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17 décembre 2018

Abandon de lecture #6

La source, d'Anne-Marie Garat
Éditions Actes Sud

L'histoire : Venue au Mauduit, petit village de Franche-Comté, au motif officiel d'obtenir de la mairie l'autorisation, pour ses étudiants en sociologie, de consulter les archives communales de cette si banale petite bourgade française, la narratrice, hantée par la sombre énigme de son propre passé familial, ignore qu'elle va y faire une rencontre décisive en la personne de Lottie, solide et intimidante nonagénaire, désormais seule occupante de la vaste demeure des Ardenne, construction aussi baroque qu'extravagante édifiée sur des terres de mauvaise assise dans un méandre de la rivière qui coule en contrebas du bourg.
Soir après soir, la vieille dame qui, faute d'hôtel au village, accepte de loger la visiteuse, dévide pour elle l'histoire du domaine où elle est entrée comme bonne d'enfant à l'orée du XXe siècle. Mais faut-il la croire sur parole, elle qui dit n'être que la récitante des fantômes qui ont jadis habité ces murs, ou sont partis vers l'Afrique, le Tonkin ou les forêts du Yukon ? Et que faire du récit de cette conteuse acharnée qui, sans avoir jamais quitté sa campagne, rêve peut-être à haute voix quelque exotique roman de la filiation dont elle contraint la narratrice à devenir la dépositaire ?
Où les histoires prennent-elles source et où vont-elles une fois racontées ? La narratrice, écoutant la vieille Lottie, devine-t-elle en quoi celle-ci va éclairer son propre destin ?
Car les récits ni les contes ne sont d'inoffensives machines et leurs puissants sortilèges s'entendent à recomposer jusqu'à la matière même du temps.

Mon avis : Ici, j'ai eu un vrai problème de style. Les phrases sont trèèèèès longues et, arrivé à la fin, on ne sait plus quel était le sujet, tant les divagations ont été nombreuses entre temps. C'est donc une lecture exigeante, mais pourquoi pas. Si la poésie des mots avait su me toucher, j'aurais peut être pu continuer. D'autant que je n'étais pas loin par moment de me laisser emporter. Sauf qu'à toujours être sur le fil et à ne jamais vraiment basculer du côté plaisir de lecture, j'ai préféré arrêter.

"C'est que dans nos localités on a beau s'amuser à son négoce, ses trafics et ses besognes domestiques, aux fêtes publiques, aux rogations et autres processions, on est surtout abonné au désœuvrement. Aussi, pour se désennuyer, hormis un trépas irrégulier, il s'en produit parfois d'intéressants mais les crimes et les suicides sont rares, les adultères trop fréquents pour divertir vraiment, faut-il s'évertuer à enfler l'anecdote, faire des imaginations qui alimentent le commérage, broder l'accessoire, monter en œufs à la neige les petits faits compliqués de bruits d'ailleurs, si exotiques qu'ils n'ont consistance ni véritable incidence, mais même cela laisse sur sa faim."

Abandon page 92


Courrier des tranchées, de Stefan Brijs
Éditions Héloïse d'Ormesson

L'histoire : Londres, à l'aube de la Première Guerre. John refuse de s'enrôler, à l'inverse de son meilleur ami Martin, mû par un patriotisme vibrant. Bercé par Keats et Thackeray, John préfère se consacrer à la littérature, loin de la violence du conflit. Mais celle-ci ne va pas tarder à se rappeler à lui lorsqu'il découvre une terrible lettre, que son père, facteur, a omis de remettre à la mère du jeune soldat.

Mon avis : J'avais envie d'un roman se passant pendant la Première guerre mondiale après ma visite du mémorial de Verdun. C'est donc avec enthousiasme que j'ai entamé ma lecture. Mais le personnage de John est trop mollasson et moralisateur, celui de Martin trop buté et brute épaisse. A plus de 200 pages, le récit n'a toujours pas décollé et aucune nouvelle des tranchées mises en avant par le titre. En commençant à reprendre ce roman à contrecœur, j'ai préféré laisser tomber.


Abandon page 216



Bakhita, de Véronique Olmi
Éditions Albin Michel


L'histoire : Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.

Mon avis : Très intéressée par le sujet, c'est avec enthousiasme encore une fois que je me suis plongée dans cette lecture, encouragée en plus par la multitude d'avis positifs. Et j'ai vite déchanté devant le style de l'auteur qui, au lieu de travailler les mots justes pour dire les émotions, préfère rallonger la sauce, user de longues périphrases répétitives qui ont le don de m'agacer. Si encore on sentait pointer de la poésie, pourquoi pas, mais c'est loin d'être le cas.

 Abandon à 9%

1 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Bakhita ne m'avait pas plu, mais je ne l'avais pas abandonné. Pas celui-ci, en tout cas.