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11 mars 2020

Jane [Aline Brosh McKenna & Ramón K. Pérez]

Les auteurs : Née en août 1967, Aline Brosh McKenna est une scénariste, productrice et réalisatrice américaine d'origine française. Elle est notamment connue pour avoir écrit Le diable s'habille en Prada et travaille ici pour la première fois pour le 9e art en 2017 avec Ramón K. Pérez, auteur de bande dessinée canadien né en juin 1973.

L'histoire : Ayant connu une enfance malheureuse dans une petite ville de la Nouvelle Angleterre, Jane décide de partir vivre à New York pour se lancer dans des études d’Art. Bien obligée de se trouver un job pour payer son école, elle est embauchée comme nounou pour le compte d’un puissant et mystérieux homme d’affaires, Rochester. Veuf, constamment en déplacement pour son travail, il laisse à la jeune femme les clés d’un immense appartement, visiblement hanté de secrets, et la charge de son adorable fille, Adèle, une enfant solitaire, comme elle, dont elle se lie très vite d’amitié. Mais alors qu’elle prend ses marques et s’adapte à sa nouvelle vie, Jane se retrouve prise dans une spirale romantique, faite d’intrigues et de dangers… Au-delà de ses rêves d’enfance les plus fous.

Mon avis : Si je ne devais emporter qu'un seul livre sur une île déserte, ce serait certainement Jane Eyre. Rarement un roman m'aura autant touchée. Et bien qu'il fasse partie lui aussi des grands romans de la littérature classique britannique, comme tous les romans des sœurs Brontë, il est bizarrement moins adapté que les romans de Jane Austen. Alors, quand j'ai entendu parler de cette adaptation en bande dessinée, je n'ai pas pu résister.

Première chose, les dessins. Ils sont symptomatiques de la totalité de l'ouvrage, à la fois réussi et râté. Je m'explique. Les planches crayonnées et grises sont simplement magnifiques. Par contre, dès que la couleur arrive, apportant certes de la modernité à l'ensemble, le dessin se fait beaucoup trop simple et grossier. Il manque terriblement de charme ! Pour autant, j'ai apprécié les libertés de mise en case prise par le dessinateur, apportant là aussi dynamisme et modernité.

Planche de Jane, d'Aline Brosh McKenna et Ramón K. Pérez

Bref, vous l'aurez compris, avec cet album on passe d'un extrême à l'autre, d'une plongée totale et réussie dans l'univers de Charlotte Brontë, version moderne, à une banale version un peu mielleuse et niaise. Il faut dire qu'il est forcément difficile de rendre la profondeur de caractères et de sentiments, que l'auteur  initiale développe pendant plus de 700 pages en seulement 240 pages dessinées ! Du coup, le récit va trop vite et prend trop de raccourcis, manque de densité pour être un peu crédible. Pour autant, le mystère, l'atmosphère, la relation étrange entre Mr Rochester et Jane, tout ceci est vraiment bien rendu. La version moderne de ce qui arrive à Mrs Rochester est elle aussi bien trouvée. Et ces libertés prises avec le roman permettent d'apporter une dose de découverte agréable.

Une belle découverte que le relirai avec grand plaisir, mais qui a malgré tout des défauts indéniables.


Jane, de Aline Brosh McKenna et Ramón K. Pérez
Éditions Glénat
Février 2019

4 commentaires :

Grominou a dit…

Mince alors, le contraste entre les deux types de dessins, je crois que ça m'aurait fait décrocher complètement!

La chèvre grise a dit…

@ Grominou : comme tout le reste de l'album, ça étonne, ça déçoit mais en même temps ça a un certain charme. C'est vraiment difficile à dire, cette impression d'être vraiment coupée en deux sentiments : avoir vraiment aimé et en même temps pas aimé du tout.

Mypianocanta a dit…

Comme Grominou, le contraste de graphisme me ferait décrocher ; je la feuilleterai si je la croise en librairie pour voir. Mais cela ne m'incite guère à me la procurer.

zarline a dit…

Je rejoins les autres commentaires, la différence entre les deux planches est frappante. Je pense plutôt relire le roman, découvert ado et plus relu depuis. D'ailleurs, quand tu dis qu'il fait 700pages, c'est beaucoup plus long que dans mon souvenir. Aurais-je lu une version abrégée? Dans ce cas, il faut vraiment que je m'y replonge.