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26 mars 2011

L'île au trésor [Robert Louis Stevenson]


L'auteur : Robert Louis Stevenson est un aventurier et écrivain écossais, né en novembre 1850 et mort en décembre 1894.

Il est célèbre notamment pour son roman L'île au trésor et sa nouvelle L'étrange cas du docteur Jekyll et Mr Hyde.

L'histoire : Depuis l'Odyssée, aucun roman d'aventures n'eut plus de succès que L'île au trésor.
Le jeune Jim Hawkins est le héros de ce roman avec le terrible John Silver, l'homme à la jambe de bois.
L'Hispanolia débarque sur l'île au Trésor les "bons" et les "méchants". Dès lors, une lutte implacable se déroule pour retrouver le trésor amassé par Flint, redoutable pirate mort sans avoir livré son secret.
Rarement roman d'aventures aura été conduit avec tant d'habileté et de science ; c'est désormais un livre classique où le réel se mêle au fantastique.

Mon avis : Je rentre avec ce livre dans un cycle Stevenson, cet auteur assez méconnu finalement en dehors de L'île au Trésor et du Docteur Jekyll & Mr Hyde. Je vais m'intéresser plus particulièrement à ses ouvrages d'aventures dans les îles.

*** NOTES BIOGRAPHIQUES ***

Tout d'abord, même si cela rallonge le billet, j'aimerais parler un peu de Stevenson dont on ne connaît pas grand chose et que les anglo-saxons ont toujours du mal à qualifier de grand auteur parce qu'il a écrit des livres d'aventures principalement (un peu comme Kipling). Pourtant, Stevenson en est un et par dessus tout, c'est un homme au destin extraordinaire. Sincèrement, passez quelques minutes à lire sa biographie car elle est tout simplement étonnante et on se demande comment cet homme mort jeune à 44 ans a pu faire autant de choses alors qu'il souffrait de problèmes pulmonaires depuis son jeune âge. Ces problèmes récurrents de santé vont le forcer à toujours changer de lieu de vie, à la recherche d'un climat plus adéquat à sa santé. Il est donc parti d'Ecosse pour parcourir les canaux du Nord de la France, puis le Paris des artistes impressionnistes (Barbizon), où il rencontrera sa future femme américaine, Fanny Stevenson, elle-même femme au destin étonnant. Puis, il ira s'isoler dans les Cévennes qu'il parcourera à dos d'âne. Il partira retrouver l'amour de sa vie aux États-Unis pour se marier avec elle. Il voyagera beaucoup entre l'Europe et les États-Unis, toujours mû par ses problèmes de santé, pour finir happer par l'appel de l'aventure dans le Pacifique et les îles d'Océanie. Dans ces lieux paradisiaques, plus précisément les Samoa, Stevenson finira sa vie en défendant les droits des autochtones contre l'impérialisme, et avec une petite pointe de nostalgie pour son Edimbourg natal qui pointe dans ses derniers romans inachevés.

*** FIN DES NOTES BIOGRAPHIQUES ***

Revenons à notre Île au Trésor. Rappelons-le, c'est un livre écrit pour les enfants, avec la traditionnelle histoire des péripéties qui font grandir et sortir de l'enfance. Il fut écrit en épisodes publiés dans un magazine de l'époque. Le style est donc assez sobre, pas trop emphatique quoique assez recherché. Le découpage en chapitres est assez carré et l'intrigue épurée. Cependant, on n'est pas dans la mode américaine actuelle du manichéisme poussé à outrance et des sentiments tiédasses et gnangnan. Ici, les pirates sont sans foi ni loi. Les morts meurent en souffrant. Les personnages ne sont jamais vraiment gentils ou mauvais. Ils ont juste des raisons pour se comporter ainsi et en général, c'est l'appel du trésor ou de la survie qui les guide. A noter que Stevenson prend bien garde à ne pas situer trop précisément son aventure qui se déroule en 17?? et l'île semble être dans les Caraïbes mais où ?
Disons le, même si le jeune Jim Hawkins est le héros qui permet aux enfants de se projeter dans le récit, Lîle au Trésor nous apporte surtout un des personnages les plus mythiques de la littérature d'aventures, le pirate ultime, celui qui faisait même peur au capitaine Flint, le plus cruel des pirates : Long John Silver. Tout le début du livre est consacré à construire cette légende du pirate à la jambe de bois et au perroquet sur l'épaule, que même le diable craindrait, et qui veut retrouver le trésor du capitaine Flint à tout prix. Ce pirate n'est pas un capitaine, il est le quartier maître ou le cuisinier. Il est adoubé (ou pas) et craint des hommes ; le capitaine a besoin de lui pour les tenir. Saupoudrez tout ça d'une grosse couche d'onirisme lié à l'île perdue et son trésor et vous obtenez le mythe de l'aventure de pirates.
Ensuite, les aventures de Jim sur l'île sont quasiment anecdotiques à mes yeux, même si elles apportent un peu d'action et permettent à Stevenson de nous décrire cette île imaginaire d'une manière presque poétique. Le grand intérêt du livre vient du lien étonnant qui se noue entre Jim et Long John Silver, l'un recherchant peut-être un père de remplacement et l'autre voyant en Jim un fils potentiel mais aussi une porte de sortie. Leur lien est assez ambivalent mais permet de faire de Long John Silver ce pirate inoubliable, cruel et fou mais très humain à la fois et surtout libre comme l'air et prêt à tout renier pour un sac de pièces d'or.
Voilà ce qu'est pour moi L'île au trésor : l'océan à perte de vue, les plages de sable blanc, les montagnes arides, la moiteur des marécages infestés de moustiques, le fortin en bois, le bateau à l'ancre dans la rade, l'îlot du squelette, les brisants au loin, le vent dans les cocotiers, la grotte de Ben Gunn, des mousquets qui fument, des couteaux ensanglantés. Et bien sûr un squelette, un coffre au trésor, une jambe de bois, un perroquet et beaucoup de rhum. Et la chanson des pirates :

Ils étaient quinze sur le coffre du mort
Yo hoho et une bouteille de rhum
La boisson et le diable avaient réglé leur compte aux autres
Yo hoho et une bouteille de rhum

Prochaine étape : Les trafiquants d'épaves, autres îles, autres personnages mais le même souffle d'aventure...

1 commentaires :

Karine:) a dit…

J'adore ce roman! Je l'ai relu il y a peu. Je pense que j'adore Stevenson dans son ensemble, en fait!