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16 juillet 2018

Pause d'été

Il est temps de mettre le blog en pause estivale. Je ne serai pas tout ce temps en vacances, je partirai et reviendrai, mais je vais prendre le temps de lire tranquillement, sans la pression du blog. Que vous partiez ou non, que vous soyez en vacances ou non, je vous souhaite à tous un bel été et on se retrouve à la rentrée !


13 juillet 2018

Jurassic world : fallen kingdom, de Juan Antonio Bayona

Film américain de Juan Antonio Bayona, sorti le 6 juin 2018, avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et Rafe Spall.

L'histoire : Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l'île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l'île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

Mon avis : J'ai été prise d'une envie subite de voir des dinosaures, un peu comme un cheveu sur la soupe, je vous le concède. Ce qui m'a amenée d'ailleurs au Jardin des plantes voir l'exposition Un T. Rex à Paris, dont je vous ai déjà parlé. Mais avant cela, ayant devant moi une soirée sans Mister, je me suis fait une toile avec ce Jurassic Word, 4e volet d'une saga dont je n'ai pas du voir le 3e, il me semble. Mais peu importe, car le récit de celui-ci est assez bien posé pour qu'on puisse suivre sans souci.

Après, il n'y a bien sur pas de grandes nouveautés sur le scénario. Il y a toujours des grosses bêbêtes très dangereuses avec lesquelles les humains décident de jouer à cache cache.


Et bien souvent, elles ont de très très grandes dents bien pointues.


Les humains sont toujours avides et incapables de penser aux conséquences de leurs actes. Bref, on joue toujours sur les mêmes ficelles, et les aventures se succèdent sans temps-morts. Visuellement, c'est sympathique à voir sans être révolutionnaire pour autant. On est clairement dans du gros divertissement pensé comme tel et qui fait son job, rien de plus rien de moins. Les images et effets spéciaux sont réussis.

Cet épisode sait aussi se jouer des clichés. La séquence avec l'enfant dans son lit rappelle le plaisir d'une histoire qui fait peur juste avant de se coucher, même si l'adulte que je suis aujourd'hui n'a plus trop peur des dinosaures, peut être plus des humains et des manipulations génétiques. Le réalisateur joue en tout cas sur les souvenirs des grands films d'action des années 80 et 90, comme c'est d'ailleurs la mode en ce moment (Ready player one, La forme de l'eau, Blade runner 2049 ou encore Valérian). Et l'humour est la touche maîtresse qui emballe le tout, en donnant au spectateur les clés pour savoir ce qui va se passer et en rire avant même que cela ne se produise (le collier de dents de dinosaures, ce n'est pas une bonne idée !). Ça permet de renouveler une formule qui certes fonctionne mais pourrait lasser autrement.

On regrettera cependant qu'encore une fois, l'experte en dinosaures ait besoin d'un homme pour sauver le monde et elle-même au passage.

11 juillet 2018

Jamais [Duhamel]

L'auteur : Né en octobre 1975, Bruno Duhamel est un auteur de bande dessinée français.

L'histoire : Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

Mon avis : Madeleine habite une charmante maison au bord de la falaise, dans un petit village de Normandie. Elle est aveugle et elle se plait à oublier la mort de son mari pour tromper sa solitude. Elle a ses repères et plus grand-chose à espérer. Son chat Balthazar est sa seule compagnie (et le pauvre en profite bien trop). Mais voilà, la falaise s’effrite régulièrement au gré des intempéries et la maison risque à tout moment de s’effondrer. Le maire de la commune tente désespérément de faire entendre raison à la vieille dame, qui refuse catégoriquement de se laisser déloger. La mer lui a déjà volé Jules, il est hors de question de quitter sa maison remplie de ses souvenirs, de sa vie ! Elle n’ira pas dans la maison de retraite dont le maire lui vante les mérites. Et malgré les idées farfelues de l’élu pour qu’elle parte, Madeleine tient bon, contre vents et marées.

Qu’est-ce que j’ai aimé Madeleine ! Elle est de ces vieilles dames attachantes qui ont une conviction chevillée au corps et refuse qu’on leur dicte quoi faire. Elle est encore pleine de vie et d’énergie, ce qui embarrasse ou ravit ses interlocuteurs, selon les cas. Avec cet album plein d’humour, Bruno Duhamel aborde tout de même des thèmes graves : le changement climatique, l’isolement des personnes âgées, le handicap. Le personnage au caractère bien trempé de Madeleine lui évite tout pathos.

