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20 janvier 2012

A dangerous method, de David Cronenberg

Film britannique, allemand, canadien, suisse de David Cronenberg, sorti le 21 décembre 2011, avec Keira Knightley, Michal Fassbender et Viggo Mortensen.

L’histoire : Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...

Mon avis : Un jeu d’acteurs impressionnant, dès le début. Keira Knightley fait une excellente hystérique. Elle m’a par contre bien moins convaincue en étudiante en médecine et patiente guérie.
J’ai peut être eu le tort de ne pas me renseigner davantage sur le sujet du film : je n’y connais vraiment rien en psychanalyse, et j’ai donc eu du mal à entrer dans le sujet, à comprendre la finalité de ce film : le moment clé dans l’histoire de la psychanalyse où Jung et Freud empruntent des voies différentes.
Si j’avais beaucoup apprécié le dernier film de Cronenberg, Les promesses de l’ombre, je ne suis pas une inconditionnelle. Ici, j’ai aimé qu’il prenne le temps de filmer ses personnages qui se débattent avec leurs envies, leurs désirs et leur morale. J’ai également beaucoup aimé l’ambiance qui se dégage. La photographie (les couleurs, les décors, les costumes) est belle, et participe à ce sentiment de malaise du téléspectateur : alors que tout est beau, c’est dans le regard et dans la gestuelle des personnages que tout se joue. Ils sont comme déchirés intérieurement. Ajoutons à cela les longueurs lorsqu’on s’attarde sur les pensées les plus profondes de chacun, puis les ellipses de plusieurs années, ce détachement de la mise en scène.
Ce qui m’a déçue aussi, c’est qu’au final, tout est dit rapidement : dès la première entrevue, Jung pointe la pierre d’achoppement. Il ne peut concevoir que tout soit relié à la sexualité. Il y a pour lui d’autres voies à explorer. Le spectateur n’a plus qu’à attendre la rupture définitive entre les deux hommes. Agrémenter ce cheminement par des considérations surnaturelles (la bibliothèque qui craque, les rêves prémonitoires) n’était peut être pas utile. Enfin, était-il nécessaire de filmer ces séances de fessée et de sado-masochisme ? Si ce n’est pour indiquer davantage au spectateur que Jung est « contaminé » par Spielrein, il n’y a pas grand intérêt à ces séquences.
On en ressort avec la question : qui a psychanalysé qui ? Et pour moi l’impression qu’il ne m’en restera pas grand-chose, si ce n’est que je vais me précipiter sur internet pour comprendre un peu mieux le différend Jung vs Freud.