BD Express #43

Garance, de Séverine Gauthier et Thomas Labourot

L'histoire
: Garance marche sur l'eau. C'est un secret. Léopold, son ami de toujours qui, comme tous les ans, vient passer les vacances en bord de mer, ne l'a jamais cru. Cet été, décidée à le convaincre, elle lui confie d'où elle tient ce pouvoir : elle l'a hérité de son père, un géant qui vit sur une île. Garance propose qu'ils lui rendent visite et aussitôt ils prennent la mer à bord d'une frêle embarcation...

Mon avis : Un beau dessin, une jolie idée d'histoire dans une ambiance mélancolique à souhait. Ce récit, destiné aux plus jeunes, souffre cependant du manque d'une histoire vraiment traitée et mise en récit. Ici, on aborde le deuil d'un parent avec délicatesse, dans une contexte de vacances estivales. Pour survivre, la jeune Garance imagine que son père décédé est un géant aux allures de surfeur du dimanche, exilé sur une île, qui bat des pieds pour provoquer les vagues que les vacanciers au bord de l'eau aiment contempler. Le temps d'un souffle, elle va emmener son compagnon à la rencontre de ce paternel manquant. Pourquoi pas, seulement le récit est bien trop court pour faire de ce début quoi que ce soit. 32 pages seulement, et à peine Léopold rencontre ce géant qu'il repart et, devenu grand, se souvient avec nostalgie de cet instant.

On peut donc voir ici de la délicatesse dans le traitement du deuil, la nostalgie des instants fugaces qui marquent à jamais, mais il n'y a pas vraiment d'histoire et c'est très dommage.



Le trop grand vide d'Alphonse Tabouret, de Capucine, Sybilline et Jérôme d'Aviau

L'histoire
: Il était une fois, Alphonse Tabouret. Il est né dans une forêt, avec le Monsieur, qui s’est un peu occupé de lui, mais pas très longtemps. Un jour le Monsieur se fâche, pour une broutille de rien du tout, et laisse Alphonse tout seul. C’est là que son périple commence. Au fil des rencontres, il découvre des gens, bestioles, bidules, qui le font grandir un peu et lui font vivre des aventures chouettes et sans trop le vouloir vraiment. Le T.G.V. d’Alphonse Tabouret, c’est une promenade un peu naïve et tendre, avec parfois des trucs rigolos.

Mon avis : J'ai longtemps tourné autour avant de finir par le lire et peut être mes attentes, du fait des nombreuses critiques très élogieuses, étaient elles trop importantes ?  Car j'en ressors déçue et pas particulièrement touchée par les aventures de ce petit Alphonse, être qui se réveille sans aucun souvenir et qui apprend tout de ce qui l'entoure et de ceux qui croiseront sa route. Le potentiel est là, mais je n'ai pas du tout compris l'histoire racontée. C'est naïf, étrange, sans propos particulier. Un brin poétique dans les jeux de mots par moment, mais pas vraiment drôle. Le dessin est faussement candide, tout en légèreté. Côté personnages, on pourra reprocher aussi que les deux seuls féminins soient des harpies. Bref, Alphonse semble perdu au milieu de tout ça, et moi avec lui.



Le jour où le bus est reparti sans elle, de Beka, Marko et Cosson

L'histoire : Le jour où le bus est reparti sans elle, Clémentine se retrouve coincée dans une singulière épicerie de campagne, loin de tout… mais jamais aussi près de trouver ce qu’elle cherche : des réponses à ses doutes existentiels. Les histoires zen d’Antoine, l’incroyable épicier, l’expérience de Chantal l’écrivain, le passage de Thomas le PDG-randonneur, vont irrémédiablement changer la vision de la vie qu’avait Clémentine. Comme chacun de ces personnages, la jeune femme va essayer de trouver son chemin vers le bonheur. Même si, comme tous les chemins, il emprunte parfois d’étranges détours… 

Mon avis : Le premier tome d'une série que j'ai souvent vu passer sur la blogosphère et les réseaux. Je me demandais de quoi il était question et je l'ai emprunté à la bibliothèque. Il a fallu attendre pour qu'il soit disponible. Du coup, je m'attendais surement à quelque chose de plus. Il n'y a pas vraiment d'histoire, juste une succession de petits récits pseudo-philosophiques sensés vous faire voir la vie du bon côté, vous remettre sur les rails du bonheur en vous attachant aux petits signes du quotidien plutôt qu'à la quête d'un épanouissement universel illusoire. C'est bien trop simpliste et facile, comme s'il suffisait de vouloir pour pouvoir. Le dessin n'est pas particulièrement beau non plus. Donc, clairement, je ne lirai pas les huit autres tomes de la série.

Pour faire plus simple, vous pouvez réécouter "Il en faut peu pour être heureux", le message est le même !

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