Le trait de Duhamel est assez classique : tout y est délimité d’un trait noir et avec des aplats de couleurs qui manquent parfois de charme. Mais les personnages sont très expressifs et s’adoptent immédiatement. Le décor vous donne envie de prendre le chemin de la Normandie. Et j’ai été sensible au clin d’œil à Ordralfabétix qui donne dès le début le ton de cet album. Les dialogues sont effectivement bourrés d’humour.

Jamais de Bruno Duhamel, page 9
Une petite pépite à ne pas manquer.

Jamais, de Bruno Duhamel
Éditions Bamboo / Grand angle
Janvier 2018

09 juillet 2018

Et je danse, aussi [Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat]

Les auteurs : Née en avril 1971, Anne-Laure Bondoux est une auteur française. Jean-Claude Mourlevat est un auteur français né en 1952. Tous les deux sont connus pour leurs ouvrages pour la jeunesse.

L'histoire : Un mail comme une bouteille à la mer. D'ordinaire, l'écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d'admirateurs. Mais cette Adeline Parmelan n'est ps une "lectrice comme les autres". Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu'elle lui a fait parvenir - et qu'il n'ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s'établit qui en dévoile autant qu'elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun...

Mon avis : Voici trois années que ce roman est sorti. Je l’avais beaucoup croisé sur la blogosphère à l’époque, et devant des avis largement positifs, noté pour plus tard. C’est seulement maintenant que je me décide à l’emprunter à la bibliothèque, en ayant totalement oublié de quoi il pouvait être question.

Il faut quelques pages avant que l’ensemble ne prennent son essor : les échanges sont d’abord très convenus et plats entre Adeline Parmelan et Pierre-Marie Sotto. Mais les deux personnages vont petit à petit se prendre au jeu et nous aussi. Ils se découvrent, lèvent le voile sur une vie pas toujours très rose, des douleurs qui les taraudent. Il ne s’agit pas d’une romance, juste de dire son mal être plus facilement à un inconnu qu’à ses proches qui vous guettent en permanence, bourrés de bienveillance. Avec l’autre, ils osent se lancer dans une reconstruction. Ils s’y donnent à cœur joie, avec brio. Ils se réinventent aussi parfois.

L’intervention de personnages secondaires vient ajouter une dose de piquant et d’humour à l’ensemble, notamment lorsqu’ils permettent de décrire une même situation de deux points de vue. J’ai beaucoup aimé un mail en particulier, celui écrit à Max et Josy, qui va semer la zizanie dans le couple. Et cette fin qui ouvre le champ des possibles.

Clairement classé dans la catégorie feel-good, vous sortez de cette lecture avec l’envie de profiter de la vie et de saisir la moindre occasion. Il y est question de ce que le destin apporte de beau et de moins beau, de ces nuances qui en font tout le sel. Ce n’est pas un grand roman et clichés et évidences ne nous sont pas épargnés. On savoure néanmoins la plume des auteurs, leurs bons mots et les tournures de phrases pour lesquels le choix d’échange de lettres prend tout son sens. On sent qu’ils ont pris du plaisir à construire ces échanges et savent le communiquer. Comme le personnage de l’écrivain le dit lui-même, le plaisir ici n’est pas vraiment dans l’histoire, assez convenue, mais dans la façon dont l’ensemble est travaillé. Ce roman c’est donc aussi une ode à l’écriture et au bonheur de la lecture.

Un joli roman épistolaire distrayant.

"Ce qui me touche et me séduit dans les livres, les films, le théâtre, plus que les histoires elles-mêmes, c’est ce qui les habille. La façon dont on me les raconte, leur texture, le tissu dont elles sont tissées, leur grain comme on dit en photographie. "


Et je danse, aussi, de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat
Éditions Pocket
Février 2016

06 juillet 2018

Islande #7 : le Cercle d'or


Entrée dans le Cercle d'Or - au loin, les glaciers
Après avoir quitté Kirkjubæjarklaustur, nous entrons définitivement dans la zone du Cercle d'Or. Les touristes se font beaucoup plus nombreux et ne nous lâcherons presque plus. Si les sites visités sont splendides, la solitude et la beauté plus sauvage du Nord nous manquerons tout de même.

