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10 septembre 2009

Un prophète, de Jacques Audiard

Film français de Jacques Audiard, sorti le 26 août 2009, avec Tahar Rahim et Niels Arestrup.

Ce film a remporté le Grand Prix du 62e festival de Cannes en 2009.

L'histoire : Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des "missions", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais très vite, Malik utilise son intelligence pour développer discrètement son propre réseau...

Mon avis : Aucun doute, ce film est fort. De part son histoire, de par la façon dont celle-ci est filmée et interprétée par un magistral Tahar Rahim. Il sait aussi bien faire passer toutes les émotions : la peur, la volonté, l'incompréhension, le désir... Toute la palette lui est accessible. Quant au sujet, il pose bien évidemment la question de la prison de nos jours, de la façon dont celui qui y entre va y survivre et en sortir. Beaucoup de réalisme transpire de la mise en scène.
C'est un film initiatique où Malik, petit à petit, va perdre le peu d'innocence qui lui restait, renoncer aux quelques principes qui lui restait (ne pas tuer), pour devenir un vrai méchant. Il ne s'agit pas pour autant d'un documentaire. Mais ici l'opposition intérieur / extérieur est bien mise en avant : l'intérieur, sorte de no man's land à son arrivée, devient une sorte de chez lui au fur et à mesure qu'il y survit et qu'il en apprend les codes ; l'extérieur apparaît alors comme l'endroit où il risque sa vie.
Ce film n'est pas non plus dénué de toute spiritualité, grâce à l'apparition de ce fantôme, ombre du premier homme tué pour assurer sa survie à l'intérieur de ces murs de béton, qui revient hanter Malik, puis disparaît lorsque celui-ci n'éprouve plus aucun remord.
Après, il y a quelques longueurs, et je n'ai pas trop apprécié le début qui positionne le personnage de Malik comme un quasi petit ange : certes, ce n'est pas un tueur, mais cela reste un récidiviste et qui a commis un crime ou un délit suffisamment important pour justifier les 6 ans de prison dont il écope. Et puis je pense que je ne suis pas très friande de ce genre de film, sur des truands et des gangsters. Mais si vous êtes attirés par ce film, allez le voir, n'hésitez pas !

4 commentaires :

pascal a dit…

Je retiens vraiment l'ambiance assez curieuse de ce film où finalement cette vie de prisonnier mélangée à celle de mafieux et de meurtrier semble si naturelle. Ca met limite mal à l'aise quand on y pense de se dire que la réalité n'est pas très loin. Après réflexion, je me pose une petite question sur la fin que je ne divulguerai pas. Etais-ce nécessaire? Mais je le conseille tout de même...

Petite Fleur a dit…

Cette petite touche d'humour ne m'a pas choquée. Mais il est vrai qu'elle fait "tache" par rapport au reste du film... Encore que. A la réflexion, il y en a aussi ailleurs, notamment lorsque le fantôme qui le hante fume.

Marie a dit…

Ca ce n'est pas un film pour moi ! En effet, je dois être un peu claustrophobe et je supporte très mal les récits dans les milieux carcéraux...

petite fleur a dit…

Je te comprends. Mais ici il y a beaucoup de scènes d'extérieur. Le sujet est plus ce que la prison fait de quelqu'un qui y entre que de faire un documentaire sur le milieu carceral.