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03 avril 2015

Le voleur de regards [Sebastian Fitzek]

Après avoir lu Thérapie de Sebastian Fitzek, j'avais bien envie de découvrir un autre titre de l'auteur. L'occasion s'est présentée sous la forme d'une offre éclair sur Kindle pour Le voleur de regards. À peine acheté, aussitôt lu.

L'histoire : Une vague de crimes d'une cruauté sans précédent s'abat sur Berlin. Un tueur en série s'infiltre dans les foyers en l'absence du père de famille, tue la mère, enlève l'enfant et accorde un ultimatum à la police pour le retrouver.

Passé cet ultimatum, l'enfant est assassiné. En référence à l’œil gauche qu'il prélève sur ses victimes, les médias lui ont attribué un surnom : le Voleur de regards...
Alexander Zorbach, un ancien policier devenu journaliste, se rend sur une nouvelle scène de crime. Une mère de famille a été assassinée et son fils de 9 ans a disparu.
Alexander se retrouve pris dans l'engrenage du jeu machiavélique auquel se livre le Voleur de regards, qui veut lui faire porter le chapeau.

Zorbach a 45 heures pour retrouver l'enfant et prouver son innocence. Le compte à rebours est lancé...

Mon avis : Ce qui frappe dès le début, ce sont les chapitres numérotés par ordre décroissant. Mais rapidement j’ai senti là un artifice pour retranscrire l’ultimatum, le temps qui passe pendant 45 heures avant la mise à mort d’un enfant. Un peu facile donc. Si l’auteur ne peut pas faire monter le suspens sans cet artifice, cela augurait mal. C’est le sentiment que j’ai eu jusqu’à la toute fin. Car les dernières pages révèlent un twist de folie. Très bien trouvé. Mais qui arrive après que je me sois ennuyée pendant toute ma lecture.

La plongée dans l’horreur est immédiate. Et peut-être un peu trop brutale. Difficile quand tout arrive trop vite d’aller crescendo, de faire monter l’angoisse. Et du coup, je n’ai pas adhéré à la course poursuite, n’entendant guère le tic tac de la montre quand le temps s’écoule.

En plus, les personnages sont vraiment caricaturaux. Certes, je ne suis pas naturellement portée sur la voyance. Alors une aveugle qui aurait des visions ? Hum. Mais les premières pages passées avec Alina Gegoriev m’ont fait croire que, bien dosé, cela pourrait passer. Sauf que, rapidement le personnage ne tient plus la route, du genre fort mais avec des faiblesses, et les situations sont ahurissantes comme lorsqu’elle se balade toute nue dans son appartement plein de miroirs, comme ça, pour le plaisir. J’ai beau ne pas trop chercher entre les lignes en général, quand je lis ça, je vois tout de suite que quelqu’un va entrer et l’espionner. Et ça ne fait pas un pli.

Du coup, les surprises sont totalement gâchées. Les grosses ficelles étaient déjà là dans Thérapie et j’avais pourtant bien apprécié ma lecture. Mais cette fois, je suis plutôt passée à côté. Comme dans cet autre roman, l’auteur pousse ici le lecteur à douter des dires et des actions de son personnage principal, Alexander Zorbach, journaliste-enquêteur de talent, ex-flic qui a quitté la fonction suite à un événement traumatisant. Ne serait-il pas le coupable justement ? À vouloir mettre des fausses pistes partout, le lecteur doute de tous les personnages. Et comme il y en a peu qui arrivent en plein milieu de l’histoire, on sait que le coupable est parmi les premiers présentés.

Enfin, les rebondissements forcés à chaque fin de chapitre auraient plutôt tendance à me faire refermer le livre qu’à poursuivre ma lecture jusqu’à pas d’heure. Et comme ils apparaissent à chaque chapitre, c’est vraiment lassant.

C’est vraiment dommage car la fin est très très bien trouvée. Mais je ne peux pas qualifier de bonne lecture un roman dont seules les 4 dernières pages sur 390 m’ont plu.

Le voleur de regards, de Sebastian Fitzek
Edition l'Archipel pour Kindle
Mars 2013

4 commentaires :

Marie S-T a dit…

En ce moment je ne fais que lire des avis négatifs sur Fitzek. On lui reproche d'user de grosses ficelles et de mener des enquêtes peu crédibles. Un ensemble qui ne tient pas la route...
Je suis déçue car comme moi, j'avais plutôt accroché au 1er que tu as lu (même si je trouvais qu'il aurait dû s'arrêter avant cet épilogue dont j'ai déjà dû te toucher un mot ^^ ).
Bon je verrai bien ce qu'il en sera de l'autre titre qui est dans ma PAL...
C'era una volta (quel bookan!)

dasola a dit…

Bonjour La chèvre grise, c'est le seul Fitzek que j'ai lu : j'ai détesté à tout point de vue. L'histoire ne tient pas debout. A fuir. Je n'ai pas l'intention de lire d'autre Fitzek. Bon dimanche.

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'avais bien aimé cette lecture, mais c'est vrai que je suis une inconditionnelle de l'auteure (bien que son dernier m'ai déçu).

La chèvre grise a dit…

@ Marie S-T : en fait c'est trop gros trop vite. Pourtant, il y a de bons éléments, mais ça ne suffit pas à excuser le reste.

@ dasola : je m'arrêterai là également.

@ Alex : il en faut pour tout le monde :) Et puis j'avais plutôt apprécié "Thérapie".