ShareThis

08 novembre 2017

L'épinard de Yukiko [Frédéric Boilet]

L'auteur : Frédéric Boilet est un essayiste, photographe et auteur français de bande dessinée né en janvier 1960. Il a vécu et travaillé longtemps au Japon.

L'histoire : Ce livre raconte l'histoire d'un jeune homme qui tombe amoureux d'une jeune fille. Cela se passe au Japon et leur rencontre, d'abord professionnelle, devient plus intime.

Mais l'Amour est rarement aussi simple: Yukiko (la jeune fille) est aussi éprise de quelqu'un d'autre. Elle ne sait plus trop qui voir et qui choisir car le narrateur européen ne manque pas de charme non plus.

Mon avis : L'épinard de Yukiko est un des albums dont j'ai noté le titre après avoir lu Les ignorants d'Étienne Davodeau. Noté sans en connaître rien, sans savoir ce que j'allais lire. Bon, clairement ce n'est pas ma tasse de thé, mais le travail graphique et le point de vue adopté par l'auteur sont intéressants.

En effet, Frédéric Boilet n'apparaît quasiment jamais, il se contente d'être le vecteur par lequel le regard s'oriente, le cadrage changeant en fonction de là où il choisit de poser les yeux. L'angle de vue est subjectif et l'auteur croque alors ce qu'il voit : une Yukiko rencontrée lors d'un vernissage et dont il dessine les moindres faits et gestes, nue parfois. La jeune femme est au centre de tout. Elle et lui vont s'accorder quelques instants à eux, ceux d'une japonaise qui semble tomber petit à petit sous le charme de ce français qui a du mal à prononcer les h, ce qui est d'ailleurs à l'origine du titre étrange de cet album. Les deux personnages vivent donc une sorte de parenthèse dans leur vie ce qui, avec le parti pris graphique, donne une impression d'apesanteur au récit.

J'avoue ne pas avoir gouté l'histoire. Cette rencontre avec Yukiko, remplacée par une autre quasi-identique, rencontrée elle dans un train, comme si chaque femme était interchangeable, juste un prétexte pour l'art de l'auteur. Par contre, j'ai été impressionnée par les dessins, à se demander parfois s'il ne s'agirait pas de photographies noir et blanc ensuite crayonnées. Une force s'en dégage qui étonne et qui m'a poussée à scruter les détails.

L'épinard de Yukiko, de Frédéric Boilet - page 21

L'épinard de Yukiko, de Frédéric Boilet
Éditions Ego comme X
Août 2001

2 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un graphisme plutôt original, en effet.

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : oui, ça détonne dans ce que je lis actuellement.