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29 octobre 2013

La servante du Seigneur [Jean-Louis Fournier]

Après Où on va, Papa ? voici le deuxième roman de Jean-Louis Fournier que je lis.

L'histoire : Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle… 
Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n’est plus la même. Elle veut être sainte.
Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel.

Mon avis : Encore une fois, au-delà de la polémique qu'a pu susciter ce roman, c'est avant tout l'amour d'un père pour sa fille que j'ai ressenti au fil des pages.
A croire que le destin s'acharne sur cet homme : après la perte de ces deux fils lourdement handicapés, la séparation d'avec sa femme, la mort de sa deuxième épouse, cette fois, c'est sur la distance que la religion a instauré entre lui et sa fille que Jean-Louis Fournier écrit. Une fille qu'il adore et qu'il voit se métamorphoser après qu'elle ait rencontré Monseigneur et, par son intermédiaire, Jésus Christ et la religion catholique.
Tout est raconté avec l'humour si caractéristique de l'auteur, qui peut en choquer certains, mais qui lui permet de mettre de la distance et certainement de mieux supporter son sort. S'il est sévère dans le portrait de cette fille qu'il sent s'éloigner et qu'il espère néanmoins retrouver, il ne s'exempte nullement de défaut. D'ailleurs, le droit de réponse de sa fille, publié à la fin, montre une femme qui se dit heureuse et qui n'est pas dénuée d'une qualité de plume, parfois pleine d'humour, à d'autres moments plus prosélytiste. Plume dans laquelle on peut voir ce lien entre père et fille.
Entre amour et incompréhension, c'est donc bien une vision de sa réalité que l'auteur nous propose. Il la met en mots, la tourne comme il le souhaite pour construire ce roman, un petit livre vraiment émouvant et plein de tristesse. On peut reprocher à l'auteur de laver son linge sale sur la place publique, au lieu de garder cela en famille. Soit. On pourrait opposer à cela que les auteurs, de tout temps, se sont largement inspirés de leur vie personnelle dans la réalisation de leurs œuvres. Dans tous les cas, cela n'enlève rien à la qualité de ce roman dont le sujet, encore une fois, me semble être davantage un cri d'amour d'un père à sa fille.

2 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'hésite à le lire. Sans doute plus tard.

Petite Fleur a dit…

@ Alex Mot-à-mots : j'aime beaucoup cet auteur, avec son ton mordant.