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18 décembre 2015

Aqua (TM) [Jean-Marc Ligny]

L'auteur : Né en mai 1956 à Paris, Jean-Marc Ligny est un écrivain français de science-fiction et de fantastique. Il a été couronné par de nombreux prix, notamment avec Aqua TM.

L'histoire : 2030.
Alors qu'en Europe des dizaines de milliers d e personnes meurent noyées sous les flots lâchés par une digue qu'un groupuscule terroriste a fait sauter aux Pays-Bas, en Afrique, la pénurie d'eau décime les populations.
 L'eau, enjeu de toutes les convoitises. L'eau, qui existerait en grande quantité à deux cent cinquante mètres de profondeur au coeur du Burkina Faso, peut-être le plus pauvre des Pays les plus pauvres. L'eau, qu'Anthony Fuller, patron d'un consortium américain, va tenter de s'approprier au mépris de toutes les lois internationales.

Mon avis : Ce roman, j'ai un peu hésité avant de le commencer. Il faut dire qu'il fait ses 950 pages tout de même. Alors, si je n'avais pas aimé, ça aurait été dommage. Mais les copinautes connaissant ce roman m'ont vite rassurée : "il se dévore" m'ont-elles dit. Et je confirme !

Aqua TM est le premier roman d'une trilogie climatique ; même thématique donc, mais pas les mêmes personnages. Chaque roman doit donc pouvoir se lire séparément. Je commence ici avec le premier tome. Il s'agit d'une fiction écologique qui raisonne d'autant plus en ces temps difficiles où s'entremêlent terrorisme, réfugiés et COP21. Tous ces ingrédients de l'actualité sont présents dans le roman de Jean-Marc Ligny, pourtant écrit en 2006. L'auteur ne tente pas de nous expliquer comment la situation a dégénéré, se contentant de mettre en scène les conséquences d'une consommation excessive. Le roman est ambitieux et tout cela aurait pu faire pschiiiitt. Il n'en est rien.

En 2030, rien en va plus : des pays sont noyés sous des vagues abominables pendant que d'autres meurent de faim et de soif sous un soleil de plomb. La vie est impossible sauf pour les plus riches qui s'enferment dans des enclaves. On devine bien que les ressources naturelles sont épuisées, la Terre irrémédiablement polluée. Au milieu de cette apocalypse généralisée, une nappe phréatique est découverte au Burkina Faso. Elle va être l'objet de bien des convoitises et, pour faire simple, les États-Unis vont réclamer cette eau dont les Burkinabè ont désespérément besoin.

La situation décrite fait froid dans le dos. Et en même temps, c'est terriblement crédible et réaliste. Du coup, le lecteur est totalement accroché au récit. La plume agréable de Ligny facilite la lecture et on ne voit pas défiler les pages. Les hommes se déchirent, laissant libre cours à leurs plus bas instincts, ce qui ne donne guère d'espoir pour la survie de l'humanité. Pourtant, certains personnages ne baissent pas les bras et continuent de lutter pour un peu plus de justice et de partage. Ils sont bien dessinés (à l'exception peut être de Fuller, que j'ai trouvé un peu caricatural) et se dévoilent progressivement, dans leur noirceur, leurs défauts ou leurs qualités. L'auteur n'hésite pas à prendre son temps pour bien poser décors et ambiances. Les différents personnages présentés tour à tour vont, petit à petit, se croiser et les différents fils narratifs se rencontrent habilement. Cette alternance de points de vue permet de tenir le lecteur en haleine.

Un soupçon de fantastique, avec le bangré, magie ancestrale du Burkina Faso, vient lier les deux modes de vie qui ne pourraient se comprendre ou encore moins se croiser autrement. Le Bien vs le Mal, dans une lutte éternelle, c'est un peu facile peut être. J'ai également moins apprécié la fin de ma lecture, où la magie vient résoudre "comme par magie" tout cela, remettre de l'ordre et donner un peu d'espoir. Mouais. La baguette magique après 900 pages qui emportent littéralement, c'est vraiment dommage.

En dehors de quelques défauts donc, une lecture saisissante, prenante et dérangeante que je conseille !

Aqua TM, de Jean-Marc Ligny
Folio SF
Octobre 2015

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Une trilogie climatique ? C'est dans l'air du temps.....

Anonyme a dit…

Ta chronique intéressante et enthousiaste de ce livre commençait presque à me donner envie de tenter un emprunt et une lecture de ce roman de SF (genre qui m'ennuie généralement) mais la mention des 950 pages a refroidi mes ardeurs ^^

DocteurManhattan

Alicia a dit…

Ca m'intrigue pas mal !! Je note.
Juste dommage si la fin n'est pas à la hauteur du reste du récit..

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : tout à fait !

@ DocMan : c'est dommage. Moi aussi, j'ai un peu eu peur en voyant le pavé, mais en toute franchise, on ne les voit pas défiler.

@ Alicia : Après, j'ai connu des fins bien plus pourries ! C'est juste qu'effectivement, j'attendais un peu mieux. Ceci dit, j'ai rarement connu de bonnes fins en SF...