous crier Hooyah dès qu'ils se croisent, les marques de l'horreur sont présentes sur leurs corps, quand ils survivent.

Ce qui gêne le spectateur, c'est qu'à aucun moment Chris ne s'interroge. Tout ce qui le ronge, c'est de ne pas pouvoir protéger ses camarades. À aucun moment il ne se questionne sur ce qu'il fait là. Il est un idéaliste béat. Un peu neuneu par moment. Il ne respire pas l'intelligence, mais semble, à défaut, plein de bonnes intentions. Un brave type en somme. Habilement cependant, Clint Eastwood fait porte la prise de recul par les personnages secondaires : la femme de Chris ne reconnait plus son mari, son frère ne supporte pas le combat, les membres de son équipe ne rempilent pas où se demandent pourquoi ils sont en guerre et contre qui exactement.

Seule la fin, édulcorant passablement le travail intérieur des militaires pour retrouver un équilibre, est bien trop simpliste. À mon goût, c'est elle qui porte un peu trop la glorification d'une Amérique toute puissante, toujours dans son bon droit, qui ne se pose aucune question. Mais elle est rapidement corrigée par le générique de fin, sans aucune bande son, qui permet au spectateur de se poser des questions. Le sujet n'est-il pas davantage la ruine d'une nation, incapable d'aider et de protéger les siens, plutôt que celle d'un homme ?

Des bizarreries donc, pour un film plutôt réussi, sans être une réelle révolution. On n'y trouvera pas le questionnement inhérent d'un Full Metal Jacket ou d'un Apocalypse Now sur la guerre du Vietnam. Mais il ne s'agit aucunement d'un film patriotique de plus. À chacun de se poser les questions car personne ne peut le faire à notre place.
 

25 mars 2015

La dictature des ronces [Guillaume Siaudeau]

L'auteur : Guillaume Siaudeau est un écrivain français, né en 1980 à La Roche-sur-Yon. Il a écrit beaucoup de poésie. Et La dictature des ronces est son deuxième roman.

L'histoire : Un petit bout de terre perdu au milieu de la mer. C'est là, sur l'île de Sainte-Pélagie, que s'installe un été le narrateur. Son ami Henry parti en voyage d'affaires lui a confié la garde de la maison, du chien et du jardin.

Une aubaine pour le narrateur qui s'ennuie ferme. Décidé à sauver le potager des ronces et sa vie de l'atonie douce, il débarque, prend ses marques, arpente ce nouveau territoire, s'essaye aux bains de mer. Et fait d'insolites rencontres : un enfant inconsolable, un maire incongru, un voisin au lourd secret, deux chasseurs d'étoiles...

Petit à petit, il se prend d'affection pour cet endroit unique et surprenant. L'île pourrait tout aussi bien être un bouchon dans l'eau qui attend que ça morde qu'un planète perdue dans l'espace...

Mon avis : Rappelez-vous, j'avais beaucoup aimé ma lecture de La fractale des raviolis de Pierre Raufast d'Alma Éditeur. Et du coup, très envie de découvrir d'autres titres de leur catalogue. Alors quand Cathulu a fait un billet élogieux sur cette Dictature des ronces, je n'ai pu que craquer. Et à peine a-t-il rejoint ma PAL que je l'en ai sorti. Pour faire court, je partage l'enthousiasme de Cathulu.

Ce roman est un petite bulle de merveilleux dans la grisaille du quotidien. Le narrateur, déprimé par une séparation récente, ne trouve plus d'énergie à rien. Lorsqu'un ami lui propose de garder sa maison et son chien pendant un mois sur une petite île, il saute sur l'occasion de se changer les idées. Il n'est pas au bout de ses surprises. Car Sainte-Pélagie distille un charme empreint de fantastique sur ses habitants. On pourrait les prendre pour des fous pourtant : lanceur de couteaux en mousse, enfant aveugle attendant sur la falaise son père disparu en mer, chasse aux étoiles filantes, chien à trois pattes, tempête de neige en plein été... Le narrateur va se laisser porter par la nature, se découvrir et apprécier les petits bonheurs simples du quotidien.

