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13 juin 2018

La maison [Paco Roca]

L'auteur : Paco Roca est un auteur espagnol de bande dessinée, né en 1969.

L'histoire : Un an après le décès de leur père, deux frères et leur sœur reviennent dans la maison de leur enfance pour en organiser la vente. Mais chacune des vieilleries qu’ils jettent réveille une part enfouie de leur mémoire. La crainte que les souvenirs de cette vie passée au côté de leur père s’évanouissent au fur et à mesure que la poubelle se remplit les engage dans un échange empreint de nostalgie.

Mon avis : Cet album m’a fait penser à Chute de vélo d’Etienne Davodeau, pour le retour de toute une fratrie dans une maison désormais abandonnée par les parents. Mais ici le propos est plus naturel : pas de drame, juste le questionnement existentiel habituel auquel les enfants font face lorsque le deuil arrive. Car le père est mort et il faut désormais que les deux frères et leur sœur décident de ce qu’ils vont faire de la maison. Ils commencent par nettoyer et trier un peu, dans l’optique d’une vente. C’est l’occasion de se souvenir de moments heureux.

Malgré le deuil et le poids de la décision à prendre, vendre ou non cette maison où les trois enfants sont si peu allés du vivant de leur père, la maison est empreinte de douceur et de nostalgie. Tout y est prétexte à réveiller les souvenirs qui, avec la distance et le temps, sont abordés de façon plus heureuse peut être que sur l’instant. Il n’empêche que le regard des trois enfants forme un huis clos familial qui montre que le temps file bien trop vite et qu’il ne faut pas oublier de profiter de chaque instant. Au-delà de la douleur de la perte d’un ascendant, c’est aussi celle de la perte des racines familiales. Les frères et sœur se chamaillent car ils n’ont plus forcément grand-chose en commun en dehors de cette jeunesse. Ils mènent chacun leur vie de leur côté. Au cœur de cette maison, ils vont redécouvrir leur histoire.

Une histoire très banale mais tout à fait universelle. Elle parle forcément à ceux qui ont perdu un de leur proche, mais également aux autres puisqu’il est dans l’ordre des choses dans passer par là.

Le format paysage rappelle les anciens albums photos des grands parents et cette impression est accentuée par le découpage des cases et surtout la palette chaude de couleurs. Le dessin n’a rien de notable mais reste dans la ligne douce du propos tenu, sobre et juste. On se plait à scruter les détails qui nous ramènent forcément à notre propre histoire.

Un album touchant qui respire l’authenticité.

La maison, de Paco Roca
Éditions Delcourt
Mai 2016