Nous commençons par Vík, où le temps est gris et pluvieux. Il faut dire que c'est assez caractéristique de cette zone de l'Islande. Cette toute petite ville est connue pour sa plage de sable noir de Reynisfjara, avec sa grotte de basalte et sa falaise verte où niche quantité d'oiseaux dont les fameux macareux. Voir ces animaux menacés s'envoler en nuée, jouer avec le vent et revenir se poser sur la falaise est un beau spectacle.

plage de sable noir de Reynisfjara

Macareux sur la falaise de Reynisfjara

De l'autre côté, se trouve le plateau rocheux de Dyrhólaey avec ses étranges éperons sombres aux pieds léchés par les vagues blanches d'écumes. Si nous avions eu plus de temps, une petite visite jusqu'aux îles Vestmann aurait indubitablement été au programme.

Falaises de Dyrhólaey

Macareux

La route se poursuit et le soleil revient d'abord timidement avant de se faire plus franc. Direction les chutes rugissantes de Gullfoss, soit disant les plus célèbres et spectaculaires du pays (pour ma part, j'ai préféré celles de Goðafoss). Il s'agit en fait d'une double cascade, haute de 32 mètres, qui forme un mur d'écumes en plongeant dans un ravin, provoquant des arcs-en-ciel.


Site de Gullfoss

La cascade de Gullfoss plonge dans le ravin
Ensuite, direction le site de Geysir, source d'eau chaude jaillissante qui donna son nom à tous les autres geysers. Il est en activité depuis près de 800 ans et il fut un temps où il crachait jusqu'à une hauteur de 80 mètres. Aujourd'hui, il est en fait bien calme et c'est son voisin le Strokkur qui attire les visiteurs. Il suffit d'attendre 10 minutes pour voir le spectacle : l'eau bouillonne, puis se creuse, forme une bulle à la surface, qui grossit jusqu'à exploser à une hauteur de 10 ou 15 mètres.

Les touristes attendant le spectacle du Strokkur

Le geyser Strokkur en pleine activité
Le lendemain, direction le parc national de Þingvellir. C'est le site historique le plus important d'Islande car les Vikings y établirent le premier Parlement démocratique du monde, l'Alþing , en 930. Les þings étaient des assemblées locales où la justice était rendue par et entre les chefs locaux, jusqu'à ce qu'un þing à l'échelle de la nation soit décidé, sur le site de Þingvellir. S'il n'en reste rien, le cadre naturel est splendide, puisqu'il s'agit de la zone d'écartement des plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, qui s'éloignent au rythme d'1 à 18 mm par an.

Parc national de Þingvellir
Cette activité géologique provoque des fractures dans le paysage et la faille est visible à plusieurs endroits. Au loin, le lac poissonneux de Þingvallavatn qui occupe 84km². La grande faille d'Almannagjá est spectaculaire et on peut suivre sa crevasse jusqu'au site de l'Alþing, en longeant l'Öxará et ses jolies cascades.

La faille d'Almannagjá

L'Öxará suit son court

Enfin, nous prenons la direction de Hveragerði, dont les collines sont percées de conduits de vapeurs naturels. Les serres y sont pléthores, profitant de l'activité géothermiques. La vallée de Reykjadalur est traversée par une rivière chaude dans laquelle les gens se baignent. Mais il faut gagner son moment de détente ! 3km de montée sur des sentiers qu'il faut bien respecter sous peine de voir ses chaussures fondre dans des bassines de boues à très haute température.

Marmite chaude dans la vallée de Reykjadalur

Baignade dans la vallée de Reykjadalur
Au coucher du soleil, le spectacle de Kerið est spectaculaire, même s'il ne rend pas bien en photo. Il s'agit d'un cratère de 55 mètres de profondeur créé par une éruption il y a 6 500 ans, au sol rouge vif et au lac d'un vert bleu impressionnant.
Cratère de Kerið


Prochaine étape : La péninsule de Reykjanes

04 juillet 2018

Petites coupures à Shioguni [Florent Chavouet]

On retrouve à nouveau Florent Chavouet après ses carnets de voyage au Japon et son immersion dans le Louvre, mais pour un style encore différent : une enquête policière qui lui a valu le prix du polar au festival d'Angoulême 2015.

