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26 février 2020

La femme aux cartes postales [Jean-Paul Eid & Claude Paiement]

Les auteurs : Né en 1964, Jean-Paul Eid est une grande figure de la bande dessinée québécoise. Il est dessinateur et scénariste. Pour La femme aux cartes postales, il s'est associé à Claude Paiement pour co-scénarisé l'album pour lequel ils ont obtenu le grand prix de la ville de Québec en 2017 au FBDFQ.

L'histoire : Sainte-Catherine Street, Montréal, Québec.

1957. Rose quitte sa Gaspésie natale en laissant derrière elle une lettre sur son oreiller. Elle n'a qu'un rêve en tête : briller sur les scène des prestigieux cabarets de la métropole. À cette époque, Montréal est un haut lieu de la vie nocturne et l'une des escales obligées des plus grands jazzmen. Les nightclubs brillent de tous leurs feux et la mafia fait des affaires d'or. Mais l'arrivée du rock'n'roll, de la télévision du jeune maire Drapeau va sonner le glas de cet âge d'or.

2002. En Gaspésie, un étranger vient d'acquérir une maison abandonnée mise aux enchères ; photos aux murs, vieux piano désaccordé, et au fond d'un placard, un terrible secret de famille...

Mon avis : Une petite pépite venue de Québec, voici ce qu’est La femme aux cartes postales. Et je remercie chaudement ma cousine pour ce très beau cadeau !

On fait donc la connaissance de Rose, habitée depuis sa jeunesse par le désir d’être chanteuse de jazz. Elle va quitter son petit bout de campagne québécoise et sa famille pour vivre ce rêve, accompagnée de deux acolytes. Sauf que le jazz commence à être détrôné par le rock’n’roll. Les clubs ferment ou changent registre. Alors le trio prend la route et écume les clubs de la côte Est, jusqu’à Cuba. Un long chemin de vie qui trouve sa fin dans les années 2000 avec l’effondrement du World Trade Center.


D’abord, ce qui saute aux yeux en premier lorsqu’on ouvre cet album, c’est la qualité des dessins. Ils font merveille pour nous plonger dans le Montréal des années 60. Une atmosphère folle se dégage de chaque case dont les jeux d'ombres et de lumières sont parfaits. Alors que tout est en dégradé de gris, on a bizarrement l’impression de "voir" les couleurs des salles où Rose se produit. Et il y a une vraie douceur qui flirte parfois avec la nostalgie.

En tant que lectrice française, j’ai adoré le parler québécois. Le rythme est lent et l’album prend son temps pour poser l’ambiance et la relation entre les personnages, installer l’histoire qui sait parfois surprendre le lecteur. On ne peut que penser à un roman noir à l’ancienne, la violence en moins. Ce drame familial est un récit très original, une intrigue fichtrement réussie qui fait mouche car je n’ai soupçonné la fin à aucun moment.

Une magnifique découverte que je vous conseille très très fortement !

La femme aux cartes postales, de Jean-Paul Eid et Claude Paiement
Éditions La Pastèque
Juillet 2016

2 commentaires :

XL a dit…

tu recommandes et j'ai très envie de suivre ton conseil, je suis très sensible aux bandes très bien dessinées

La chèvre grise a dit…

@ XL : c'est clairement le cas ici ! Une vraie ambiance, un vrai beau dessin. Et pourtant, j'ai eu un moment de doute en commençant parce que je ne suis pas très fan de jazz donc j'ai craint de ne pas être intéressée. Mais pas du tout !