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17 mars 2017

Your name, de Makoto Shinkai

Film d'animation japonais de Makoto Shinkai, sorti le 28 décembre 2016.

L'histoire : Mitsuha, adolescente coincée dans une famille traditionnelle, rêve de quitter ses montagnes natales pour découvrir la vie trépidante de Tokyo. Elle est loin d’imaginer pouvoir vivre l’aventure urbaine dans la peau de… Taki, un jeune lycéen vivant à Tokyo, occupé entre son petit boulot dans un restaurant italien et ses nombreux amis. À travers ses rêves, Mitsuha se voit littéralement propulsée dans la vie du jeune garçon au point qu’elle croit vivre la réalité... Tout bascule lorsqu’elle réalise que Taki rêve également d’une vie dans les montagnes, entouré d’une famille traditionnelle… dans la peau d’une jeune fille ! Une étrange relation s’installe entre leurs deux corps qu’ils accaparent mutuellement. Quel mystère se cache derrière ces rêves étranges qui unissent deux destinées que tout oppose et qui ne se sont jamais rencontrées ?

Mon avis : Aller voir un film d'un réalisateur que la presse annonce déjà comme le successeur de Miyazaki, c'est forcément risqué : Makoto Shinkai saura-t-il faire aussi bien ? Tout en faisant différent ? Le succès rencontré au Japon avec plus de 10 millions d'entrée le laisse supposer en tout cas.

Le début surprend par une bande son véritablement rock. Là où le spectateur est plus habitué aux ambiances douces, moyenâgeuses voire intemporelles de Miyazaki, cela surprend forcément. Il faut dire que cette fois, l'histoire est indubitablement ancrée dans le monde actuel, à coup de téléphone portable et de grands immeubles vitrés.

Les images sont très belles, réussissant l'exploit de lier croyances anciennes (notamment avec le kataware doki, lorsque nuit et jour se croisent et que des choses inhabituelles se produisent) et modernité assumée, science-fiction à la limite du film catastrophe et romantisme. Ce dernier point étant là où le film échoppe un peu : la peur constante de Taki et Mitsuha de s'oublier les pousse à répéter sans cesse leur prénom et s'avère lassante. Cependant le scénario est ambitieux et tient la route par tous les autres aspects, et n'est pas dénué d'un bel humour, notamment lorsque les deux adolescents se retrouvent dans le corps du sexe opposé.

Au fur et à mesure, malgré la distance spatio-temporel, un lien se tisse entre nos deux personnages. La profondeur de ce lien est au cœur de ce qui les anime. Le Japon aime les histoires d'amour complexes et excelle dans ce genre. Your name en est un parfait exemple.

Originalité, poésie, émotion, mystère sont donc au rendez-vous. Ce n'est peut être pas encore du niveau du maître Miyazaki, mais on s'en rapproche indubitablement. Il manque encore la petite étincelle qui en ferait un vrai chef d’œuvre.


2 commentaires :

c'era una volta a dit…

Je les ai trouvés attachants nos deux "amoureux". Et le jeu d'échange des corps est cocasse ici. Je n'ai pas achoppé sur la répétition de leurs noms, cela s'entend par le fait qu'ils ne veulent pas s'oublier l'un l'autre et que ça a son importance par rapport aux évènements.

J'ai surtout beaucoup aimé les graphismes. Il y a eu plus d'un plan d'une beauté époustouflante.

En tout cas, même s'il y a un côté "magique" ou "fantastique" ou "surnaturel" (je cherche encore le bon mot :p )dans cette histoire, ça reste soft. Miyazaki, ses histoires peuvent aller jusqu'à l'étrange/bizarre :)

En tout cas, j'ai adoré et... j'ai déjà envie de le revoir!

La chèvre grise a dit…

@ C'era : au final, quelques semaines plus tard, je garde surtout l'impression de quelque chose de trop rock, qui manque de délicatesse. Pourtant j'ai bien aimé.