Le tout est merveilleusement (décidément, c'est le mot clé de ce livre !) servi par la plume poétique de Guillaume Siaudeau, qui sait faire chanter la banalité du quotidien. Il y a de l'humour et une pointe de noirceur pour animer le tout. Un roman que je garderai précieusement et que je n'hésiterai pas à relire. En gardant en tête une image, celle du narrateur qui met du sable dans ses chaussures pour "tout faire en traversant la plage".

La dictature des ronces, de Guillaume Siaudeau
Alma Éditeur
Janvier 2015

23 mars 2015

Fleurs #30


Fleurs offertes le 14/02/2015

20 mars 2015

Le cercle de Farthing [Jo Walton]

L'auteur : Née en décembre 1964, Jo Walton est une romancière galloise de science-fiction.

L'histoire : Huit ans après que "la paix dans l'honneur" a été signée entre l'Angleterre et l'Allemagne, les membres du groupe de Farthing, à l'origine de l'éviction de Churchill et du traité qui a suivi, fin 1941, se réunissent au domaine Eversley pour le week-end. Bien qu'elle se soit mariée avec un Juif, ce qui lui vaut d'habitude d'être tenue à l'écart, Lucy Kahn, née Eversley, fait partie des invités. Les festivités sont vite interrompues par le meurtre de Sir James Thirkie, le principal artisan de la paix avec Adolf Hitler. Sur son cadavre a été laissée en évidence l'étoile jaune de David Kahn. Un meurtre a eu lieu à Farthing et un coupable tout désigné se trouvait sur les lieux du crime. Convaincue de l'innocence de son mari, Lucy trouvera dans le policier chargé de l'enquête, Peter Antony Carmichael, un allié. Mais pourront-ils ensemble infléchir la trajectoire d'un Empire britannique près de verser dans la folie et la haine ?

Mon avis : Un mélange d'uchronie et d'histoire policière, voilà qui promettait un bon moment de lecture. Mais celle-ci aura été finalement plus décevante qu'autre chose. Pourtant, tous les éléments étaient là pour que la magie opère.

Policier disais-je donc. Car il y a meurtre. Sir James Thirkie, membre du fameux cercle, a été tué. Qui ? Et pourquoi ? Scotland Yard va donc boucler le manoir de Farthing et  interroger tous les membres du cercle. Le récit alterne entre des chapitres à la première personne de Lucy, qui, voyant son mari fortement soupçonné du simple fait qu'il soit juif, cherche à se remémorer les événements, et des chapitres à la troisième personne, où le lecteur suit l'enquête de l'inspecteur Carmichael. Ce changement de personne m'a gênée car j'avais l'impression que l'auteur tentait par cet artifice de m'amener à ressentir davantage d'empathie pour Lucy. Or celle-ci, dans la première moitié du roman, est assez frivole et naïve. Et j'ai eu l'impression qu'elle cherchait à me faire prendre des vessies pour des lanternes en altérant volontairement les faits. Alors que beaucoup ont pu comparer ce roman à un classique Agatha Christie, je ne suis pas d'accord : Agatha Christie savait distiller subtilement les éléments essentiels à l'enquête, alors qu'ici, il n'y a qu'un fatras difficilement déchiffrable.

Le roman peine à trouver son rythme et il y a peu d'éléments relatifs à la vie dans ces années 50. C'est bien dommage. Jo Walton use de tiques de narration qui peuvent agacer le lecteur (je pense à cette histoire d'intuition remise sur le tapis systématiquement par les inspecteurs du Yard). J'ai également tiqué sur la sexualité des personnages ainsi que leur orientation politique. À cette époque, l'homosexualité était mal vue, soit. Mais ici, juifs, bolchéviques et homosexuels sont mis dans le même panier. Le cercle de Farthing, parce que mouvement politique, voit des bolchéviques partout. Un peu ennuyeux mais compréhensible, surtout dans ce contexte où Hitler concentre ses forces sur le front de l'est avec la Russie. Mais pourquoi une grande partie des personnages de Jo Walton ont-ils une sexualité différente ? À croire que tous les membres du cercle sont homosexuels ou bisexuels. Cela n'apporte rien strictement à l'histoire et j'en suis venue à me demander si l'auteur ne faisait pas une fixette personnelle là-dessus.

