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27 septembre 2017

L'île Louvre [Florent Chavouet]

Après Tokyo Sanpo et surtout Manabe Shima dans lesquels Florent Chavouet retraçait avec brio son voyage au Japon, je retrouve cet auteur pour une toute autre visite, celle du plus grand musée français, le Louvre.

L'histoire : Le musée du Louvre est devenu île, sous les crayons de couleurs de Florent Chavouet. Muni d’un pass délivré par les autorités du musée, il se rend sur ce territoire insulaire à la rencontre de ses habitants (ceux qui travaillent dans cette institution), de ses visiteurs (les touristes du monde entier) et de ses paysages (l’ensemble des salles et des œuvres exposées). Carnet de voyage en main, l’auteur s’amuse à nous décrire cette île-musée et ses traditions. Au fur et à mesure de ses déambulations, il nous plonge ainsi dans la vie quotidienne du Louvre, restituant avec un sens du détail digne des plus grands enlumineurs, les lieux les plus courus comme d’autres bien moins connus !

Mon avis : Après mon coup de cœur pour Manabe Shima, c’est avec plaisir que je me suis plongée dans cette nouvelle œuvre de Florent Chavouet. Cette fois, ce n’est pas un pays étranger qu’il nous propose de découvrir mais un musée, et rien de moins que le Louvre. Même si on en connait bien les salles, le Louvre reste souvent mystérieux tant il fourmille dans tous les sens. C’est en cela qu’il peut être considéré comme une ville avec ses différentes populations (les visiteurs et le personnel) ou ses codes propres. D’où la comparaison de l’auteur avec une île, un monde hors du temps et de la capitale. J’avoue ne pas avoir plus gouté que ça la métaphore de l’île, à mon sens totalement dispensable. Pour le reste, c’est toujours agréable de retrouver le style Chavouet si reconnaissable et qui ne respecte pas du tout les codes de la bande dessinée classique. Son œil reste plein de curiosité et d’humour mais toujours tendre.

Planche de L'île Louvre, de Florent Chavouet
L’auteur s’intéresse plus aux humains qu’aux œuvres. Il croque sur son carnet les êtres qu’il croise, jeunes ou vieux, français ou étrangers, gardiens ou visiteurs. Il rend merveilleusement une ambiance à partir d’anecdotes ou de réactions face aux œuvres plutôt que sur les œuvres elles-mêmes. Quelques fois juste dans les couloirs aussi, où, comme les visiteurs, le lecteur se perd avec délice. Le plan dépliable au centre de l'album est d'ailleurs un clin d’œil facétieux à ceux, souvent incompréhensibles donnés sur le site.

Dessin de L'île Louvre de Florent Chavouet
Il observe ceux qui observent. Les dessins débordent, fourmillent de détails dans tous les sens. C’est riche et généreux, à l’image du propos. Malgré tout, il y a un sentiment bizarre de trop peu à la fin de cet album, comme si on n’avait fait que survoler le sujet.

Une lecture qui m’a donné envie de m’organiser une petite visite au musée !


L'île Louvre, de Florent Chavouet
Éditions Futuropolis
Novembre 2015

3 commentaires :

keisha a dit…

Si ça donne envie de revoir le Louvre, c'est bien, non?
J'aime beaucoup Chavouet.

La chèvre grise a dit…

@ Keisha : j'aime beaucoup aussi. Il a un vrai univers différent. Et oui, ça donne envie d'y aller, d'ailleurs j'y suis allée très récemment pour voir cette fameuse salle de Khorsabad que je ne connaissais pas :)

XL a dit…

ce magnifique musée et le style Chavouet, je comprends le sentiment de trop peu !