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08 février 2013

Conductor [Kaminaga & Nokiya]

Les auteurs : Nokiya, dont c’est la première œuvre publiée, est au dessin et Manabu Kaminaga, né en 1974 au scénario.

L'histoire : Jeune flûtiste de talent, Naomi est perturbée par un cauchemar récurrent : un inconnu vêtu de noir qui tient un crâne entre ses mains la précipite dans les ténèbres. Elle finit par consulter un psychanalyste pour comprendre la raison de ces rêves inquiétants. C’est alors que la police fait une macabre découverte dans l’appartement voisin du sien : un corps sans tête, momifié. Y aurait-il un lien avec ses cauchemars ? Un passé oublié semble revenir hanter la jeune fille…

Mon avis : Une envie de réconfort m’avait poussée à aller chercher la suite du manga Une sacrée mamie, petite merveille agréable et réconfortante. En discutant avec la vendeuse de Komikku, cette petite librairie de manga du quartier de l’Opéra, elle en est venue à me conseiller celui-ci qui, selon elle, était bien et avait l’avantage d’être une série courte et terminée. Je lui fais donc confiance et achète ce premier tome, sur un total de 4. Le lendemain, j'étais de retour pour réclamer les 3 tomes suivants que j'ai également dévorés !
Car l'histoire se tient, est bien menée et les dessins sont parfaitement adaptés au scénario. Une alliance gagnante donc.
Il s'agit ici d'une sorte de thriller psychologique à l'ambiance assez pesante (notons qu'il s'agit apparemment de l'adaptation d'un roman) : Naomi est réveillée toutes les nuits par un même cauchemar. En parallèle, un corps sans tête, momifié, est retrouvé dans l'immeuble en face de chez elle. Le lecteur se doute bien que les deux histoires sont liées mais comment ? La trame pourrait vite être difficile à suivre, d'autant que nous allons suivre plusieurs personnes : le policier menant l'enquête, la jeune Naomi, le chef d'orchestre tout juste revenu d'Allemagne, la violoncelliste et son petit ami au piano... mais chacun se différencie par son caractère et ses zones d'ombre. Tous partagent un secret qu'il faudra attendre les toutes dernières pages pour découvrir à quel point il est noir. Le passé va re-surgir grâce aux souvenirs que le psychiatre de Naomi saura provoquer. Le parallèle qui est fait avec la comédie musicale sur laquelle tous ces artistes travaillent, Hamlet, augmente forcément l'attente et l'angoisse.

Une vraie plongée dans la noirceur de l'âme humaine et les défenses que cette même âme construit pour supporter l'insupportable. Le tout très bien mené. Un manga à conseiller !