L'histoire : Kenji avait emprunté de l'argent à des gens qui n'étaient pas une banque pour ouvrir un restaurant qui n'avait pas de clients. Forcément, quand les prêteurs sont revenus, c'était pas pour Goûter les plats.

Mon avis : Florent Chavouet semble désormais suffisamment à l'aise avec le Japon pour quitter le genre du carnet de voyage et inventer une histoire qui se déroule dans un quartier urbain, mettant en scène policiers, yakuzas, voleuse et cuisinier. On croise également un tigre, des maquereaux, des crevettes, un panda et un hippopotame bleu. Bref, un joyeux mélange dont on cherche à retrouver le fil, toujours aussi bien mis en images par l’auteur, avec ce style si particulier. Il ne respecte toujours pas le format classique de la bande dessinée : pas de case ni de bulle, mais une explosion de couleurs et l’utilisation de toute la page, sans marges.


Planche Petites coupures à Shioguni de Florent Chavouet
Plusieurs faits divers sans lien apparent se déroulent au cœur de la nuit dans le quartier de Shioguni. Chaque protagoniste va donner sa version des faits qui est consignée dans un carnet d’enquête. Le récit se modifie donc au fur et à mesure que l’enquête avance. Et il est parfois compliqué de s’y retrouver. D’autant que chacun peut avoir des choses à cacher et . On court de tous les côtés pour retrouver des indices, on se lance dans de fausses pistes. Bref, ça ressemble à une véritable enquête mais je regrette que la fin ne soit pas plus éclairante.

C’est toujours bourré d’humour et on s’amuse beaucoup à suivre les élucubrations décrites et les multiples détails de chaque planche dans lesquels on cherche un indice.


Planche Petites coupures à Shioguni de Florent Chavouet

Petites coupures à Shioguni, de Florent Chavouet
Éditions Philippe Picquier
Novembre 2014

02 juillet 2018

Autonome [Annalee Newitz]

L'auteur : Née en 1969 aux États-Unis, Annalee Newitz est journaliste et co-fondatrice du site io9. Après plusieurs essais et nouvelles, Autonome est son premier roman.

L'histoire : 2144. Jack Chen, une ancienne scientifique et militante anti-brevets, synthétise désormais des médicaments pirates. Robin des bois des temps modernes, elle sillonne les océans dans son sous-marin, vendant ses produits à bas prix aux populations incapables de s'offrir les molécules originales. Mais sa dernière "création", dérivée du Zacuity, une pilule qui augment l'attrait pour son travail, semble provoquer une addiction très rapide, et les morts se multiplient. Toutes les victimes se sont, littéralement, tuées à la tâche.
Persuadée que ce n'est pas elle qui est coupable, mais la molécule originale, Jack va tout mettre en œuvre pour le prouver et trouver un remède. Mais, afin de la faire taire définitivement, on a lancé à ses trousses un biobot militaire, Paladin, dont c'est la première mission sur le terrain.

Mon avis : La quatrième de couverture me tentait bien, pourtant. Mais j’ai eu un doute dès les premières pages : l’auteur utilise un charabia pseudo-technico-scientifique qu’elle ne lâche malheureusement jamais au cour du récit. Comme si elle s’en servait abusivement pour planter un univers qui pourtant se tiendrait bien mieux sans cette overdose jargonneuse. Or, à partir de là, tout déraille.

D’abord parce que c’est vraiment gênant pour bien se représenter l’univers et même les personnages qui fourmillent de bidules et machins. En fait, l’auteur oublie de respecter le b.a.ba d’une description : donner à voir. On finit tout de même par distinguer les humains augmentés, les robots standard et les biobots (conscience et mécanisme robotique avec un cerveau humain pour la reconnaissance des visages).

La construction narrative est assez classique, alternant le point de vue de Jack et celui de Paladin. En ajoutant quelques flashbacks, on prend conscience que le monde du XXIIe siècle est tenu par les industries pharmaceutiques ayant les brevets et que tout tourne autour de l’asservissement, aussi bien humain que robot. À partir de là, de belles et intéressantes questions sont posées : rétro-ingénierie médicamenteuses, piratage de brevets, relations homme/machine, anthropomorphisation des robots, open-source, réflexions sur l’humanité et la liberté, intelligence artificielle, relation au travail. Beaucoup de sujets donc mais malheureusement juste effleurés, ce qui donne souvent lieu à des caricatures ridicules, comme la sexualisation de Paladin (bien mieux évoquée par un Grégoire Courtois dans Suréquipée). Voire pas traitées du tout comme la relation au travail nécessitant une drogue, qui n’est au final qu’un artifice narratif pour justifier d’une chasse à l’homme.

