ShareThis

29 octobre 2010

La tour noire [Louis Bayard]

L'auteur : Louis Bayard est un journaliste américain au Washington Post et au New York Times.

Après Un œil bleu pâle, La tour noire est son deuxième roman publié en France.

L'histoire : Paris, 1818. Les expériences révolutionnaires et napoléoniennes ont vécu. Dans un pays en pleine confusion politique, les Bourbons, en la personne de Louis XVIII, sont de retour sur le trône. C'est dans ce contexte politique et social trouble qu'Hector Carpentier, un jeune étudiant en médecine, est soupçonné du meurtre d'un inconnu. Mais le directeur de la Sûreté nationale, François Eugène Vidocq, doute de la culpabilité d'Hector.
Personnage mystérieux, féru d'investigations scientifiques et d'espionnage, Vidocq doit mettre tous ses talents en œuvre lorsqu'il comprend que l'affaire est liée à la disparition du Dauphin, Louis XVII, officiellement mort en 1795 à l'âge de dix ans à la prison du Temple, construite cinq siècles plus tôt par les Templiers. Alors qu'un tueur mystérieux continue à sévir dans les rues de Paris, commence pour Vidocq, secondé d'Hector, une enquête passionnante.

Mon avis : Dans la 4ème de couverture, La Tour Noire est comparée à L'Aliéniste de Caleb Carr (que je recommande chaudement parce que c'est un must dans le genre polar historique noir ainsi que la suite, L'Ange des ténèbres, un poil moins surprenant mais tout de même très intéressant) et est classé dans le genre thriller. J'y verrais plutôt un roman historique policier qu'un thriller à part entière. On ne sursaute pas en le lisant et il n'y a pas du tout la noirceur de L'Aliéniste. La Tour Noire ne parle pas de tueur en série (pour une fois) mais d'un complot historique pendant une période de notre Histoire française, autour de 1815, après la chute de Napoléon et le retour de la monarchie sous Louis XVIII. D'ailleurs, c'est amusant de voir un auteur américain placer son intrigue à Paris pendant cette période mouvementée, que je ne connaissais pas très bien finalement .
À la lecture, on voit rapidement que le centre d'intérêt du livre est le personnage de Vidocq qui est mis en situation, plus que l'intrigue elle-même. Le narrateur n'est pas Vidocq mais il l'observe, le suit et nous dépeint un personnage historique assez truculent, presque légendaire, ayant vécu plusieurs vies en une seule et flirtant toujours avec la pègre pour mieux l'arrêter. Moi qui avais en tête la piètre image de la super-production française "Vidocq" avec Depardieu, Louis Bayard m'a un peu réconcilié avec le personnage.
La première chose a décrire, c'est le rythme haletant. Très américain comme manière de narrer d'ailleurs : chapitres assez courts, avec un titre plutôt évocateur (parfois trop à mon goût) , et des rebondissements, de l'action, de la bagarre, un peu d'aventure, un peu d'enquête, un peu de guide touristique des rues parisiennes (on se promène autour du Panthéon, du Palais Royal, vers Saint Cloud aussi) et un peu d'Histoire française en passant. Tout ça est écrit d'une manière très fluide et on dévore le livre très rapidement, comme une gourmandise qu'on veut finir le plus vite possible de peur qu'elle fonde entre ses doigts. J'irais presque jusqu'à dire que le récit est trop fluide et concis et que j'ai trouvé qu'il manquait un poil d'aspérités et de profondeur dans les descriptions des personnages, des lieux, des ambiances et des faits historiques pour définitivement m'emporter.
Ça m'a fait penser à un autre auteur également: Mark Frost et la La Liste des sept qui a ce côté historico-trépidant également.
Et puis, hasard des lectures, je sortais d'un autre roman historique, Imprimatur de Monaldi et Sorti qui se passe en 1650 à Rome et j'ai eu l'impression de changer d'époque sans changer de style d'histoire et l'enchaînement était plutôt bon ;)
A la fin, je ne suis pas sûr de retenir beaucoup de choses de La Tour Noire mais comme je disais, c'est une friandise et on aurait tort de ne pas en profiter.

Merci à Solène des éditions du Cherche Midi pour cette lecture bien plaisante.

12 commentaires :

Mango a dit…

Bon, je le note et le garde pour un moment de lecture sans prise de tête alors!

Ys a dit…

J'ai encore quelques polars qui valent la peine dans ma PAL, et plus envie d'aller vers des valeurs sûres que vers des nouveautés... "L'aliéniste", c'était bien pour la reconstruction historique, un peu moins pour l'intrigue, à mon avis.

gruikman a dit…

@mango: tu peux y aller, ce n'est vraiment désagréable et puis il y a une ou 2 scènes et événements historiques qui valent le coup d'oeil...

@Ys: oui l'intrigue n'est pas ce qu'il y de plus remarquable dans l'aliéniste mais bon c'est le cas de 80% des polars... par contre, l'ambiance m'avait bien plu à l'époque! J'ai d'ailleurs tenté de lire du Caleb Carr en anglais dans le texte mais je me suis heurté au niveau de langage assez poussé et je galérais trop avec le dico... Faudrait retenter avec un kindle :D

Je viens de revoir le "élu meilleur thriller de l'année par le washington post": un peu too much quand même...

Marie a dit…

C'est amusant car de Vidocq, je conserve le souvenir d'un feuilleton qui passait lorsque j'étais petite. Vidocq était interprété par Claude Brasseur...

gruikman a dit…

@marie: chacun ses références :D... Ca devait être dans la veine des Belphégor mais ce Vidocq ne m'a pas marqué (ni Belphégor, j'étais un poil pas né à l'époque :))... Ce qui est remarquable c'est que ce personnage a tout de même marqué notre histoire et qu'il est considéré comme le premier policier moderne ou le premier détective... Ensuite on passe aux brigades du tigre... puis à columbo... puis à derrick... puis aux experts... puis à Dexter... il y a du dérapage dans l'air ;)

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je note "l'aliéniste" alors.

François a dit…

Pour en savoir plus sur Vidocq, allez faire un petit tour sur fvidocq.free.fr ;-)

Lilibook a dit…

Eh, ça a l'air pas mal, je note !

Neph a dit…

Reçu il y a quelques jours ! Je le commence bientôt...

Anonyme a dit…

Je suis d'accord ce n'est pas vraiment un thriller plutôt un roman historique avec une énigme. Le personnage du docteur Carpentier m'a parfois cassé les pieds mais j'ai bien aimé l'atmopshère et Vidocq. C'est une période que j'aime bien. Merci pour le billet. Solène

gruikman a dit…

De rien! Je suis d'accord, le docteur Carpentier est d'un intérêt limité. L'auteur en fait un observateur bien trop lisse. Amusant comme ce côté "trop facile et léger" peut conduire à une légère frustration voire irritation.

alinea a dit…

je suis tres tentée par cette lecture.