Uchronie disais-je aussi. Oui, car l'histoire se situe en 1949, alors que le Royaume-Uni a signé huit ans plus tôt une "paix dans l'honneur" avec Hitler, maître de tout le continent. Cette paix est l'oeuvre d'un mouvement politique, appelé cercle de Farthing, du nom du manoir de lord et lady Eversley. Qu'est-ce que cette paix a pu changé dans notre Histoire ? Les juifs sont persécutés sur le continent et tentent, difficilement, de rejoindre l'île. Leur vie n'y est pourtant pas idéale et ils sont stigmatisés. Pour avoir épousé un juif, Lucy Kahn, anciennement miss Eversley, est mise au ban de la société. Au-delà de ça, le lecteur doit attendre la toute fin de l'ouvrage pour comprendre le changement majeur à l'oeuvre. C'est le seul élément original, mais trop peu développé puisqu'arrivant à la toute fin. J'aurais préféré que le monde se révèle de plus en plus différent au fil des chapitres avant d'atteindre le climax final. Cela aurait peut être évité de lui donner un aspect un peu surjoué, ajouté là juste comme une pirouette. Là, j'en suis ressortie en me disant : "tout ça pour ça?".


Merci aux éditions Denoël pour ce roman.

Le cercle de Farthing, de Jo Walton
Traduit par Luc Carissimo
Denoël
Janvier 2015

18 mars 2015

Résultat du concours - Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier

http://www.folio-lesite.fr/


Voici venue l'heure des résultats du concours Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier, avec les éditions Folio.

Mais, pour faire durer un petit peu le suspens, donnons d'abord la réponse à la question :

Dans quelle région du Canada se déroule l'histoire ? - See more at: http://nourrituresentoutgenre.blogspot.fr/#sthash.qZKRlBGx.dpuf
Dans quelle région du Canada se déroule l'histoire ? Elle se déroule dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue, et non l'Ontario comme certains ont pu le croire. Encore une fois, désolée pour ce piège tout à fait involontaire, je n'ai compris que trop tard qu'il pouvait y avoir confusion.

Roulement de tambour et tirage au sort par la main innocente de mister... Les gagnants sont des gagnantes : Lelf et Jostein.

Merci de me donner vos coordonnées pour les envois (vous trouverez mon email dans le menu A propos). Et merci à tous les autres pour votre participation.

16 mars 2015

Better than perfect [Simone Elkeles]

L'auteur : Simone Elkeles, née en avril 1970 à Chicago, est une auteur de littérature YA.

L'histoire : After getting kicked out of boarding school, bad boy Derek Fitzpatrick has no choice but to live with his ditzy stepmother while his military dad is deployed. Things quickly go from bad to worse when he finds out she plans to move them back to her childhood home in Illinois. Derek’s counting the days before he can be on his own, and the last thing he needs is to get involved with someone else’s family drama.

Ashtyn Parker knows one thing for certain--people you care about leave without a backward glance. So when her older sister comes home after abandoning her ten years earlier, with her hot new stepson in tow, Ashtyn wants nothing to do with either of them. Then she comes up with a plan that would finally give her the chance to leave, but it requires trusting Derek—someone she barely knows, someone born to break the rules. Is she willing to put her heart on the line to try and get the future she wants?

Mon avis : Bof.

Comment ça, ça ne suffit pas pour un billet ? Bon, si vous insistez, je vais élaborer un peu plus mon propos. Alors, soit j’ai passé l’âge de lire des histoires d’amour adolescentes pour faire battre mon petit cœur ; soit je n’étais pas dans le bon état d’esprit ; soit j’attendais trop de ce livre puisque j’avais aimé Perfect chemistry ; soit tout simplement celui-ci est moins bon. Au final, je penche pour un bon mélange des 4. Discutons un peu du dernier puisque les autres ne s’y prêtent guère.