Les personnages peinent alors à prendre de l’envergure dans ce méli-mélo. Annalee Newitz les étouffe et les limite trop vite à son idée première : Jack est une pirate, Paladin un robot apprenant. Seule Med apporte une touche plus profonde en évoluant un peu.

Bref, un roman plein de bonnes idées mal exploitées.

Autonome, d'Annalee Newitz
Traduit par Gilles Goullet
Éditions Denoël
Mai 2018

29 juin 2018

Exposition : Un TRex à Paris



Voici une exposition à ne surtout pas manquer ! Ce n'est pas tous les jours qu'un dinosaure aussi bien conservé est proposé à la découverte du public à Paris et c'est la première fois qu'un squelette original de T. Rex pose les pieds en Europe.

Avant d'aller voir le T. Rex, il faut une remise en contexte. Et j'ai trouvé celle de l'exposition particulièrement bien faite. Notamment sur tout ce qui explique la disparition des dinosaures, fruit d'une conjoncture d'événements : chute d'une météorite, forte activité volcanique et baisse du niveau des océans. Enfin, la disparition n'est que partielle, puisque nos oiseaux sont issus de la même branche !
Disparition des dinosaures
Squelette d'edmontosaurus, découvert en 1910, 67 millions d'années
Fossiles de végétaux
Puis, on découvre que le fameux T. Rex n'existe qu'entre 68 et 66 millions d'année en Amérique du Nord. Il appartient à la famille des Tyrannosauridae qui comporte dix autres espèces. Tous vivaient en Asie ou en Amérique du Nord ; le plus vieux a 80 millions d'années. Et encore plus large, cette famille appartient au groupe des Tyrannosauroides qui remonte à 165 millions d'années où il a débuté en Europe, avec des spécimens qui ne dépassent pas les 3 mètres de long et ne sont pas vraiment des superprédateurs. L'évolution va faire son travail et les caractéristiques du T. Rex vont apparaître petit à petit (grande taille, pattes antérieurs réduites, deux doigts, plumes ?).

Frise historique sur les tyrannosaures
Si le T. Rex est l'un des dinosaures carnivores les plus appréciés du public, c'est aussi le plus étudié par les scientifiques. Celui-ci est un des trois squelettes de T. Rex les plus complets au monde, sur la cinquantaine d'exemplaires connus en Amérique du Nord. Il a été découvert dans le Montana par une équipe américano-hollandaise. Trix est une (supposée) femelle T. Rex de 67 millions d'années, 12,5 mètres de long, 4 mètres de haut et certainement autour des 8 tonnes de son vivant. Il aura fallu trois ans pour l'extraire, le préparer et l'étudier.

Carte des sites de découvertes de T.Rex
Car il y a eu une véritable course à l'os aux États-Unis pour découvrir des squelettes de dinosaures ! Il existe aujourd'hui une cinquantaine de spécimens différents. Marsh et Cope, dans les années 1870, se livrèrent une véritable bataille en menant de nombreuses expéditions, essentiellement dans l'Ouest américain, dont les fouilles sont souvent financées par les plus grands musées.

Enfin, une fois le suspense à son comble, il est temps de découvrir Trix. La position choisie pour la présentation du squelette est faite pour réserver des sensations : la bêbête est exposée en position d'attaque !

Squelette de Trix, le T. Rex
Squelette de Trix, le T. Rex
Enfin, quelques activités bien trouvées pour les enfants permettront aux plus petits de s'amuser encore : peinture sur T. Rex (puisqu'on ne connait pas la couleur), balance pour peser combien d'humains manger pour atteindre les 50 kg de nourriture quotidiens, déblayage de fossiles...


Une très belle exposition qui marque les esprits et sait être ludique et pédagogique !

Informations utiles :

Du 6 juin au 02 septembre 2018
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 19h

Muséum national d'histoire naturelle - Galerie de minéralogie et de géologie

57 Rue Cuvier
75005 Paris
Tel : 01.40.79.56.01

Tarif : 14€
Tarif réduit : 9€

Site du Muséum national d'histoire naturelle ici