ShareThis

21 octobre 2011

Le soleil des Scorta [Laurent Gaudé]

L'auteur : Né en juillet 1972, Laurent Gaudé est un écrivain français. Il a reçu le prix Goncourt en 2004 pour ce roman.

L'histoire : L'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobre. À Montepuccio, leur petit village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu'ils appellent "l'argent de New York", leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.

Mon avis : Après le billet élogieux de Loesha, et après en avoir discuté avec elle, je me suis dite qu'il serait dommage de passer à côté d'un bon moment de lecture à cause du simple bandeau "Prix Goncourt" sur une couverture de roman. Ni une ni deux, je lui ai donc demandé de me le prêter.

On suit la famille Scorta sur 4 générations, dans le petit village de Montepuccio, écrasé par le soleil qui fait tourner les têtes. Tout commence avec Luciano Mascalzone qui va, le temps d’une seule étreinte pour laquelle il paiera de sa vie, enfanter Rocco avec une fille du village. Cet enfant, élevé par les Scorta dont il prendra le nom, décide de se venger de ce village : devenu riche, il y revient s’y installer et fonder une famille de 3 enfants. Tout le village les rejette. Mais, bien qu’une malédiction semble peser sur eux, les obligeant à toujours tout recommencer de zéro sans jamais s’asseoir sur leurs acquis, ils ne baissent pas les bras. Ils ont « soif ». Une soif d’autant plus justifié que le soleil assèche et met à nu les caractères de chacun. Impossible de se dissimuler, de cacher. Alors, autant assumer ce qu’on est. Après un cheminement personnel qui amène chaque membre de la famille à se demander quelle est sa place, tous optent pour vivre leur passion, leur colère, leur deuil jusqu’à la lie. Ils restent entiers, ne transigent pas. La famille avant tout : on cultive et on porte fièrement le nom de Scorta !

Un roman qui rappelle un peu Cent ans de solitude par le côté saga familial et soleil écrasant. Sans en avoir l’ambition pourtant, mais cela reste un bon moment de lecture, bien agréable. On sent sous la plume de Gaudé un vrai amour pour l’Italie et ses paysages, ses repas aussi. Au travers de cette histoire familiale, la Grande Histoire fait son apparition par petites touches : l’opposition Nord/Sud, l’exil vers les États-Unis, la montée du fascisme et la guerre d’Espagne, la modernité qui « contamine » le village vers la fin du roman.

Et merci à Loesha pour ce prêt !

7 commentaires :

pom' a dit…

j'ai découvert l'auteur avec ce roman, j'ai par la suite fait de très belle découverte encore, car chacun de ses romans sont diiférents

Eloo a dit…

Je ne connais pas vraiment le travail de cet auteur mais je n'entends à son sujet que du bien, donc je vais peut-être me lancer :)

Mango a dit…

C'est un roman que j'ai bien aimé aussi pour ma part, le seul que j'au lu de cet auteur d'ailleurs pour l'instant!

Petite Fleur a dit…

@ pom' : c'est le premier que je lis de lui.

@ Eloo : j'ai beaucoup vu passer sur la blogo un de ses derniers, "Ouragan". Mais je n'étais pas tentée. Il a fallu qu'on me prête celui-ci pour que j'essaie.

@ Mango : Tout pareil :-)

Loesha a dit…

Un petit succès ce livre autour de moi, et sur les forums et blog apparemment !
J'ai bien aimé l'image de l'Italie racontée par Gaudé, et s'il m'a donné envie d'aller passer des vacances là bas, il m'a aussi donné envie de découvrir d'autres de ses romans... Jolie découverte :)

Alex Mot-à-Mots a dit…

Voilà un roman qu eje n'ai pas apprécié. Sans doute le soleil était-il trop fort, ou j'étais trop jeune.

Nico a dit…

Un très beau roman, que j'ai beaucoup apprécié, et qui mérite amplement son prix Goncourt. Malheureusement, tous les romans de Gaudé ne sont pas du même tonneau...