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13 mars 2010

Shutter Island, de Martin Scorsese

Film américain de Martin Scorsese, sorti le 24 février 2010, avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley.

L'histoire : En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l'île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L'une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre cohérente d'une malade, ou cryptogramme ?

Mon avis : Je ne savais pas forcément à quoi m'attendre en allant voir ce film : je n'ai pas lu le roman de Dennis Lehane, et, en dehors de la bande annonce, je ne savais pas de quoi il était question. Si je pouvais m'attendre à un polar et de l'action, je n'ai pas été déçue. Mais plutôt étonnée, dans le bon côté du terme, par le fait que l'action n'est pas physique mais réellement mentale.
On suit pas à pas Teddy dans sa découverte de l'île et de tous les rouages de cet établissement psychiatrique. On éprouve de la compassion pour ce personnage blessé de partout (son expérience de soldat, sa femme). On s'attache profondément à lui. Et surtout, on en vient à se demander comment distinguer le vrai du faux lorsque personne ne vous croit et que vous avez l'impression que, quoique vous disiez, tout le monde vous croira fou ?
Leonardo DiCaprio, dont je ne suis pas forcément une fan, est très bon dans son rôle de marshal. Je suis un peu moins convaincue par Ben Kingsley, très figé.
Quant au film, visuellement, il est très réussi : les décors et les images sont beaux, l'histoire est bien filmée. Scorsese s'inspire du film d'horreur pour faire monter la tension, imagine des rebondissements qui s'intègrent parfaitement. On pense un peu à certains Hitchcock par moment. Par moment, certes, on pourrait reprocher au film de s'appuyer un peu trop sur la Shoah pour étayer le traumatisme de son personnage principal.

Un film un peu à la mode du 6e sens où on se demande à la fin ce qu'on a loupé depuis le début.

4 commentaires :

Ori a dit…

Plus j'y repense, plus je suis déçue, surtout par la fin!

Céline a dit…

J'avais lu le bouquin avant d'y aller, mais je partage ton ressenti sur un point : l'utilisation de la Shoah. Je ne vois pas vraiment l'utilité d'insister autant sur les cadavres. Et surtout de manière aussi léchée ...

Nane a dit…

Comme toi, Petite Fleur, pas déçue par ce film, qui sait distiller une atmosphère très particulière qui colle à la peau longtemps après que nous soyons sortis de la salle.
Cependant, j'avais lu le livre de Dennis Lehane (auteur que je recommande chaudement, et pas uniquement pour les titres qui ont été adaptés au cinéma), et j'avais souvenir de plus de noirceur, plus de folie, encore, et pas toutes ces scènes de camps de la mort.
Une relecture s'impose!

petite fleur a dit…

@ Ori : Moi, j'ai bien aimé. Ceci dit, je n'ai pas lu le livre.

@ Céline : exactement ! Quel intérêt de faire ça de façon aussi esthétique. Il y avait moyen de dire la même chose en étant plus allusif...

@ Nane : les critiques s'accordent à dire que ce n'est pas le meilleur de Scorsese... Moi, j'ai bien aimé, sans connaître du tout le livre de Lehane. Donc pour moi, c'est plutôt réussi.