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04 mars 2011

Lettre au père [Franz Kafka]


L'auteur : Franz Kafka, né en juillet 1883 et mort en juin 1924, est connu pour 3 œuvres majeures : Le Procès, Le Château et La Métamorphose. Ses œuvres sont caractérisées par une ambiance cauchemardesque et sinistre, où le système broie l'individu.

L'histoire : Lettre au père (1919) - qui ne fut jamais envoyée à son destinataire - est considérée comme la clé qui donne accès à l'œuvre littéraire de Franz Kafka.
Ce témoignage impressionnant d'un conflit père-fils peut être considéré comme un document essentiel de la littérature mondiale. Tout à la fois accusation et analyse de soi-même, il donne au lecteur un aperçu de l'âme tourmentée qui était celle de Franz Kafka. Dans un style pénétrant auquel on peut difficilement se soustraire, Kafka règle ses comptes avec son père qui était à ses yeux aussi tyrannique que tout-puissant : "Je m'imagine la carte du monde déroulée devant moi, et toi étendu en travers."

Mon avis : Voici l'œuvre de mon kafkaïen de frère : quand je vais chez lui, il me donne tous les bouquins qui lui passent sous la main et qu'il aimerait que je lise pour lui dire ce que j'en pense ! Et nous faisons pareil quand il vient chez nous donc à la fin, nous avons des livres dont on ne connait plus le propriétaire exact. L'avantage de celui-ci est sa concision, donc on le lit assez vite et on peut le rendre rapidement. J'étais curieux de voir le contenu de cette Lettre au père de Kafka qui éclaire parait-il certaines choses sur son auteur et qui est considéré comme un monument de la littérature tchèque. Tout d'abord, il faut savoir que ce père n'a jamais reçu cette lettre, retouchée maintes fois par Kafka qui, à la fin, prenait même des distances avec le contenu. De plus, pendant 100 pages, Kafka accuse son père de l'avoir tyrannisé toute sa vie sans jamais reconnaître ses mérites. Curieusement, à la toute fin, il donne un droit de réponse à son Père qu'il écrit lui-même en s'accusant à son tour. La limite entre l'autobiographie et la fiction devient alors très floue.
Au final, je ne dirais pas que c'est d'une absolue nécessité et La Métamorphose me semble beaucoup plus impressionnant. Néanmoins, on découvre ce Kafka fragile et instable qui a vécu dans l'ombre de son père, luttant toute sa vie pour être lui-même, pris dans le carcan de sa famille et de la société juive praguoise sclérosée. S'il n'avait pas vécu cela, Kafka aurait-il été Prague et Prague aurait-il été Kafka (Johannes Urzidil) ?

4 commentaires :

choupynette a dit…

Cela aide-t-il, comme le dit la 4ème, à comprendre l'oeuvre de Kafka?

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'avais bien aimé le lire, même si je ne m'en souviens plus....

Lou a dit…

tiens j'ai lu "l'insecte" dans cette collection que je trouve magnifique. je l'avais acheté à Prague dans la maison de l'auteur. Il y avait quelques coquilles de mémoire mais j'aimais beaucoup la couverture et je m'étais dit que si j'y retournais je me ferais plaisir en m'offrant un autre livre là-bas.

Gruikman a dit…

@choupynette: ça te permet de voir son mal-être et sa fragilité qui l'ont amené à écrire ce qu'il a écrit sûrement. Mais sinon, il faudrait lire le texte dans sa langue d'origine pour juger de la qualité réelle du texte.
@lou: là aussi il y a quelques coquilles dans la traduction mais rien de bien méchant ;)... à mon avis, il vaut mieux que tu partes sur des classiques comme la métamorphose ou le procès que cette lettre au père.