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28 septembre 2011

Et rester vivant [Jean-Philippe Blondel]

Après G229, j’ai profité de l’offre de Praline de faire voyager ce roman pour me replonger dans l’univers de Jean-Philippe Blondel.

L’histoire : « Depuis, quand on me croise, on compatit. On me touche le coude, on m’effleure le bras, on refoule des larmes, on me dit que c’est bien, que je suis courageux, que ça va aller, hein ? Je ne réponds pas. Je laisse glisser. Je continue d’enchaîner les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux. »
Avoir vingt-deux ans – et plus aucune attache. Rouler sur les routes californiennes. Vivre des rêves éveillés et des cauchemars diurnes. Comprendre que l’important, désormais, c’est de continuer coûte que coûte. Et de rester vivant.

Mon avis : Quatre ans après avoir perdu son frère et sa mère dans un accident de voiture, le narrateur perd son père. Ce décès est plus une forme de délivrance : ce père était violent. Après les formalités administratives de succession réglées, le retour à la vie normale ne peut pas être immédiat. S’ouvre alors une parenthèse. Fan de Lloyd Cole (que je pensais ne pas connaitre avant cette lecture, mais en fait, si, le titre Forest Fire est connu), il décide de partir aux Etats-Unis direction Morro Bay (pour ceux qui auraient la flemme d’aller chercher sur G**gle Maps, c’est en Californie, pas loin de Santa Barbara).

  (source : morro-bay.com)

Pour raconter son deuil, vingt ans après, Blondel laisse les souvenirs ressurgir dans cette autobiographie romancée. Au gré des rencontres, ceux-ci remontent à la surface, explosent comme des bulles de savon pour permettre de purger cette douleur lancinante d’être tue. Sa mère surtout, pour qui on sent une réelle tendresse. Son frère ensuite, avec qui les relations semblent teintées d’incompréhension. Par phrases courtes, l’auteur évite tout mélodrame, flirte parfois avec l’émotion mais me laisse souvent sur le bord de la route. Paradoxal pourtant puisque les pages se tournent et le lecteur ne lâche pas ce récit.
Indéniablement touchant et poétique pour aborder ce sujet pourtant délicat, ce livre ne me laissera pourtant pas un grand souvenir malheureusement. Je me retrouve face au même problème que pour G229 que j’avais également bien apprécié : ce mode de narration à base de flashs souvenirs ne me laisse que rarement de souvenirs justement. Ça manque par trop d’une histoire construite et progressive pour rester dans ma mémoire. C’est dommage, car les œuvres de Blondel mériteraient surement mieux de ma part…


Merci à Praline pour cette lecture !

4 commentaires :

choupynette a dit…

je n'ai lu qu'un Blondel pour l'instant, Accès à la plage, qui m'avait ravie.

Noukette a dit…

Je crois n'avoir rien lu de cet auteur... Ce n'est peut-être pas par celui là que je commencerais...

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je suis comme toi : je ne retiens pas trop le sfalsh-back en narration.

Petite Fleur a dit…

@choupynette : je n'ai pas lu celui-ci. Je tenterai peut être un autre Blondel plus tard, une histoire construite plutôt.

@ Noukette : à ce que j'entends, ils sont souvent bons. A toi de commencer par un sujet qui te tente.

@ Alex Mot-à-Mots : voilà, c'est problématique, alors que ce roman mériterait mieux je pense.