ShareThis

14 juin 2017

La fille du professeur [Sfar & Guibert]

Les auteurs : Né en août 1971, Joann Sfar est un auteur français de romans et de bande dessinée connu pour sa série du Chat du rabbin. Il collabore ici avec Emmanuel Guibert, aux dessin et couleurs, connu lui pour sa série La guerre d'Alan.

L'histoire : Trente siècles les séparent et pourtant... ils s'aiment !

Comment demander la main de Miss Liliane, la fille du professeur Bowell, quand on est perdu dans le Londres embrumé de la fin du XIXe siècle et momifié depuis trois mille ans ? Impossible, n'est-il pas ? Et pourtant, Imhotep IV, prince d'Égypte, amoureux follement emballé, est prêt à tout pour fuir avec sa bien-aimée les quais mal famés de la Tamise et rejoindre les rives ensoleillées de son Nil natal. Malheureusement, lorsque le destin et Sa Gracieuse Majesté s'en mêlent, tout s'emmêle, se complique et s'embrouille à tel point qu'on finirait par regretter le calme feutré d'un sarcophage bien capitonné.

Mon avis : Après l'échec de ma lecture de Star of stars de Sfar et Bagieu, et après mon abandon de La guerre d'Alan de Guibert, on pourrait se demander qu'elle idée a bien pu me traverser l'esprit pour entamer cette nouvelle lecture, qui réunit deux auteurs que je n'apprécie pas beaucoup. C'est que, j'avais un vague souvenir plutôt positif de cette bande dessinée, découverte dans ma jeunesse. J'ai donc voulu vérifier si Sfar, Guibert et moi ça ne fonctionnerait jamais. Et je ne suis pas certaine d'être convaincue.

L'idée est pourtant bigrement originale et tentante. Une momie tombe amoureuse d'une jeune fille. Ils se baladent dans les rues de Londres et ne manquent pas de se faire remarquer. Sauf qu'une suite de quiproquos va lancer le couple dans un jeu de chat et de souris avec la police.

Il manque malheureusement des accroches historiques réelles et le scénario est parfois trop bancal.  Les coups de génie sont pourtant bien là, mais si peu exploités, comme le père d'Imhotep pour un conflit de génération ou la reine Victoria en personne kidnappée et balancée à la Tamise. On ne saura pas comment Imhotep s'est retrouvé entre les mains du professeur Bowell. L'histoire d'amour n'est pas expliquée. Le récit se prend à la fois trop au sérieux et pas assez. Comme si les auteurs n'avaient pas su choisir entre humour, action et poésie, alors qu'il y avait vraiment ici matière à faire une petite pépite. L'ensemble ne décolle jamais alors que les actions s'enchaînent et les émotions restent dans le sarcophage.

La fille du professeur, de Sfar & Guibert - page 5
Par contre, les dessins et les couleurs d'Emmanuel Guibert m'ont charmée. Les tons sépia et le camaïeu de gris rendent merveilleusement l'ambiance surannée qui colle parfaitement à l'époque victorienne. L'ensemble véhicule une poésie indéniable, qui ne trouve malheureusement pas son écho dans le récit. Le découpage de chaque planche en six cases identiques n'apporte aucune monotonie mais un petit côté classique et vieillot plutôt bien vu.


La fille du professeur, de Sfar & Guibert
Éditions Dupuis
Octobre 2003

3 commentaires :

c'era una volta a dit…

Sfar ne m'emporte pas non plus mais Guibert, j'avais apprécié La guerre d'Alan et l'autre aussi.

Là de ce que je vois, le dessin me plaira. Reste à voir l'histoire et là... Mais ça mériterait que j'y jette un oeil.

La chèvre grise a dit…

@ C'era : oui, si tu le trouves en bibli, découvre le et on en reparlera :)

Karine a dit…

C'est hyper particulier. As-tu eu l'impression de prendre un récit au milieu?? Bizarre. Mitigée je suis.