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25 juin 2018

Ashford Park [Lauren Willig]

L'auteur : Née en mars 1977 à New York, Lauren Willig fait des études à Yale et Harvard, puis travaille dans un cabinet d'avocats tout en commençant à écrire sa série L’œillet Rose. Elle finit par abandonner le droit pour se consacrer à l'écriture.

L'histoire : Toutes les familles ont leurs secrets, mais celui d'Addie, la grand-mère de Clementine, est un peu plus lourd que d'autres...
Lorsqu'elle arrive à Ashford Park en 1905, Addie, jeune orpheline londonienne, n'a que 5 ans. Et si son oncle et sa tante l'accueillent dans la plus grande indifférence, la fillette passe une enfance heureuse auprès de sa cousine, la belle et audacieuse Bea. Entre elles deux, naît une amitié indéfectible que seule la Grande Guerre parvient à briser : Addie s'engage comme infirmière quand Bea fuit l'Europe avec Frederick, l'homme dont sa cousine est pourtant follement éprise.
Bien des années passent sans que les jeunes femmes ne se donnent de nouvelles, jusqu'au jour où, contre toute attente, Bea supplie Addie de la rejoindre au Kenya. Un voyage qui changera le cours de son destin...

Mon avis : Sur l’avis positif de quelle blogueuse ai-je pu mettre ce roman dans ma PAL ? Mystère. En tout cas, ici, je suis loin de mes lectures habituelles. Vous croisez assez peu de sagas familiales sur le blog. Non pas que ça me déplaise, juste que ça me laisse généralement peu de souvenirs et que le style est rarement remarquable. Ce sera le même constat ici.

Nous suivons Clemmie lancée sur les traces de la vie passée de sa grand-mère Addie. Sa propre vie connait des remous : fiançailles rompues, patron despotique, travail non-stop pour assouvir des ambitions, relations familiales compliquées voire tendues. Et puis sa grand-mère qui fête ses quatre-vingt dix neuf printemps mais n’est plus que l’ombre d’elle-même. Addie va d’ailleurs lâcher quelques mots qui feront l’effet d’une bombe pour sa petite-fille. Clemmie va déterrer des secrets de famille enfouis depuis des dizaines d’année.

Le plus intéressant dans ce roman n’est pas forcément très développé, juste utilisé comme une trame de fond : la fin de l’aristocratie avec la Première guerre mondiale, qui va bouleverser le monde. Le XXe siècle s’annonce très différent du précédent. Certains refusent ce changement, comme Lady Ashford. D’autres le subissent comme pas mal de soldats revenus du front marqués à vie de bien des manières possibles. D’autres encore saisissent cette opportunité à bras le corps pour sortir des carcans qui leurs étaient imposés. Et puis il y a ceux qui ne trouvent leur place nulle part, ni dans l’ancien ni dans le nouveau monde, comme Bea, la cousine adorée d’Addie. Avec elle, on va suivre la jeunesse dorée qui, pour oublier un avenir incertain, s’abrutit de musique, d’alcool et de drogues et court les fêtes.

L’auteur a un style fluide et brosse des personnages qu’on a plaisir à suivre. Sans urgence, elle n’hésite pas à poser une ambiance. Comme souvent dans ce genre de roman, on alterne récits passé et présent. Ici, c’est habilement fait, sans lasser ou perdre le lecteur. Malheureusement, ça reste un peu trop superficiel sur bien des aspects : retour des soldats, installation dans les colonies… bien des éléments auraient pu être passionnants à creuser. Certains rebondissements sont prévisibles mais Lauren Willig enrichit son récit de références littéraires qui enchanteront plus d’un lecteur. Loin de la niaiserie redoutée, elle fait du personnage de Clemmie une femme autonome et intelligente, qui a juste besoin qu’on lui secoue un peu les plumes pour se sortir de sa torpeur. Dommage d’avoir donné ce rôle à un homme, comme si une femme ne pouvait pas être sans mâle. Romance oblige.

Ashford park, de Lauren Willig
Traduit par Françoise Rose
Éditions Pocket
Juin 2015