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07 septembre 2012

Une année chez les Français [Fouad Laroui]

L'auteur : Fouad Laroui, né en 1958 à Oujda, est économiste et écrivain (à la fois en français et en arabe). Une année chez les Français a été retenu pour la première sélection du Prix Goncourt 2010.

L'histoire : C'est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l'intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s'est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Pauvre, libre, heureux, Mehdi a passé ses dix premières années au pied de l'Atlas. Il n'envisageait rien d'autre que de continuer à jouir de l'existence. Du jour où son oncle l'abandonne à l'entrée du lycée, la découverte du mode de vie des Français est pour lui un véritable choc culturel.

Mon avis : A la fois tendre et ironique, l’histoire que nous raconte Fouad Laroui n’est pas dénuée d’un certain recul pour croquer le racisme latent (les surnoms qu’on lui donne, l’exaltation de la grandeur de la France, la réaction des parents de Denis...) mais également l’amitié qui se révèle parfois au détour d’une discussion entre camarades. Le petit Mehdi est un enfant atypique : amoureux des mots, parachuté dans un monde qu’il ne connait pas et dont il ne maîtrise pas complètement la langue. Difficile de s’intégrer quand en plus on est terriblement timide ! Ce sont les mots justement, évoquant pour lui toute sorte de chose et le faisant rêver, qui vont sortir Medhi de l’isolement grâce à la découverte du théâtre. Il fera semblant d’être lui, il osera enfin parler.
D’anecdote en anecdote, de la cour du lycée au réfectoire, en passant par le dortoir ou la maison de Denis où il passera ses vacances, on bascule perpétuellement de la tendresse à la gêne. Car le livre évoque également la construction de l’identité dans une société colonialiste et empreinte de racisme. Le point de vue de l’enfant, qui rappelle fortement celui du petit Nicolas, permet d’aborder sans lourdeur ces sujets difficiles.
La première moitié, cependant, est assez répétitive. Elle n’est qu’une succession d’anecdotes où on devine assez mal le fil directeur. Il faut attendre la seconde moitié et l’arrivée chez les parents de Denis pour que la tension dramatique augmente. Car si Denis est aujourd’hui fils unique, il ne l’a pas toujours été. Le comportement de Geneviève est un mystère auquel Mehdi se retrouve confronté. Il a ainsi la possibilité d’observer la vie d’une famille française immigrée à Casablanca. D'autant que, au bout de quelques temps, son cousin vient le récupérer tous les weekends. Mehdi aura donc tout loisir de comparer les deux modes de vie et de conclure, que si chacun a ses spécificités, on peut être heureux partout à condition d'être aimé.
Une lecture parfois amusante, parfois un peu longuette. En demie-teinte donc.

1 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'aime beaucoup la couverture ne tout cas. Mais bon, je ne le retiens pas, pour le coup.