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21 juillet 2015

Les impliqués [Zygmunt Miloszewski]

L'auteur : Né en mai 1976 à Varsovie, Zygmunt Miloszewski est un écrivain et journaliste. Il est notamment l'auteur d'une série avec comme personnage récurrent le procureur Teodore Szacki, dont le premier tome est Les impliqués.

L'histoire : Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère en plein cœur de Varsovie, Henri Telak est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire atterrit sur le bureau du procureur Teodore Szacki, las de la bureaucratie inhérente à son poste et de sa vie de famille sans relief. Il rencontre Monika Grzelka, une reporter qui affiche un goût certain pour le flirt, et découvre le pouvoir effrayant de certaines méthodes thérapeutiques non conventionnelles basées sur les mises en scène. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de tuer Telak ? L’enquête de Szacki fera resurgir un assassinat commis vingt ans plus tôt, avant la chute du communisme, et le mènera à des faits qui, pour sa propre sécurité, auraient mieux fait de rester oubliés.

Mon avis : Si ce roman est arrivé dans ma PAL, c'est grâce à Lelf, qui vante depuis longtemps les bonnes publications de la maison d'éditions Mirobole. Alors, lorsque Les impliqués de Zygmunt Miloszewski a été proposé à petit prix dans la boutique Kindle, je n'ai pas hésité.

D'abord, le cadre choisi, celui de la Pologne et de Varsovie. Rien que ça, ça m'a plu tout de suite. J'en ai un peu ras le bol des polars américains. Bon, vous me direz, c'est ma faute, je n'ai qu'à lire d'autres auteurs. Et bien voilà, justement. Et c'est bien agréable. La description que l'auteur nous fait de Varsovie ne donne pas forcément envie de s'y rendre toute affaire cessante. C'est que le quotidien des Varsoviens n'est pas toujours facile et l'architecture qui les entoure assez austère. Au milieu de cette grisaille, pourtant, se dessine parfois des lieux auxquels le personnage principal, le procureur Teodore Szacki, a su s'attacher.

Le lecteur se plait à comprendre, au fur et à mesure, le fonctionnement de la machine judiciaire polonaise. C'est le procureur, donc, qui mène l'enquête et qui sollicite la police. Proche de la quarantaine, Szacki se pose beaucoup de questions sur son couple, sa vie, sa carrière... Le temps semble filer, rien ne change, ses cheveux deviennent gris. Intègre malgré toutes les magouilles sur lesquelles il peut tomber, il reste persuadé de son utilité mais se sent terriblement fatigué de lutter. La routine qui s'installe nappe tout d'un voile de déprime, qu'il tient pourtant éloignée par son caractère franc. Il essaie d'ailleurs de mettre un peu de piment dans sa vie monotone. Son questionnement tout personnel est d'autant plus évident que la découverte d'un cadavre survient au milieu d'une séance de psychothérapie. Szacki s'interroge alors sur la méthode de psychanalyse dite de la constellation familiale, et se livre au passage largement à l'introspection. Il a une personnalité assez décalée, cynique et pourtant attachante. Sa relation aux femmes, assez loin des stéréotypes du tombeur ou du loup solitaire, est bien trouvée.

Nous sommes en 2005, au moment de la prise de pouvoir des frères jumeaux Kaczynski. Chaque chapitre commence par le descriptif des événements mondiaux avant de se resserrer sur la situation en Pologne puis sur Varsovie. Ça permet de resituer historiquement l'évolution de la Pologne par rapport au bloc de l'ex URSS. Car l'histoire du pays pèsera forcément sur la résolution d'une des enquêtes qui est confiée à Szacki. Je dis "une des enquêtes" car, en dehors du récit majeur du roman, deux ou trois autres intrigues sont abordées. Le métier de procureur oblige en effet à jongler d'une enquête à l'autre, choisissant laquelle poursuivre, laquelle abandonner, que ce soit par manque de preuve ou par choix politique pour faire plaisir aux élus locaux.

On est loin d'un thriller ou d'un roman plein de courses poursuite, mais plus proche d'un polar bien rythmé, mâtiné de guide de l'urbanisme Varsovien et d'histoire de la Pologne. Szacki mène l'enquête de façon assez classique, tirant un à un les fils pour arriver à résoudre le problème qui se pose.

Un roman pas révolutionnaire donc, mais très agréable et original par son cadre. J'ai très envie de découvrir le deuxième tome des aventures du procureur Szacki maintenant.

Les impliqués, de Zygmunt Miloszewski
Traduit par Kamil Barbarski
Éditions Mirobole pour Kindle
Octobre 2013

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Pa révolutionnaire, comme tu dis, mais j'avais bien aimée cette lecture.

Lelf a dit…

J'avais eu un peu peur en le commençant parce que leur autre série polar m'a parue vraiment mega classique pour le coup, mais je me suis vite mise dedans et j'adore ^^
Contente de voir que tu as apprécié, j'espère qu'il en ira de même pour mes parents à qui je l'ai offert :p

La chèvre grise a dit…

@ Alex : oui, c'était sympathique.

@ Lelf : je dois aller chercher à la librairie la version papier que j'ai commandé pour offrir à mon père. J'espère que ça lui plaira aussi.

dasola a dit…

Rebonjour La chèvre grise, terminé de lire ce roman assez récemment mais je ne l'ai pas encore chroniqué. J'ai aimé le contexte mais l'intrigue policière m'a paru compliqué ainsi que la psychanalyse de groupe. Bonne fin d'après-midi.