ShareThis

01 février 2012

Trust, de David Schwimmer

Film américain de David Schwimmer, sorti le 18 janvier 2012, avec Clive Owen et Catherine Keener.

L’histoire : Chez eux, en banlieue, Will et Lynn Cameron se sentent en sécurité. Dans leur maison, la nuit, ils dorment avec le sentiment que leurs trois beaux enfants sont parfaitement protégés. Lorsque Annie, leur fille de 14 ans, se fait un nouvel ami sur Internet – Charlie, un garçon de 16 ans rencontré sur un forum – Will et Lynn ne s’inquiètent pas. Ils se disent qu’il est normal que des adolescents échangent grâce aux nouvelles technologies.
Après plusieurs semaines de conversations en ligne, Annie se sent de plus en plus attirée par Charlie. Même si peu à peu, elle réalise qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, elle continue à être fascinée par lui. Le masque finira par tomber et cela va déclencher un engrenage que personne n’aurait pu imaginer, mais qui changera définitivement la vie de toute la famille…

Mon avis : Voici un petit film dont il ne me restera peut être pas grand-chose dans quelques temps, mais il est pourtant bien réussi et je vous le conseille. Tout en sobriété, la mise en images colle parfaitement au sujet : une famille est complètement dévastée par le drame vécu par Annie, leur fille, qui fait une rencontre via un réseau social. Un drame actuel et qui expose une réalité forte. On a beau savoir ce qui va se passer, l’angoisse monte au fur et à mesure.
Deux acteurs très bons : la fille, jouée par Liana Liberato, qui refuse d’affronter la réalité de ce qui lui est arrivé et le père joué par Clive Owen, dévasté par ce qui s’est passé et qui tourne toute son énergie vers la recherche du coupable. La mère est de fait moins présente car, dès le début, elle a la bonne réaction de se centrer sur sa fille et sur le soutien à lui apporter. Le père, lui, s’effondre complètement.
Ce n’est pas tellement l’acte lui-même qui est décrit que le bouleversement familial qu’il engendre, remettant tout en question. Tant qu’Annie refuse d’accepter les faits, personne ne peut avancer dans sa reconstruction. A juste titre, la psychologue indique d’ailleurs bien au père qu’il n’aurait rien pu faire, lui qui est pourtant rongé par le besoin de comprendre comme tout ceci a pu arriver : il a donné une bonne éducation à Annie, mais vivre c’est faire des erreurs, certaines plus lourdes que d’autres. Un père ne peut qu’être là pour sa fille, pour l’aider dans les moments difficiles. Annie fait l’erreur de croire en Charlie, malgré les mensonges. Et elle chamboule ainsi la vie de toute sa famille. Plus rien ne sera jamais pareil. Une fois qu’Annie reconnaît la réalité, et cette reconnaissance ne peut être forcée que par un élément extérieur, en l’occurrence l’agent du FBI chargé de l’enquête (tant que c’est le père qui crie sur sa fille, celle-ci n’entend rien), les autres membres de la famille pourront eux aussi essayé de se reconstruire. David Schwimmer dresse le portrait d’une famille unie qui est déchirée par un drame. Sans pathos, juste de la simplicité.
En parallèle, on voit se dessiner la critique d’une société qui hyper-sexualise les petites filles. Le père, travaillant dans la pub, y est habitué pourtant. Mais qu’il s’agisse de sa propre fille et tout est différent.

Un bref, un film poignant et fort qui mérite d’être vu.

2 commentaires :

Loesha a dit…

On en a pas mal parlé, et même si c'est un film qui fait l'effet d'une gifle sur le coup, je ne pense pas qu'il me laissera un souvenir impérissable.
On est tendu sur le coup (en rentrant du ciné on faisait pas les fières quand même :)), mais une semaine après on se pose quand même moins de questions...

Je le vois comme un conte moderne, qui tient un peu du Petit Chaperon Rouge et du Grand Méchant Loup...
Comme toi, je le trouve hyper bien fichu comme film, assez critique et bouleversant sans être larmoyant...

Freelfe a dit…

J'ai moi-même été soufflée par ce film ! J'ai beaucoup pleuré ! Vraiment, un film qui marque !