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05 avril 2017

BD Express #6

Le club des divorcés, de Kazuo Kamimura
Sensei Editions

L'histoire : Le combat quotidien d'une femme divorcée dans le Japon des années 70.

Mon avis : Présenté comme une œuvre forte de Kazuo Kamimura, que je connaissais davantage pour Lady Snowblood, j'ai découvert ce manga grâce à la bibliothèque municipale.

J'avoue être passée à côté de ce récit d'un monde qui a du beaucoup évoluer depuis. Chronique sociale intimiste de la vie d'une femme divorcée dans un Japon des années 70, Japon qui a officialisé le divorce mais qui marginalise les femmes qui ont osé user de ce droit.

Il est difficile, à moins de bien connaitre le contexte historique, de comprendre les choix limités qui sont ceux de Yûko. Alors certes, en début d'ouvrage, une longue préface tente de nous donner toutes les clés pour comprendre. Mais cela n'a pas suffi à ce que je me sente touchée par le récit de Kazuo Kamimura, comme j'avais pu l'être par sa Lady Snowblood assoiffée d'une vengeance héréditaire.

Mais surtout, j'ai eu du mal avec Yûko, qui se complait dans des situations qui la font souffrir, sans prendre de mesure pour tenter au moins de les résoudre : sa relation avec sa fille qui vit chez sa mère est au plus mal, son club a connu financièrement des jours meilleurs, et sa relation avec son barman est des plus ambiguës.



Un bruit étrange et beau, de Zep
Rue de Sèvres

L'histoire : Où est la valeur d’une vie ? Dans le bruit et la fureur ou dans le recueillement du silence ? Dans ses batailles ou ses renoncements ? William, lui, a choisi la solitude et le silence il y a 25 ans en intégrant l’ordre religieux des chartreux. Quand un héritage le contraint à quitter le monastère pour Paris, c’est tout un monde nouveau qu’il doit apprivoiser, des certitudes longuement forgées à interroger et surtout, son ancienne vie, laissée là, qu’il va retrouver.... Sa rencontre avec Méry, jeune femme aux jours comptés du fait d’une maladie incurable mais résolument décidée à profiter du temps qu’il lui reste, le confrontera à de nouvelles questions et compliquera ses choix.

Mon avis : Le dessin de Zep et les couleurs pastels sont parfaitement adaptés au portrait que l'auteur faire de William. Le graphisme pousse à entrer pleinement dans la psychologie du personnage. Cet homme qui a fait le choix d'une vie de silence est obligé de sortir de son monastère et va se mettre à douter. J'ai trouvé les doutes assez mal rendus, en fait, alors que sa redécouverte de la vie foisonnante d'une société est propice à de nombreux questionnements. Ce sont plus les personnages et surtout les femmes qu'il croise qui ont l'air de ne pas comprendre et de douter pour lui. Cela va le pousser certes à la réflexion, et remonter des souvenirs qui mettent en lumière son choix de vivre hors du monde moderne.

Le bruit étrange et beau est celui de la vie. Peut-être qu'en étant plongée dedans je n'y suis plus si sensible. Et si je n'ai pas été happée par cet album, il aura eu le mérite de me faire lever les yeux et regarder un peu plus autour de moi.

Planche Un bruit étrange et beau, de Zep


Stars of the stars, tome 1, de Joann Sfar et Pénélope Bagieu
Gallimard

L'histoire : Sept filles venues du monde entier sont convoquées à New York pour auditionner dans une prestigieuse école de danse. Parmi elles, Angoissette, la Juive new-yorkaise névrosée, et Maurisse, la Noire française déjantée, sont très loin des petits rats de l'opéra... Le concours dégénère avant même que des extraterrestres viennent se mêler de la sélection ! L'enfer ressemblerait-il à un huis clos de ballerines lancé sur orbite ? Le début d'une épopée cosmique et délirante, entre «Fame» et «Star Trek».

Mon avis : Après avoir eu un quasi coup de cœur pour California Dreamin' de Pénélope Bagieu, je me suis dit que je pouvais tenter sa collaboration avec Joann Sfar, dont je ne suis pas fan pourtant.

Et effectivement, on sent largement ici son influence. L'histoire est alambiquée, les questions racistes sur le devant de la scène sans qu'on comprenne vraiment pourquoi. Le trait de crayon si reconnaissable et particulier de Pénélope Bagieu ne fait ici pas mouche, n'apportant ni humour ni légèreté ou profondeur à cette histoire. Et les couleurs sont simplement hideuses. Je n'ai pas du tout aimé.