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08 janvier 2014

Charly 9 [Richard Guérineau]

L’auteur : En se basant sur le roman de Jean Teulé, Richard Guérineau signe ici le scénario et l’illustration de Charly 9. Né en novembre 1969, il est connu, avec le scénariste Corbeyran, pour avoir réalisé la bande dessinée Le chant des Stryges.

L’histoire : Charles IX fut de tous les rois de France l'un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint- Barthélemy qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous... Pourtant, il avait un bon fond.

Mon avis : La scène d’ouverture de la bande dessinée est vraiment symptomatique de ce que j’ai ressenti lors de ma lecture. Là où le roman de Teulé pêchait, l’histoire prend toute sa force mise ainsi en image. Les vingt premières pages sont sanglantes en mot, les suivantes le seront par la couleur rouge qui va de plus en plus envahir les vignettes. Au fur et à mesure, la raison du roi s’enfuit. Avec justesse, l’auteur mêle le tragique au grotesque, le sanglant au comique. La mise en image de Guérineau sied magnifiquement au style assez nerveux du roman de Jean Teulé. L’alternance des plans larges et des plans plus serrés donne du rythme.
Par contre, là où le roman pouvait nous en apprendre beaucoup sur la période historique (modulo quelques libertés historiques pas toujours évidentes à repérer), le côté elliptique d’une bande dessinée, où l’image répond aux dialogues, impliquant des sous-entendus, rend cette lecture moins instructive : l’accent est mis davantage sur la folie que sur l’amour de ce roi pour les arts et les lettres. J’ai eu également l’impression que les épisodes sur le 1er jour de l’an et sur le muguet étaient plus anecdotiques dans la BD que dans le roman, où ils relèvent plus de la peinture de la société de l’époque. Enfin, je n’ai pas adhéré aux hommages rendus à d’autres dessinateurs, qui font que certaines pages sont dessinées « à la mode de » Peyo avec Johan et Pirlouit ou Morris avec Lucky Luke. Il me semble que la folie qui gagne le roi s’expliquait très bien sans cela.
Cela reste néanmoins une BD très agréable, bien construite, étonnante et réussie. Une porte d’entrée vers l’Histoire.

3 commentaires :

Loesha a dit…

Et bien, tu n'es toujours pas écœurée par Teulé ;)
Effectivement les travers que que trouve au roman (trop "cinématographique") doivent mieux passer en BD... mais ça n'est pour autant que je me plongerai dans cette adaptation :-/

Nane a dit…

C'est drôle, j'allais te conseiller cette BD!
Curieusement, les passages "en hommage à" ne m'ont pas dérangée, bien que je ne vois pas trop leur utilité.
Comme tu dis, une BD étonnante et réussie!

Petite Fleur a dit…

@ Loesha : Teulé en lui-même, il ne m'écoeure pas, il me lasse. Là, je voulais voir ce que ça pouvait donner en version BD.

@ Nane : bah c'est ça surtout le problème, s'ils ne servent à rien, pourquoi les mettre ! Je n'aime pas qu'on complique volontairement le propos sans intention particulière.