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07 septembre 2015

La fille du roi des elfes [Lord Dunsany]

L'auteur : Lord Dunsany, alias Edward John Moreton Drax Plunkett, 18e baron de Dunsany, est un auteur irlandais né en juillet 1878 et mort en octobre 1957. La fille du roi des Elfes est considéré comme son chef d'œuvre.

L'histoire : Lorsque les membres du parlement des Aulnes expriment le souhait d'être gouvernés par un roi doté de pouvoirs magiques, le vieux souverain ne voit qu'une solution : marier son fils à Lirazel, la mythique fille du roi des Elfes. Le jeune prince, Alveric, part donc pour un périple qu'on lui prédit sans retour, non sans s'être préalablement doté d'une redoutable épée magique. Arrivera-t-il à déjouer les pièges innombrables qui l'attendent ? Saura-t-il se faire aimer de la belle Lirazel ? Et, enfin, pourra-t-il échapper à l'une des trois malédictions de l'implacable roi des Elfes ?

Mon avis : Ce roman, il faut le remettre dans son contexte, à savoir 1924, pour comprendre ce qu'il a de novateur pour l'époque. Les hommes du val d'Aulnes aimeraient un peu de magie pour égayer leurs terres. Alors le souverain envoie son fils conquérir le cœur de Lirazel, fille du roi des Elfes. C'est à un conception du temps et du monde totalement différente que les humains vont être confrontés. Ils auraient peut être dû faire plus attention à ce qu'ils demandaient.

Voici un conte fantastique, considéré comme le précurseur de la fantasy moderne. Un conte donc, puisque le récit est bien ancré dans l'imaginaire, et qu'il n'est pas dénué d'une certaine portée philosophique. Le merveilleux est très largement présent et s'oppose à un monde plus humain. Les êtres surnaturels qui passent la frontière ne sont pas forcément accueillis les bras ouverts. Dans l'autre sens, les humains ne sont pas les bienvenus sur les terres des Elfes.

Lord Dunsany utilise une prose assez poétique pour décrire les aventures d'Alveric, Lirazel et leur fils Orion. Poésie qui, je pense, perd beaucoup à la traduction. Le style devient un peu ampoulé et du coup les descriptions, qui feraient le charme du roman, sont un peu longuettes. Il n'y a guère d'action, le roman est donc assez contemplatif. Le récit, assez court, narre pourtant plusieurs dizaines d'années. Mais il faut dire que la conception du temps n'est pas la même pour les Elfes. Il passe différemment, s'étire à l'infini pour figer la beauté dans une forme d'éternité. Sauf que, l'équilibre est fragile et la beauté par définition éphémère.

Bizarrement, d'Elfes, il n'est pas beaucoup question. En dehors du roi et de sa fille, point d'oreilles pointues à l'horizon. Le lecteur verra davantage de trolls et de feu follets. L'apparition d'éléments magiques dans le monde assez convenu des humains fait le sel du roman mais est malheureusement trop détaillé, comme les quatre pages de description sur les jeux d'un troll avec des pigeons.

En bref, un roman assez particulier, qu'il convient de découvrir lorsque l'ambiance est propice aux sentiments nostalgiques et contemplatifs. N'en étant guère adepte, pas plus que des contes, je n'ai pas été très emballée.

"Lui, grave et impassible sur son trône de brume et de glace, n'avait pas bougé depuis dix ou douze de nos années terrestres. Elle soupira. Et son soupir fit ondoyer les montagnes rêveuses et perturba imperceptiblement le royaume. Les levers et couchers de soleil, les crépuscules et les pâles étoiles bleues, éternellement regroupés pour former la lumière du pays des Elfes, ressentirent une petite pointe de chagrin ; leur éclat en fut même quelque peu terni. En effet, la magie qui capture ces lueurs et les sortilèges qui les emprisonnent à jamais, afin d'illuminer ces espaces sur lesquels le temps n'a pas de prise, n'étaient pas aussi puissants qu'un chagrin assombrissant l'humeur d'une princesse issue d'une lignée d'elfes." (p°214)

La fille du roi des Elfes, de Lord Dunsany
Folio
Janvier 2012

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Pas l'esprit à la contemplation en ce moment, moi non plus.

latetedansleslivres a dit…

Oh dommage, ça aurait pu être sympa! Par contre, je suis adepte de contes, peut-être que ça me plairait plus qu'à toi?

Léa TouchBook a dit…

Je le note car je pense qu'il pourrait me plaire :)

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : il y a des moments pour et d'autres pas :)

@ latetedansleslivres : tente ! Et puis, c'est un classique et il n'est pas très gros. Alors ça ne fait pas de mal.

@ Lea TouchBook : si tu le lis, on pourra échanger.