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11 février 2019

L'étrangleur de Cater Street [Anne Perry]

L'auteur : Anne Perry est une écrivaine britannique connue notamment pour plusieurs romans policiers se déroulant à l'époque victorienne. Elle est également connue pour avoir inspiré de son histoire vraie le film Créatures célestes de Peter Jackson. L'étrangleur de Cater Street est son premier roman et fait partie de la série Charlotte Ellison et Thomas Pitt.

L'histoire : Suffragette avant l'heure, la téméraire Charlotte Ellison n’aime ni l’étiquette ni le badinage des jeunes filles bien nées. Dévorant en cachette les faits-divers des journaux, sa curiosité la mêlera à une affaire des plus périlleuses, aux côtés du séduisant inspecteur Pitt de Scotland Yard. Dans le Londres des années 1880, le danger guette et les femmes en sont souvent la proie...

Sherlock Holmes en jupons, la divine Charlotte dénoue son premier crime et inaugure une longue série d’enquêtes haletantes, dévoilant une Angleterre victorienne pleine de secrets.

Mon avis :Depuis le temps que j’entends parler d’Anne Perry, il fallait bien que je découvre ses œuvres un jour. C’est aujourd’hui chose faite avec son tout premier roman L’étrangleur de Cater Street que j’ai étonnamment beaucoup apprécié.

Ce qui est surtout très prenant dans ce roman, c’est l’ambiance : les mœurs et coutumes de la bourgeoisie anglaise à l’époque victorienne. La famille Ellison considère avec dédain et hauteur ceux de condition inférieure à la leur, tout en louchant avec une envie, teintée de réalisme, vers la sphère aristocratique. Une vraie plongée dans l’Angleterre victorienne qui est un vrai bonheur. On ne quitte quasi pas le domicile familial, comme un huis clos, dans lequel cette bonne société se livre : tenue de la maison, œuvres de charité, contraintes relationnelles de bon voisinage… Et autour, presque interchangeable, les domestiques servent ce beau monde.

Au milieu de cette famille, Charlotte a sa particularité : elle est d’une franchise stupéfiante, incapable de cacher ses pensées, alors que les règles du savoir-vivre féminin de l’époque lui imposeraient plutôt de se taire. Anne Perry s’attache surtout à cet aspect de la société d’ailleurs : le rigorisme dans lequel on enferme les femmes depuis des générations. Dans la famille Ellison, un vent de révolte semble souffler cependant. L’hypocrisie est montrée du doigt : les hommes peuvent tricher, trahir et tromper sans que leur honneur soit entaché mais malheur à une femme qui n’aurait que l’audace d’y songer !

Côté enquête, elle est quasi inexistante. L’intrigue est assez évidente et ne se déploie pas vraiment. On notera du côté des bémols la fin, un peu abrupte, qui nous laisse sans plus d’explication une fois l’assassin pris sur le fait. Comme s’il ne s’agissait là que d’un prétexte pour mettre en présence les deux héros que sont Charlotte et l’inspecteur Thomas Pitt. L’intérêt est relancé à chaque visite de l’inspecteur et on se plait à suivre leurs échanges, à voir se dessiner une tendresse sous les préjugés, dont ils tentent de se dépêtrer. Comme on se concentre essentiellement sur Charlotte et sa famille, on ne mène pas l’enquête avec Thomas Pitt, contrairement à ce qui est souvent le cas dans ce type de roman. Charlotte elle-même n’enquête pas, bien évidemment. Et le lecteur s’amuse grandement de l’étroitesse d’esprit des hommes, qui n’imaginent pas un instant que l’assassin puisse venir du même milieu qu’eux, tandis que les femmes, traitées comme des enfants, sont tenues éloignées de ces sombres événements.

Un roman qui m’aura permis de m’évader avec des personnages attachants sans être caricaturaux.

L'étrangleur de Cater Street suivi de Le mystère de Callander Square, d'Anne Perry
Traduit par Annie Hamel et Roxane Azimi
Éditions 10/18
Novembre 2014

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'aime bien les romans de cette auteure pour l'ambiance très anglaise qui s'en dégage.

nathalie a dit…

Je trouve qu'elle a un style hyper plat, mais en effet ses romans valent surtout pour l'ambiance et le rôle des personnages féminins, qui sont bien mis en valeur.

Karine a dit…

J'aime bien cette série, pour l'aspect historique et pour les personnages. Ça fait tellement longtmeps que je n'ai pas pris un tome de la série!

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : voilà, c'est exactement ce que j'ai apprécié dans ce roman.

@ Nathalie : c'est vrai que ça ne brille pas par le style. Je m'attendais à quelque chose de plus marquant.

@ Karine : petite piqûre de rappel alors :)