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06 décembre 2011

Les ombres silencieuses [Mari Jungstedt]


Après Le cercle intérieur, je remonte le temps et lis cette fois la 2e enquête du commissaire Knutas.

L'histoire : Un matin brumeux sur l'île de Gotland. Le corps massacré d'un photographe a été retrouvé dans sa cave. Le commissaire Knutas, encore marqué par la série de crimes de l'année précédente, croit d'abord à une querelle d'ivrognes qui aurait mal tourné. Il ignore qu'il vient de lever le voile d'une ténébreuse affaire. Non loin de là, la jeune Fanny, livrée à elle-même, est la proie d'un homme mûr et respecté de tous.
Dans le huis clos de l'île, Knutas se fraie un chemin entre les ombres silencieuses. Ses soupçons vont le conduire là où il n'aurait jamais cru trouver l'horreur : juste à côté de lui.

Mon avis : Si je pourrais faire ici le même reproche qu’au tome précédent, à savoir des chapitres parfois vraiment très courts, tout ça pour alterner les points de vue des différents protagonistes, et donc au final une écriture désormais assez classique pour les polars, je ne bouderai pas mon plaisir car j’ai passé un bon moment de lecture, dans les brumes et le froid suédois de fin d’année.
Pourtant, le commissaire Knutas n’est pas charismatique pour deux sous. Et il n’est pas forcément le personnage central unique du roman, car le journaliste Johan tient une bonne part. L’auteur nous narre ses relations tumultueuses avec une jeune femme mariée et mère de famille. On alterne donc un regard extérieur avec l’œil du journaliste et un regard impliqué dans l’affaire avec l’œil du commissaire dont l’équipe est chargée de l’enquête. Commissaire qui d’ailleurs ne joue pas au petit chef, faisant ainsi penser à Ernaldur : il y a une vraie réflexion d’équipe pour travailler. L’information circule, chacun peut donner librement son avis. Quelques intrusions dans la vie privée de Knutas (j’ai beaucoup aimé la scène de l’anniversaire de sa femme) sont là pour contrebalancer sa vie professionnelle et montrer à quel point il vit difficilement les horreurs qu’il a sous les yeux. Les policiers ne sont pas de super héros : pas de courses poursuites, pas d’écheveaux à détricoter : ils tâtonnent, cherchent à droite, à gauche, laissent une piste de côté avant d’y revenir… Il faut attendre la toute fin pour savoir comment les différents personnages sont liés.
Au final, l’enquête en elle-même n’est pas très intéressante ou surprenante. J’ai été davantage intéressée par les personnages mis en scène, les meurtres n’étant là que pour révéler des aspects cachés de leur personnalité. Et aussi par l’ambiance, qu’on sent paisible habituellement, si un crime n’avait été commis. Et encore, celui-ci ne semble pas trop bouleverser les personnes alentours.

J’ai bien envie du coup de remonter encore un peu le temps et de lire la toute première enquête Celui qu’on ne voit pas.

3 commentaires :

choupynette a dit…

après avoir lu Millenium, il faudrait que je me replonge dans du polar "nordique"!

Alex Mot-à-Mots a dit…

Remonter le temps, voilà une bonne idée...

Manu a dit…

On me l'a offert lors d'un swap. Tout à fait le genre que j'aime.