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08 juillet 2015

Vice Versa, de Pete Docter

Film d'animation américain de Pete Docter, sorti le 17 juin 2015.

L'histoire : Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…

Mon avis : Avant d’aller au cinéma voir Vice Versa, je n’étais pas très sûre d’apprécier la séance. Pixar, c’est pour moi le studio qui a réalisé des films d’animation que j’adore, comme Wall-E, Ratatouille ou Là-haut. Mais leurs productions plus récentes laissaient quelque peu à désirer. Et puis le pari était sacrément risqué : nous expliquer de l’intérieur les émotions qui nous animent, tout en nous les faisant ressentir et en étant accessible aux petits comme aux grands. Pari risqué donc, mais pari largement réussi !

Avant d’entamer le chapitre des éloges, commençons par le petit bémol, vers la fin de la première moitié, où quelques scènes sont un peu inutiles et m’ont fait craindre de perdre le fil et la magie. Pourtant, non, ce n’est qu’une pause avant d’entamer la seconde partie, dont le spectateur sort bouleversé, après avoir pleuré et ri aux éclats. Longtemps après la séance, on repense à nos propres souvenirs d’enfance, à ce qui nous a construit. On se livre à l’introspection et la puissante mélancolie du film nous touche encore.

Riley est une petite fille de 11 ans, joyeuse et pleine d’entrain. Jusqu’à ce que ses parents décident de déménager du Minnesota, direction San Francisco. Adieu la maison et le jardin, le lac gelé, l’équipe de hockey et la meilleure amie. Une maison de ville décrépite sera leur nouveau logement. Le jour de la rentrée passé, tout part à vau-l’eau. La mue commence, Riley grandit et doit apprendre à gérer la complexité de ses sentiments. Dans l’antre de la personnalité de Riley où plonge le spectateur, 5 émotions sont aux commandes : Joie, Tristesse, Dégoût, Peur et Colère. Jusqu’à maintenant, Joie menait un peu tout le monde à la baguette. Elle est gaie, forcément, mais laisse peu de place aux autres. C'est assez typique de la petite enfance. À l’occasion du déménagement, Joie et Tristesse vont être éjectées de l’ordinateur central, laissant Dégoût, Peur et Colère aux commandes. Ces trois émotions, typiques de l’adolescence, vont provoquer des catastrophes, pendant que Joie et Tristesse vont se découvrir réellement et s’apprivoiser en errant parmi les souvenirs.

On retrouve ici toute la magie des studios Pixar, qui font preuve ici d’une grande inventivité dans cette œuvre originale, loin des adaptations habituelles de conte pour enfants de Disney. La narration est fluide, ce qui n’est pas rien vu la complexité du sujet. L’humour est là, que ce soit lors des incursions dans la personnalité des parents ou par l’interaction entre Joie et Tristesse, qui vont découvrir leur complémentarité. Il y a de l’émotion, du rire, des larmes, de l’aventure, de la magie, le tout parfaitement dosé.

En bref, une nouvelle pépite à voir absolument !

8 commentaires :

Dareel a dit…

Je n'en lis que du bien, venant de gens qui ne sont pas pourtant pas habitués à ce registre ! J'ai très envie de le voir aussi, ça me changera de Jurassic World haha ! :)

La chèvre grise a dit…

@ Dareel : j'ai entendu quelques avis plus mitigés, mais franchement, j'ai adoré.

katell a dit…

j'ai hâte de le voir ...notamment avec mes filles de bientôt 11 et 14 ans ;-)

La chèvre grise a dit…

@ Katell : C'est pour tous les âges, il y a vraiment deux niveaux de lectures. Et des niveaux intelligents. L'adulte y verra une vraie plongée dans le psychisme de l'être humain quand l'enfant aura une jolie histoire. Mais les deux sont bien construits et ne génèrent aucune frustration ou déception ou nécessité d'adaptation.

dasola a dit…

Bonjour La chèvre grise, peut-être moins enthousiaste que toi à propos de ce film. J'ai trouvé un déséquilibre entre ce qui se passe avec les humains d'une part et les émotions d'autre part. Mais le film se laisse voir avec plaisir. Bonne fin d'après-midi.

c'era una volta a dit…

Je l'ai trouvé bien construit, intéressant à tous les niveaux.
Montré les émotions de l'intérieur, les "conflits" que celles-ci peuvent se livrer (Joie qui cherche à tout dominer en négligeant l'importance des autres qui ont pourtant leur rôle à jouer dans la construction de la personne, etc.).
Tristesse était trognonne comme tout et au-delà de ça, intéressante dans ce qu'elle proposait comme réflexion.
Les enfants y verront peut-être juste un dessin animé rigolo, peut-être plus selon l'âge.
Moi en tant qu'adulte, j'ai apprécié l'amusement et la réflexion apportée :)

Alex Mot-à-Mots a dit…

Il faut que j'y emmène mon dernier.

Nelfe a dit…

Je l'ai ADORE ! Vraiment très très bon et j'ai hâte d'avoir le DVD :)