La narration est habituelle avec Simone Elkeles : un chapitre du point de vue du garçon, un autre du point de vue de la fille. Elle lève petit à petit le voile sur la personnalité de chacun. Pourquoi Ashtyn (non mais ce prénom !) se bat-elle tout le temps contre tout ? Elle est belle sans le savoir, elle est forte mais a aussi des faiblesses qu’elle essaie de cacher. Pourquoi Derek se laisse-t-il autant aller à profiter sans se poser de question ? Il est beau gosse, plein d’expérience (à 17 ans, mais bien sûr). Comme d’habitude, pas d’inquiétude, la fin est déjà connue : « ils vécurent heureux et eurent… ». En même temps, c’est un peu ce qu’on recherche quand on ouvre ce type de roman YA. Les relations familiales compliquées de chacun ne suffiront pas à mettre en péril leur bonheur futur. Mais de là à permettre au lecteur de s’identifier ? J’ai quelques doutes.

Ce qui m’aura le plus plu dans ce livre, ce sont les personnages secondaires, guère plus qu’esquissés, mais plein de potentiel, notamment tous les équipiers d’Ashtyn. L’idée d’une équipe mixte ainsi mise en avant est intéressante. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit beaucoup, en France en tout cas. Mais l’aspect football américain est au final peut présent et seulement un prétexte. Dommage, j’aurais aimé en découvrir un peu plus sur ce sport.

Comme le dit si bien Clarabel, « c’est gros, c’est niais, c’est dégoulinant de guimauve, ça colle aux doigts ». Sauf que, au final, Clarabel a aimé et pas moi. Voyons le bon côté des choses, ça me fait travailler mon anglais !

Better than perfect, de Simone Elkeles
Kindle edition, Bloomsbury
Août 2014

13 mars 2015

Exposition : Au temps de Klimt, la Sécession à Vienne


De Klimt, avant cette exposition, je ne connaissais que le fameux baiser, qui n'est d'ailleurs pas présenté ici. Alors, pour préparer ma sortie, je me suis un peu renseignée. J'avais essentiellement l'image d'un artiste qui travaille les formes géométriques et la dorure. Klimt est bien évidemment plus que cela.

Gustav Klimt est un peintre autrichien, né à Vienne en juillet 1862 et mort en février 1918. Il fait partie du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne, courant spécifique qui s'épanouit entre 1892 et 1906 et qui est plus géométrique que végétal, comme on peut le voir en France. Ce style se caractérise par :
  • des formes organiques et la représentation de thèmes comme les poissons, les oiseaux et la végétation,
  • des compositions florales stylisées,
  • une abondance de courbes,
  • une forte relation entre le texte et l'image,
  • une absence de perspective et donc de temps.
Le palais de la Sécession est construit spécifiquement comme manifeste architectural et salle d'exposition. Le magazine Ver Sacrum est le moyen d'expression du mouvement. Face à l'académisme viennois, il faut réformer l'art de l'époque pour le porter sur la scène internationale et se rapprocher des arts dit mineurs. Tout ce qui entoure l'artiste peut être prétexte à une œuvre d'art. C'est l’œuvre d'art totale.

Klimt est connu pour ses compositions à personnages, sujets allégoriques, figures, nus, portraits, paysages mais il est également dessinateur, décorateur, peintre de cartons de tapisseries, de mosaïques, céramiste ou lithographe. Bref, un joli touche-à-tout ! Son œuvre est riche de plus de 200 tableaux : peintures, fresques, croquis et autres objets d'art.

La profusion de détail et la richesse des décors et de la coloration sont sa marque de fabrique.Certains thèmes récurrents émergent comme la femme fragile et la femme fatale, avec les fameuses Judith et Salomé.

Judith et Holopherne - 1901 - Klimt
Judith 2 (Salomé) - 1909 - Klimt



















Refusant l'historicisme (courant artistique puisant ses sources et son inspiration dans le passé), il s'inspire pourtant largement de ce qu'il a pu y voir : l'estampe japonaise qu'on retrouve dans le format des deux tableaux évoqués ci-dessus, les mosaïques byzantines et leurs dorures,...

