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11 avril 2016

Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour [S.G. Browne]

L'auteur : Né en Arizona, aux États-Unis, S.G. Browne est un auteur américain qui a travaillé longtemps à Hollywood.

L'histoire : Il n'est jamais agréable de se réveiller sur le sol de la cuisine, baignant dans une mare de glace à la fraise fondue et entouré de plusieurs bouteilles de vin... vides, évidemment. Le trou noir dans mes souvenirs n'est pas, non plus, quelque chose de très réjouissant. Qu'ai-je bien pu faire pour en arriver là ? Et pourquoi ai-je vidé le congélateur de son contenu ? Le mieux est encore d'aller voir par soi-même...

Après vérification, c'est finalement assez logique : pour y ranger les corps de mes parents. Bien... Il va falloir que je me remémore deux ou trois choses, mais par où commencer ? Peut-être de la façon dont je suis devenu un zombie ?

Mon avis : Les histoires de zombies, vous n'en voyez pas beaucoup passer ici, n'est-ce pas ? Si je suis assidument la série The walking Dead, c'est vrai qu'en lecture, le zombie ne fait pas partie de mon paysage habituel. La dernière fois que j'en ai croisé un, ça doit être pour Le livre des morts, l'été dernier. Mais on m'a chaudement recommandé ce titre-ci et je me suis laissée tenter. C'est donc sans rien en attendre, sans savoir à quoi m'attendre que je l'ai entamé.

Et ce fut une très bonne surprise, une lecture des plus divertissantes, sans pour autant être dénuée d'un fonds un poil plus sérieux. Détaillons un peu tout cela.

Andy se réveille quelques jours après un accident de voiture dans lequel il a perdu sa femme. Il découvre sa nouvelle condition de zombie et ce que cela implique. C'est que les morts-vivants ne sont pas bien considérés par les respirants, aka les êtres humains comme vous et moi. En plus du traumatisme de leur nouvelle condition, de la séparation avec le reste de sa famille, c'est tout la discrimination à laquelle ils font face qu'Andy doit appréhender. Et il va petit à petit se re-découvrir et s'affirmer.

On pourra s'attendre à beaucoup de sang et du gore à gogo, et pourtant non. S.G. Browne passe tous les poncifs les uns après les autres pour les démonter la plupart du temps. Il fait le choix de l'humour et de la réflexion sur les conditions de vie et les discriminations que subissent les minorités. La référence à Rosa Parks est clairement affirmée et le fil narratif l'évoque lourdement, peut être un peu trop par moment. Cependant, les anecdotes mettent bien en lumière l'ostracisme par des exemples simples et qui touchent forcément le lecteur. Les passages totalement déjantés allègent le tout et en font un roman drôle et dépaysant qui se savoure volontiers.

"C'est une chose de faire griller sa mère et de la manger avec une sauce maison. C'en est une autre d'imaginer la déshabiller avec les dents." (p°270)

Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour, de S.G. Browne
Traduit par Laura Derajinski
Folio
Août 2014

3 commentaires :

Mariejuliet a dit…

J'ai adoré l'humour de S.G. Brown, bien noir, dosé comme il faut.
Contente qu'il t'ai plu!

c'era una volta a dit…

Je crois n'avoir lu que des avis positifs sur ce titre. Il faudrait quand même que je me décide à le trouver et le lire, parce que ce n'est pas tout de dire que ça fait envie!
Merci :)

La chèvre grise a dit…

@ MJ : Effectivement, moi qui pensais ne pas accrocher, c'était une lecture très sympa.

@ C'era : Je comprends, c'est le genre de commentaire que je laisse souvent sur les blogs et forum. Mais il faut dire qu'il y en a tellement à lire !