Il reste encore un mois pour visiter cette belle exposition qui, pour peu que vous appréciez les réalisations du studio Ghibli, vous présente le travail du réalisateur Isao Takahata, co-fondateur moins connu que Hayao Miyazaki, mais plus que Toshio Suzuki. Elle retrace, à travers ses carnets, croquis et dessins préparatoires en tout genre, la carrière de ce réalisateur à qui on doit Le tombeau des lucioles ou Le conte de la princesse Kaguya.
![]() |
| Horus, prince du Soleil ©1968 TOEI COMPANY, LTD. © Graziella Antonini |
Né en 1935 (et mort en 2018), Isao Takahata étudie la littérature française à l'université de Tokyo. Il découvre ainsi Jacques Prévert et son travail avec Paul Grimault pour La Bergère et le Ramoneur, qui le marque et lui donne sa vocation artistique. En 1959, il rejoint donc le studio d'animation Tōei Animation pour devenir réalisateur mais commence par diverses taches subalternes et fait la rencontre de Miyazaki. Horus, prince du soleil est son premier long métrage destiné au cinéma. Il ne s'y limite pas à une représentation enfantine de la narration et décide d'adresser son récit aussi aux adultes, avec des tensions politiques et une densité narrative. L'exposition montre toute l'ingéniosité de Takahata pour faciliter la production collective et la construction d'un univers narratif complet et complexe.
Le succès n'étant pas au rendez-vous, les producteurs se recentrent vers la production télévisuelles. A partir de là, Miyazaki et Takahata collaborent très fréquemment sur des films dont Nausicaä de la vallée du vent en 1984 et sur des séries télévisées Lupin III, Heidi en 1974, Anne et la maison aux pignons verts en 1979... pour lesquelles l'équipe déploie des trésors d'ingéniosité pour être minutieux tout en respectant les contraintes de planning de production d'un épisode par semaine. Un vrai travail d'équipe où chacun joue sa partition.
A partir de 1981, Takahata se réoriente vers des productions se déroulant au Japon. En 1985, il cofonde le studio Ghibli et sort Le tombeau des lucioles en 1988, Souvenirs goutte à goutte en 1991 et Pompoko en 1994. Dans les années 90, il se plonge dans l'étude des anciens rouleaux peints (emakimono) et donc la culture visuelle traditionnelle au Japon, cherchant là un nouveau style d'animation où personnages et décors sont intégrés. Cela débouche en 1999 avec Mes voisins les Yamada et en 2013 sur Le conte de la princesse Kaguya. Sa représentation tire alors clairement sur l'aquarelle et s'appuie sur les dernières technologies numériques pour donner vie au crayonné. C'est à la fois traditionnel et follement moderne.
50 ans d'audace et de créativité toujours renouvelées qui se révèlent dans cette belle exposition qui montre aussi l'importance de la France pour ce réalisateur japonais, qui fit pas moins de 26 voyages en Europe, notamment pour des repérages !
Informations utiles :
Du 02 décembre 2025 au 10 janvier 2026
Du mardi au samedi de 11h à 19h, fermé les dimanches, lundis et jours fériés
Maison de la culture du Japon à Paris
101 bis, quai Jacques Chirac
75015 Paris
Tel : 01 44 37 95 00
Tarif normal : 7€ pour l'exposition
Tarif réduit : 5€
Site de la Maison de la culture du Japon à Paris ici



Commentaires
Enregistrer un commentaire