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23 janvier 2015

La rivière noire [Arnaldur Indridason]

Voilà plus de deux ans que je n'avais pas lu un policier d'Indridason. Le dernier était Bettý. Pour entamer cette nouvelle année, j'ai voulu renouer avec le commissaire Erlendur et j'ai donc sorti sa 9e enquête de la PAL.

L'histoire : Le sang a séché sur le parquet, le tapis est maculé. Égorgé, Runolfur porte le t-shirt de la femme qu'il a probablement droguée et violée avant de mourir. Sa dernière victime serait-elle son assassin ? Pas de lutte, pas d'arme. Seul un châle parfumé aux épices gît sur le lit. L'inspectrice Elinborg enquête sur cet employé modèle qui fréquentait salles de sport et bars... pour leur clientèle féminine.

Mon avis : Donc,je pensais en ouvrant ce livre retrouver le commissaire Erlendur (comme le dit si bien l'Express : "commissaire aussi gai qu'une pierre de lave mais aussi attachant qu'un sparadrap"), sa mélancolie et ses questionnements sur son passé et l’avenir de ses enfants. En fait, Erlendur a pris des vacances et l’auteur nous laisse avec sa collègue Elinborg. Surprenant mais agréable.

Elinborg est un personnage un peu bizarre. Elle pourrait vite agacer le lecteur, tant on la ressent comme une épouse et une mère attentive, une inspectrice douée de flair, bref, une femme parfaite. Pourtant, quelques petits détails viennent gripper la machine. Son premier mariage a échoué, ses enfants s’éloignent d’elle, le fossé entre les générations se creuse et elle trouve refuge dans l’élaboration de nouvelles recettes de cuisine qu’elle publie dans un livre. Quant à l’enquête, elle mettra un certain temps pour s’atteler aux éléments qui ne collent pas et qui la mèneront à résoudre l’énigme. Enfin, elle-même reconnait que la police fait ce qu’elle peut, mais ne peut résoudre à coup sûr toutes les crimes.

Cette fois, au lieu de s’attacher à mettre en résonance le passé et le présent, Arnaldur Indridason décrit les règles morales et sociales sous-entendues qui régissent la vie dans un petit village du fond de l’Islande. Chacun sait mais ne dit rien. Et Elinborg aura bien du mal à découvrir la vérité. Enfin, c’est la place de la femme qui, en filigrane, est remise en question dans la société : comment prendre toute sa place quand les violences faites aux femmes ne sont guère punis ? Rester dans le silence n’est pas une solution et la culpabilité ronge la victime.

Avec l’absence d’Erlendur, c’est l’absence de plongée dans l’Histoire du pays. C’est dommage car c’est ce qui fait le charme des romans de l’auteur. L’histoire est donc un peu basique et pourrait avoir lieu n’importe où. Toujours ans course-poursuites et sans débauche d’actions, Indridason continue pourtant de nous faire découvrir son pays, son peuple et ses caractéristiques. Juste différemment et un peu plus classiquement. Peut-être pas le meilleur, mais cela reste un tome que j’ai bien aimé et dévoré.

Ce roman fait partie du Challenge Petit Bac d'Enna.



La rivière noire, d'Arnaldur Indridason
Traduit par Éric Boury
Points
Mai 2012

3 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Tu me rassures, cela doit faire également plus de 2 ans que je n'ai pas lu cet auteur.

dasola a dit…

Bonsoir, pour retrouver Erlendur (et j'espère que ce ne sera pas la dernière fois), il faut lire Etranges rivages (qui est pour moi, presque le meilleur de la série). Bonne soirée.

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : c'est pourtant dommage, ce sont de bons moments garantis avec cet auteur.

@ Dasola : oui, j'ai cru comprendre qu'il s'absentait pendant quelques tomes.