En 1900, Klimt reçoit la médaille d'or pour sa peinture monumentale La philosophie lors de l'exposition universelle de Paris. Mais la Vienne conservatrice ne sait pas pour autant apprécier son travail. L'érotisme déroutant et la représentation explicite du corps nu féminin sans précédent dans l'art occidental déchaînent des controverses.

La Philosophie - Klimt - reproduction de l'original détruit par les nazis en 1945
L’œuvre la plus magistrale présentée à cette exposition est certainement la copie de la frise Beethoven. Avec cette frise, le public découvre pour la première fois le recourt à la feuille d'or. Créée en 1901 pour la 14e exposition de la Sécession Viennoise, construite en sept panneaux, elle fait sensation. "L'ornementation à la feuille d'or renforce le caractère exotique des figures. Klimt transfert sur les murs les images suscitées dans son imagination par son expérience de l'écoute de la Neuvième Symphonie de Beethoven. L'aspiration au bonheur, les souffrances de la faible humanité et la représentation des forces hostiles en sont les thèmes dominants. La dernière section est dédiée aux arts qui nous conduisent dans le royaume idéal, le seul endroit où nous pouvons trouver la pure joie, le pur bonheur, le pur amour."

Les forces du Mal et les trois gorgones - Frise Beethoven - 1902 - Klimt


Le chevalier d'or - Frise Beethoven - 1902 - Klimt
Ce qui étonne dans cette frise, c'est aussi les grands vides entre deux scènes, qui laissent toute la place au spectateur pour imaginer.

D'autres artistes sont largement présentés dans cette exposition : Koloman Moser, Carl Moll, Heinrich Kühn... des noms à retenir pour approfondir la période et le mouvement.

Au final, bien plus que les œuvres originales de Klimt (La philosophie n'existe plus, la frise présentée est une copie (forcément)...), bien plus que les contemporains de l'artiste, c'est la découverte du mouvement de la Sécession que je retiens. Car au-delà de la peinture, c'est aussi l'époque de Freud, de Schopenhauer. Vienne est donc un carrefour culturel mondial : le monde des arts et des sciences y est en effervescence. Des écrivains comme Arthur Schnitzler sont d'ailleurs proches des Sécessionnistes.

Côté pratique, l'entrée de l'exposition est assez chère, il faut le dire. Un audioguide est proposé mais il se télescope avec les grands panneaux de présentation à l'entrée de chaque salle, qui sont assez bavards. Enfin, la circulation n'est pas très évidente, les salles étant un peu tarabiscotées.


Informations utiles :

Du 12 février au 21 juin 2015
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30, nocturnes les mercredis et vendredis jusqu'à 20h30

Pinacothèque
28 place de la Madeleine 75008 Paris
Tel : 01 42 68 02 01
info : accueil@pinacotheque.com
site : http://www.pinacotheque.com/


Tarif : 14€

11 mars 2015

Concours - Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier

Je vous parlais il y a quelques jours du roman Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier, que j'ai a-do-ré. Les éditions Folio m'ont gentiment proposé de vous faire gagner deux exemplaires de ce roman.

http://www.folio-lesite.fr/Folio/accueil.action



Alors, comment participer ?

  • Le concours est limité à la France, la Suisse et la Belgique.
  • Je dois vous connaître, soit parce que vous avez déjà laissé un commentaire ici, soit sur Twitter, soit sur Livraddict. Pensez dans ces deux derniers cas à me signaler votre pseudo.
  • Et il faut répondre en commentaire à la question suivante :
Dans quelle région du Canada se déroule l'histoire ?

Vous trouverez un indice sur mon billet ici.Au vu des premières réponses que j'obtiens, faites bien attention, il y a peut être un piège, tout à fait involontaire.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, relayer ce concours sur les réseaux sociaux, mais cela ne donne pas plus de chance. C'est juste bonus pour moi :)

Vous avez 5 jours, soit jusqu'au lundi 16 mars 2015 à minuit ! J'annoncerai les résultats mercredi 18 mars 2015.