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06 juillet 2009

NonNonBâ [Shigeru Mizuki]

L'auteur : Shigeru Mizuki, de son vrai nom Shigeru Mura, est un mangaka japonais (ou auteur de manga), né en mars 1922. Il est considéré comme un des fondateurs du manga d'horreur et de tout ce qui touche aux monstres, esprits et fantômes japonais, notamment les yôkai.

NonNonBâ est sa façon de raconter son initiation à ce monde imaginaire traditionnel japonais.

En 2007, le festival d'Angoulême lui donne le Prix du meilleur album pour ce manga.

L'histoire : NonNonBâ, une vieille dame mystique et superstitieuse qui aime à raconter des légendes étranges, est accueillie dans la famille du jeune Shigeru. L'imaginaire déjà débordant du garçon s'en retrouve décuplé. Les histoires de fantômes et de yokaï deviennent son univers quotidien et prennent le pas sur la réalité. Bien sûr, ce deuxième monde chasse l'ennui du premier, mais en contrepartie, il complique tout : il est déjà bien assez difficile de savoir à qui se fier, sans qu'en plus des petits monstres bizarres viennent s'en mêler... Largement autobiographique, NonNonBâ conjugue récits intimistes et ambiances oniriques et peut être lu par tous les publics.

Mon avis : Lu grâce au CE de ma moitié, j'ai eu beaucoup de plaisir avec ce manga. Il n'a pas le format habituel de petits volumes, comportant plus d'une vingtaine de numéros, ce qui rend la lecture fastidieuse car il faut toujours attendre le prochain tome. Ici, il s'agit d'un pavé, qu'on peut approcher d'un livre classique. La seule chose dommage est d'avoir rétabli ici le sens de lecture occidental au lieu de conserver le sens de lecture japonais. Quant à l'histoire, il s'agit de plusieurs péripéties qui arrivent au jeune Shigeru. En filigrane se dessine une chronique familiale, vue par les yeux d'un enfant qui ne comprend pas tout, mais n'est pas aveugle. Il s'accroche à ce monde imaginaire, aux yôkai, comme pour refuser de grandir, refuser d'être confronté au monde des adultes. Une ambiance tendre, amusante et nostalgique.

4 commentaires :

gruikman a dit…

Tu ne parles pas des dessins qui mélangent des personnages esquissés en quelques traits à des paysages qui sont de véritables dessins d'art à l'encre noire avec un soucis du détail qui me poussait à contempler des fois pendant 2 ou 3 minutes la même planche, à me représenter le paysage et à fouiller tous les petits détails.

petite fleur a dit…

C'est vrai que le dessin est parfois très rapide voire enfantin, quand le récit s'y prête, et d'autres fois très fouillé. Mais "fouillé" pas au sens saturé du terme (comme par exemple les dessins de "From Hell" d'Alan Moore et Eddie Campbell). Là il s'agit plus d'une profusion de petits détails, presque une esquisse au stylo noir... vraiment joli.
Effectivement, je n'en ai pas parlé, mais voilà qui est fait :-)

Lepetitmouton a dit…

Moi aussi j'avais été surprise par le format. J'avais lu un billet sur ce manga et j'avais eu l'envie de l'acheter et quand j'avais vu le prix je me suis rétractée. C'est en fouinant à la biblio que je l'ai vu et... aperçu le format!!!
Le sens de lecture à la japonaise, on s'y fait vite par contre je trouve.

petite fleur a dit…

Tout à fait d'accord avec toi Lepetitmouton, on se fait très bien au sens de lecture japonais, alors pourquoi avoir rétabli le sens de lecture à l'occidentale ici ? Je ne sais pas...
Quant au prix, je ne sais pas, je l'ai emprunté, mais je me doute que ça ne doit pas être donné !