ShareThis

01 juin 2011

Les filles du tsar [Jacqueline Monsigny]


L'auteur : Jacqueline Monsigny, née en mars 1931, est une romancière, scénariste, actrice et animatrice française, mariée à l'acteur américain Edward Meeks et partage sa vie entre Paris et les États-Unis.

L'histoire : Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, la famille impériale de Russie est assassinée à Ekaterinbourg en Sibérie. C'est en tout cas la version officielle des faits, bien que les corps n'aient pas tous été retrouvés. Le tsar Nicolas II a probablement été fusillé et son fils, le tsarévitch, a disparu à jamais. Mais la tsarine et ses quatre filles auraient été sauvées...
S'appuyant sur une documentation historique considérable, Jacqueline Monsigny nous emmène sur les traces des femmes Romanov, et notamment dans la ville de Perm où elles ont été vues par dix-huit témoins dignes de foi après l'assassinat collectif, alors qu'elles étaient retenues prisonnières. C'est autour du personnage de la grande-duchesse Marie, une des filles du dernier tsar, que l'auteur a bâti son roman sous forme de mémoires apocryphes, pour mieux traduire la vision de cette princesse sur son époque, la chute de la maison Romanov et ses illustres contemporains : Raspoutine, Lénine, le roi George V d'Angleterre... À travers des révélations uniques de la grande-duchesse et de son petit-fils, le prince Alexis d'Anjou, duc de Durazzo, ami personnel de l'auteur, Jacqueline Monsigny nous dévoile le destin dramatique et fascinant de Marie, Olga, Tatiana et Anastasia et nous livre les clés du mystère de la famille impériale de Russie.

Mon avis : Huit ans ! Cela faisait huit ans que ce livre attendait sagement sur mes étagères d'être lu ! Il a été acheté lorsque j’étais plus jeune et que j’étais fascinée par l’idée qu’une des grandes-duchesses ait pu se soustraire au terrible destin qui lui était promis.
Jacqueline Monsigny écrit ce roman en 2002. Je parle volontairement de roman, car, bien que l’auteur nous propose là une version alternative de l’histoire des Romanov, et qu'elle souhaite nous la présenter comme étant la véritable histoire, nous savons depuis 2008 avec certitude que ce n’est pas la réalité. En effet, si les tests ADN pratiqués en 1990 suite à la découverte des corps de la famille impériale ont été remis en cause, ceux pratiqués en 2008 par des bureaux indépendants, suite à la découverte des deux corps manquants d’Alexis et Maria, ont été formels : il s’agit bien de la famille impériale ; il n’y a plus de mystère Romanov.
L’auteur prend le point de vue de Maria, la 3e des filles, sous la forme d’un journal retraçant son enfance et les événements qui suivront. De la vie douce dans les palais fastueux, entourée de l’amour d’une famille, à la prise de conscience des malheurs du peuple, puis à la révolution, Maria grandit. Nous sommes là dans une reconstitution presque exacte des faits, matinée d’un peu de romanesque : Maria s’amourache de son cousin, semble sensible aux difficultés de vie des paysans qu’elle croise au détour d’un chemin, s’éveille aux premiers émois… Bientôt, la Première guerre mondiale frappe à la porte et, par le jeu des alliances, c’est le concept même de l’impérialisme qui est remis en question.
La vision n’est pas dénuée de recul : Maria remet en cause certains choix politiques de son père ou de sa mère. Elle n’en fait pas des martyrs, insistant sur la mauvaise influence de sa mère sur le tsar, conteste la décision de celui-ci de révoquer le général de ses armées et prenant ainsi sur lui tout le poids des défaites militaires, reproche à sa mère sa croyance aveugle en Raspoutine, le starets, se dit qu’ils auraient du fuir lorsqu’ils étaient en Sibérie au lieu d’attendre qu’on les sauve, prendre leur destin en main eux-mêmes…
Le récit prend le pas sur le témoignage historique romancé lorsque les femmes sont séparées du tsar et du tsarévitch. On pourrait encore se dire "après tout, pourquoi pas" si Jacqueline Monsigny n'insistait pas un peu trop sur sa volonté de nous convaincre qu'il s'agit là de la vérité. D'autant qu'elle fait de Anna Anderson, affabulatrice, la vraie Anastasia...
Il n'en reste pas moins une plongée fort intéressante dans ce moment crucial de l'Histoire : aujourd'hui encore, la Russie n'est pas libérée du communisme, et tout n'est peut être pas dit !

Ce roman correspond à la rubrique Métier du challenge Petit Bac d'Enna !

4 commentaires :

Pimpi a dit…

Aaaaaah, tu as fini par le lire alors!!!! :D
Bon, sauf que tu m'as donné envie là! :) C'est mauvais pour ma PAL qui est supposée être au régime!!

Petite Fleur a dit…

@ Pimpi : ouiiii !!! Ton challenge n'y avait pas réussi, alors en l'inscrivant pour celui d'Enna, je m'étais jurée de le lire :-)

Alex Mot-à-Mots a dit…

Quelle patience, bravo à ce livre. Mais je me trompe en me disant qu'il y a plusieurs volumes....

Petite Fleur a dit…

@ Alex : je ne pense pas, je n'ai vu que celui-ci. Si tu connais les autres titres, dis-moi, ça peut être intéressant !