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19 juin 2014

Pierres enchantées [Rodrigo Rey Rosa]

L'auteur : Né en novembre 1958, Rodrigo Rey Rosa est un auteur guatémaltèque. Pierres enchantées est paru en 2001.

L'histoire : Un garçonnet est renversé par une voiture. Par crainte des représailles, l’automobiliste s’enfuit.

C’est le début d’un récit fascinant sur le surgissement du mal. Rodrigo Rey Rosa le débusque dans les paroles de l’ami qui trahit l’ami, dans les mensonges de la mère qui n’aime pas son enfant, dans le machisme de l’homme d’affaires sans scrupules, dans les combats quotidiens des démunis pour tromper leur faim.

Mon avis : J'ai profité du partenariat avec les éditions Folio pour découvrir un peu plus la littérature sud-américaine que je connais abominablement mal, pour ne pas dire pas du tout. Cette fois, c'est vers le Guatemala que je me suis dirigée.

Le livre s’ouvre sur une présentation de Ciudad de Guatemala, bien loin de celle qu’on pourrait trouver dans un guide touristique. La peine de mort est appliquée, le lynchage est un sport national, tout le monde est corrompu. La ville est en pleine déchéance. Et le lecteur se dit que rien ne pourra venir changer cela. Sauf peut-être, la mort d’un enfant ?

Justement, Silvestre est renversé par une voiture et le conducteur s’enfuit. Il est suffisamment riche pour avoir les moyens d’éviter la justice. Ce n’est pas le cas des pauvres. Et la police ne mène pas d’enquête, elle trouve le premier coupable possible qui se présente, de façon expéditive. Seul le détective commandité par la famille de la victime fera preuve d’un peu d’humanisme.

Tour à tour, l’auteur adopte à chaque paragraphe la vision d’un des personnages. Cela n’aide pas à créer un sentiment d’empathie. D’autant que visiblement, Rodrigo Rey Rosa n’a pas un style porté sur le sentimentalisme, mais bien plutôt dur et froid. Il ne fait pas de descriptions psychologiques des personnages ou des émotions qui les parcourent. Il préfère se pencher sur leurs actes ou leurs paroles. Cela accentue fortement le sentiment de malaise que j’ai ressenti à cette lecture puisque cela met bien en avant le sentiment que la corruption est partout.

Ceci dit, j’ai eu du mal avec le style, justement parce qu’en ne décrivant pas les sentiments qui animent ses personnages, l’auteur laisse un blanc qu’il revient au lecteur de combler. Comme j’ai eu du mal à le faire, une distance forte s’est installée avec le texte que j’avais sous les yeux et je n’ai pas été particulièrement touchée ou révoltée par la situation. D’autant qu’elle est assez fidèle au cliché des pays sud-américains composés de villes où règnent violence, dépravation et misère.

Encore une fois, un roman sud-américain qui ne me convainc pas.

Pierres enchantées, de Rodrigo Rey Rosa
Traduit par André Gabastou
Folio
Mai 2014

7 commentaires :

Sandrine a dit…

Dommage. Je n'ai pas lu cet auteur mais la littérature latino américaine est vaste et riche, je suis sûre que tu peux y trouver ton bonheur...

La chèvre grise a dit…

Je ne désespère pas de trouver un jour une pépite. Ca a été le cas avec "Cent ans de solitude", mais c'est bien le seul essai transformé jusqu'à maintenant.

Theoma a dit…

J'allais justement te demander si tu avais lu Cent ans... voilà... ça c'est fait :))

La chèvre grise a dit…

@ Theoma : oui, je l'ai lu lors d'une lecture commune. Pas très envie au départ mais j'ai finalement adoré. J'en ai d'autres de l'auteur dans ma PAL du coup. Mais j'aimerais découvrir d'autres auteurs. Et malheureusement pour l'instant je n'ai pas beaucoup de succès.

Manu a dit…

Ah dommage, il me tentait. Plus autant, quoique je ne pense pas qu'il y ait besoin d'empathie pour les personnages pour être révolté d'une situation.

La chèvre grise a dit…

@ Manu : c'est sûr que l'empathie n'est pas indispensable. Mais le changement de points de vue permanent gêne aussi et c'est le tout qui fait que je n'ai pas accroché je pense.

Valentyne a dit…

Bonsoir
Du même auteur j'ai lu Manège : je te rejoins sur le ton "dur et froid " un livre qui m'a marquée ...la fin est terrible