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03 juin 2016

Transperceneige, l'intégrale [Lob, Rochette & Legrand]

Les auteurs : Lob et Legrand sont au scénario.

Jacques Lob, né en août 1932 et mort en mai 1990. Il était auteur de bande dessinée français, surtout connu comme scénariste. Lauréat du grand prix de la ville d'Angoulême 1986, c'est le seul auteur à avoir été récompensé pour ses scénarios, pour ce prix traditionnellement attribué aux dessinateurs.

Benjamin Legrand, né en octobre 1950, est un écrivain français, traducteur d'écrivains anglais, co-scénariste de bandes dessinées. Il travaille également pour la télévision.

Jean-Marc Rochette est au dessin. Né en avril 1956, il est auteur et illustrateur de bandes dessinées.

L'histoire : "Parcourant la blanche immensité
D'un hiver éternel et glacé
D'un bout à l'autre de la planète
Roule un train qui jamais ne s'arrête.
C'est le Transperceneige
Aux mille et un wagons."

Mon avis : J'avoue que je ne connaissais pas ce pilier SF de la bande dessinée avant de voir l'adaptation cinématographique du coréen Bong Joon Ho. Alors, quand j'ai croisé cette intégrale à la bibliothèque, je me suis dit qu'il était grand temps de le découvrir.

Transperceneige, page 45

On retrouve bien l'ambiance désespérée que le film avait su mettre en exergue, cette quête éperdue vers l'avant, que ce soit pour ce train ou pour ces occupants. Chacun cherche à survivre dans un espace confiné. Mais pourquoi ? Quel espoir peut les tenir ? Il faut se rappeler alors que cet ouvrage a été écrit dans les années 80, en pleine guerre froide. Froide, froid, glace éternelle due à un changement climatique provoqué par l'Homme... nous tenons là l'angoisse qui devait étreindre beaucoup d'êtres humains aux heures les plus sombres d'un conflit impliquant l'arme nucléaire.

Les occupants du Transperceneige sont répartis entre le prolétariat, appelé les queutards, qui s'entassent en masse dans les derniers wagons, rappelant les bétaillères qui déportaient les populations, et les nantis qui disposent de beaucoup d'espace dans les premiers wagons. Le tout premier étant réservé au conducteur d'une machine éternelle qui se pilote seule, condamnée au même circuit perpétuel. Au fur et à mesure de la remontée de wagon en wagon, Proloff fait apparaître toute la complexité de l'humanité, qui a quitté un enfer gelé pour un enfer de métal "aux mille et un wagons".

Le graphisme en noir et blanc, aux traits affutés, ne cherche pas à provoquer quelque empathie que ce soit avec le personnage principal. Mais sert admirablement le propos

J'ai été beaucoup moins convaincue par les deux suites, totalement dispensables à mon avis. Elles n'ajoutent rien, ne font que délayer l'histoire et manque de la profondeur si intéressante du premier opus.

Transperceneige, l'intégrale, de Lob, Rochette et Legrand
Casterman
Mars 2014

5 commentaires :

Sandrine a dit…

Dans ma région cinématographiquement sinistrée, je n'ai pas pu voir le film, mais j'y compte bien !

c'era una volta a dit…

Depuis le temps que je lis des avis sur ce Transperceneige, ce serait bien que je me décide à le trouver... ^^

Merci en tout cas pour ton avis affûté :)

Mariejuliet a dit…

Le dessin me plaît beaucoup plus que celui de la suite que j'ai lu.
A tenter, donc.

XL a dit…

je n'ai pas eu le temps de lire le 3/3 mais je suis d'accord sur le commentaire entre le premier et le deuxième, j'ai même cru que ce n'était pas les mêmes auteurs

La chèvre grise a dit…

@ Sandrine : moi qui ne connaissais pas du tout l'histoire, et pas non plus la BD, j'avais bien aimé.

@ C'era : la bibli ! Depuis que je m'y suis enfin inscrite, après des années de tergiversation, c'est la grosse découverte côté BD : même ce qui ne m'intéresse que moyennement, j'ose ! Et du coup, j'ai parfois de jolies surprises.

@ MJ : Oui, les dessins ne sont pas exactement pareil. Mais je trouve que c'est surtout le scénario qui pèche.

@ XL : bah en l'occurence, oui, on sent un vrai changement de direction.