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03 septembre 2018

Allmen et les libellules [Martin Suter]

L'auteur : Né en février 1948 à Zurich, Martin Suter est un écrivain suisse de langue allemande. Il a longtemps travaillé dans la publicité et dans des magazines papier ou télévisés

L'histoire : Johann Friedrich von Allmen, la quarantaine élégante, collectionne les œuvres d'art. Une occupation devenue dangereuse pour ce dilettante séducteur et raffiné depuis qu'il a dilapidé la fortune familiale et s'est attiré la rancœur de certains proches, victimes de ses trafics. Il doit se résoudre à se séparer de bon nombre d’œuvres et s'installe dans la maison du jardinier en compagnie de Carlos, son fidèle majordome guatémaltèque.
La chance semble tourner lorsqu'il rencontre Jojo, une belle femme dans la fleur de l'âge. Dans sa demeure, il découvre cinq coupes Art nouveau ornées de libellules, chacune porteuse d'un secret. Il décide aussitôt de s'en emparer, à grand renfort de ruses et de précautions, en espérant régler ses dettes.

Mon avis : J’ai eu envie de me pencher un peu sur la littérature suisse mais je n’ai pas trouvé grand-chose en dehors des romans de Martin Suter. J’ai donc commencé avec le premier volet d’un personnage récurrent, Allmen, sans trop savoir à quoi m’attendre.

Johann Friedrich von Allmen est un collectionneur qui aime mener grand train. Au point qu’il perd la fortune héritée de papa et doit sacrifier une partie de sa chère collection pour rembourser ses dettes. Qu’il continue toujours à contracter par ailleurs. Ne reste plus aujourd’hui autour de lui que le strict nécessaire, dont Carlos, son serviteur guatémaltèque qui a parfois des airs de Jeeves tant il trouve à résoudre des situations complexes et surveille les arrières de son maître. Le personnage peine à être sympathique. Seul Carlos amuse le lecteur, car sans lui, point de salut pour Allmen. C’est sur ses épaules que repose le quotidien et grâce à lui qu’Allmen conserve ses habitudes d’aristocrate. J’avoue que le manque de réalisme d’Allmen sur les mesures à apporter pour rétablir son équilibre économique m’a plus agacé qu’amusée en fait. Il accorde une telle importance à son image qu’il dilapide les rares francs qu’il a en pourboires, pour paraître plus riche qu’il n’est désormais.

Le polar est ici très classique et sage, sans grand chamboulement ou retournement, sans course poursuite. Polar est même un bien grand mot, car Allmen n’est pas un enquêteur dans l’âme, loin s’en faut. On flirterait plutôt avec l’aventure s’il y avait un minimum d’actions dans ce récit. Mais en dehors d’un vol à l’étalage et de quelques coupes dérobées, il n’y a pas grand-chose. Une histoire assez terne donc, cela pouvant s’expliquer par un premier tome qui ne ferait que poser le décor avant que la série ne prenne plus son envol dans les suivants. Le problème étant qu’à la lecture de celui-ci, je n’ai pas très envie de perdre mon temps à lire les autres.

Le plus intéressant reste le fait divers raconté, basé sur une histoire vraie, celle du vol de la coupe de Gallé à motif de libellules volée en Suisse après un prêt du musée de l’école de Nancy, avec quatre autres œuvres. Dommage que cet aspect, comme la plongée dans le monde des collectionneurs, n’ait pas été davantage creusé.

Allmen et les libellules, de Martin Suter
Traduit par Olivier Mannoni
Christian Bourgeois Éditeur
Mai 2011

6 commentaires :

hélène a dit…

Je suis d'accord pour les oeuvres de cet auteur. On les lit. On se dit c'était bien. bien ficelé, efficace, et pourtant, on n'a pas envie d'aller voir plus loin... Je trouve ses romans froids. froidement efficaces

La chèvre grise a dit…

@ Hélène : je ne suis même pas sure de m'être dit que c'était bien, efficace et bien ficelé. Y a une sorte d'ennui latent, qui est porté par le personnage lui-même en fait.

maggie a dit…

Vu tes bémols et tous els romans policiers que j'ai déjà à lire, je crois que je vais m'en passer... ( dommage, j'adore l'art nouveau)

Alex Mot-à-Mots a dit…

Que de déceptions avec cette lecture. Je suis certaine qu'il y a d'autres auteurs suisses qui te conviendront mieux.

Violette a dit…

j'avais beaucoup aimé éléphant. Sinon, j'ai découvert il y a peu que Friedrich Dürrenmatt était en fait suisse et il a produit quelques récits géniaux!

La chèvre grise a dit…

@ maggie : je pense que tu fais bien.

@ Alex Mot-à-mots : le problème c'est que je ne les connais pas ces auteurs suisses !

@ Violette : ah, merci pour le tuyau, je vais aller voir ça !